Thérapie comportementale dialectique

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La thérapie comportementale dialectique (TCD) est une technique de psychothérapie développée par Marsha M. Linehan, chercheuse en psychologie à l'Université de Washington, pour traiter les personnes atteintes d'un trouble de la personnalité borderline (TPB)[1],[2]. La TCD combine les techniques standards de la psychothérapie cognitivo-comportementale comme la régulation de l'émotion et des exercices pratiques avec des principes tolérance de la détresse, d'ouverture d'esprit, de relaxation, d'acceptation largement dérivés des pratiques de méditation bouddhistes. La TCD semble être la première thérapie qui a expérimentalement démontré son efficacité pour traiter les TPB[3],[4]. Une méta-analyse a montré qu'elle avait un effet modéré[5]. Des recherches indiquent qu'elle est aussi efficace dans le traitement des patients qui présentent des symptômes et des comportements associés aux troubles de l'humeur (dysthymie), y compris l'auto-mutilation[6]. Des travaux récents montrent son utilité chez les sujets qui ont subi un abus sexuel[7].

Les éléments clefs de la TCD sont une thérapie comportementale conventionnelle et une thérapie cognitive, avec un principe dialectique et celui de la pleine conscience. Le principe dialectique, similaire à son rôle en philosophie, est introduit comme une alternative aux émotions intenses et polarisées. Plutôt que de réagir aux évènements ressentis comme étant parfaits ou insupportables, les patients sont amenés à reconnaître plusieurs points de vue et à les prendre en compte. La pleine conscience est définie comme une méthode pour vivre et ressentir une émotion sur le moment tout en se détachant des appréhensions concernant le futur ou le passé.

Toutes les TCD impliquent deux composants :

  1. Une composante individuelle dans laquelle le thérapeute et le patient discutent des problèmes survenus dans la semaine, les notent dans un journal et définissent des objectifs de traitement hiérarchiques. L'auto-mutilation et les comportements suicidaires sont la première priorité, suivies plus généralement des comportements interférant sur la thérapie. Puis sont traités les problèmes de qualité de vie pour terminer sur un travail d'amélioration des conditions de vie en général. Lors des thérapies individuelles, le thérapeute et le patient travaillent à améliorer l'utilisation de ses aptitudes. Souvent, les aptitudes en groupe sont observés et les obstacles empêchant de réagir correctement définis.
  2. Le groupe, qui d'ordinaire se rencontre une fois par semaine pendant environ deux heures, apprend à utiliser des aptitudes spécifiques qui sont classées en quatre modules: la pleine conscience, les relations interpersonnelles, la régulation des émotions et la tolérance à la détresse.

Ces deux composants ne peuvent pas être dissociés; la composante individuelle est considérée comme nécessaire pour empêcher les envies suicidaires et les problèmes de gestion des émotions de provoquer des incidents lors des sessions en groupe, tandis que les sessions en groupes apportent au patient les aptitudes essentielles de la TCD et lui permettent d'exercer sa gestion des émotions et des comportements dans un contexte social.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Janowsky, David S., Psychotherapy indications and outcomes, Washington, DC, American Psychiatric Press,‎ 1999, 100 p. (ISBN 0-88048-761-5)
  2. Linehan, M. M. & Dimeff, L. (2001). Dialectical Behavior Therapy in a nutshell, The California Psychologist, 34, 10-13.
  3. M. M. Linehan, H. E. Armstrong, A. Suarez, D. Allmon et H. L. Heard, « Cognitive-behavioral treatment of chronically parasuicidal borderline patients », Archives of General Psychiatry, vol. 48,‎ 1991, p. 1060–64
  4. M. M. Linehan, H. L. Heard et H. E. Armstrong, « Naturalistic follow-up of a behavioural treatment of chronically parasuicidal borderline patients », Archives of General Psychiatry, vol. 50, no 12,‎ 1993, p. 971–974 (PMID 8250683)
  5. Kliem, S., Kröger, C. & Kossfelder, J. (2010). (2010). Dialectical behavior therapy for borderline personality disorder: A meta-analysis using mixed-effects modeling. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 78, 936-951.[1]
  6. Brody, J. E. (2008, May 6). The growing wave of teenage self-harm. New York Times. Retrieved July 1, 2008.
  7. S.E. Decker et A.E. Naugle, « DBT for Sexual Abuse Survivors: Current Status and Future Directions », Journal of behavior Analysis of Offender and Victim: Treatment and Prevention, vol. 1, no 4,‎ 2008, p. 52–69 (lire en ligne)