Bénédictine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bénédictine (homonymie).
Benedictine 01 08.jpg
Buste d'Alexandre-Prosper-Hubert Le Grand
Fûts de Bénédictine.
Le palais Bénédictine
Certaines des épices entrant dans la composition de la Bénédictine.

La Bénédictine est une boisson alcoolisée digestive fabriquée à Fécamp en Normandie.

La société de production appartient au groupe Bacardi-Martini France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon la légende maison, un élixir de santé aurait été mis au point par un moine vénitien, Dom Bernardo Vincelli à l'abbaye de Fécamp en 1510. Alchimiste et herboriste, il aurait distillé quelques-unes des plantes médicinales qu'il trouvait en abondance sur le plateau cauchois. Le breuvage aurait été très apprécié par le roi François Ier[1]. Au fil des ans, la recette initiale aurait été perdue, puis retrouvée en 1863 par le négociant en vin, Alexandre Le Grand.

Historiquement, il n'existe aucune trace monastique de l'existence d'un moine dénommé Bernardo Vincelli[2], ni du fait que François Ier ait apprécié un élixir provenant de l'abbaye de Fécamp. Une autre version explique en complément qu'à la dispersion de l'ordre des bénédictins lors de la Révolution française, le manuscrit contenant la formule est racheté par un notable de Fécamp en 1791 sans connaitre son contenu, et que ce document soit retrouvé dans la bibliothèque familiale par son lointain descendant Alexandre Le Grand en 1863[1]. Sans doute plus précisément, il semble qu'Alexandre Le Grand ait concocté lui-même la liqueur, aidé d'un pharmacien[3], à partir de vieilles recettes médicinales qu'il possédait dans un livre, ayant appartenu à l'abbaye. Alexandre Le Grand entreprit la création d'un nouveau « élixir de santé » qu’il baptise « Bénédictine ».

La Bénédictine est composée à partir de 27 épices orientales et de plantes locales où entrent l’angélique, l’hysope, le genièvre, la myrrhe, le safran, le macis, la fleur de sapin, l’aloès, l’arnica, la mélisse, le thé, le thym, la coriandre, la girofle, le citron, la vanille, le zeste d’orange, le miel, les baies rouges, la cannelle et la noix de muscade ; elle titre à 40 % d'alcool.

Alexandre Legrand se lance dans sa fabrication industrielle en construisant un « palais-usine » de style néo-gothique et néo-Renaissance, œuvre de l'architecte Camille Albert, le Palais Bénédictine.

Le succès immédiat de la Bénédictine, dont la production atteint près de 150 000 bouteilles par an, dès 1873, oblige son créateur à lutter contre les contrefaçons de son produit. Chaque bouteille de Bénédictine est munie d’un bouchon portant l’inscription : « Véritable Bénédictine » tout autour, avec en dessous le sigle D.O.M. (Deo Optimo Maximo, latin pour : « À Dieu, le meilleur, le plus grand »), et une large ligature de plomb autour du col des bouteilles avec l’inscription : « Véritable † Bénédictine ». Le nom Bénédictine est déposé dès 1875[1].

La recette actuelle est toujours tenue secrète et il en existe trois exemplaires tenus cachés en trois endroits différents de la planète. Les alambics de cuivre que le visiteur peut apercevoir dans les locaux sont ceux d'origine du temps d'Alexandre Legrand, toujours utilisés aujourd'hui pour la distillation. Le moelleux du produit fini nécessite plusieurs processus de distillation et environ deux ans de vieillissement en fût de chêne, toujours localisés dans le Palais de Fécamp. L'embouteillage, en revanche, se fait désormais dans l'usine du groupe Bacardi-Martini de Beaucaire, dans le Var.

75 % de la production est exportée[4]. Ses plus gros consommateurs sont les États-Unis, la Malaisie et Singapour.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

La Bénédictine est largement utilisée en Normandie dans la confection de confiseries telles que les « truffes à la Bénédictine » ou de desserts tels que les « crêpes », le « soufflé à la Bénédictine » ainsi qu’à rehausser la saveur des gâteaux. Elle peut également être utilisée avec les légumes, la viande, les fruits de mer ou le poulet.

Cocktails[modifier | modifier le code]

La Bénédictine entre dans certains cocktails, dont :

  • Béné dégraissée (moitié Bénédictine, moitié calvados)
  • B & B (moitié Bénédictine, moitié cognac - le B est pour Brandy - à raison de 40 % de cognac et 60 % de Bénédictine)
  • Crazy Ben
  • Gypsy Variation
  • Kentucky Colonel
  • Moonstar
  • Maxim's Coffee
  • Orient Express
  • Rolls Royal Cocktail
  • Singapore sling
  • Sunny day
  • Tarantula
  • Toothfull
  • Winters Moon


Le B&B a été inventé par le barman du 21 Club (en) à New York dans les années 1930 et est surtout vendu à l’export pour les pays anglophones, ce qui explique que le nom du produit soit en anglais.

La Bénédictine et les artistes[modifier | modifier le code]

La Bénédictine et son flacon ont inspiré des artistes comme les peintres Paul Gauguin, douanier Rousseau ou Marcel Duchamp, et des affichistes comme Mucha et Leonetto Cappiello qui l'ont représenté dans certaines de leurs œuvres.

À l'occasion du 500e anniversaire (1510-2010), 32 artistes contemporains exposent au Palais Bénédictine, les œuvres qu'ils ont conçues sur le thème des mystères de l'alchimie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean Watin-Augouard (préf. Maurice Lévy), Marques de toujours, Éditions Larousse/VUEF,‎ octobre 2004 (ISBN 2-7441-7580-3), « Bénédictine »
  2. L'existence d'un Dom Bernardo Vincelli, qui aurait été le précurseur en inventant la recette est pour le moins énigmatique, car aucune liste de moine de Fécamp, ni liste de moines bénédictins conservées ne le mentionne. Source : abbaye de Saint-Wandrille.
  3. D'après une interview de M. Alain le Grand, donnée pour FR3 dans le cadre du reportage: Le Palais Bénédictine de Fécamp.
  4. Xavier Oriot, Bénédictine : de l'élixir de santé à la liqueur, ouest-france.fr, 6 novembre 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]