Marc Augé

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Marc Augé
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Anthropologue et ethnologue français

XXe-XXIe siècles

Marc Augé.jpg

Paris, juin 2010

Naissance
2 septembre 1935
Poitiers (Vienne)
Nationalité
École/tradition
HumanitésAfricanisme – Européanisme
Principaux intérêts
Anthropologie des mondes contemporains – Idéologies – anthropologie et littérature – Rites de possession
Idées remarquables
Non-lieux – Surmodernité – Idéo-logique
Œuvres principales
Théorie des pouvoirs et idéologie ; Non-lieux ; Pour une anthropologie des mondes contemporains ; Le Métier d'anthropologue ; La Vie en double
Influencé par

Marc Augé, né le 2 septembre 1935 à Poitiers (département de la Vienne), est un ethnologue et anthropologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de lettres classiques, docteur ès Lettres et Sciences humaines[1], Marc Augé est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) à Paris ; de 1985 à 1995, il en fut le président (après Fernand Braudel, Jacques Le Goff et François Furet).

Directeur de recherche à l'ORSTOM (actuel IRD) jusqu'en 1970, puis, élu à l'EHESS, il a effectué de nombreuses missions en Afrique noire, principalement en Côte d'Ivoire et au Togo, et en Amérique du Sud, développant le concept d'idéo-logique, c'est-à-dire la manière dont, à travers des dispositifs et productions symboliques, s'ordonnent pour une société donnée le possible et le pensable, et s'orchestre pour tous et pour chacun l'imposition du sens [2]. Depuis le milieu des années 1980, il a diversifié ses champs d'observation, effectuant notamment plusieurs séjours au Venezuela, en Bolivie, en Argentine, au Chili, tout en essayant d'observer les réalités du monde contemporain dans son environnement le plus immédiat (Paris, France, Italie, Espagne) ainsi que dans ses productions « distanciées », notamment artistiques (photographie, cinéma, peinture, architecture, littérature)[3].

En 1992, il a fondé, avec Gérard Althabe, Jean Bazin et Emmanuel Terray le Centre d'anthropologie des mondes contemporains de l'EHESS[4]

Les non-lieux et la surmodernité[modifier | modifier le code]

Dans Non-lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité (1992), Marc Augé définit la « surmodernité » en l'opposant à la modernité par trois caractéristiques :

  • la « surabondance événementielle » : l'époque actuelle produit un nombre croissant d'événements que les historiens peinent à interpréter (Marc Augé se réfère notamment à l'effondrement du bloc soviétique, qui précède de peu la publication de son livre) ;
  • la « surabondance spatiale », qui correspond aussi bien à la possibilité de se déplacer très vite et partout qu'à l'omniprésence, au sein de chaque foyer, d'images du monde entier notamment par la télévision ;
  • l'« individualisation des références », c'est-à-dire la volonté de chacun d'interpréter par lui-même les informations dont il dispose, et non de se reposer sur un sens défini au niveau du groupe[5].

Publications (livres)[modifier | modifier le code]

  • Le Rivage alladian, Paris, ORSTOM, 1969.
  • Théorie des pouvoirs et idéologie, Paris, Hermann, 1975.
  • Pouvoirs de vie, pouvoirs de mort, Paris, Flammarion, 1977.
  • Symbole, fonction, histoire, Paris, Hachette, 1979.
  • Génie du Paganisme, Paris, Gallimard, 1982 (rééd. en « Folio Essais », Paris, Gallimard, 2008).
  • La Traversée du Luxembourg, Paris, Hachette, 1985.
  • Un ethnologue dans le métro, Paris, Le Seuil, 1986.
  • Non-Lieux, introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Le Seuil, 1992[6].
  • Paris retraversé, avec Jean Mounicq, Paris, Imprimerie nationale, 1990, ISBN 978-2-11-081113-4 (Prix Nadar).
  • Domaines et châteaux, Paris, Le Seuil, 1992.
  • Le Sens des autres, Paris, Fayard, 1994.
  • Pour une anthropologie des mondes contemporains, Paris, Aubier, 1994.
  • « La leçon des prophètes », postface à La Cause des prophètes. Politique et Religion en Afrique contemporaine, par Jean-Pierre Dozon, Paris, Le Seuil, 1995, pp. 277-295.
  • Paris ouvert, avec Jean Mounicq, Paris, Imprimerie nationale, 1995, ISBN 978-2-11-081325-1.
  • Paris, années trente, Paris, Hazan, 1996.
  • La Guerre des rêves. Exercices d'ethno-fiction, Paris, Le Seuil, 1997.
  • L'Impossible voyage. Le tourisme et ses images, Paris, Payot & Rivages, 1997.
  • Venise d'eau et de pierre, avec Jean Mounicq, Paris, Imprimerie nationale, 1998.
  • Fictions fin de siècle, Paris, Fayard, 2000.
  • Les Formes de l’oubli, Paris, Payot & Rivages, 2001.
  • Journal de guerre, Paris, Galilée, 2003.
  • Le Temps en ruines, Paris, Galilée, 2003.
  • Pour quoi vivons-nous ?, Paris, Fayard, 2003.
  • L'Anthropologie, Paris, Presses universitaires de France, 2004 (avec Jean-Paul Colleyn).
  • La Mère d'Arthur, Paris, Fayard, 2005 (roman).
  • Le Métier d'anthropologue. Sens et liberté, Paris, Galilée, 2006.
  • Casablanca, Paris, Le Seuil, 2007.
  • Éloge de la bicyclette, Payot & Rivages, 2008.
  • Où est passé l'avenir, Paris, Panama, 2008 (rééd. Paris, Le Seuil, 2011).
  • Le Métro revisité, Paris, Le Seuil, 2008.
  • Quelqu'un cherche à vous retrouver, Paris, Le Seuil, 2009 (roman).
  • Pour une anthropologie de la mobilité, Paris, Payot & Rivages, 2009.
  • Carnet de route et de déroutes, Paris, Galilée, 2010.
  • La Communauté illusoire, Paris, Payot & Rivages, 2010.
  • Journal d'un SDF , Paris, Le Seuil, 2011.
  • La Vie en double. Voyage, ethnologie, écriture, Paris, Payot & Rivages, 2011.
  • L'Anthropologue et le monde global, Paris, Armand Colin, 2013.
  • Les Nouvelles peurs, Payot, 2013.
  • Une ethnologie de soi : Le temps sans âge, Paris, Le Seuil, 2014.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Paul Colleyn et Jean-Pierre Dozon, «Lieux et non-lieux de Marc Augé», dans L'Homme, n° 185-186, 2008, pp. 7-32
  • Raphaël Bessis, Dialogue avec Marc Augé. Autour d'une anthropologie de la mondialisation, Paris, L'Harmattan, 2004
  • Anne Dhoquois (dir.), « Marc Augé », in Comment je suis devenu ethnologue, Le Cavalier Bleu, Paris, 2008 (ISBN 9782846701945)
  • Alessandro Hellmann, Decadence Lounge. Viaggio nei nonluoghi del nostro tempo, Zona Editrice, Arezzo, 2010.
  • Giulio Angioni, Fare, dire, sentire. L'identico e il diverso nelle culture, Nuoro, Il Maestrale, 2011.
  • Françoise Héritier, « Saisir l'insaisissable et le transmettre », dans L'Homme, n° 185-186, 2008, pp. 45-54.
  • Paul Virilio, « Une anthropologie du pressentiment », n° 185-186, 2008, pp. 97-104.
  • Jean Jamin, « Vues de Casablanca », n° 185-186, 2008, pp. 241-252.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa thèse, dirigée par Georges Balandier, a été publiée en 1975 sous le titre Théorie des pouvoirs et idéologie (Paris, Hermann, 1975, 440 pages).
  2. Voir Marc Augé, La Vie en double, Paris, Payot & Rivages,2011, ainsi que Jean-Paul Colleyn et Jean-Pierre Dozon, « Lieux et non-lieux de Marc Augé », dans L'Homme, n° 185-186, 2008, pp. 7-32; et Giulio Angioni, Fare, dire, sentire cit. pp. 242-255
  3. Voir Françoise Héritier, « Saisir l'insaisissable et le transmettre », dans L'Homme, n° 185-186, 2008, pp. 45-54, ainsi que, dans le même numéro, les articles de Paul Virilio, « Une anthropologie du pressentiment », pp. 97-104, et de Jean Jamin, « Vues de Casablanca », pp. 241-252
  4. Élisabeth Cunin et Valeria A. Hernandez, « De l’anthropologie de l’autre à la reconnaissance d’une autre anthropologie », Journal des anthropologues, n° 110-111, 2007 article en accès libre sur revues.org.
  5. Voir Raphaël Bessis, Dialogue avec Marc Augé. Autour d'une anthropologie de la mondialisation, Paris, L'Harmattan, 2004.
  6. Dans cet ouvrage, Marc Augé analyse les « non-lieux », terme par lequel il désigne des espaces sur lesquels, à la différence des villages étudiés par la première anthropologie, on ne peut pas lire les relations sociales. Empiriquement ce sont des espaces interchangeables où l'être humain reste anonyme, comme les moyens de transport, les grandes chaînes hôtelières, les supermarchés mais aussi les camps de réfugiés. L'homme ne vit pas et ne s'approprie pas ces espaces avec lesquels il a plutôt une relation de consommation. Mais ce qui est un non-lieu pour les uns peut être un lieu pour d'autres et inversement. Travailler quotidiennement dans un aéroport ou y passer pour prendre un vol entraîne un rapport différent à l'espace et au temps.