Leonard Peltier

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Leonard Peltier
Description de cette image, également commentée ci-après
Panneau réclamant la libération de Leonard Peltier à Détroit (Michigan).
Naissance (78 ans)
Grand Forks, Dakota du Nord
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Activité principale

Compléments

Sculpture de protestation à Liverpool.

Leonard Peltier est un militant amérindien (Native American) anishinaabe/lakota, né le , incarcéré depuis 1976 et condamné à deux peines à perpétuité. Il est membre de l'American Indian Movement.

L'organisation Amnesty International le considère comme un prisonnier politique, qui « devrait être libéré immédiatement et sans condition ».

L'affaire[modifier | modifier le code]

Le , Jack R. Coler et Ronald A. Williams, des agents spéciaux du FBI recherchant pour interrogatoire un jeune homme à la suite de l'attaque de deux ranchs, sont tués dans une fusillade dans la Réserve indienne de Pine Ridge dans le Dakota du Sud.

On retrouve les empreintes de Leonard Peltier sur les affaires des agents tués et le , il devient la 335e personne à être inscrite sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI.

La Gendarmerie royale du Canada l'arrête à Hinton en Alberta le .

Leonard Peltier a été inculpé de l'assassinat de ces deux agents du FBI puis condamné à deux peines consécutives de prison à perpétuité le à Fargo dans le Dakota du Nord. Il est incarcéré au pénitencier fédéral de Lewisburg en Pennsylvanie. Il n'a pas bénéficié de la révision de son procès.

Toutefois, ses partisans disent que :

  • son arrestation et son extradition du Canada auraient été obtenues sur la présentation de dépositions, obtenues par le FBI, de Myrtle Poor Bear, une jeune femme indienne dont le témoignage sera écarté par le juge sur la base d'instabilité mentale au moment du procès de Peltier ;
  • ses avocats se sont vu imposer des restrictions dans leur argumentation et n'ont pas été autorisés à présenter des témoins lors de son procès.

Les recours[modifier | modifier le code]

« Arrêtez la terreur à Pine Ridge ! » Article du nº 2 d'Osawatomie (printemps 1975), journal clandestin du Weather Underground, consacré à la répression de l'American Indian Movement dans la réserve amérindienne. La même année, Peltier y fut arrêté et incarcéré, accusé du meurtre de deux agents du FBI. L'article, lui, affirme que depuis le , deux ans après la révolte de Wounded Knee, sept membres ou sympathisants de l'AIM, dont deux femmes et un enfant, ont été assassinés.

Les avocats de Peltier ont déposé une nouvelle plainte dans le cadre de la Loi sur la Liberté de l’Information, pour obtenir la déclassification de plus de 170 000 pages sur cette affaire, qui sont toujours classées par le FBI et la CIA pour des raisons de « sécurité nationale ». Le but de cette action étant d’obtenir de nouvelles preuves, ce qui permettrait de ramener le cas Peltier devant différentes cours de justice. Le FBI a remis en plus de 30 000 pages à la défense permettant à l'équipe légale de Peltier de travailler sur un appel devant une cour fédérale. Mais jusqu'à présent, le FBI retient toujours plus de 140 000 pages.

La dernière action en justice a été déposée, en , dans le cadre du droit civil américain. Leonard Peltier et ses avocats ont décidé d’attaquer le FBI pour son rôle dans cette affaire depuis 1975.

Leonard Peltier est devenu admissible à la libération conditionnelle en 1993.

Leonard Peltier a reçu un soutien massif de la part d’autres défenseurs des droits de l’homme respectés dans le monde entier, notamment le regretté Nelson Mandela, Sa Sainteté le Dalaï-Lama, Mikhaïl Gorbatchev, Mary Robinson, ancienne présidente de l’Irlande et haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, le Parlement européen, le Parlement belge, le Parlement italien, le Kennedy Memorial Center for Human Rights, le révérend Jesse Jackson, Rigobert Menchu, sept prix Nobel de la paix et le président de l’Union européenne. Jesse Jackson, Rigoberta Menchu, sept lauréats du prix Nobel de la paix (dont l’archevêque Desmond Tutu et Shirin Ebadi), Rage Against the Machine, Pete Seeger, Carlos Santana, Harry Belafonte, Gloria Steinem et Robert Redford. Cette liste ne représente qu’une fraction du nombre total de partisans de M. Peltier. Sa libération est également fortement soutenue par les chefs tribaux élus de tous les États-Unis et par le National Congress of American Indians, qui ont adopté des résolutions demandant sa clémence et sa libération par compassion. ainsi que des millions de personnes à travers le monde réclament la libération de Leonard Peltier.

Des millions de personnes dans le monde ont aussi signé de nombreuses pétitions, organisé de multiples manifestations, rassemblement, actions pour demander la libération de Leonard Peltier.

Vivienne Westwood milite activement pour sa libération à travers chaque collection sur les supports médias remis à la presse, au public de l'industrie textile et plus visiblement au cœur de ses créations. Pour la créatrice de mode, « Leonard Peltier is innocent » un slogan que l'on retrouve imprimé au fusain sur des rubans, robes, accessoires sur l'ensemble de ses créations ; c'est la seule créatrice connue à ce jour qui canalise clairement son engagement personnel pour Leonard Peltier.

A la fin de ses deux mandats présidentiels, l'ancien président Bill Clinton avait assuré qu'il « n'oublierait pas Leonard Peltier » mais ne lui a finalement pas accordé la grâce présidentielle.

Durant la première quinzaine de , le site américain Change.org qui promeut l'élaboration d'une liste de mesures d'urgence à soumettre au Président élu Obama classe en 12e position sa libération immédiate[1].

Le jeudi , Leonard Peltier est informé de son transfert[2] du pénitencier de Leavenworth au Kansas pour la prison de Lewisburg située en Pennsylvanie et ce dès lundi . Dans la même missive, il lui est accordé le droit de solliciter une libération conditionnelle en . Peu de jours après son arrivée au Canaan Federal Penitentiary[3], Leonard Peltier a été pris à partie par des prisonniers et est sévèrement blessé. Ne voulant pas dénoncer ses agresseurs, il n'est pas considéré comme victime par le système pénitentiaire, et est donc placé en confinement avec un seul repas par jour. Ses jours seraient en danger selon son site officiel, qui rappelle que Leonard Peltier est diabétique, et qu'un tel traitement met en jeu sa santé.

Depuis 2016, Leonard Peltier est enfermé au complexe correctionnel fédéral de Coleman à Coleman, en Floride.

Dans le courant du mois , Leonard Peltier a dû être transféré de sa prison vers un hôpital de Floride pour un test d’effort cardiaque de routine. Lors des tests, les médecins ont découvert trois artères obstruées. Une opération a été effectuée et s'est bien passée. Cependant pour des raisons de santé, il se déplace actuellement () en fauteuil roulant.

En 2022[modifier | modifier le code]

Leonard Peltier a été testé positif au Covid.

La libération de Leonard Peltier serait possible par l’octroi d’une grâce du Président des États-Unis d’Amérique, Joe Biden.

Un article Huffpost (en anglais) paru en 2021 et un autre article en français paru sur le site du CSIA-Nitassinan font état des dernières actualités pour la libération de Leonard Peltier[4],[5].

M. Reynolds était le procureur des États-Unis qui a contribué à mettre Peltier en prison dans les années 1970. Dans une lettre extraordinaire adressée à Biden en , Reynolds déclare qu’il s’est rendu compte au fil des ans de l’injustice du procès de Peltier et qu’il serait plus juste de le laisser rentrer chez lui.

"J’écris aujourd’hui d’une position rare pour un ancien procureur : je vous supplie de commuer la peine d’un homme que j’ai contribué à mettre derrière les barreaux", écrit-il. "Avec le temps, et le bénéfice du recul, je me suis rendu compte que les poursuites et l’incarcération continue de M. Peltier étaient et sont injustes. Nous n’avons pas été en mesure de prouver que M. Peltier avait personnellement commis un quelconque délit sur la réserve de Pine Ridge."

M. Reynolds demande à M. Biden d’accorder la clémence à M. Peltier comme un pas vers la guérison des "relations brisées" entre les Amérindiens et le gouvernement américain.

"Je vous demande instamment de tracer une voie différente dans l’histoire des relations du gouvernement avec ses Amérindiens en faisant preuve de clémence plutôt que de continuer à faire preuve d’indifférence", a-t-il déclaré. "Je vous demande instamment de faire un pas vers la guérison d’une blessure que j’ai contribué à créer[5]."

Il conclut : « Il est tout à fait approprié que l'examen de la clémence pour M. Peltier soit priorisé et accéléré, afin que M. Peltier puisse retourner dans sa famille et vivre ses dernières années parmi son peuple[6].",[7].

La secrétaire d’État à l’Intérieur, Deb Haaland, amérindienne, a plaidé pour la libération de Leonard Peltier lorsqu’elle était membre du Congrès américain.

En , le parti Démocrate aux Etats-Unis (DNC) a adopté à l'unanimité une résolution exhortant Joe Biden à libérer Leonard Peltier[6].

"La résolution du DNC stipule que Peltier, aujourd'hui âgé de 77 ans, est un candidat idéal pour la clémence" étant donné le soutien écrasant à la clémence, les problèmes constitutionnels de procédure régulière qui sous-tendent les poursuites de M. Peltier, son statut de détenu âgé et le fait qu'il est un Indien d'Amérique, qui souffrent de taux plus élevés de disparités en matière de santé et de graves problèmes de santé sous-jacents.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « L'avenir appartient au créateur seulement et c'est le créateur qui le donne à la jeunesse. »
  • « Mon crime est d'être indien. Quel est le vôtre ? » Leonard Peltier, Ecrits de Prison.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • cité dans les paroles de la chanson de Buffy Sainte-Marie, Bury my Heart at Wounded Knee (1992), refrain d'après un poème de Stephen Vincent Benét évoquant le massacre de Wounded Knee.
  • Ya'at'eeh, chanson, Les Ramoneurs de menhirs (2010) dans l'album Amzer an dispac'h.
  • Leonard Peltier, chanson de Little Steven (Steven Van Zandt) sur l'album Revolution (1989).
  • Freedom, chanson du groupe Américain Rage Against the Machine dans l'album portant le nom du groupe.
  • Le chanteur du même groupe, Zack de la Rocha lui a rendu hommage avant d'interpréter la chanson Bombtrack au Minnesota en . Le speech est capturé dans les rééditions de Rage Against the Machine ou dans la version numérique de l'album.
  • Leonard's song, chanson écrite et chantée par Renaud, musique d'Alain Lanty sur l'album Rouge Sang édition limitée.
  • Leonard Peltier Free!, chanson du chanteur basque Fermin Muguruza sur l'album In-komunikazioa (2002).
  • La créatrice de mode anglaise Vivienne Westwood a également apposé le slogan « Leonard Peltier is innocent » à certaines de ses campagnes de publicité magazine, ainsi que sur des vêtements haute couture présentés pendant ses shows à Paris.
  • Le créateur de mode Christian Lacroix insère le slogan « Leonard Peltier est innocent » dans les livrets/programmes de ses shows pendant les Semaines de la Mode à Paris.
  • Le groupe de musique Indiannation a nommé une de ses chansons L. Peltier Freedom Now dans l'album Red power (1994).
  • Trop de choses à dire de Rockin' Squat et Taïro (2000) sur l'album Touche d'Espoir ainsi que Free Them All sur l'album Confession d'un enfant du siècle Vol.1 font référence a Leonard Peltier. En fait, le nom de Leonard Peltier est assez récurrent dans les titres de Rockin' Squat où il y revendique sa libération.
  • Left for Dead, texte du poète shawnee Barney Bush dédié à Leonard Peltier mis en musique par Tony Hymas figure dans le disque éponyme (1994 - réédité en 2005) produit par Jean Rochard. Il existe deux autres versions de Left for Dead dans les deux éditions de Remake of the American Dream de Tony Hymas et Barney Bush.
  • Le groupe de musique punk Tagada Jones, album Virus, 1999, Léonard.p.
  • Le rappeur engagé Médine fait référence à Leonard Peltier dans le titre Self Defense issu de l'album Arabian Panther.
  • Mósa Wòsa, roman de science-fiction de Nathalie Le Gendre, est dédié à Leonard Peltier.
  • Leonard Peltier in a Cage, piste nº 14 de l'album Tricks of the Shade du groupe de rap américain The Goats, contient un dialogue fictif entre Leonard Peltier et le personnage héros de l'album.
  • L'écrivain Serge Pey lui rend hommage dans Lettre à Barack Obama dans le langage des indiens des plaines pour la libération de Léonard Peltier (éditions Gruppen), Ne sois pas un poète sois un corbeau (édition Dernier Télégramme), et Un jour de plus pour Leonard Peltier (AHUC, éditions Flammarion).
  • Peltier est une chanson du groupe Norm Rejection sur l'album The Radical Underground (2014).
  • L'écrivain Roger Martin, spécialiste des États-Unis, auteur de Jusqu'à ce que mort s'ensuive (Cherche Midi et Pocket) évoque à plusieurs reprises l'American Indian Movement et Léonard Peltier dans l'épisode 8 de sa série de bande dessinée Amerikkka, Les Milices du Montana (E.P. Éditions).
  • Wounded Knee 73, chanson de Satan Jokers, paroles Pierre Guiraud.
  • Paul Winter Consort et John-Carlos Perea enregistrent le chant Comanche Witchi Tai To (2016) dans la vague de requêtes au président Obama pour la libération de Léonard Peltier.
  • res turner (rappeur végane), dans son album de 2016 Ouvrez les cages dont, le titre où il cite Léonard Peltier, porte le même nom.
  • Skalpel, sur l'album Légitime défense, évoque Léonard Peltier dans le titre Mémoires des luttes: Chapitre 1.
  • Le compositeur Robbie Robertson utilise la voix de Leonard Pelletier dans le titre Sacrifice sur l'album Contact from the Underworld of Redboy (1998).

Publication[modifier | modifier le code]

  • Écrits de prison de Leonard Peltier, traduit en français Publié aux éditions Albin Michel qui ont pris l'engagement de reverser tous les bénéfices des ventes de l'ouvrage à son comité de défense (Kansas, États-Unis) afin de soutenir la campagne pour sa libération.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • In the Spirit of Crazy Horse de Peter Matthiessen (1991), New York, éd. Viking Penguin (en anglais uniquement)
  • The Trial of Leonard Peltier de Jim Messerschmidt (1983), Boston, éd. South End Press
  • Agents of Repression de Ward Churchill et Jim Vander Wall (1990), Boston, éd. South End Press
  • Leonard Peltier, NON au massacre du peuple indien de Elsa Solal, (2017), collection ceux qui ont dit non, Actes sud Junior

Filmographie (vidéo)[modifier | modifier le code]

  • Incident à Oglala, documentaire sur le cas Peltier, réalisé par Michael Apted et Robert Redford (1992)
  • L’Esprit de Crazy Horse, documentaire sur la lutte des Lakota, la création de l’AIM et l’affaire Peltier, réalisé par Michel Dubois et Michael McKiernan (1990)
  • Thunderheart (Coeur de Tonnerre) (1992) est un film de fiction de Michael Apted, en partie basé sur le cas de Peltier mais sans prétention à l'exactitude.

Liens externes[modifier | modifier le code]