Histoire des Afro-Américains

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Cet article présente les faits saillants de l'histoire des Afro-Américains.

Chronologie[modifier | modifier le code]

N.B. : cette chronologie n'est pas exhaustive.

Traite des Noirs en Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

Benjamin Banneker (1731-1806), astronome et éditeur américain, fils d'esclave.

Les Afro-Américains descendent pour la plupart des esclaves noirs déportés sur les bateaux négriers au temps de la traite atlantique. On estime à plusieurs millions[évasif] le nombre de personnes ayant été transportées de force sur le continent américain principalement vers les Caraïbes, l'Amérique centrale et l'Amérique du Sud. Les premiers esclaves noirs furent importés en Virginie en 1619[8]. Les colonies anglaises du sud du littoral atlantique avaient besoin de la main d’œuvre servile pour travailler dans les plantations de tabac. Tout au long du XVIIIe siècle, la traite s’intensifie pour atteindre le nombre de 300 000 arrivées[9]. En 1790, 20 % de la population des jeunes États-Unis est d’origine africaine[10]. Dès cette époque, on peut observer des métissages avec les Blancs.

Dès 1770, les sociétés quakers de Nouvelle-Angleterre sont hostiles à l’esclavage des Noirs. Ils sont les premiers à militer de façon organisée contre l'esclavage, à questionner le droit d'une personne à posséder une autre personne en tant qu'esclave. Sous l'impulsion des quakers Antoine Bénézet et John Wollman des actions contre l’esclavage se créent, c'est ainsi que se créée la première société antiesclavagiste américaine la Pennsylvania Abolition Society à Philadelphie le [11],[12]. Benjamin Franklin et Benjamin Rush les rejoignent pour demander l'abolition de l'esclavage[13].Cette première société fera des émules comme la New York Manumission Society fondée en 1785[14],[15], d'autres société semblables voient le jour dans tous les états, du Massachusetts jusqu'en Virginie. En 1783, le Maryland interdit la vente et l'importation des esclaves[16].

L'esclavage est aboli en 1777 dans le Vermont[17]. La Virginie décida d'abolir la traite en 1778[18].

Pendant la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783), des soldats noirs, qu'ils soient esclaves ou libres, ont participé au conflit dans les deux camps, loyaliste et insurgés. On estime que 5 000 Noirs ont combattu dans l’armée américaine[19] et plusieurs d'entre eux furent affranchis[20].

La Révolution américaine plaça au cœur des débats politiques la place et le statut des Noirs dans la société. Le Congrès continental discuta intensément de l'esclavage. Malgré le poids de Benjamin Franklin devenu président de la Pennsylvania Abolition Society et celui de toutes autres sociétés abolitionnistes qui ont présenté un mémoire au Congrès pour l'abolition de l'esclavage et la reconnaissance de la citoyenneté des Afro-Américains[21]. Mais sous la pression des riches propriétaires de plantations de la Caroline du Sud et de la Géorgie, afin d'éviter un éclatement entre les États du Sud et ceux du Nord, un compromis est établi par l'alinéa 1 de la section 9 de l'article premier de la Constitution des États-Unis où il est écrit : « L'immigration ou l'importation de telles personnes que l'un quelconque des États actuellement existants jugera convenable d'admettre ne pourra être prohibée par le Congrès avant l'année 1808, mais un impôt ou un droit n'excédant pas 10 dollars par tête pourra être levé sur cette importation. »[22] ; disposition ambiguë qui sans reconnaître l'esclavage autorise l'importation d'esclaves, et donc de façon implicite le droit à posséder des esclaves. Les deux textes fondateurs des États-Unis, la Déclaration d'indépendance de 1776 et la Constitution des États-Unis de 1787, étant équivoques, sont des textes sur lesquels ni les esclavagistes ni les abolitionnistes peuvent s'appuyer laissant la porte ouverte aux débats. Ainsi commence la longue histoire des Afro-Américains dans leur quête de leur citoyenneté américaine et des droits civiques qui y sont liés[23].

La situation au lendemain de l'Indépendance[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 1790, il y a 753 430 Afro-Américains, dont 59 166 sont libres pour une population de 3 140 207 Blancs, le nombre des esclaves représente 18 % de la population totale[24],[25]. La grande majorité des esclaves, 89% vivent dans les états du Sud (Géorgie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Virginie) là où se concentrent les plus forts besoins main d'œuvre liés aux grandes plantations, alors que la population d'esclaves diminue fortement dans les états du Nord, voire disparaît complètement dans le Vermont et le Massachusetts[26]. Une fois que l'indépendance fut acquise, les différents états établirent des Codes de l'esclavage (Slave Codes) afin de pouvoir maîtriser et contrôler les esclaves et optimiser leurs travaux. Ainsi un esclave ne pouvait ni ester en justice ni témoigner dans un procès sauf contre un autre esclave ou un affranchi, les esclaves ne pouvaient pas signer de contrats, ne pouvaient généralement rien posséder en propre ; dans certains états comme celui du Mississippi il leur était interdit de jouer d'un instrument de musique ou d'apprendre à lire et écrire. L'instruction des esclaves était la plupart du temps le fait de leurs propriétaires, de rares écoles seront accessibles aux esclaves vers les années 1840, au contingentement limité et avec bien entendu une autorisation de leurs propriétaires qu'ils doivent toujours avoir sur eux. Seuls les Afro-Américains libres des états anti-esclavagistes peuvent s'instruire dans des écoles la plupart du temps ségréguées[27]. Les relations des esclaves aux Blancs étaient réduites au strict minimum, lors de leur temps de repos aucune assemblée ne pouvait se tenir sans la présence d'un Blanc, la moindre incartade était sanctionnée par le fouet et la peine de mort à la moindre rébellion, leur liberté d'aller et venir était contrôlée par une police des esclaves. Dans certains états, l'arbitraire des propriétaires était régulé par des tribunaux dédiés aux crimes et délits commis par les esclaves, tribunaux où dans le meilleur des cas les jurés étaient tous blancs et dans le pire des cas étaient aux mains des propriétaires d'esclaves, les peines étaient le plus souvent le fouet, afin d'éviter un temps de prison pendant lequel l'esclave ne travaillerait point, la peine de mort visait des crimes bien précis vol à main armée, viol, rébellion, cela encore pour préserver la main d'œuvre[28].

Guerre de Sécession et abolition de l’esclavage[modifier | modifier le code]

Égrenage du coton, 1869.
Abraham Lincoln

La traite des esclaves est officiellement abolie aux États-Unis en 1808. Mais la question de l’esclavage n’est pas réglée et oppose les Américains. Le courant abolitionniste se développe parmi les auteurs du nord-est du pays (William Ellery Channing). Dans les années 1820, la Female Anti-slavery Society dénonce l'esclavage.

Les églises baptiste et méthodiste se détachent progressivement du contrôle des Blancs et s'organisent en communautés d'entraide : en 1816, l’Église épiscopale méthodiste africaine s’émancipe. Les esclaves affranchis qui gagnent bien leur vie, essaient alors d’acheter la liberté des membres de leurs familles. Les idées de la révolution américaine, les soulèvements d'esclaves et la révolution haïtienne font craindre chez certains planteurs une insurrection générale de la population noire. En 1831, l'esclave Nat Turner, conduit une révolte dans le comté de Southampton en Virginie (51 blancs sont tués en une journée). Elle est finalement écrasée et son chef est exécuté.

Le problème de l'esclavage dans le Sud des États-Unis, en partie révélée par le livre La Case de l'oncle Tom conduisit Abraham Lincoln à promettre son abolition s'il était élu. Son élection conduisit donc les États du Sud à demander la Sécession. Celle-ci leur fut refusée (elle aurait en effet privé les caisses fédérales de l'essentiel de ses impôts), conduisant à une guerre civile appelée Guerre de Sécession (1861–1865). Finalement, en 1865, le 13e amendement à la constitution abolit l’esclavage sur tout le territoire américain. Après 1865, un grand nombre d'anciens esclaves se retrouvent sans travail et de nombreux planteurs font faillite. De nombreux Noirs commencent à partir vers les cités industrielles du Midwest et du Nord-Est des États-Unis. Rejetés par les populations blanches, ils se regroupent dans certains quartiers : Harlem à New York.À Boston, ils s’établissent dans le quartier de Roxbury, au sud du centre-ville ainsi qu'à Mattapan et North Dorchester[29].

Ségrégation et discrimination[modifier | modifier le code]

Les réactions des sudistes envers le XIII°amendement[modifier | modifier le code]

Dès que les sudistes acceptent leur réintégration dans l'Union, ils se posent le problème du contrôle des Afro-Américains, comment limiter leurs droits tout en respectant le XIII° amendement. C'est ainsi que naissent de façon locale, comme le leur autorise la loi, des règlements locaux les Black Codes[30]. Ces réglementations réduisaient fortement l'accès à l'emploi des Afro-Américains les cantonnant ceux d'ouvriers agricoles ou de domestiques, ils n'avaient ni le droit de vote, ni aucun droits civiques, n'étant pas considérés comme des citoyens. Exemple, en Caroline du Sud, les employés Afro-américains devaient se montrer dociles, silencieux, ordonnés, logés au domicile de leurs employeurs. Tout incartade pouvant être sanctionnée par la flagellation. Ils ne peuvent ester en justice contre des Blancs et encore moins être juré. Tout emploi autre que celui d'ouvrier agricole ou de domestique devait être conditionné à l'obtention d'une licence accordée par un tribunal[31],[32].

La nécessité du XIV° amendement[modifier | modifier le code]

Ces Black Codes ne sont qu'une adaptation des anciens Slaves Codes, les Républicains y voient un retour sournois à la situation d'avant la Guerre de sécession. De plus le XIII° amendement n'avait pas aboli l'arrêt de la Cour suprême concernant l'affaire Scott v. Sandford qui avait jugé qu'un Afro-Américain dont les ancêtres ont été amenés aux États-Unis et vendus comme esclaves, qu'il soit réduit en esclavage ou libre, ne pouvait être un citoyen américain et ne pouvait pas exercer une action en justice devant les tribunaux fédéraux, et que le gouvernement fédéral n'avait pas le pouvoir de réglementer l'esclavage dans les territoires fédéraux acquis après la création des États-Unis[33],[34],[35]. Pour l'abolir et permettre l'accès des Afro-Américains à la citoyenneté américaine, le sénateur de l'Illinois Lyman Trumbull présente le Civil Rights Act de 1866 qui définit la citoyenneté américaine avec les droits civiques qui y sont attachés, incluant les Afro-Américains émancipés par le XIII° amendement et garantissant l’égalité des droits civiques pour tous. Il est adopté par le Congrès le [36],[37],[38],[39]. C'est la première étape qui va conduire à l'adoption du Quatorzième amendement qui donnera l'égalité des droits civiques aux Afro-Américains et plus généralement à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit. Le représentant de l'Ohio, John Bingham (homme politique) dépose le projet d’amendement au mois de mars 1866[40],[41], il est principalement soutenu par Thaddeus Stevens et Charles Sumner, le XIV° amendement est adopté par le Congrès le puis ratifié le . Et pour éviter que les esclavagistes puissent revenir au pouvoir le XIV° amendement interdit aux anciens élus et militaires qui ont soutenu la Confédération de se présenter au Sénat ou à la Chambre des représentants ou à toute charge fédérale. Cet amendement est jugé imparfait par les républicains les plus engagés dans la cause abolitionniste car il laisse de côté le droit de vote des Afro-Américains qui fera l'objet du XV° amendement[42],[43],[44].

Vers le XV° amendement :[modifier | modifier le code]

Ulysses S. Grant

Cet amendement va s'imposer avec l'émergence du Ku Klux Klan[45],[46],[47] qui sous la direction de Nathan Bedford Forrest,ex-général de cavalerie de l'armée confédérée et ancien marchand d'esclaves, va mener des actions terroristes contre les Afro-Américains et les Blancs qui les soutiennent de 1867 à 1871. Forrest sillonne les états du Sud pour y tenir des réunions et saboter les réunions électorales des Républicains. Chacune de ses apparitions est suivie d'une vague de violences contre les Afro-Américains. Les membres du KKK font irruption dans leurs maisons pour les fouetter ou les assassiner en les pendant aux arbres ou les brûlant vifs dans des cages. Certaines femmes enceintes sont éventrées et des hommes castrés. Les Blancs du Bureau des réfugiés qui instruisent les Afro-Américains sont également visés par le Ku Klux Klan ainsi que les carpetbaggers. On estime que lors de cette campagne présidentielle, le KKK a assassiné ou blessé plus de 2 000 personnes rien qu'en Louisiane. Au Tennessee, de juin à octobre 1867, il est fait part de vingt cinq meurtres, de quatre viols et de quatre incendies. Sous la pression de la terreur, les comtés de Giles et de Maury se sont vidés de leurs habitants afro-américains et blancs loyaux au gouvernement fédéral. Ces opérations terroristes ont un but empêcher les Afro-Américains et les Blancs loyalistes de pouvoir voter ni même de s'inscrire sur les listes électorales[48],[49],[50],[51],[52],[53],[54]. Les actions terroristes du Klan atteignent un summum d'audace, quand le , une bande de membres du Klan font irruption dans le palais de justice du comté de Caswell, et poignardent à mort le sénateur républicain John W. Stephens pour ensuite aller molester et injurier sa famille[55],[56]. D'autres élus Républicains sont assassinés : le représentant James Martin, le sénateur de la Caroline du Sud Benjamin F. Randolph[57], les représentants Benjamin Inge, Richard Burke.

Le , Ulysses S. Grant prend ses fonctions de Président des États-Unis. Bien décidé à en finir avec les exactions du Klan, il lance, pour parachever les Reconstruction acts, le processus qui aboutit à l'adoption du Quinzième amendement de la Constitution des États-Unis, qui garantit le droit de vote des Afro-Américains, amendement qu'il signe le en proclamant « C'est l'événement le plus important qui soit arrivé depuis la naissance de la nation [...] c'est une révolution aussi grande que celle de 1776 », l'amendement est ratifié le [58],[59],[60],[61]. Parallèlement pour compléter le quinzième amendement, le , le Congrès vote le premier des Enforcement Acts, comme celui de 1870, pour protéger les Afro-Américains des violences qu'ils subissent et garantir leurs droits constitutionnels. Cette première loi interdit la discrimination pratiquée par les officiers d'état civil pour l'inscription des Afro-Américains sur les listes électorales et prévoit le recours à l'United States Marshals Service, voire à l'armée en cas de fraudes, d'intimidations physiques. Le , la loi Ku Klux Klan (The Klan Act) est votée au Congrès des États-Unis pour abolir l'organisation terroriste. Plusieurs milliers de membres du KKK sont arrêtés. La plupart sont libérés, faute de témoins, de preuves. Le Klan en tant qu'organisation active disparaît rapidement. Il est officiellement interdit en 1877[62],[63]. D'autres organisations comme la White League sont alors créées par d'anciens membres du Klan. Elles continuent de mener des campagnes de lynchage et de terreur, mais elles n'ont ni l'importance et ni l'influence du Ku Klux Klan original[64],[65],[66]. Après la période de la Reconstruction, la plupart des institutions des anciens États confédérés repassent sous le contrôle des Sudistes racistes et instaurent la ségrégation raciale par les lois Jim Crow.

Les lois Jim Crow[modifier | modifier le code]

Pour entraver les nouveaux droits des Afro-Américains les États du sud utilisent deux dispositifs, le premier est un dispositif d'intimidation par le terrorisme avec le Ku Klux Klan (KKK), l'autre légal, réglementaire : les lois Jim Crow issues des Black Codes[67],[68]. Ces lois dites Jim Crow désignent les différentes lois que les états du Sud et d'autres ont mis en place pour entraver l'effectivité des droits constitutionnels des Afro-Américains, elles commencent en 1877 et seront abolies dans la fin des années 1960 avec l'adoption de différents lois fédérales mettant fin à la ségrégation raciale sur l'ensemble du territoire des États-Unis : le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 et le Civil Rights Act de 1968.

Le terme Jim Crow trouve son origine dans la culture populaire américaine par une chanson de 1828, Jump Jim Crow , imitation caricaturale et raciste d'un esclave afro-américain créée par l'auteur Thomas Dartmouth « Daddy » Rice (18081860)[68].

La légalisation de la ségrégation[modifier | modifier le code]

L'arrêt Hall v. DeCuir[modifier | modifier le code]

Les Lois Jim Crow vont pouvoir légalement se développer grâce à un arrêt de la Cour suprême. Tout commence sur un bateau à vapeur le Governor Allen qui relie La Nouvelle Orléans dans la Louisiane à Vicksburg dans le Mississippi. Monsieur Benson, propriétaire et capitaine du bateau entre en conflit avec l'une de ses passagères madame DeCuir, une Afro-Américaine. Cette dernière, pour se reposer, désire utiliser une cabine réservée aux Blancs, Benson le lui interdit, il lui dit qu'elle doit se rendre dans la galerie des cabines réservées aux personnes de couleur. Or, cette injonction ségrégative est contraire au XIV° amendement ratifié par la Louisiane, d'autant plus que le bateau, navigant sur le Mississippi et donc traversant plusieurs états, son règlement ne saurait dépendre des diverses lois ségrégationnistes édictées par les états traversés mais des seules décisions du Congrès de Washington. Pour savoir si la décision de la compagnie fluviale est constitutionnelle, monsieur Hall, qui reprend le litige après le décès du capitaine Benson, présente en 1870 l'affaire à la Cour suprême, c'est le cas Hall v. DeCuir. En 1877, la Cour suprême rend enfin son arrêt. Dans ses attendus, la Cour suprême constate que le Mississippi traverse des états dont certains n'ont pas ratifié le XIV° amendement, donc en toute logique, une compagnie de transport inter-états devrait se soumettre à différentes lois contradictoires, ainsi selon l'état traversé la discrimination ira jusqu'à refuser l’accès d'une personne de couleur, selon un autre ce sera la mixité et enfin dans un dernier cas la ségrégation. Devant ce qui apparaît comme une entrave à la libre circulation des entreprises de transports en commun, la Cour suprême arrête qu'à partir du moment où une compagnie de transport en commun ouvre le même service à ses clients blancs comme de couleur mais dans des compartiments, des cabines, des places séparées, cela est conforme à la Constitution. Cet arrêt ouvre la porte à la ségrégation raciale et aux différentes lois Jim Crow qui vont imposer la ségrégation non seulement dans les transports en commun (bateaux, trains, diligences, etc.) mais dans l'ensemble des espaces et des services publics comme les écoles, les restaurants, les toilettes, les hôpitaux, les églises, les bibliothèques, les manuels scolaires, les salles d'attente, les salles de spectacles, les logements, les prisons, les pompes funèbres, les cimetières, un peu partout dans le sud vont fleurir des panneaux For White Only [69],[70],[71],[72],[73].

L'arrêt Plessy v. Ferguson ou le développement séparé légalisé[modifier | modifier le code]

Le , la Législature d'État de Louisiane adopte le Separate Car Act instaurant une ségrégation pour tous les trains traversant son état. Chaque compagnie ferroviaire doit créer des compartiments / wagons pour les Blancs et des wagons pour les Afro-Américains et empêchant le croisement des deux populations[74],[75].

Les opposants à cette loi, décèle une faille dans la loi, les caractéristiques de "Blanc" ou de "Noir" n'étaient pas définis, ainsi quid d'un citoyen de couleur de peau blanche mais ayant une ascendance afro-américaine ? Le militant Homer Plessy[76], un métis qui n'avait qu'un seul arrière-grand parent afro-américain, achète un billet de train et prend place dans une voiture réservée aux blancs, quand le contrôleur lui demande s'il est de couleur, Plessy lui répond que oui, il est alors sommé de rejoindre un wagon réservé pour les Afro-Américains, ce qu'il refuse, il est arrêté et accusé d'avoir violé le Separate Car Act[77]. Commence alors une succession de procès qui remonteront jusqu'à la Cour suprême des États-Unis sous le titre de cas Plessy v. Ferguson dont l'arrêt en date du légalise la ségrégation au non de "égaux, mais séparés"[78],[79],[80].

Booker T. Washington, écrivain américain en 1895.

Ségrégués de la naissance à la mort[modifier | modifier le code]

Les lois Jim Crow limitent l'ensemble de la vie sociale, économique et politique des Afro-Américains de leur naissance jusqu'à leur mort. En rajoutant, à la ségrégation, des restrictions aux droits à la propriété, à établir son entreprise, à l'éducation, à se marier en dehors de sa "race", les interactions avec les blancs sont limités au strict nécessaire professionnel. Ces lois s'appliquent d'autant plus facilement que les juges et les forces de polices sont des Sudistes acquis aux thèses racistes et ségrégationnistes qui invalident tout recours, toute contestation. Pour éliminer le poids du vote des Afro-Américains dans les élections, quand le terrorisme du Klan ou de la White League est jugé insuffisant, dans certains comtés une taxe est créée pour avoir le droit de vote, puis se généralisent les tests pour vérifier l'aptitude intellectuelle à voter. Les questions sont d'une difficulté inhabituelle comparées à celles posées au Blancs, comme par exemple être capable de réciter la Constitution et ses différents amendements, ou bien les questions sont absurdes du genre « How many angels can dance on the head of a pin / Combien d'anges peuvent-ils danser sur la pointe d'une épingle ? » ou « How many bubbles in a soap bar / Combien de bulles peut-on faire avec une savonnette ? ». Seule une minorité d'Afro-Américains arrive à voter et quand elle le fait, souvent, les représailles tombent, au mieux le fouet, au pire la pendaison sommaire ou l'exécution des votants et de leur famille[81],[82],[83],[84],[85].

Les différents mouvements et actions visant l'application des droits civiques auront pour objet l'abrogation de ces différentes lois, notamment par la saisine de la Cour Suprême pour demander des arrêts au sujet de situations de ségrégation pour en vérifier la constitutionnalité.

Les organisations afro-américaines[modifier | modifier le code]

Les principaux protagonistes de la cause des Noirs sont Booker T. Washington, Marcus Garvey et W. E. B. Du Bois. Ce dernier fonde en 1910 la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP). Le Parti communiste des États-Unis d'Amérique suggère la création de communautés noires autonomes dans le sud.

Le massacre de Tulsa, perpétré durant deux jours en contre la population noire de la ville, est considéré comme le paroxysme des tensions raciales dans l’Amérique ségrégationniste du début du XXe siècle. Quelque 300 personnes sont tuées au cours de deux jours d’attaques, de pillages, de mises à mort expéditives et de destruction. Les émeutes font en outre huit mille sans-abris en raison des incendies provoqués par les assaillants. Aucun des responsables de l'attaque n’est poursuivi. En revanche, plusieurs Noirs accusés d’avoir provoqué les violences sont condamnés, et la plupart des survivants doivent déménager[86].

La situation des Afro-Américains s'améliore lentement : leur intégration sociale progresse grâce à l'armée pendant la Seconde Guerre mondiale (700 000 Noirs dans l'Armée en 1944[87]. La guerre a plutôt tendance à souder la nation[88], même si des émeutes raciales éclatent en 1943. Roosevelt prend des mesures pour limiter les discriminations dans l'administration fédérale (Executive Order 8802[87]). En 1942, le Congress of Racial Equality est fondé pour lutter contre la discrimination dans les bâtiments publics du Nord du pays[87]. La Grande migration commencée dans l'entre-deux-guerres se poursuit : plusieurs milliers de Noirs quittent le Sud pour travailler dans les métropoles californiennes.

En 1948, le président Harry S. Truman ordonne la déségrégation dans l'armée américaine. La majorité de leurs efforts était des actes de désobéissance civile avec pour but de violer les règles et lois de ségrégation raciale en refusant par exemple de céder un siège, dans le compartiment réservé aux noirs dans un bus, à une personne blanche (Rosa Parks), ou en organisant des sit-ins dans des restaurants exclusivement réservés aux blancs.

Ce n'est qu'à partir de l'arrêt historique Brown v. Board of Education de 1954 que la ségrégation fut remise en cause. En 1957 le président Dwight D. Eisenhower doit faire intervenir la police à Little Rock pour protéger des jeunes Noirs voulant aller dans une école pour blancs sous les jets de tomates. La CIA démantèle le Ku Klux Klan pendant les années 1960 (Mississippi Burning). Motivé par l’indépendance des colonies d’Afrique noire, Martin Luther King organise la Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté en 1963 tandis que Malcolm X milite pour un État noir indépendant. Luther King le pacifiste appelle toutes les ethnies américaines à faire la paix. En 1965 le président Lyndon B. Johnson et le Congrès mettent en place la discrimination positive dans les universités. L’assassinat des deux leaders noirs par des extrémistes blancs va néanmoins déclencher de violentes émeutes raciales dans tout le pays. Martin Luther King a droit à une journée fériée qui porte son nom. Un nouveau Civil Rights Act est voté par le Congrès en 1964, et cette fois, soutenu par la Cour suprême. Cet acte, avec le Voting Rights Act (loi sur le droit de vote) de 1965, met effectivement fin à la ségrégation.

Pour son acte de bravoure, durant la Première Guerre mondiale, le caporal Africain Américain Freddie Stowers fut décoré, à titre posthume, de la Medal of Honor, plus haute distinction des États-Unis. Cependant, celle-ci ne lui fut accordée qu'en 1991.

En , le président George W. Bush avait parlé de l'esclavage comme « l'un des plus grands crimes de l'Histoire », au cours d'une visite sur l'île de Gorée au Sénégal[89]. Cinq ans plus tard, la Chambre des représentants présente des excuses pour l'esclavage et la ségrégation raciale envers les Noirs[89]. Puis c'est au tour du Sénat des États-Unis le , sous la forme d'une résolution symbolique[89].

Discrimination positive[modifier | modifier le code]

Le premier à utiliser l'expression Affirmative action est le président américain John Fitzgerald Kennedy[90] ; elle fut ensuite reprise par son successeur à la Maison-Blanche Lyndon B. Johnson. Leur idée était que, malgré les lois en faveur de l'égalité, les Noirs resteraient en retard par rapport au reste de la population américaine. Le but était de faire en sorte que les Noirs soient davantage représentés dans les emplois qualifiés, les universités, les médias, etc. Dès les années 1960, des emplois préférentiels sont mis en place. Mais il ne s'agit en aucun cas d'une politique de quotas : en 2003, la Cour Suprême a condamné le principe des quotas comme étant contraire à l'égalité devant la loi et à la libre concurrence[91]. Les résultats sont jugés convaincants aux États-Unis : en 1960, 13 % des Afro-Américains appartenaient aux classes moyennes, ils sont 66 % en 2000[92].

Les Noirs sont de plus en plus nombreux en politique. Ainsi, en 1972, Shirley Chisholm est la première Afro-Américaine élue au Congrès (). En 1972, elle se présente à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle[93], mais elle est battue par George McGovern. En 2008, Barack Obama devient le premier président afro-américain des États-Unis.

Histoire des Afro-Américains dans la culture[modifier | modifier le code]

Plusieurs films évoquent la place des Afro-Américains dans la Seconde Guerre mondiale : dans Miracle à Santa Anna (2007), le réalisateur noir Spike Lee met en scène des soldats afro-américains qui prennent un village de Toscane. Anthony Hemingway filme l'action du premier escadron noir de l'armée de l'air américaine dans son film L'Escadron Red Tails. D'autres films évoquent le traitement des Afro-Américains après l'abolition de la ségrégation comme Panther de Mario Van Peebles, qui retrace le rôle que vont jouer les black panthers pour essayer de contrecarrer les violences policières.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Étienne de Planchard de Cussac, Le Sud américain. Histoire, mythe et réalité, Paris, Ellipses, 2001 (ISBN 2729802630), p. 28.
  2. Binoche 2003, p. 103
  3. Cottret 2003, p. 425.
  4. Cottret 2003, p. 425
  5. Vincent 1985, p. 11.
  6. Vincent 1985, p. 12.
  7. a b c d e f g h i et j Olivier Pironet, « De Selma à Ferguson », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne, consulté le 23 avril 2018)
  8. Binoche 2003, p. 21.
  9. Binoche 2003, p. 22.
  10. Binoche 2003, p. 55.
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  12. (en-US) History com Editors, « First American abolition society founded in Philadelphia », sur HISTORY (consulté le 7 mai 2020)
  13. (en-US) John Hope Franklin & Alfred A. Moss,, From Slavery to Freedom: A History of African Americans, (Eighth Edition), McGraw-Hill, , 436 p. (ISBN 9780072393613, lire en ligne), p. 80
  14. (en) « New York Manumission Society | American organization », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 7 mai 2020)
  15. (en-US) « The New York Manumission Society | Race and Antebellum New York City | Learn about AFS History | Examination Days: The New York African Free School Collection », sur www.nyhistory.org (consulté le 7 mai 2020)
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  17. Binoche 2003, p. 103.
  18. C. Fohlen, Thomas Jefferson, 1992, p. 34.
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  20. Bacharan 2005, p. 117.
  21. (en-US) Memorials presented to the Congress of the United States of America, by the different societies instituted for promoting the abolition of slavery, Francis Bailey, , 38 p. (lire en ligne)
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  25. Ernest Rubin, « Les esclaves aux États-Unis de 1790 à 1860. Données sur leur nombre et leurs caractéristiques démographiques », Population, vol. 14, no 1,‎ , p. 33–46 (DOI 10.2307/1524608, lire en ligne, consulté le 20 mai 2020)
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Anglophone[modifier | modifier le code]

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Francophone[modifier | modifier le code]