Découverte et exploration de l'Amérique

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L'arrivée de Christophe Colomb en Amérique, gravure de 1893.

La « découverte de l'Amérique » correspond usuellement au débarquement sur l'actuel continent américain (aussi appelé « Nouveau Monde ») d’un groupe d'une centaine de personnes commandées par l'amiral Christophe Colomb et mandatées par les rois espagnols Isabelle Ire de Castille et Ferdinand II d'Aragon, dans l'idée d'atteindre les Indes orientales par la mer, ignorant qu'un continent se trouve sur la route. La « découverte » est donc celle, documentée, du continent américain par les européens de la Renaissance. Durant la nuit du 11 au , ils abordent ainsi l'île de Guanahani (actuel San Salvador, Caraïbes) avec deux caravelles (La Pinta et La Niña) et une caraque, La Santa María. Les deux caravelles, bateaux inventés par les Portugais, sont plus légères, rapides et maniables que la caraque qui, quant à elle, est beaucoup plus lourde. Ce moment marque la rencontre de deux sociétés qui avaient quasiment[1] évolué indépendamment l’une de l’autre pendant environ 12,000 ans, après la disparition du pont terrestre de la Béringie. Le nom « Amérique » vient du navigateur italien Amerigo Vespucci qui est l’un des premiers Européens à comprendre qu’il s’agit d’un continent différent de l’Asie.

Rapidement, les Européens ont commencé à explorer et à coloniser le continent au détriment de ses habitants autochtones nommés « indiens » par les premiers explorateurs occidentaux : à la fin du XIXe siècle, on ne compte plus que 260 000 Amérindiens sur les 2 à 20 millions estimés au XVe siècle sur le territoire des États-Unis actuels[2]. Certains estiment le nombre d'Amérindiens vivant sur l'ensemble du continent lors de la découverte de l'Amérique à 100 millions[3].

Dénomination[modifier | modifier le code]

L'expression « découverte de l'Amérique » et avec elle les dénominations comme « nouveau monde » sont controversées en Amérique. Elles restent l'usage dominant en Europe. Du point de vue Américain, ce continent était habité depuis plusieurs dizaines de milliers d'années et n'était donc ni à découvrir ni nouveau. Aussi ces expressions sont accusées d'eurocentrisme par les populations d'origine amérindiennes, différents mouvements sociaux, des hommes politiques américains ainsi que par divers spécialistes[réf. souhaitée]. Certains ont soutenu[Qui ?] que l'usage de l'expression « Découverte de l'Amérique » devait être réservé à l'arrivée en Amérique des premiers chasseurs paléolithiques.

L'ensemble de ces réflexions a amené les historiens à évoquer des expressions plus adéquates telles que « L'arrivée de Christophe Colomb en Amérique » ou « L'arrivée des Espagnols en Amérique ». On utilise aussi éventuellement l'expression « conquête de l'Amérique » pour désigner le processus d'occupation du Nouveau Monde après sa découverte en 1492.

L'expression reste cependant solidement attestée en Europe où la découverte de l'Amérique « par les Européens » est implicite.

Contacts Européens précolombiens[modifier | modifier le code]

Localisation hypothétique des lieux américains mentionnés dans les sagas.

Christophe Colomb n'est pas le premier européen à avoir atteint l'Amérique. A la colonisation viking des Amériques attestée du Xe au XIIIe siècle s'ajoutent des contacts plus ou moins probables et précis de pêcheurs de morue vers Terre-Neuve, d'éventuelles expéditions portugaises et danoises qui forment les contacts trans-océaniques précolombiens.

Cependant l'expédition de Christophe Colomb en 1492 qui a initié l'exploration, la découverte et la colonisation de ces terres, l'identification de ces nouvelles terres comme continent, permis les échanges intercontinentaux avec l'Amérique, bouleversé les routes commerciales existantes vers l'Asie, bouleversé les équilibres politiques et économiques aussi bien que les écosystèmes à échelle planétaire. L'importance et la radicalité de l’événement en font le passage symbolique du passage du Moyen-Âge aux temps moderne dans l'historiographie occidentale.

La découverte de Christophe Colomb[modifier | modifier le code]

Christophe Colomb est le premier navigateur dont les pérégrinations transatlantiques sont attestées tant par des écrits (dont certains autobiographiques) que par de nombreux témoignages de ses contemporains ou des preuves matérielles (Amérindiens ramenés en Europe et présentés à la cour d'Espagne). Il réalisa quatre voyages d'Europe en Amérique au nom des Rois Catholiques : en 1492, 1493, 1498 et 1502.

Les voyages de Christophe Colomb.

Lors de son premier voyage en 1492, Christophe Colomb pensait avoir débarqué aux « Indes orientales », contrée aux richesses légendaires décrites entre autres par les récits de Marco Polo. Le 12 octobre, il débarqua sur une île des Bahamas appelée Guanahani (probablement San Salvador, mais dont la localisation exacte est encore discutée). Le 28 octobre, il découvrit Cuba. Le 4 décembre , il atteignit l'île d'Hispaniola actuellement partagée entre Haïti et la République dominicaine.

L'exploitation de la découverte[modifier | modifier le code]

Au cours de son deuxième voyage commencé fin 1493, il découvrit La Desiderada (La Désirade), Maria Galanda (Marie-Galante) puis la Dominique. Il découvrit ensuite Karukera ou Santa Maria de Guadalupe de Estremadura (Basse-Terre de la Guadeloupe), Montserrat, Saint-Martin et Saint-Barthélemy. En avril 1494, il arriva à Porto Rico, puis en Jamaïque.

Lors du troisième voyage, il débarqua sur le continent au niveau de l'actuel Venezuela et visita également Saint-Vincent, Grenade, Trinité, Margarita.

Pour son quatrième et dernier voyage, Colomb navigua le long des côtes du Veragua et du Panamá.

Persuadé d'avoir atteint l'Extrême-Orient, il est mort sans savoir qu'il avait « découvert » l'Amérique. On attribue à son compagnon Amerigo Vespucci le fait d'avoir été le premier Européen à évoquer le fait que les terres que Christophe Colomb avait découvertes n'étaient pas l'Asie mais en réalité le Nouveau Monde.

Colomb, navigateur au service de l'Espagne, est le premier à avoir découvert l'Amérique depuis l'Europe et à l'avoir revendiqué. Cette revendication entraîna la négociation du traité de Tordesillas signé le , qui établit le partage du Nouveau Monde entre l'Espagne et le Portugal sous l'égide du pape Alexandre VI, et qui établi la ligne de partage des terres découvertes ou conquises selon le méridien localisé à 370 lieues (1 770 km) à l'ouest des îles du Cap-Vert — méridien qui se situerait aujourd'hui à 46° 37' ouest. En conséquence, les terres découvertes ou conquises peu après, du Brésil et d'Amérique du Nord, passent respectivement sous souveraineté portugaise et espagnole jusqu’à la contestation de l’autorité papale par les autres puissances maritimes d’Europe.

Commémorations de la découverte colombienne[modifier | modifier le code]

La découverte de l'Amérique est commémorée en Espagne et dans les pays hispanophones le 12 octobre sous le nom de Jour de l'hispanité ou de Jour de la Race. Le Jour de Christophe Colomb est célébré le deuxième lundi du mois d'octobre dans plusieurs pays d'Amérique.

Exploration de l'Amérique[modifier | modifier le code]

Diego Gutiérrez et Jérôme Cock, Americae Sive Qvartae Orbis Partis Nova et Exactissima Descriptio, carte espagnole représentant l'Amérique, 1562. Copie de la LOC.

Après les premiers voyages de Colomb en 1492 et 1494-1495, d'autres Européens se lancent dans l’exploration du continent.

Fin du XVe siècle[modifier | modifier le code]

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Le livre des nouvelles terres est la plus ancienne mention du voyage de Christophe Colomb. Imprimé par Mikiláš Bakalář en 1506 à Pilsen. Exposé au Monastère de Strahov, Prague.
Représentation des Andes et des Montagnes rocheuses (1507) (Planisphère de Waldseemüller).

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Découverte de l'Amérique intérieure

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Des scandinaves menés par Erik le Rouge ont sans doute été les premiers Européens à joindre le Groenland et Terre-Neuve, dont ils auraient disparu rapidement ; les autres hypothèses de contact entre les habitants des autres continents et ceux de l'Amérique à l'ère historique reposent toutes sur des bases très fragiles.
  2. Pierre Jaquet, États-Unis, une politique étrangère criminelle, Éditions Alphée, Paris, 2010, p. 5.
  3. Carte des peuples indigènes d'Amérique latine.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A.-J. Mérault, Résumé de l'histoire des établissements européens dans les Indes Occidentales, depuis le premier voyage de Christophe Colomb jusqu'à nos jours, Paris, Lecointe et Durey, (lire en ligne)
  • Bartolomé et Lucile Bennassar, 1492, Perrin, 1991, 273 pages (ISBN 2-262-00752-7).
  • Pierre Chaunu, Conquête et exploitation des nouveaux mondes, PUF, Nouvelle Clio, Paris, 1995.
  • Denis Crouzet, Christophe Colomb : Héraut de l'Apocalypse, 2006.
  • Bernard Grunberg, Dictionnaire des conquistadors du Mexique, L'Harmattan, 2003, 632 pages (ISBN 9782747510073)
  • Jacques Heers, La Découverte de l'Amérique, Complexe, 1991, 190 pages.
  • Charles C. Mann, 1491. Nouvelles révélations sur les Amériques avant Colomb, Albin-Michel, 2007
  • José Rabasa, L'invention de l'Amérique : Historiographie espagnole et formation de l'eurocentrisme, L'Harmattan, 2002, 262 pages (ISBN 2747533883)
  • (de) Wurde Amerika in der Antike entdeckt? Karthager, Kelten und das Rätsel der Chachapoya., Münich, (C. H. Beck) 2013, (ISBN 978-3-406-64520-4). - mars 2014, (ISBN 978 3 406 66488 5)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Énigmes archéologiques[modifier | modifier le code]

Énigmes cartographiques[modifier | modifier le code]