Sioux

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Sioux
Description de cette image, également commentée ci-après

Le chef Sioux Red Bird vers 1908

Populations significatives par région
Population totale 170 110[1] (2010)
Autres
Langues Anglais, sioux, français

Les « sioux » sont un important groupe linguistique du centre et du sud-est de l'Amérique du Nord, parlant originellement des langues dites « siouanes ». Le peuple Sioux est souvent subdivisé en deux sous-groupes :

  • les Catobas aujourd'hui presque disparus (il existe encore une petite réserve dans la Caroline du Sud)[2]
  • la grande famille Sioux, qui comporte elle-même d'autres subdivisions (chiwere, dhegiha, winnebago, mandan, etc.).

Le même nom « sioux » est utilisé pour indiquer un groupe spécifique de tribus, culturellement et linguistiquement très proches : Lakotas, Nakotas et Dakotas, noms qui signifient tous « alliés ». Le présent article traite fondamentalement ce deuxième usage du terme.

Terminologie[modifier | modifier le code]

Les Sioux s'appellent entre eux « Oceti sakowin oyate », « le Peuple des Sept Feux » ou « le Conseil des Sept feux », en référence à leurs sept divisions politiques d'origine.

Quoique ce point soit incertain et discuté, le mot « sioux » proviendrait de l'expression « nadowe-is-iw-ug », qui, dans la langue des Ojibwés, signifierait « ennemis (nadowe) petits (is) ils sont (iw ug) » [3], parce que les Iroquois leur paraissaient des ennemis beaucoup plus dangereux. Ce terme a été repris par les Français au XVIIe siècle, et ensuite adopté par les Sioux eux-mêmes, mais aujourd'hui, ils préfèrent réutiliser leurs noms d'origine en disant « je suis lakota », « dakota » ou, très rarement, « nakota »[4]. « Nadowe-is-iw-ug » serait donc à l'origine un terme péjoratif que les Ojibwés et les Saulteaux, leurs parents des grandes plaines, utilisaient pour désigner les peuplades voisines dont les Blancs s'enquéraient de savoir le nom ; par simplification linguistique il n'en serait resté que le terme sioux qui aurait perdu ce sens péjoratif[réf. nécessaire].

Tribus[modifier | modifier le code]

Groupe de Sioux, peint par Charles Deas, vers 1845

Ce peuple se partageait en trois grands groupes géographiques et dialectals, à leur tour subdivisés en sept tribus qui constituaient les « Sept feux du Conseil » d'origine :

Les Dakotas ou Isantis, anglicisé en Santee (territoire traditionnel Minnesota) qui comprennent :

Les Nakotas[4] ou Ihanktuns ("village au bout") ou Yankton en anglais (territoire national Dakota) qui comprennent (ou comprenaient) :

  • Yanktons « Iyanktonwan » (« Ils habitent au bout »). Yankton Sioux Tribe (Yankton - Dakota du Sud); Spirit Lake tribe (Réserve de Devil's Lake - Dakota du Nord)
  • Yanktonnais « Iyanktonwanna» (« Les petits Yankton »), qui étaient subdivisés dans les deux groupe des Upper Yanktonnais et des Hunkpatina[5] (« Ils campent à l'extrémité ») ou Lower Yanktonnais. Standing Rock Sioux Tribe (Réserve de Standing Rock - Dakota du Sud e du Nord); Réserve de Fort Peck (Montana); Lower Brulé Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Lower Brulé et de Crow Creek - Dakota du Sud)

Les Lakotas ou Titunwans ("peuple de la prairie") ou Tetons en anglais (territoire traditionnel Dakota/Wyoming) qui constituaient à l’origine l’un des Sept Feux du Conseil, mais qui se subdivisèrent au XVIIIe siècle, après leur émigration vers les grandes plaines, en sept groupes :

  • Hunkpapas (« Ils campent à l'entrée ») Standing Rock Sioux Tribe (Réserve de Standing Rock - Dakotas du Sud et du Nord); Réserve de Fort Peck (Montana). Leurs plus grands chefs sont Sitting Bull et Gall.
  • Oglalas (« Ils se dispersent ») Oglala Sioux Tribe et Rosebud Sioux Tribe (Réserves de Pine Ridge et de Rosebud - Dakota du Sud). Ils comptaient les chefs Red Cloud et Crazy Horse ainsi que l'homme médecine Black Elk.
  • Sicangu (« Cuisses brûlées » ou «brulés»). Rosebud Sioux Tribe, Brule Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Rosebud, de Lower Brule et de Crow Creek - Dakota du Sud). Le chef Spotted Tail était des leurs.
  • Minneconjous « Mnikwojupi» (« Ils plantent près de l'eau »). Cheyenne River Sioux Tribe, Rosebud Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Cheyenne River, de Rosebud et de Crow Creek - Dakota du Sud). Le chef Big Foot est tristement célèbre car c'est sa bande qui fut massacrée lors du Massacre de Wounded Knee.
  • Itazipacolas ("Sans-Arcs") . Cheyenne River Sioux Tribe (Réserve de Cheyenne River - Dakota du Sud)
  • Oohenunpas (« Deux fois bouilli » ou "Deux chaudrons"), Two Kettles en Anglais. Cheyenne River Sioux Tribe, Rosebud Sioux Tribe et Crow Creek Sioux Tribe (Réserves de Cheyenne River, de Rosebud et de Crow Creek - Dakota du Sud)
  • Sihasapas, (« Pieds noirs »), appelés Blackfeet Sioux en anglais, à ne pas confondre avec le peuple algonquin des Blackfoot). Cheyenne River Sioux Tribe (Réserve de Cheyenne River - Dakota du Sud) et Standing Rock Sioux Tribe (Réserve de Standing Rock - Dakotas du Sud et du Nord)

Les Assiniboins faisaient originairement partie des Hunkpatina-Yanktonnais, mais plus tard ils se détachèrent de leur peuple d’origine pour se déplacer vers les régions canadiennes du Manitoba et de la Saskatchewan, où ils gardèrent leur idiome nakota et entrèrent dans un état de guerre permanente avec tout le reste de l’ancienne confédération Sioux, gagnant à juste titre le nom de Hohes (rebelles); ils peuvent être ainsi classifiés :

Histoire[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle : premiers contacts avec les Européens[modifier | modifier le code]

Eddie Plenty Holes, un indien Sioux photographié vers 1899.

Les Français furent les premiers Européens à rencontrer les Sioux, sur la façade occidentale du lac Supérieur, dans les États actuels du Minnesota et du Wisconsin. À l'époque de ces premiers contacts, dans les années 1670-1680, les Sioux étaient sédentarisés en gros villages ; ils alternaient la culture du maïs, la cueillette du riz sauvage et la chasse aux bisons, présents alors dans les clairières du Haut-Mississippi.

XVIIIe siècle : la conquête de l'ouest[modifier | modifier le code]

Au cours du XVIIIe siècle, les bandes sioux, probablement chassées par les conflits alors endémiques autour des Grands Lacs et le développement des épidémies qui décimaient les tribus voisines, commencèrent leur migration vers l'Ouest. Ce mouvement au-delà du Mississippi était également motivé par l'abondance du bison et par l'apparition du cheval, venu des plaines du Sud, où les Indiens l'avaient adopté lorsqu'il était apparu avec l'arrivée des Espagnols, au XVIe siècle.

Au cours du XVIIIe siècle, les tribus sioux se constituèrent un véritable «empire» dans l'Ouest en repoussant les Crows (Corbeaux en français) vers les Montagnes Rocheuses, et les Panis sur la rivière Platte. Ils apparurent dans les récits pour la première fois en 1650 dans la région des lacs Milles et Leech à proximité du Mississippi, dans le Minnesota, les frontières de leur nouveau territoire étant à un jour de marche du lac Supérieur. Sous la pression des tribus Ojibwé (parmi les premiers à obtenir des armes à feu), ils se déplacèrent à nouveau plus à l’ouest, poussant devant eux les Cheyennes, les Omahas, les Corbeaux et d’autres tribus plus petites. Ils envahirent rapidement tout l’ouest et le sud-ouest du pays après l’acquisition de chevaux et de fusils.

Vers 1750, ils traversèrent le Mississippi et envahirent les Black Hills (Paha Sapa en lakota).

XIXe siècle : l'affrontement de deux empires[modifier | modifier le code]

Amos Two Bulls, indien Sioux du Dakota dans le Buffalo Bill's Wild West Show (1900), photographié par Gertrude Käsebier.

L'expédition Lewis et Clark, au début du XIXe siècle, permit aux Américains d'approfondir leurs connaissances sur les Sioux. À l'arrivée des colons américains dans les Grandes Plaines, dans les années 1830-1840, les Sioux occupaient ainsi un vaste territoire qui s'étendait depuis le Missouri jusqu'aux monts de la Little Bighorn (les actuels États du Dakota du Nord et du Dakota du Sud), ainsi que sur une partie du Minnesota, du Wyoming et du Nebraska. Dans cette conquête, la Confédération sioux s'est alliée aux Arapahos et aux Cheyennes ; cette alliance, qui perdura tout au long du XIXe siècle, faisait des Sioux la puissance militaire la plus imposante des Plaines du Nord.

Les guerres tribales[modifier | modifier le code]

Les Sioux arrivent peu de temps après les Cheyennes dans la région des Black Hills. Grâce notamment à la puissance que leur conférent les armes à feu issues du commerce avec les Blancs (Wasichus en lakota), ils s'imposent rapidement comme étant un peuple belliqueux et puissant. Vers les années 1800, ils chassent de la région les Kiowas et les Comanches qui émigrent alors vers le Sud, puis se tournent vers les Crows qui sont à leur tour chassés.

Ils s'allient avec les Cheyennes et les Arapahos. L'alliance formée par ces trois peuples leur assurera une suprématie dans le nord des plaines. Leurs ennemis traditionnels sont les Crows, les Pawnees, les Shoshones mais également les alliés de ces derniers, comme les Nez-Percés (bien qu'en 1877 les rescapés des Nez-Percés de chef Joseph sont accueillis par Sitting Bull au Canada), les Osages et bien d'autres.

La guerre contre les Wasichus[modifier | modifier le code]

Premiers troubles (1840-1864)[modifier | modifier le code]

Au début des années 1840, les premiers colons blancs traversent les plaines pour s'implanter dans l'Oregon. C'est la création de la piste de l'Oregon, qui sera utilisée durant des années. Les migrations s'intensifient en 1849, avec la découverte d'or en Californie et la ruée qui s'ensuivit : des milliers de migrants traversent les territoires de chasse des Indiens. La Piste est large de plusieurs centaines de mètres. Les migrants prélèvent le bois et la nourriture dont ils ont besoin sur leur passage dans les environs, abattant et faisant fuir le gibier et rasant les arbres alentour. Très rapidement, elle est marquée par des tombes de migrants morts durant le voyage et de carcasses d'animaux. Les Sioux voient donc d'un mauvais œil cette route. Le pire se produit quand en 1849, les migrants transmettent aux Indiens le choléra. L'épidémie se répand dans les plaines comme une traînée de poudre, frappant de plein fouet les Cheyennes, les Sioux, les Kiowas, les Comanches, les Blackfeet, les Osages... Les tribus sont décimées et sont de plus en plus méfiantes vis-à-vis des Blancs.

En 1851, neuf tribus amérindiennes, parmi lesquelles les Sioux et les Cheyennes, signent avec le gouvernement des États-Unis le traité de Fort Laramie de 1851. En échange de 50 000 dollars d'annuité versés durant cinquante ans et de marchandises, les Indiens voient leurs territoires délimités sur une carte, autorisent la construction de routes et de forts dans les plaines et s'engagent à ne pas attaquer les migrants Blancs et à cesser les guerres tribales. La culture des Indiens des plaines, la mauvaise volonté du gouvernement américain (le Congrès rectifie le versement des annuités de cinquante à dix ans au moment de la ratification du traité) et surtout l'Histoire feront que le traité ne sera jamais respecté.

En 1854, un détachement de 29 soldats américains attaque un camp de 4 000 Sicangus en prétextant un vol de bétail : le détachement est anéanti. Cet événement, nommé Affaire Grattan du nom du lieutenant qui dirige le détachement marque le début de la guerre des Sioux contre les États-Unis. En 1855, en répression à l'Affaire Grattan, un village lakota est attaqué par l'armée américaine, faisant une cinquantaine de morts.

Représentation de la bataille de New Ulm (en) lors de la guerre des Sioux de 1862 par Henry August Schwabe.

En août 1862, les Sioux Dakotas du Minnesota qui avaient perdu, suite à des traités, les neuf dixièmes de leurs terres se révoltent sous la conduite de Little Crow. Un millier de colons et de soldats sont tués et plusieurs centaines de femmes et d'enfants sont faits prisonniers. La révolte est matée. Le 26 décembre 1862, 38 guerriers sont pendus pour leur implication dans les meurtres des colons. Il s'agit, encore aujourd'hui, de la plus grande exécution de masse de l'Histoire des États-Unis. Les Santees survivants sont faits prisonniers ou s'exilent dans l'Ouest pour rejoindre les Lakotas.

Le 29 novembre 1864, 700 volontaires du Colorado sous les ordres du colonel Chivington massacrent plus de cent cinquante Cheyennes du sud (dont une centaine de femmes et d'enfants) à Sand Creek. Le massacre révolte les Cheyennes qui, au coté des Sioux et des Arapahos, entrent en guerre contre les États-Unis.

La guerre de Red Cloud sur la piste du Bozeman (1865-1868)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre de Red Cloud.

En 1865,la découverte d'or dans le Montana Occidental entraîne une ruée vers l'or et la construction de la piste du Bozeman, qui traverse les terrains de chasse des Sioux et Cheyennes de la vallée de la Platte River. De plus, la piste est gardée par trois forts. Les Sioux, les Cheyennes du Nord et les Arapahos coalisés mènent alors la guerre contre les Américains sous la conduite de chefs tel que Red Cloud.

Les Amérindiens soumettent dès lors la route et les forts qui la protège à une guérilla, attaquant chaque convoi de chariots, les ranches de la région et les relais de diligence, coupant les lignes télégraphiques et attaquant les détachements de soldats sans relâche. La guerre de Red Cloud sur la piste Bozeman trouve son point culminant lors de l'anéantissement de 81 soldats sous les ordres de Fetterman aux environs de Fort Phil Kearny : c'est la bataille de Fetterman. Suite à cette défaite des États-Unis, le général Sherman écrit au président des États-Unis « Nous devons agir impitoyablement face aux Sioux allant même jusqu’à l’extermination des hommes, femmes et enfants[7]. »

La route n'est désormais plus praticable, et en 1868, les Américains proposent aux Sioux la signature d'un traité qui leur serait avantageux. Une partie des chefs Sioux le signe des avril, Red Cloud attend que les forts soient abandonnés par l'armée pour s'assurer de la sincérité des Blancs, et les signe en novembre. Le traité de Fort Laramie de 1868 promet aux Sioux une immense réserve dans le Dakota et des droits de chasse dans le Montana mais surtout la propriété de leurs terres sacrées des Black Hills. Aucun Blanc, selon les termes du traité, ne pouvait s'introduire dans la réserve sans l'autorisation des Indiens. Seuls Sitting Bull et Crazy Horse refusent de signer le traité.

La guerre des Black Hills (1874-1877)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre des Black Hills.

En 1874, alors que les États-Unis sont en pleine crise économique, des rumeurs courent et affirment que les Black Hills, la terre sacrée des Lakotas, sont riches en gisement aurifères. Une expédition, comptant des chercheurs d'or, des géologues... escortés par une troupe armée dirigée par le lieutenant-colonel George A. Custer est alors lancée au cœur des Black Hills pour vérifier ces propos. Ce dernier ouvre une route que les Indiens surnommeront la Piste des Voleurs. En effet, de l'or est découvert et, violant le traité de Fort Laramie, des milliers de chercheurs d'or s'introduisent illégalement dans les Black Hills. Commence alors la guerre des Black Hills. Le gouvernement ne fait rien pour endiguer la ruée vers l'or, et les Amérindiens sous les ordres de Crazy Horse et de Sitting Bull lancent alors des raids contre les chercheurs d'or. En 1875, le gouvernement décide d'acheter les Black Hills aux Sioux. Ces derniers sont partagés : certains refusent catégoriquement la cession des Black Hills ; d'autres sont prêts à les vendre mais à un prix beaucoup plus élevé que celui proposé par le gouvernement américain.

L'échec des négociations entraîne de nombreux Sioux établis dans les réserves à rejoindre Sitting Bull et Crazy Horse pour faire la guerre contre les Blancs. Fin décembre, le gouvernement lance un ultimatum aux Indiens « hostiles » : ils ont jusqu'au 31 janvier 1876 pour regagner la réserve, au-delà, ils seront la cible de l'armée. Face à leur refus, le général Sheridan monte un plan pour encercler le village hostile qui compte désormais des Sioux, des Cheyennes et des Arapahos. Trois colonnes de chacune plus ou moins un millier d'hommes ont pour mission de ratisser le Montana. L'une, sous le commandement des généraux Terry et Gibbon doit longer la Little Big Horn du Nord vers le Sud ; une autre, commandée par le général Crook doit partir du Wyoming et remonter vers le Nord ; la troisième, sous les ordres du lieutenant-colonel George A. Custer doit descendre vers le Sud en longeant la Rosebud. Les trois colonnes doivent au final se retrouver au camp des hostiles et les prendre en tenaille.

Représentation de la bataille de Little Big Horn.

La colonne du général Crook est défaite le 17 juin 1876 à la bataille de la Rosebud River et bat en retraite. Le 25 juin 1876, le 7e de cavalerie, qui forme la colonne de Custer attaque le camp de Sitting Bull et de Crazy Horse sur la Little Big Horn. La coalition compte six à huit mille Indiens Sioux, Cheyennes et Arapahos dont 1 500 à 2 000 guerriers. Le 7e de cavalerie est défait, 268 hommes sont tués dont le lieutenant-colonel George Amstrong Custer au cours de la légendaire bataille de Little Big Horn. Début juillet, le camp se disloque.

Dans les mois qui suivent, des milliers de soldats et de volontaires traquent les Amérindiens. L'hiver 1876-1877 est particulièrement rigoureux pour les Amérindiens. Petit à petit, ils rejoignent les réserves. Le 6 mai 1877, Crazy Horse se rend à Fort Robinson avec 889 Oglalas, tandis que Sitting Bull se réfugie au Canada. Là, il prend la tête d'un rassemblement de 4 000 Sioux. Cependant, la famine menace les Indiens et le camp se disloque, les Sioux retournent par petits groupes dans les réserves. Le 19 juillet 1881, Sitting Bull, poussé par la faim, retourne aux États-Unis et se rend avec 187 irréductibles. Il est emprisonné deux ans à Fort Randall avant de pouvoir rejoindre la réserve de Standing Rock.

Vie sur les réserves (1877-1890)[modifier | modifier le code]

Peu de temps après Little Big Horn les États-Unis s'emparent par la force des Black Hills.

Le Bureau des affaires indiennes qui gère les réserves est miné par la corruption : les stocks de marchandises et de nourriture prévus pour les Indiens sont en permanence détournés et très peu, souvent de piètre qualité, sont livrés aux Indiens. De plus, les agents des réserves sèment la discorde parmi les Indiens et les divisent. Red Cloud et Spotted Tail, jaloux de la renommée de Crazy Horse répandent des rumeurs sur son compte. Le 5 septembre 1877, il est arrêté et conduit en prison. Alors qu'il entre dans le bâtiment, il s'aperçoit qu'on veut le faire prisonnier et tente de fuir. Une sentinelle lui enfonce sa baïonnette dans l'abdomen. Le chef Oglala meurt dans la nuit.

Le gouvernement se lance alors dans une politique d'acculturation : les Indiens doivent se sédentariser et les vieilles coutumes tribales sont interdites. Le port des cheveux longs est interdit (alors que c'est un signe de virilité pour les hommes), la Danse du Soleil rendue illégale, les enfants sont envoyés dans des écoles où ils n'ont pas le droit de parler leurs langues maternelles. Mais surtout, les deux éléments centraux de la vie des Sioux sont supprimés : les bisons, de 30 millions d'individus au début du XIXe siècle ne sont plus que quelques centaines confinés dans le parc naturel du Yellowstone ; les chevaux sont souvent confisqués, exterminés ou croisés avec des chevaux de bas. Afin de veiller à l'extinction des vieilles coutumes tribales une police indienne est créée dans les réserves. De nombreux jeunes hommes s'engagent et y voient une nouvelle source de prestige. L'alcoolisme, la misère, la faim et les maladies ravagent les populations. L'hécatombe démographique se poursuit.

La Grande Réserve Sioux est éclatée et séparée en six petites réserves. En 1887, c'est le General Allotment Act, qui autorise le président des États-Unis à morceler les réserves : chaque célibataire reçoit 37 hectares et chaque famille 75 hectares, le reste étant ouvert à la colonisation.

Dans les années 1880, William Cody, dit Buffalo Bill, lance le Buffalo Bill's Wild West Show. Il s'agit de spectacles dans lesquels il présente la Conquête de l'Ouest et fonde le mythe de Custer. Ses représentations mettent en scène des Indiens et des blancs, qui jouent les thèmes fondateurs du Western : l'attaque de la diligence ou de la cabane de colon... et bien sûr la dernière résistance de Custer. Il engage de nombreux Indiens dont Sitting Bull avec qui il fait une tournée dans l'Est en 1885. À partir de 1887, il fait plusieurs tournées en Europe accompagné d'Indiens. L'Oglala Black Elk participe à ces tournées et se rend à Londres en 1887.

La Danse des Esprits et le massacre de Wounded Knee (1890)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Danse des Esprits et Massacre de Wounded Knee.

Dans ce climat de misère et de désespoir, les Indiens adhèrent massivement à un nouveau mouvement : la Danse des Esprits. Un pasteur païute, Wovoka, annonce que les Blancs vont partir, le retour des bisons et de ceux qui sont morts. Les Danseurs de l'esprit revêtissent des chemises sacrées qui sont censées arrêter les balles et ne cessent de danser pour que la prophétie se réalise.

Bien que le mouvement soit pacifique, les Américains voient d'un mauvais œil cette agitation et craignent de nouveaux troubles. La Danse est rendue illégale mais rien n'y fait : les Indiens y adhèrent massivement. Le 15 décembre 1890, 43 policiers Sioux agissant sous les ordres du gouvernement encerclent la maison de Sitting Bull à Standing Rock pour l'arrêter. Le chef soutient en effet la Danse des Esprits. Ce dernier résiste et est abattu avec son fils et six de ses partisans, ainsi que six policiers amérindiens.

Le 29 décembre 1890, une bande de danseurs de l'Esprit MInneconjous dirigés par le chef Big Foot est encerclée par le 7e de cavalerie dans la réserve de Pine Ridge dans le Dakota du Sud. Les guerriers sont désarmés mais certains résistent, persuadés que les chemises qu'ils portent les protégeront des balles. Un coup de feu est tiré. Les soldats ouvrent le feu. 300 hommes, femmes et enfants sont massacrés, dont le chef Big Foot. Le massacre de Wounded Knee met un terme sanglant à la Danse des Esprits et aux guerres indiennes. Dans les jours qui suivent, des bandes de guerriers se révoltent et attaquent les soldats dans la réserve pour venger les morts de Wounded Knee. Le 15 janvier 1891, les derniers combattants déposent les armes.

XXIe siècle : le mouvement indépendantiste[modifier | modifier le code]

Le , les représentants lakotas ont déclaré rompre officiellement les traités signés avec les États-Unis, les considérant sans valeur pour avoir été violés maintes fois par les États-Unis. Ils ont affirmé ainsi leur souveraineté sur les cinq États du Dakota du Nord, du Dakota du Sud, du Montana, du Nebraska et du Wyoming pour former la République Lakota[8].

Sioux célèbres[modifier | modifier le code]

Historiques[modifier | modifier le code]

  • Thaóyate Dúta (Sa Nation Rouge, mieux connu comme Little Crow), chef de guerre sioux mdewakanton dans le « soulèvement sioux » de 1862
  • Iŋkpáduta (Inkpaduta - Scarlet Point), chef de guerre sioux wahpekute, ennemi irréductible des Américains (actif 1857/1876)
  • Siŋté Glešká (Spotted Tail), grand chef sioux brulé, favorable à l'intégration dans la civilisation blanche
  • Maȟpíya Lúta (Red Cloud), grand chef sioux oglala, vainqueur de la « Guerre de Red Cloud » (1866-1868), ensuite favorable à l'intégration dans la civilisation blanche
  • Tȟatȟáŋka Íyotake (Sitting Bull), grand chef sioux hunkpapa, un des principaux résistants face à l'armée américaine
  • Tashunca-Uitco (Tȟašúŋke Witkó - Crazy Horse), grand chef Oglala, un des principaux résistants face à la civilisation des États-Unis
  • Wašíčuŋ Tȟašúŋke, American Horse, chef Lakota Oglala (1840-1908).
  • Colonel Gregory Boyington, pilote américain de la Seconde Guerre mondiale, d'origine sioux.

Contemporains[modifier | modifier le code]

Prénoms sioux[modifier | modifier le code]

Les Sioux ont donné des prénoms qui prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu'ils perçoivent, dans les qualités des personnes, ou bien dans d'autres évènements de la vie, souvent liés à la naissance. Tout comme l'ensemble des peuples amérindiens dont l'étymologie des prénoms amérindiens est similaire.

  • Abey : prénom féminin signifie « feuille » - Tribu Omaha.
  • Chumani : prénom féminin qui signifie « goutte de rosée ».
  • Eyota : prénom féminin qui signifie « la meilleure ».
  • Migina : prénom féminin qui signifie « lune descendante » - Tribu Omaha.
  • Winona : prénom féminin qui signifie « fille première née ».

Influence sur la toponymie[modifier | modifier le code]

Deux États des États-Unis, le Dakota du Nord et le Dakota du Sud portent le nom de la tribu Dakota. Deux autres États ont des noms d'origine sioux : le Minnesota (« mni » - « eau », et « sota » - « brumeux/fumeux, pas clair ») et le Nebraska dont le nom provient d'un langage proche du Santee, dans lequel « mni » et « blaska » (« plat ») font référence à la rivière Platte (nom français). Les États du Kansas, de l'Iowa et du Missouri portent les noms de tribus cousines des Sioux, respectivement les Kansa, les Iowa et les Missouri, tout comme les villes Omaha dans le Nebraska et Ponca City dans l'Oklahoma. Ces noms démontrent la large dispersion des peuples sioux dans le Midwest

Plusieurs municipalités du Midwest utilisent le mot « sioux » dans leur nom : Sioux City, Sioux Center (Iowa) et Sioux Falls (Dakota du Sud), il en est de même du nom de certaines rivières Little Sioux dans l'Iowa et Big Sioux qui marque la frontière entre l'Iowa et le Dakota du Sud. Une ville de Caroline du Nord a également utilisé un acronyme sioux pour nommer son quartier résidentiel : Pokep (ce qui veut signifier l'accord en langage traditionnel, restranscrit en un signe d'approuvement tel que "d'accord", "dacc'" ou bien "o.k" ,de nos jours)[réf. nécessaire]

Des villes de moindre importance et des entités géographiques des Plaines du Nord portent des noms d'origine sioux ou des traductions de noms sioux comme Wasta, Owanka, Oacoma, Hot Springs (Minnelusa), Minnehaha County, Belle Fourche (Mniwasta, ou « Bonne eau »), Inyan Kara etc.

Utilisations[modifier | modifier le code]

La tribu Sioux a donné son nom à l'expression française « rusé comme un Sioux », qui signifie être particulièrement malin[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tina Norris, Paula L. Vines et Elizabeth M. Hoeffel, « The American Indian and Alaska Native Population: 2010 », United States Census Bureau, United States Department of Commerce,‎ (consulté le 9 septembre 2012)
  2. Marco Massignan, Il grande libro delle tribù indiane d’America, Xenia, Milan, 1999, pages 150/151, article « Catawba »
  3. M. Massignan, Il grande libro …, page 305, article « Sioux ». Au lieu d'« ennemis » le mot « nadowe » est souvent traduit « vipères » ou « serpents », mais le sens général ne change guère.
  4. a et b Aujourd’hui les Yankton (et les Yanktonnais aussi) préfèrent généralement se nommer « Western Dakotas » (« Dakotas occidentaux ») (cf. (en) Jan Ullrich, New Lakota Dictionary (Incorporating the Dakota Dialects of Yankton-Yanktonai and Santee-Sisseton), Lakota Language Consortium,‎ (ISBN 978-0-9761082-9-0, LCCN 2008922508)), tandis que l’appellatif de « nakota » (ou « nakona » pour la langue) est utilisé par les Assiniboines ou, dans la forme de « nakoda », par leurs parents canadiens Stoney (cf. (en) South Dakota Office of Tribal Government Relations et (en) Dakota Language / Nakona Language Lessons - Fort Peck Community College). Les anciens « Hohe » tendent aujourd’hui à minimiser les fractures du passé et à se considérer, de quelque façon, une partie de la grande nation, ou, peut-être mieux, tradition, sioux (cf. (en) « Our Languages ~ Hohe Nakoda ~ History and Background » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-03-08 - Site du Saskatchewan Indian Cultural Centre).
  5. à ne pas confondre avec l’homonyme « thiyóšpaye » (« clan ») des Oglala (in lakota « Hunkpatila ») à qui appartenait le célèbre chef Crazy Horse.
  6. Il y a aussi des Stoney qui soutiennent pour eux-mêmes une certaine plus grande proximité linguistique des Lakotas que des Assiniboines, et prétendent être des « Sioux des Montagnes Rocheuses » plutôt que des simples descendants des Hohes (cf. (en) « Our Languages ~ Hohe Nakoda ~ History and Background » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2015-03-08 - Site du Saskatchewan Indian Cultural Centre).
  7. David Cornut, Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire, Editions Anovi,‎ , 360 p. (ISBN 978-2-36035-134-3, [page%2021 lire en ligne])
  8. Dépêche AFP publiée sur le site du journal Le Monde
  9. « Les Jeux olympiques d'Athènes à Pékin », dans Les collections de l'Histoire, n°40, juillet 2008, issn:01822411, p.63
  10. Définition rusé comme un sioux - Dictionnaire Définition français, Reverso

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiographie[modifier | modifier le code]

  • David Cornut, Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire (édition augmentée), Éditions Anovi, 391 p., 2006/2008 (ISBN 2-9148-1828-9)
  • George E. Hyde, Histoire des Sioux : Le peuple de Red Cloud, en trois volumes, Éditions du Rocher, 478 p., 1996 (ISBN 2-2680-2410-5) (ISBN 2-2680-1561-0) (ISBN 2-2680-2239-0)
  • Royal B. Hassrick, Les Sioux : Vie et coutumes d'une société guerrière, Albin Michel, 396 p., 1993 (ISBN 2-2260-6479-6)
  • Joseph Marshall III, Crazy Horse, une vie de héros, Albin Michel, dans la collection Terre Indienne, 340 pages, 2007. ISBN 978-2-226-17709-4

Mémoires et biographies[modifier | modifier le code]

  • Mary Crow Dog et Richard Erdoes, Lakota Woman : Ma vie de femme sioux, Livre de Poche, 290 p., 2003 (ISBN 2-2531-3715-4)
  • Archie Fire Lame Deer et Richard Erdoes, Le Cercle sacré : Mémoires d'un homme-médecine sioux, Albin Michel (Paris) : 425 p., 2000 (ISBN 2-2261-1448-3)
  • Stanley Vestal, Sitting Bull, chef des Sioux Hunkpapas, Éditions du Rocher, 459 p.,1992 (ISBN 2-2680-1227-1)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]