Château de Briançon

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Château de Briançon
Image illustrative de l'article Château de Briançon
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction IXe siècle
Propriétaire initial Famille de Briançon
Destination initiale Résidence seigneuriale
Destination actuelle Ruiné
Coordonnées 45° 31′ 52″ N 6° 28′ 23″ E / 45.53111, 6.47306 ()45° 31′ 52″ Nord 6° 28′ 23″ Est / 45.53111, 6.47306 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Tarentaise
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune La Léchère

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de Briançon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Briançon

Le château de Briançon est un ancien château fort, du IXe siècle, centre de la seigneurie de Briançon, élevée au rang de vicomté au XVIe siècle, puis de marquisat en 1680, dont les vestiges se dressent, à Notre-Dame-de-Briançon, sur la commune de La Léchère, dans le département de Savoie en région Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

Les vestiges du château de Briançon sont situés dans le département français de Savoie sur la commune de La Léchère, sur une table rocheuse taillée en falaise, dominant un défilé de l'Isère. Le château commandait la route de Moûtiers et des cols du Petit et Grand Saint-Bernard, et défendait un péage établi sur le pont enjambant l'Isère. L'accès se faisait, du côté de l'Isère, par un escalier de 240 marches établi sur une rampe artificielle ou par un sentier situé sur l'autre face du rocher.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'origine du château est fort ancienne, de même que la famille de Briançon. En ces lieux, il y aurait eu un oppidum élevé par les Romains, remplacé par une forteresse sarrazine.

Le château aurait été édifié au IXe siècle[2] par la famille de Briançon.

La famille de Briançon, qui en 900[3], portait le nom de sires de Cur ou de Cœur, est attestée en l'an 1000[3], avec Aymon Cur qui est fait vicomte de Tarentaise par l'archevêque Amizzo[Note 1]. L'ainé de ces cinq fils, Artaud, serait à l'origine de la famille des Miolans et le second, Ardin, la souche des Montmayeur.

En 1082[3], vit Aymon ou Emeric, sire de Briançon. Son histoire est controversé ; selon certaines sources, il se serait comporté en brigand abusant de ses droits sur le péage du pont enjambant l'Isère, ce qui aurait amené l'archevêque de Moûtiers, Héraclius, en 1097[2], à faire appel au comte Humbert II de Savoie. L'archevêque aurait alors mis son diocèse sous la protection du comte, afin qu'il le délivre des tyrannies d'Aymon[4]. Ce dernier aurait mis le siège devant le château et l'aurait fait raser. Aymon reconnaîtra Humbert II comme son suzerain et lui rendra hommage.

Le 5 des calendes d’août 1196[4], l'empereur d'Allemagne Henri VI du Saint-Empire[Note 2] confirme, par bulle donné à Turin, la concession du château à l'archevêque Aymon II ou Aymon Neverius, chartreux, frère d'Émeric seigneur de Briançon. Aymon II avait été fait archevêque de Tarentaise aux environs de 1178. La concession du château avait été initialement faite par Frédéric Barberousse, le père d'Henri VI, par bulle, donnée à Pavie, le 6 des ides de mai 1186[4].

En 1276, c'est le comte Philippe Ier de Savoie qui est en possession du château.

Gaspard Ier de Montmayeur en reçoit l'investiture en 1392[3]. À la mort de Jacques de Montmayeur, dernier représentant de cette famille, le château est acquis, en 1486[3], à la suite d'une transaction avec les neveux de ce dernier, par le duc Charles Ier de Savoie, puis cédé, en 1528[3], à Béatrice de Portugal.

Des restaurations et des fortifications y sont alors entreprises, afin de le mettre en défense contre les troupes de François Ier, ce qui ne l'empêche pas de tomber aux mains des Français, en 1535[2], ou 1536[3],[5]. Ces derniers l'occupèrent jusqu'en 1557[3] ou 1559[2]. Il est rendu au duc Emmanuel-Philibert de Savoie après la victoire de Saint-Quentin et le traité de Cateau-Cambrésis. Le duc le vend, le 20 mars 1568, au noble François Ramus[6] pour 480 écus d'or.

En 1600[3], il est repris par les troupes d'Henri IV qui le démantèle. En 1630, Thomas de Savoie-Carignan se retranche dans le château face aux troupes de Louis XIII. Menacé d'être pris à revers, par les troupes du maréchal de Bassompierre, il se replie sur la frontière des Alpes. En 1690, la place est prise d'assaut par le maréchal de Catinat qui le détruit à peu près complètement.

La seigneurie de Briançon fut érigé en vicomté au XIe siècle, puis, le 2 mai 1680, en marquisat, en faveur de la famille Caron de Saint-Thomas.

Description[modifier | modifier le code]

Il ne reste aujourd'hui du château de Briançon que de rares vestiges d'une courtine flanquée, de deux logis et d'un donjon.

Au point culminant de la table rocheuse subsistent les restes d'un donjon carré de 8,40 mètres de côté hors œuvre ; les murs sont arasés au niveau du sol. En 1884[3], on pouvait voir les ruines de deux bâtiments situés à la base de l'escalier, celles des soubassements de trois murs et d'une tour érigée sur les bords de la rivière, sur la rive gauche, et qui devait défendre le pont, un peu en aval du pont actuel.

Des fragments de murs en opus spicatum, semblent dater du premier établissement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Également nommé, Aymon Ier, Emmo ou Emmon.
  2. Michèle brocard mentionne Henri IV ainsi qu'un frère de ce dernier nommé Frédéric, Michèle Brocard 1995, p. 203.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail.
  2. a, b, c et d Georges Chapier 2005, p. 107-109.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Michèle Brocard 1995, p. 202-203.
  4. a, b et c Joseph-Antoine Besson 1759, p. 193.
  5. Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ 1987, 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 669.
  6. François Rabut (1867-1870).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Joseph-Antoine 1759] Joseph-Antoine Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique des diocèses de Genève, Tarentaise, Aoste et Maurienne et du décanat de Savoye, S. Hénault,‎ 1759 (Copie de l'exemplaire Bibliotheque cant. et univ. Lausanne), p. 193.
  • [François Rabut (1867-1870)] François Rabut, Communication sur l'inféodation des château et seigneurie de Briançon par le duc Emmanuel-Philibert à noble F. Ramus de Chambéry (1568), vol. 11-12, coll. « Mémoires et Documents de la Société Savoisienne d'Histoire et d'Archéologie »,‎ (1867-1870).
  • [Michèle Brocard 1995] Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages »,‎ 1995, 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 202-203.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 107-109.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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