Bibliobus

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Des bibliobus en Espagne.

Un bibliobus est un véhicule aménagé pour servir de bibliothèque. Système inventé par l'Association des bibliothécaires français lors de l'exposition coloniale internationale de 1931[1], son modèle est repris en 1934 par Henri Filipacchi et en 1938 par Henri Vendel, bibliothécaire à Châlons-en-Champagne qui sera à l'origine des premières tournées de la bibliothèque circulante de la Marne, où elle desservira 350 communes. Cette démarche sera reprise et généralisée peu après. En France, les bibliobus ont longtemps été le principal instrument des bibliothèques départementales de prêt (BDP).

Dans les autres pays, ils existent très majoritairement comme des substituts aux bibliothèques construites en dur et en reprennent l'essentiel des fonctions. Ce sont alors souvent des « caisses » remorquées de grande taille, pouvant même déployer des surfaces importantes par un système de désemboitage dont les tiroirs sont soutenus par des vérins. Le terme anglais de « mobile library » définit cet usage majoritaire qui connaît une variante spécifique en France (voir plus bas : bibliobus rayons pour prêt aux bibliothèques).

Les différents types[modifier | modifier le code]

Les bibliobus caisses sont des camionnettes, destinées au transport de caisses de livres. Ces caisses sont déposés dans différents lieux (bibliothèques, écoles, mairies, maisons de retraites, etc.). On parle alors de bibliobus de dépôt. Les bibliobus caisses ont équipé les premières BDP, à partir de 1945, avant de disparaître dans les années 1970, puis de réapparaître dans les années 2000, sous le nom de « navettes » (voir infra).

Au Québec, le bibliobus caisses utilisant un véhicule utilitaire est resté la norme dans les Bibliothèques centrales de prêt, devenues centres de ressources et de services des bibliothèques publiques (CRSBP) après une tentative d'utilisation des bibliobus en milieu rural qui s'est révélé inadaptée aux conditions de circulation difficiles dues au climat froid et neigeux.

Les bibliobus rayons sont généralement des poids lourds, équipés de rayonnages, à l'imitation d'une véritable bibliothèque. Apparus au cours des années 1960 dans les bibliothèques départementales de prêt françaises et dans certaines bibliothèques municipales, ils étaient destinés à stationner sur les places des villages, des quartiers et dans les cours d'écoles, afin de permettre au public d'y emprunter des livres. On parle alors de bibliobus de prêt direct. Leur coût d'exploitation élevé, leur faible impact sur la population desservie et l'essor des bibliothèques publiques à partir des années 1980 ont conduit à leur importante régression : de nombreux bibliobus rayons ont servi de bibliobus de dépôt, avant d'être définitivement supprimés.

Les bibliobus rayons pour prêt aux bibliothèques sont une utilisation spécifique à la France par laquelle les bibliothèques de villages et des petites villes reçoivent des lots de documents selon un rythme bisannuel ou tri-annuel. Le choix dans les rayons est effectué par un ou plusieurs mandataires de la communauté locale. L'aménagement reste celui d'une bibliothèque fixe et d'ailleurs, certains véhicules alternent le prêt aux individus (voir plus haut prêt direct) et le prêt aux bibliothèques. Cet usage et cette disposition hybrides ont l'inconvénient de compliquer les opérations de manutention.

Les compléments et substituts aux bibliobus en France[modifier | modifier le code]

Le principe du bibliobus déposant des caisses a été rénové et réorienté en France à partir de 1985. Le terme générique de navette a été introduit par la Bibliothèque départementale de Saône-et-Loire pour désigner l'utilisation d'un véhicule utilitaire léger qui opère un circuit pour déposer et rapporter une caisse par bibliothèque concernée.

En 2005, plus d'un tiers de départements ont mis en place cette pratique avec de nombreuses variantes sur la fréquence de desserte, la taille des véhicules et le contenu transporté.

Cette pratique apparaît en général pour compléter le service d'un bibliobus et le cas minimum est un passage deux fois par an intercalé entre trois passages de bibliobus. Plus généralement, l'objectif est l'apport de documents demandés spécialement (en France, on dit « réservations ») par les bibliothèques communales avec remport des documents demandés par les autres communes. L'expression « donnant-donnant », voire « gagnant-gagnant », est parfois employée pour souligner le fait qu'un esprit de mutualisation est requis en rupture avec l'individualisme local qui ne prend pas souvent en compte l'aspect de fonctionnement en réseau que souhaite déployer la bibliothèque départementale.

Dans certains départements, la fréquence des passages est élevée et les demandes commencent à atteindre la dizaine de milliers.

Le succès du service est étroitement lié à la faculté apparue au tournant du siècle de mettre l'ensemble du catalogue départemental en consultation sur l'Internet avec la possibilité pour les responsables locaux d'inscrire en ligne leurs réservations.

Les navettes trouvent aussi une application particulière quand elles servent à apporter et reprendre des documents par lots aux bibliothèques têtes de réseau intercommunal. Dans ce cas, les navettes sont amenées à devenir un substitut à la desserte par bibliobus jugée plus coûteuse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Lemaître, « Le bibliobus », Chronique de l'Association des bibliothécaires français, no 1-6,‎ juin-juillet 1930, p. 99-104

Bibliobus. Définition in Le Dictionnaire, enssib, 2013.

Lien externe[modifier | modifier le code]