Culture Clovis

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Une pointe de Clovis retrouvée sur le site éponyme (Nouveau Mexique).
Carte de l'Amérique montrant des sites rattachés à la culture Clovis, mais plus anciens que les dates proposées autrefois.

La culture Clovis ou culture Llano est une culture préhistorique paléoindienne caractérisant la fin du pléistocène, et apparue il y a 13 500 en moyenne, à la fin de la dernière période glaciaire. Elle se caractérise par la fabrication des pointes de Clovis et d'autres outils spécifiques en os et en ivoire. Son nom provient de la ville de Clovis, au Nouveau-Mexique, où ont été trouvés les premiers artefacts de cette culture, dans les années 1920. Les nouvelles technologies de datation mises au point depuis font désormais remonter cette période de quelques milliers d'années.

Origines[modifier | modifier le code]

Selon C. Vance Haynes (Université de l'Arizona), les porteurs de la culture Clovis seraient venus d'Asie à la poursuite de grands gibiers par le détroit de Béring. Celui-ci offrait un passage avant la fin de la dernière période glaciaire, et un réchauffement ayant débuté il y a 14 000 ans. Les eaux des océans, en partie figées sous forme de glace, étaient plus basses d'une centaine de mètres par rapport à leur niveau actuel et le détroit formait un pont de terre émergée entre la Sibérie et l'Alaska. Appelé Béringie, cet étroit couloir de 1 200 km était accessible à pied sec, encombré de lacs glaciaires et de moraines, mais ne permettait sans doute pas de séjours prolongés.

Présence humaine pré-Clovis[modifier | modifier le code]

La culture Clovis fut longtemps considérée comme la plus ancienne du continent américain. Ce point de vue est remis en question par la découverte de plusieurs sites plus anciens. Des témoignages de plus en plus probants d'occupations antérieures sont publiés : le site de Debra L. Friedkin a ainsi livré une industrie lithique datant d'il y a 15 500 ans[1]. Certains auteurs font reculer le premier peuplement de l'Amérique à des dates beaucoup plus anciennes, plus de 50 000 ans, voire 60 000 ans, mais ils s'appuient sur des données faisant l'objet de nombreuses critiques au sein de la communauté scientifique.

Quelques-uns des sites découvertes et explorés des dernières décennies :

La question aujourd'hui est bien de remettre en question les datations initiales de la culture Clovis, lesquelles ont été instituées dans les années 1920-1930. La communauté scientifique s'entend actuellement à élaborer de nouveaux modèles, à l'aune de nouvelles découvertes et d'outils de datation très performants.

Hypothèse d'une origine européenne[modifier | modifier le code]

Certaines similitudes morphologiques ont été relevées entre les outils foliacés bifaciaux de la culture Clovis, notamment dans les sites de Cactus Hill, de Topper, et les outils d'une culture du Paléolithique supérieur européen appelée Solutréen. Une théorie présentée par les archéologues Dennis Stanford et Bruce Bradley suggère que les Solutréens auraient traversé l’Océan Atlantique durant l'époque glaciaire en longeant la bordure sud de la banquise par cabotage, à l’aide de techniques de survie similaires à celles du peuple inuit actuel.

Cependant, la théorie d'une origine européenne a été invalidée par l'analyse génétique, notamment celle d'Anzick-1[2].

Génétique et disparition assez rapide de la culture Clovis[modifier | modifier le code]

Il est délicat à partir d'échantillons génétiques de contemporains vivants d'extrapoler sans évoquer la possibilité d'un goulet d'étranglement survenu à l'époque dite du Dryas récent : l'étude des échantillons de glace au Groenland montre des zones plus sombres (activités volcaniques)[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Waters, M.R., Forman, S.L., Jennings, T.A., Nordt, L.C., Driese, S.G., Feinberg, J.M., Keene, J.L., Halligan, J., Lindquist, A., Pierson, J., Hallmark, C.T., Collins, M.B. et Wiederhold, J.E (2011) - « The Buttermilk Creek Complex and the Origins of Clovis at the Debra L. Friedkin Site, Texas », Science, vol. 331, no 6024, p. 1599-1603.
  2. (en) Morten Rasmussen, Sarah L. Anzick, Michael R. Waters et Pontus Skoglund, « The genome of a Late Pleistocene human from a Clovis burial site in western Montana », Nature, vol. 506,‎ , p. 225–229 (PMID 24522598, PMCID 4878442, DOI 10.1038/nature13025)
  3. Large Pt anomaly in the Greenland ice core points to a cataclysm at the onset of Younger Dryas Michail I. Petaev, Shichun Huang, Stein B. Jacobsen, and Alan Zindler PNAS 2013 ; published ahead of print July 22, 2013, doi:10.1073/pnas.1303924110

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]