Ludwig Binswanger

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Portrait réalisé par Ernst Ludwig Kirchner

Ludwig Binswanger ( à Kreuzlingen dans la même ville) est un psychiatre suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ludwig Binswanger descend d'une famille de médecins : son-grand-père (aussi nommé Ludwig Binswanger) avait fondé en 1857 le « Sanatorium Bellevue » de Kreuzlingen et son oncle Otto Binswanger (1852-1929) était professeur de psychiatrie à l'Université d'Iéna.

Après avoir rencontré la psychanalyse à travers l'équipe du Burghölzli à Zurich dirigée par Eugen Bleuler, en 1897, par l'intermédiaire de Jung, il rencontre Sigmund Freud avec qui il gardera un lien et entretiendra une correspondance. Il se détournera cependant de plus en plus de la psychanalyse pour créer la Daseinsanalyse inspirée essentiellement de la phénoménologie d'Edmund Husserl et de Martin Heidegger.

Au fur et à mesure de ses lectures phénoménologiques, Binswanger s'éloigne de la psychanalyse et inaugure dans les années 1930 une nouvelle méthode thérapeutique. C'est le , au premier congrès international de psychiatrie réuni à Paris, qu'il la présente sous le nom de Daseinsanalyse. Plus tard, ce terme sera traduit en français par l'expression « analyse existentielle », avant que le terme allemand lui-même ne la supplante.

Dans la phénoménologie, Binswanger trouve le moyen de pallier les difficultés épistémologiques qu'il a cru déceler dans la psychanalyse freudienne, qui reste selon lui prisonnière de l'homo natura. Chez Heidegger, et plus particulièrement dans Sein und Zeit, Binswanger trouve avec la notion d'« être-au-monde » le moyen de rompre avec la scission sujet-objet, qu'il qualifie de « cancer de la psychiatrie » et qui selon lui traverse encore l'œuvre de Freud. La lecture de Sein und Zeit constitue dans l'œuvre de Binswanger un moment fondamental qui trouvera à s'incarner, en 1942, dans son ouvrage épistémologique majeur : Grundformen und Erkenntnis menschlischen Daseins.

Jusqu'à la fin des années 1950, Binswanger se réclame particulièrement de Heidegger, avant de revenir à son maître Husserl, et peut-être à travers lui à ses lectures kantiennes. Mélancolie et Manie en 1960 marque ce que les critiques appellent son « retour à Husserl ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1922 : Einführung in die Probleme der allgemeinen Psychologie, Berlin
  • 1928 : Wandlungen in der Auffassung und Deutung des Traumes, Berlin
  • 1930 : Traum und Existenz
  • 1933 : Über Ideenflucht, Zurich
  • 1942 : Grundformen und Erkenntnis menschlichen Daseins, Zurich (3e édition, Munich/Bâle, 1962)
  • 1946 : Über Sprache und Denken, Bâle
  • 1949 : Henrik Ibsen und das Problem der Selbstrealisation in der Kunst, Heidelberg
  • 1956 : Erinnerungen an Sigmund Freud, Berne
  • 1956 : Drei Formen missglückten Daseins : Verstiegenheit, Verschrobenheit, Manieriertheit, Tübingen
  • 1957 : Schizophrenie, Pfullingen
  • 1957 : Der Mensch in der Psychiatrie, Pfullingen
  • 1960 : Melancholie und Manie : Phänomenologische Studien, Pfullingen
  • 1965 : Wahn, Pfullingen

En français[modifier | modifier le code]

Par ordre chronologique

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Caroline Gros, Ludwig Binswanger : Entre phénoménologie et expérience psychiatrique, Ed.: La transparence, 2009, ISBN 2-35051-025-5 (ouvrage de référence en français)
  • (it) Stefano Besoli (dir.), Ludwig Binswanger : esperienza della soggettività e trascendenza dell'altro : i margini di un'esplorazione fenomenologico-psichiatrica, Macerata, Quodlibet, coll. « Quodlibet studio. Discipline filosofiche », 2006, 814 p.