Château de Beaufort (Savoie)

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Château de Beaufort
Image illustrative de l'article Château de Beaufort (Savoie)
Nom local Notre-Dame-des-Châteaux
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIe siècle
Propriétaire initial Famille de Beaufort
Destination initiale Résidence seigneuriale
Destination actuelle Propriété privée
Coordonnées 45° 43′ 39″ N 6° 33′ 42″ E / 45.7275, 6.56167 ()45° 43′ 39″ Nord 6° 33′ 42″ Est / 45.7275, 6.56167 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Tarentaise
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune Beaufort

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de Beaufort

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Beaufort

Le château de Beaufort, olim « castorum Bellefortis », est un ancien château fort du XIe siècle, centre de la seigneurie de Beaufort, dont les vestiges se dressent sur la commune de Beaufort dans le département de Savoie en région Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château de Beaufort est située dans le département français de Savoie sur la commune de Beaufort, à deux kilomètres au nord-ouest du bourg, au sommet de la colline des Vanches, dominant le confluent du Doron et du Dorinet, à 997 mètres d'altitude.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du château de Beaufort est fort ancienne, de même que la famille de Beaufort. En ces lieux, il y aurait eu à l'époque gallo-romaine une villa, « Villa Lucia », du nom de son propriétaire Lucius, qui donna son nom à la vallée du Doron. La vallée porta longtemps le nom de « vallée de Luce »[2].

Le premier représentant connu de cette famille est attesté, vers 923, avec Bernard de Beaufort[3]. Il aurait chassé les Sarrasins de la vallée[3], vers 942, notamment au soutien de la Vierge[4]. Un de ses descendant dresse, au sommet de la colline, une enceinte de bois et de pierre avec une tour carrée, qui donnera place à des remparts flanqués de sept tours. La famille de Beaufort est alors vassale des sires de Faucigny.

À la mort de Guillaume de Beaufort, survenu vers 1246[5],[6], ses biens sont partagés entre ses fils. L'aîné, Guillaume, reçoit le château et ses dépendances, Pierre se fait construire une nouvelle maison forte aux Outards. Dans le besoin, ils contractent, lui et son frère, auprès de Pierre II de Savoie un emprunt de 1 500 livres. En 1271[5], ne pouvant honorer cette dette, Guillaume cède, en 1271[5], le château à Béatrice de Faucigny pour la somme de 1 525 livres. Béatrice y installe un châtelain et une garnison et complète les défenses du château ; elle serait à l'origine des deux tours rondes construites respectivement à l'est et à l'ouest.

Le château est cédé, avec les États du Faucigny, le 31 mars 1349 (ancien style), au roi Jean le Bon. En 1355, à la suite du traité de Paris, le château passe à la Maison de Savoie.

Jacques d'Achaïe en est apanaché par son cousin Amédée VI de Savoie de 1360 à 1363[6]. Le château est de nouveau apanaché avec le Faucigny et le Genevois par le duc Louis Ier de Savoie à ses fils, Louis de Savoie de 1460 à 1482, puis à Janus de 1482 à 1491[6].

En 1514[5],[6], il est donné, toujours avec le Faucigny et le Genevois, par le duc Charles III de Savoie à son frère Philippe de Savoie-Nemours. Ce dernier donne naissance à la branche des Genevois-Nemours. Cette branche éteinte, l'apanage fait retour, en 1659[5],[6], au duc Charles-Emmanuel II de Savoie qui inféode les terres, en 1662[5],[6], à François-Joseph Vicardel, marquis de Fleury, gendre d'Antoine de Beaufort. La famille de Fleury verra ses terres érigées en marquisat et les gardera jusqu'en 1771[6].

Le château à cette époque n'appartenait plus aux seigneurs du lieu car il avait été donné en 1536[5],[6], par le duc Jacques de Savoie-Nemours, à des religieuses dominicaines, chassé de Genève par la Réforme. Elles y restèrent deux ans, desservant la chapelle du château sous le vocable de Notre-Dame du Puy, aujourd'hui Notre-Dame des Châteaux. La chapelle aurait été érigée par Bernard de Beaufort à la suite d'un vœu, au nord-est du château, sur un plateau inférieur. Elle renfermait une vieille statue en bois de la Vierge et fut un lieu de pèlerinage pour les habitants de la vallée.

Les religieuses furent remplacées par les dominicains d'Annecy qui l'achetèrent, en 1580[5],[6], au duc Jacques de Savoie-Nemours, en échange d'un bien situé à Annecy. Ces derniers restèrent à Beaufort plus de deux siècles, érigèrent une nouvelle chapelle accolée à l'ancien corps de logis du château et y transférèrent la vénérable statue. À la Révolution, après avoir subi de graves dégâts, le château déclaré bien national est vendu, en 1793[5],[6], à un fermier du pays, Claude Bal, ancien bénédictin, qui le transforme en exploitation agricole.

Il est acheté, en 1837[5],[6], par le révérend Antoine Martinet, fondateur de la Société des Missionnaires Diocésains, qui restaure la chapelle en 1845[5],[6]. En 1870[5],[6], le site est acquis par la Congrégation des Augustins de l'Assomption qui y fait édifier un nouveau bâtiment à usage d'alumnat, établissement destiné à former des prêtres et des missionnaires. Ce dernier fonctionnera jusqu'à la séparation de l'Église et de l'État. Racheté en 1937[5],[6] par une autre communauté, il sert alors de maison de repos pour les Pères et de centre de vacances.

Description[modifier | modifier le code]

Le château se compose d'une enceinte haute avec un donjon carré roman, qu'une grande basse-cour, clôturée par les restes d'une grande enceinte, sépare d'un second donjon cylindrique de la fin du XIIIe siècle[7] dressé à l'ouest.

Des différents corps de bâtiments qui ont été bâtis, il semble que le plus ancien soit la tour maîtresse carrée romane du XIIe siècle[8]. Celle-ci aurait été élevée par un descendant de Bernard de Beaufort, son fils ou petit-fils, au XIe siècle. Elle mesure 7 mètres de côté pour une hauteur de 25 mètres. Elle est divisée en trois niveaux. Les étages sont desservis par une échelle de meunier aménagé dans l'épaisseur des murs. Elle s'éclaire, sur sa face est, par une fenêtre haute de 2,50 mètres.

Le corps de logis rectangulaire, adossé au donjon, date du XVIe siècle, sur sa façade nord on peut voir en sailli, les restes d'une demi-tour ronde. Ce serait l'une des sept tours qui flanquaient le rempart. Il subsiste également des vestiges de la porte romane de la première enceinte.

La tour de l'ouest et la tour de l'est sont sans doute l'œuvre de Béatrice de Faucigny ; érigées entre 1282 et 1305[5].

Celle de l'ouest est la mieux conservée. Elle mesure 3 mètres de diamètre hors œuvre et à une hauteur de 25 mètres. Ses murs sont épais de 3,50 mètres. Elle devait avoir cinq niveaux ; le premier, la salle basse haute de 6 mètres, est aveugle et l'on y accède par un trou ovale de 0,50 x 0,60 mètre aménagé dans sa voûte. L'accès à cette tour se fait au deuxième étage par une porte situé côté sud à 8-9 mètres de haut.

La tour ronde de l'est, bâti à l'à-pic, ne mesure plus que de 8 à 12 mètres, assez délabrée, elle fut frappée, en 1730[5],[6], par la foudre. Elle est érigée sur un à-pic du côté du Dorinet.

Selon Jean Mesqui[8], nous serions en présence de deux châteaux rivaux, comme à Allinges. Le premier, composé de la tour maîtresse carrée, attenant au corps de logis et à la chapelle, le second, composé de la tour maîtresse circulaire du XIIIe siècle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 516 p. (ISBN 978-2-84206-268-2), p. 228, Article « Hauteluce ».
  3. a et b Garin 1939, p. 30.
  4. Viallet 1993, p. 26.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Michèle Brocard 1995, p. 53-55.
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o Georges Chapier 2005, p. 110-115.
  7. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 120.
  8. a et b Jean Mesqui 1997, p. 475.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-M. Lavanchy, « Origine et nature de certains droits seigneuriaux possédés par la noble famille de Beaufort dans la vallée de Luce », Mémoires de l'Académie de Savoie, 3e série, t. 12, 1887, p. 222-223.
  • Chanoine Joseph Garin, Le Beaufortain : une belle valleé de Savoie : guide historique et touristique illustre, La Fontaine de Siloé (réimpr. 1996) (1re éd. 1939), 287 p. (ISBN 2-84206-020-2), p. 117 et suivantes.
  • Hélène Viallet, Les alpages et la vie d´une communauté montagnarde : Beaufort du Moyen Âge au XVIIIe siècle, t. XCIX, Annecy, Académie salésienne, coll. « Mémoires et Documents, Document d'ethnologie régionale n°15 »,‎ 1993, 302 p. (lire en ligne)
  • [Michèle Brocard 1995] Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages »,‎ 1995, 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 53-55.
  • [Jean Mesqui 1997] Jean Mesqui, Châteaux forts et fortification en France, Paris, Éditions Flammarion, coll. « Tout l'art. Patrimoine »,‎ 1997, 493 p. (ISBN 978-2-08012-271-1), p. 475.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 110-115.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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