Diocèse de Moûtiers-Tarentaise

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45° 29′ 09″ N 6° 32′ 04″ E / 45.485833, 6.534444

Diocèse de Tarentaise
(la) Diocesis Tarantasiensis
Image illustrative de l'article Diocèse de Moûtiers-Tarentaise
La cathédrale Saint-Pierre de Moûtiers
Pays France
Église catholique
Rite liturgique romain
Type de juridiction diocèse uni
Création VIe siècle
Affiliation Église catholique en France
Province ecclésiastique Lyon
Siège Archevêché de Chambéry
Diocèses suffragants aucun
Conférence des évêques Conférence des évêques de France
Langue(s) liturgique(s) français
Calendrier grégorien
Site web catholique-savoie.cef.fr/
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Le diocèse de Tarentaise (en latin : Diocesis Tarantasiensis) ou de Moûtiers est un diocèse de l'Église catholique en France. Érigé au Ve siècle, il est un des diocèses historiques de la Savoie.

D'abord suffragant de l'archidiocèse de Vienne, il est élevé au rang d'archidiocèse métropolitain en 794. Supprimé en 1801, il est rétabli, en 1825, comme diocèse suffragant de l'archidiocèse de Chambéry. Depuis 1966, il est uni à l'archidiocèse de Chambéry. Depuis 2002, l'archidiocèse de Chambéry n'est plus métropolitain.

Géographie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondé au Ve siècle, l'évêché de Moûtiers-Tarentaise est érigé en archevêché entre 794 et 811. Le siège est vacant entre 1793 à 1803, puis réuni à l'évêché de Chambéry. Reformé en 1825, l'évêché de Moûtiers est définitivement uni à celui de Chambéry et à celui de Saint-Jean-de-Maurienne, en 1966.

Naissance de l'évêché[modifier | modifier le code]

Jacques d’Assyrie, secrétaire de saint Honorat d'Arles[Note 1] (Honorus), archevêque d'Arles, est considéré comme le premier évangélisateur de la province de Tarentaise avec saint Maxime de Riez et le premier évêque de la province.

Le premier document mentionnant l'existence de l'évêché est une lettre du pape Léon Ier (vers mai 450) dans laquelle, il est suffragant de l'archevêché de Vienne[1].

L'évêque Sanctius participe au concile d'Épaone en 517, année au cours de laquelle l'église de Moûtiers est consacrée[1].

Archevêché (794-1793)[modifier | modifier le code]

Léon III érige l'évêché de Moûtiers en archevêché entre 794 et 811[2]. L'évêché de Tarentaise jusqu’alors suffragant de l'archevêché de Vienne, devient la métropole d’une province ecclésiastique dont les évêques de Sion et d'Aoste sont les suffragants. Le premier archevêque a porté le titre semble être ainsi Possessor[3].

Le pouvoir de l'archevêque s'amplifie. Ainsi Amizon reçoit le titre de « comte » en 996 avec la charte de Rodolphe III de Bourgogne, faite à l'abbaye Saint-Maurice d'Agaune, devenant ainsi Prince du Saint-Empire[4],[5].

L'archevêque Pierre II de Tarentaise fonde l'abbaye de Tamié, en 1132[6].

Le pouvoir temporel des archevêques, puis des archevêques-comtes de Tarentaise est mis à mal par la puissante famille de Briançon, vicomte de la vallée. Ceux-ci contrôlent la haute vallée, ainsi que les seigneuries situées en aval de La Léchère. À la fin du Xe siècle, l'archevêque Héraclius se voit obligé de faire appel à l'Empereur et au comte de Savoie, pour régler les différends qui l'opposent au vicomte Aimery. Ce dernier est vaincu par le comte Humbert II de Savoie, que l'Empereur Henri IV du Saint-Empire a fait envoyer en 1097. La maison de Savoie obtient par cette intervention un contrôle sur le comté.

Au XIIIe siècle, la situation est à nouveau problématique. En 1254, alors que la branche principale des Briançon s'éteint, leur successeur, la branche cadette des Aigueblanche-Briançon s'empare du Château de Briançon, dont il ne reste plus qu'un fragment de mur en opus spicatum au sommet du rocher[7]. La forteresse, ancienne possession des vicomtes, contrôle le défilé qui mène à Aigueblanche puis à Moûtiers. Cependant, cette reprise de possessions et mal perçue car elle remet en cause une reconnaissance de suzeraineté qu'a contractée Aymeric IV de Briançon au archevêque-comte de Tarentaise, au moment où son frère Aymon Ier de Briançon est archevêque, puis qu'il confirmera avec son successeur Bernard de Chignin (v. 1212)[8]. Les seigneurs d'Aigueblanche-Briançon arguent que la vacance du trône impérial empêche la protection de leurs terres et qu'il leur faut récupérer ce bastion pour assurer leur propre protection[9]. Le 9 février 1254, Mgr Rodolphe Ier Grossi du Châtelard proteste et menace le vicomte d'excommunication si la forteresse n'est pas rendue. Toutefois, quatre ans plus tard, il renonce à ses exigences et obtient le paiement de 1 700 livres viennoises[7]. À la mort de l'archevêque Grossi du Châtelard, le comte Philippe Ier de Savoie, devient garant des terres du comté[9].

En 1276, un bailli de Savoie, par ordres du comte, Philippe Ier de Savoie, enquête sur les revenus et droits appartenant à la famille d'Aigueblanche-Briançon, et notamment sur le droit de péage de Briançon. Le 12 mars 1276, il est décidé que le château de Briançon et le droit sur la vicomté reviennent au comte de Savoie[10]. En 1279, le comte de Savoie rachète le titre de vicomte[10],[9]. Les archevêques sont débarrassés de la menace, mais ont dû pour cela céder à la toute nouvelle puissance régionale qu'est la maison de Savoie.

Au XIVe siècle, des nouvelles tensions éclatent entre les vassaux des comtes de Savoie et les archevêques. La ville de Moûtiers est prise en octobre-novembre 1335 et les fortifications sont démantelées[11]. À partir de ce siècle, les comtes de Savoie interviennent régulièrement dans la nomination des évêques, obtenant ainsi le contrôle complet de la vallée.

En 1470, l'archevêque Thomas de Sur permet l'installation de trois couvents capucins à Bourg-Saint-Maurice, Conflans et à Moûtiers et un de Frères Mineurs observantins à proximité de Moûtiers[12].

Mgr Claude-Humbert de Rolland signe avec Charles-Emmanuel III de Sardaigne, le 26 juin 1769 un traité[13] mettant fin au pouvoir temporel de l'archevêque sur la province de Tarentaise - quatorze paroisses qui formaient le comté - et la perte du titre comtal. En réalité, il s'agit de la vente de quelques droits que les archevêques possédaient encore, et qui étaient plus honorifiques que lucratifs, sans compter que la maison de Savoie avait déjà la mainmise sur la province. Cependant, il reçut une rente de 3 000 livres et le titre honorifique de Prince de Conflans et de Saint-Sigismond, que porteront ses successeurs et perçoit toujours les différents impôts ecclésiastiques[14].

Diocèse de Moûtiers (1825-1966)[modifier | modifier le code]

En 1792, la Savoie est touchée par le mouvement révolutionnaire français. L'Assemblée des Allobroges se réunit le 22 octobre et confisque les biens du clergé le 26. Le 27, elle abolit les privilèges[15]. La Convention nationale accepte l'annexion de la Savoie, qui devient le 84e département français sous le nom du Mont-Blanc. Chambéry reste chef-lieu, Annecy accueille le siège de l'évêché constitutionnel. Le concordat de 1802 (2 avril 1802) crée un grand évêché de Chambéry-Genève, confié provisoirement à monseigneur Paget. Cela met fin à l’archevêché de Moûtiers-Tarentaise[16].

En 1825, l'évêché est restauré jusqu'au 26 avril 1966. En effet, un décret du Saint-Siège unit les trois évêchés de Chambéry, de Moûtiers et de Saint-Jean-de-Maurienne en un évêché de Chambéry, Maurienne et Tarentaise. Ce décret indique que les évêchés de Moûtiers-Tarentaise et de Saint-Jean-de-Maurienne sont réunis "aeque principaliter" à l'archevêché de Chambéry de telle sorte qu'il y ait un seul et même évêque à la tête des trois diocèses et qu'il soit en même temps archevêque de Chambéry, évêque de Maurienne et évêque de Tarentaise.

Possessions[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou en fief des évêques de Moûtiers :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L’étude de son culte est particulièrement intéressante. Elle s’appuie sur un texte du XIIe siècle siècle relatant la Vie du saint et ses miracles qui a été retrouvé au XVIIe siècle. De ce document, aujourd’hui disparu, on conserve au moins quatre copies partielles ou des résumés, dont celle du père Jésuite Pierre-François Chifflet, d'avant 1643. Selon ce dernier
    saint Jacques est Syrien, au service du roi. Il n’accepte pas la persécution dont sont victimes les chrétiens et se convertit. Il vient de recevoir le baptême lorsqu’il rencontre saint Honorat, qu’il suit à Lérins, ce dernier lui confère les ordres majeurs et l’envoie évangéliser le pays des Ceutrons, vers 420.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Jean-François Durand (sous la dir.) - Volume par Jacques Lovie, Histoire des diocèses de France. Chambéry, Tarentaise, Maurienne (Volume 11), Éditions Beauchesne,‎ 1985 (ISSN 0336-0539), p. 12.
  2. L'érection de la province de Tarentaise se place entre 794 et 811 date à laquelle l'évêque de Tarentaise résidant à Moûtiers figure avec le titre d'archevêque au testament de Charlemagne.
  3. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers : Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes »,‎ 2007, 503 p. (ISBN 978-2-8420-6341-2), p. 171.
  4. Réjane Brondy, Bernard Demotz et Jean-Pierre Leguay, La Savoie de l’an mil à la Réforme, XIe siècle-début XVIe siècle, Rennes, Ouest-France,‎ 1984, 455 p. (ISBN 2-85882-536-X), p. 21.
  5. : J. Luquet, E. Vasseur, « La charte de Rodolphe : le plus ancien document des archives de la Savoie, « Précepte de Rodolphe III, roi de Bourgogne, accordant le pouvoir comtal à l'archevêque de Tarentaise Amizon » », Conseil général de la Savoie - Archives départementales,‎ 2010 (consulté le 24 août 2011).
  6. Henri Ménabréa, Histoire de la Savoie, éd. Grasset,‎ 1933, 1960, 1976, p. 40.
  7. a et b Marius Hudry, Histoire des communes savoyardes : Albertville et son arrondissement (Tarentaise), vol. 4, Éditions Horvath,‎ 1982, 444 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1), p. 339.
  8. Félix Bernard, Les Origines féodales en Savoie-Dauphiné : la vie et les rapports sociaux d'alors, Impr. Guirimand,‎ 1969, 396 p. (ISBN 978-2-7171-0159-1), p. 313.
  9. a, b et c Jacques Lovie, Histoire des diocèses de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Éditions Beauchesne,‎ 1979, p. 44-45.
  10. a et b Volume 1 de Archives de l'ancien duché de Savoie. Série S A. Inventaire, Archives départementales de la Savoie, 1966, p. 59
  11. A.Beruard, J.Châtel, A.Favre, M.Hudry, Découvrir l’Histoire de la Savoie, Albertville, éd. Centre de la Culture Savoyarde,‎ 1998 (ISBN 2-95113-791-5), p. 68-69, Fiche 14 "Les évêchés".
  12. J.-J. Vernier, Études historiques et géographiques sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis,‎ 1896, édition 1993 (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129), p. 80.
  13. François Descostes, article « Encore un mot sur Mgr Rolland, archevêque de Tarentaise », Revue savoisienne, Volumes 1-4, Académie florimontane,‎ 1868, p. 70-74.
  14. Jean-Paul Bergeri, Histoire de Moûtiers. Capitale de la Tarentaise, La Fontaine de Siloé. Collection « Les Savoisiennes » (ISBN 2-84206-341-4 et 9782842063412), p. 301.
  15. Corinne Townley, Christian Sorrel, La Savoie, la France et la Révolution. Repères et échos 1789-1799, Chambéry, Éditions Curandera,‎ 1999 (ISBN 2-86677-053-6), p. 217.
  16. André Palluel-Guillard, L'aigle et la croix. Genève et la Savoie, 1798-1815, Éditions Cabedita,‎ 1999, 662 p. (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 326.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Pour les dates, voir aussi la chronologie diffusée sur le site de Sabaudia.org, le site des archives départementales de Savoie et Haute-Savoie. Consultez aussi la bibliographie de l'article Histoire de Savoie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]