Omahas

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Omahas
Description de cette image, également commentée ci-après
Danse tribale Omaha.

Populations significatives par région
Population totale 5 000 (1995)
Autres
Langues anglais, omaha-ponca
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation de la réserve Omaha.

Les Omahas sont un peuple nord-amérindien parlant une langue siouane et proche parent des Poncas.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, les Omahas, ou « ceux qui vont contre le vent ou le courant »[1], vivaient sur la côte Atlantique puis, au XVIIe siècle, ont migré à l'ouest du fleuve Missouri. Dans cette nouvelle région, les Omahas vivent comme les autres peuples des plaines. Ils construisent des tipis l'été et des huttes recouvertes de terre en hiver.

Les Omahas vivaient de chasse (de bisons, d'ours, de petits mammifères et d'oiseaux) et d'un peu d'agriculture.

En 1804, ils sont découverts par l'expédition Lewis et Clark. Les Français installent sur leur territoire un comptoir de traites en 1812. Ils entretiennent des relations plutôt pacifiques avec leurs voisins blancs et acceptent bien le passage des mormons sur leur territoire dans les années 1850.

En 1854, les Omahas vendent l'essentiel de leurs territoires au gouvernement des États-Unis pour 850 000 dollars et doivent s'installer dans la réserve du district de Thurston.

Leur population a été estimée à 2 800 en 1750 et 5 000 en 1995. À cette date, une soixantaine de personnes, toutes âgées, parlaient encore l'Omaha.

Aujourd'hui et depuis le recensement de Lewis Morgan des terminologies de systèmes de parenté, le terme « crow-omaha » désigne un de ces types de terminologie dont le nombre est finalement assez restreint. Cependant beaucoup d'anthropologues refusent toujours de le considérer comme tel.

Langue[modifier | modifier le code]

Article détaillé : omaha-ponca.

Les Omahas parlent l'omaha-ponca, l'une des quatre langues (avec l'osage, le kanza et le quapaw) du sous-groupe des langues dhegiha. Ce sous-groupe fait lui-même partie des langues siouanes[2]. De par leur très grande similarité, le dialecte utilisé par les Omahas et celui des Poncas sont confondus en une seule langue bien que les locuteurs de chacune des deux tribus les distinguent. C'est surtout dans le vocabulaire concernant des mots récents, arrivés avec les Européens ou bien par les innovations du XXe siècle, que la différence entre le ponca et l'omaha se fait le plus ressentir. Par exemple, pour dire « téléphone », les Poncas diront « n anze uthín », ce qui se peut se traduire par « tapotement de métal » (à l'origine en référence au télégraphe) tandis que les Omahas diront « nonze íutha » (le « métal parlant »). Mais en général, les locuteurs des deux tribus n'ont aucun mal à se comprendre[3].

L'omaha-ponca fut largement étudié au XIXe siècle par le siouaniste James Owen Dorsey, qui l'appelait Ȼegiha[4], mais aussi par Alice C. Fletcher et son collaborateur omaha Francis La Flesche ainsi que James Henri Howard. Tous ont fourni de nombreux ouvrages de grammaire et des dictionnaires concernant cette langue[3].

À l'origine, l'omaha-ponca n'a pas de forme écrite. Mais, depuis quelques années, les deux tribus ont développé une forme écrite de leur langue avec une graphie proche de celle utilisée par Fletcher et LaFlesche. Cependant, lire et écrire en omaha-ponca reste compliqué, notamment parce que les principaux textes, chants et légendes ont été rapportés à l'écrit par James O. Dorsey qui utilisait une orthographe idiosyncratique afin de transcrire au mieux la prononciation des mots. Cette orthographe est plutôt difficile à interpréter pour les néophytes[3].

L'omaha-ponca est une langue en danger d'extinction[5]. Bien qu'elle soit de nouveau enseignée dans les écoles des villes où vivent les membres des tribus au Nebraska [3], il n'y aurait plus que quelques dizaines de personnes pour qui elle serait la langue primaire[5]. L'omaha-ponca n'est plus utilisée que lors des cérémonies traditionnelles, les enterrements, durant des chants ou encore les annonces de pow-wow. Mais même dans ces moments-là, les paroles prononcées en omaha-ponca sont traduites en anglais pour les non-locuteurs[5]. L'enseignement en classe permet tout de même à la jeune génération de comprendre, sinon de parler l'omaha-ponca, mais comme langue secondaire[3].

Prénoms Omahas[modifier | modifier le code]

Les Omahas ont donné des prénoms qui prennent souvent ancrage dans la nature qui les entoure, dans les forces surnaturelles qu'ils perçoivent, dans les qualités des personnes, ou bien dans d'autres évènements de la vie, souvent liés à la naissance. Tout comme l'ensemble des peuples amérindiens dont l'étymologie est similaire.

  • Abey : prénom féminin qui signifie « feuille »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Omaha Indian Tribe History - AccessGenealogy.com
  2. Townsend 2004, p. 102.
  3. a b c d et e Rudin et Shea 2008, p. 802.
  4. Dorsey 1891.
  5. a b et c « Omaha-Ponca », sur Projet langue en danger (consulté le 28 décembre 2017).

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Fichier audio
Chanson de drapeau : une chanson dans la langue Omaha. Hethu'shka, 1985
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Alice C. Fletcher et Francis La Flesche, The Omaha tribe, Lincoln, University of Nebraska Press, (ISBN 978-0-8032-6878-4, OCLC 24912542).
  • (en) Richard F. Townsend, Hero, Hawk, and Open Hand : American Indian Art of the Ancient Midwest and South, Chicago, Illinois, The Art Institute of Chicago, , 287 p. (lire en ligne), p. 101-103.
  • (en) C. Rudin et K. Shea, « Omaha-Ponca », dans Keith Brown et Sarah Ogilvie, Concise Encyclopedia of Languages * (en) James Owen Dorsey, The Ȼegiha Language, Washington, United States Government Printing Office, (lire en ligne).of the World, Oxford, Elsevier, , 1320 p. (ISBN 978-0-08-087775-4, lire en ligne), p. 802-805.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]