Viktor Frankl

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Viktor Frankl en 1965.

Viktor Emil Frankl, né à Vienne le 26 mars 1905 et mort à Vienne le 2 septembre 1997, est un professeur autrichien de neurologie et de psychiatrie. Il est le créateur d'une nouvelle thérapie, qu'il baptise logothérapie, qui prend en compte le besoin de « sens » et la dimension spirituelle de la personne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès l’âge de quinze ans, il correspond avec Sigmund Freud. En 1921, il donne sa première conférence sur le thème : « À propos du sens de la vie » et devient membre actif des jeunes travailleurs socialistes.

En 1925, étudiant en médecine, il rencontre personnellement Freud tout en se rapprochant du cercle d’influence d’Alfred Adler. L’année suivante, il est exclu de l’association de psychologie individuelle en raison de ses divergences avec Adler.

De 1933 à 1936, il dirige le « pavillon des femmes suicidaires » de l’hôpital psychiatrique de Vienne.

Quand les nazis prennent le pouvoir en Autriche, il sabote les ordres reçus, au risque de sa vie, afin de ne pas euthanasier les malades mentaux.

En 1942, sa famille et lui-même sont déportés dans le camp de concentration de Theresienstadt. Puis, le 19 octobre 1944 il était envoyé à Auschwitz. Il observe avec étonnement que les plus robustes, qui étaient le plus dans l’action, étaient les premiers à mourir tandis que ceux qui paraissaient les plus faibles résistaient beaucoup plus longtemps : « Face à l'absurde, les plus fragiles avaient développé une vie intérieure qui leur laissait une place pour garder l'espoir et questionner le sens[1]. ». Ses parents y ont trouvé la mort, alors que son épouse est morte au camp de Bergen-Belsen. Il ne l'apprendra qu'après sa libération, survenue le 27 avril 1945. C'est la vie dans les conditions inhumaines des camps de concentration qui l'a poussé vers sa théorie du sens de la vie (la logothérapie).

Pendant 25 ans, il sera le directeur de la polyclinique neurologique de Vienne.

En 1948, il obtient son doctorat de philosophie sur le sujet : « Le Dieu inconscient ». En 1955, il devient professeur à l’université de Vienne. En 1970, à San Diego en Californie, le premier institut de logothérapie au monde est fondé. On trouve aujourd’hui des centres et des associations de logothérapie dans trente pays. Ses livres sont traduits dans 32 langues.

Doctrine[modifier | modifier le code]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{Référence nécessaire}} ou {{Référence souhaitée}} sur les passages nécessitant une source.

Son œuvre est peu connue en France. Le grand dictionnaire de la psychologie (Larousse) n'a retenu de ses travaux que la paternité de l'intention paradoxale. Ce fondateur de la logothérapie a pris ses distances avec Freud quant à l’étiologie sexuelle des névroses et sur le problème de la religion. Il dénonce cet esprit de croisade qui caractérise L'Avenir d'une illusion en considérant que la névrose individuelle pourrait être l’expression d’une religion refusée.

Pour Frankl, il y a chez l’être humain une volonté de sens. Il s’aperçoit que ses patients ne souffrent pas uniquement de frustrations sexuelles (Freud) ou de complexes d’infériorité (Adler) mais aussi d’un « vide existentiel ». La névrose révèle avant tout un être frustré de sens, ce qui doit conduire à penser que l’exigence fondamentale de l’homme n’est ni l’épanouissement sexuel, ni la valorisation de soi, mais la plénitude de sens. Le repli sur le sexe n’est souvent qu’un ersatz à un manque de sens. Par voie de conséquence, le thérapeute ne peut se désintéresser du spirituel, et la logothérapie n’est plus centrée sur les pulsions mais sur l’inconscient spirituel.

Il reproche à la psychanalyse et à Freud en particulier d'avoir dépossédé l'homme du moi au profit du ça. Dans Le Dieu inconscient, il déclare : « En dégradant le moi en simple épiphénomène, Freud a pour ainsi dire trahi le moi en faveur du ça ; mais en même temps il a, si l'on peut dire, fait injure à l'inconscient, ne voyant en lui en effet que ce qui est du ça, l'instinctif, en laissant échapper ce qui est du moi, le spirituel »[réf. insuffisante]. Pour Frankl, il y a un hiatus ontologique entre l'instinctif et le spirituel. Il considère l'homme comme une totalité trinaire, à savoir : physique-psychique-spirituelle. Selon Frankl, Freud a omis la dernière dimension.

Pour autant, Frankl ne semble vouloir se fier à aucune religion constituée, à aucune Église. Il renvoie chacun à lui-même. En bousculant quelques préjugés bien ancrés, il pourrait aider la psychanalyse à quitter ses ornières dogmatiques en s’ouvrant sur d’autres horizons.[non neutre]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Viktor Frankl, Georges Elia Sarfati et Vincent Lenhardt, Nos raisons de vivre à l'école du sens de la vie, Paris, InterÉditions,‎ 2009 (ISBN 978-2-7296-1007-4 et 2729610073, OCLC 495323425)
  • Viktor E. Frankl : Ce qui ne figure pas dans mes livres, InterÉditions, 2014.
  • Viktor Frankl, Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Montréal, Actualisation,‎ 1988, 164 p. (ISBN 2761907094 et 978-2-7619-0709-5, OCLC 17586855)
  • (en) Viktor Frankl, Man's search for meaning, New York, Washington Square Press/Pocket Books,‎ 1985, 221 p. (ISBN 067166736X, 978-0-6710-2337-9 et 978-0-6716-6736-8, OCLC 14407595)
  • Viktor Frankl, Le dieu inconscient, Paris, Centurion,‎ 1975 (ISBN 2227305061 et 978-2-2273-0506-9, OCLC 299345793)
  • Viktor Frankl, Un psychiatre déporté témoigne, éditions du Chalet, 1967
  • Sous la direction du professeur en psychiatrie Yves Pélicier, sont parus les actes d'un colloque intitulé « Présence de Frankl », éditions du Tricorne, Genève, 1996. Ce colloque a eu lieu le 11 décembre 1992 à Paris sur le thème : « Autour de l'œuvre de Viktor E. Frankl, des raisons pour vivre ». Il contient la traduction française d'une conférence inédite de Frankl, « Réflexions sur la pathologie de l'esprit contemporain », p. 9-21. Les autres contributions sont signées de : Dr Yves Edel, Pr Dr Yves Pélicier, Dr Anne Gasqueres, Pr Dr Michel Laxenaire, Pr Pietro Giordano, Pr Luc Pareydt s.j., Pr Dr Demetrio Barcia, Pr Dr Antonio Fernandes Da Fonseca, Pr Dr Jean-Claude Benoit, Dr Adolfo Fernandez-Zoila, Pr Paul Albou, DrChristine Lecerf. (ISBN 2-8293-0137-4).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier La maladie a-t-elle une sens ? : De la culpabilité à la responsabilité, Enquêtes de santé, août-sept. 2010, numéro 2, page 23.

Liens externes[modifier | modifier le code]