Histoire des idées

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L'histoire des idées est un domaine de recherche en histoire qui s'intéresse à l'expression et l'évolution des idées humaines. C'est une science interdisciplinaire, à l'intersection de l'histoire de la philosophie, l'histoire des sciences et l'histoire de la littérature.

L'histoire des idées a été remplacée, dans les préoccupations historiennes, par l'histoire intellectuelle, mais certains chercheurs persistent à se revendiquer de cette branche de l'histoire, en particulier les historiens des idées politiques.

Repères[modifier | modifier le code]

Revendiquée notamment par l'américain Arthur Onken Lovejoy, l'expression « histoire des idées » lui est antérieure. Dans Ideologie und Utopie (1927)[1], le sociologue Karl Mannheim distinguait l'histoire des idées de l'histoire matérialiste de type marxiste, réactualisant ainsi l'opposition idéalisme/matérialisme et privilégiant le dernier terme de cette opposition. Représentant de l'historisme allemand, Mannheim accepte de concevoir une histoire des idées à condition que celles-ci soient envisagées dans leur contexte d'émergence socio-historique. Il parle alors non pas tant de relativisme, mais de « relationnisme », c'est-à-dire de la nécessité pour l'historien de mettre les idées en relation avec ce qui les rend possible. Dans cette optique, l'histoire n'est pas comprise en termes de continuité, mais bien en fonction de changements, de transformations, de renouvellements ou de dévoiements suivant les données spatio-temporelles des objets étudiés.

Ce projet d'une histoire des idées « historicisées » sera poursuivi — dans une toute autre optique — par Michel Foucault qui affirmait, comme le rappelait Paul Veyne, que « l'histoire des idées commence vraiment quand on historicise l'idée philosophique de vérité »[2]. Pour ces deux auteurs, l'historien des idées doit tenir compte du caractère multiple de la « vérité » à travers l'histoire. Les idées varient en fonction des cultures et, pour en rendre compte, il faut prendre acte des effets de rupture de l'histoire, des diverses manières de penser des acteurs et des variations sémantiques du langage qui ne permettent pas de concevoir une histoire des idées homogène et continue.

Sémantique historique[modifier | modifier le code]

C'est dans cette perspective qu'est né le courant de la « sémantique historique » (dite aussi « histoire des concepts ») représenté notamment par Reinhart Koselleck, Quentin Skinner, J. G. A. Pocock, Christopher Hill et, dans ses derniers travaux, Jean Starobinski.

Histoire des idées politiques[modifier | modifier le code]

Représentants : Isaiah Berlin, Paul Bénichou, Zeev Sternhell, Mark Bevir, Pierre-André Taguieff, Marc Angenot, Daniel S. Larangé, Raoul Girardet, etc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sa préface à l'édition anglaise de 1936, Ideology & Utopia. An Introduction to the Sociology of Knowledge, San Diege-New York-London, Harcourt, 1985.
  2. Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes?, Paris, Éditions du Seuil, Points-Essais, 1992, p. 39.

Bibliographie[modifier | modifier le code]