Pères pèlerins

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Les Pères pèlerins ou puritain sur le Speedwell.
Le Débarquement des Pères pèlerins en 1620, gravure d'après un bas-relief d'Enrico Causici pour la rotonde du Capitole des États-Unis (1825).

Les Pères pèlerins (en anglais : Pilgrim Fathers), est une expression apparue au XIXe siècle, née d'une référence de William Bradford, un des leaders des Pères pèlerins, à un passage de l'Épître aux Hébreux (XI, 13 : « C'est dans la foi qu'ils sont tous morts sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu'ils étaient étrangers et pèlerins sur la terre »). Elle désigne plus spécialement un groupe de 35 Anglais faisant partie du mouvement dit des Dissidents anglais, et plus spécialement des membres de l'Église séparatiste anglaise (une branche prônant un puritanisme radical qui cherchaient à échapper aux controverses et persécutions religieuses ainsi qu'aux problèmes économiques de leur temps afin de trouver une terre vierge où ils pourraient édifier une « Nouvelle Jérusalem »). Leur quête de la Nouvelle Jérusalem s'est réalisée par l'expédition du Mayflower de 1620 et leur implantation sur ce qui va devenir la ville de Plymouth.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ils commencent leur voyage le [1] ( selon le calendrier julien en usage chez les pèlerins) à Plymouth et traversent l'océan Atlantique à bord du voilier Mayflower. Ils arrivent en vue de la côte américaine en novembre, à l'emplacement actuel de la ville de Provincetown au Cap Cod, dans l'actuel Massachusetts. Les passagers, qui désiraient s'établir dans la colonie anglaise de Jamestown en Virginie, découvrent alors qu'ils ont fait fausse route. Jamestown, fondée en 1607, fut la première colonie britannique sur l'emplacement de ce qui deviendra plus tard les États-Unis.

Le ( selon le calendrier julien)[2], quelques jours avant de débarquer (le ), des passagers au nombre d'une centaine, arrivant dans une région hors contrôle commencent à contester les règles de gouvernance de la future implantation. Pour éviter l'anarchie, voire des meurtres, William Bradford et d'autres membres de l'Église séparatiste anglaise[3] qui ont fui les persécutions du Jacques Ier proposent des principes généraux de gouvernance, propositions connues sous le nom de « Mayflower Compact » (Pacte du Mayflower), ce texte édicte les règles de la vie en commun et les principes qui régiront le futur établissement en terre inconnue. Il jette les bases d'une démocratie locale. Ce pacte demeure l'une des sources de la future Constitution des États-Unis[4],[5]. Un mois plus tard, le 21 décembre, ils fondent la ville de Plymouth (baptisée alors « New Plymouth »).

La première année est très difficile. De nombreux colons succombent à la faim et à la maladie en raison d'une mauvaise alimentation, de conditions météorologiques difficiles et d'un habitat pas adapté aux rigueurs hivernales.

Peu de temps après que les pèlerins aient construit leur colonie, ils sont entrés en contact avec Squanto, un Amérindien membre de la tribu Pawtuxet qui avait été capturé par l'explorateur John Smith pour être conduit à la cour d'Angleterre comme trophée. Ayant réussi à s'échapper en Angleterre, il retourna dans son pays natal. Il sert d'interpréte et de médiateur entre les chefs de la petite colonie de Plymouth et les chefs des tribus amérindiennes, c'est égalment lui qui va leur apprendre à cultiver le maïs, ainsi que où pêcher et chasser le castor, ce qui sauver les colons de la famine. En , les pèlerins célèbrent un fête de la récolte à laquelle sont invités les Pokanoket (en) voisin eux aussi durement frappé par la famine. Ce repas est considéré la première célébration du « Thanksgiving Day » érigé en fête nationale en 1863 par le président Abraham Lincoln, puis à partir de 1942, un acte du Congrès, promulgué par Franklin Delano Roosevelt, le Thanksgiving Day est célébré le quatrième jeudi de novembre[6]. Le premier Thanksgiving n'incluait la traditionnelle purée de pommes de terre (les pommes de terre venaient du Pérou), ni même les dindes qui étaient encore des dindons sauvages, mais les amérindiens ont probablement apporté des cerfs et il y aurait eu beaucoup de fruits de mer locaux en plus des fruits de la première récolte de pèlerins, y compris la citrouille[7].

Des dirigeants tels que William Bradford, Myles Standish, John Carver, William Brewster et Edward Winslow ont joué un rôle important dans la cohésion des colons restants. En avril 1621, après la mort du premier gouverneur de la colonie, John Carver, Bradford fut choisi à l'unanimité pour occuper ce poste; il sera réélu 30 fois et a été gouverneur de Plymouth pendant presque cinq ans jusqu'en 1656.

En Nouvelle Angleterre, en 1648, les paroisses des Pères pèlerins de la colonie de Plymouth et les paroisses puritaines de la colonie de la baie du Massachusetts fondent une seule Église congrégationaliste sur la base de la plateforme de Cambridge, Église officielle dans les 2 colonies.

La première paroisse séparatiste des Pères pèlerins et la première paroisse puritaine d'Amérique fondées respectivement en 1620 à Plymouth et en 1630 à Boston sont aujourd'hui des paroisses unitariennes universalistes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Peyrefitte, Du « miracle » en économie : leçons au Collège de France, éd. Odile Jacob, 1995, 313 pages, [[page210 sur Google Livres lire en ligne]], p. 210
  2. Bernard Roussel, « Pilgrim Fathers », sur Encyclopædia Universalis, (consulté le 17 septembre 2020)
  3. (en-US) « Faith of the Pilgrims | Plimoth Plantation », sur www.plimoth.org (consulté le 17 septembre 2020)
  4. (en) « Pilgrim Fathers | Definition, History, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 17 septembre 2020)
  5. (en-US) History com Editors, « Mayflower Compact », sur HISTORY (consulté le 17 septembre 2020)
  6. (en) « Thanksgiving Day | Meaning, History, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 17 septembre 2020)
  7. (en-US) History com Editors, « The Pilgrims », sur HISTORY (consulté le 17 septembre 2020)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Edward Arber, The Story of the Pilgrim Fathers, 1606-1623 A.D.: As Told by Themselves, Their Friends (réimpr. 2015, éd. Scholar's Choice) (1re éd. 1897, éd. Ward and Downey), 654 p. (ISBN 9781298304667, lire en ligne),
  • (en-US) Albert Matthews, The term Pilgrim fathers, John Wilson and Son, University Press, , 110 p. (lire en ligne),
  • (en-US) Mary Caroline Crawford, In the Days of the Pilgrim Fathers (réimpr. 2019, éd. Forgotten Books) (1re éd. 1920, éd. Grossett & Dunlap), 388 p. (ISBN 9781331560920, lire en ligne),
  • (en-US) Frank Grenville Beardsley, The Builders of a Nation: A History of the Pilgrim Fathers (réimpr. 2018, éd. Forgotten Books) (1re éd. 1921, éd. R.G. Badger), 364 p. (ISBN 9781331457046, lire en ligne),
  • (en-US) Elvajean Hall & Margaret B Pumphrey, Pilgrim stories, Rand McNally, , 148 p. (OCLC 81979173, lire en ligne),
  • (en-US) Elizabeth Payne, Meet the Pilgrim Fathers, Random House Childrens Books, , 100 p. (ISBN 9780394800639, lire en ligne),
  • (en-US) Leonard W. Cowie, The Pilgrim Fathers, Putnam Publisher Group, , 136 p. (ISBN 9780399106330, lire en ligne),

Articles[modifier | modifier le code]

  • (en-US) Frederick James Powicke, « John Robinson and the Beginnings of the Pilgrim Movement », The Harvard Theological Review, Vol. 13, No. 3,‎ , p. 252-289 (38 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) William Elliot Griffis, « What the Pilgrim Fathers Accomplished », The North American Review, Vol. 213, No. 782,‎ , p. 44-51 (8 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) David Bushnell, « The Treatment of the Indians in Plymouth Colony », The New England Quarterly, Vol. 26, No. 2,‎ , p. 193-218 (26 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Lyle Glazier, « Communism and the Pilgrim Fathers », American Quarterly , Vol. 6, No. 1,‎ , p. 72-75 (4 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Samuel Eliot Morison, « The Plymouth Colony and Virginia », The Virginia Magazine of History and Biography, Vol. 62, No. 2,‎ , p. 147-165 (19 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Frank Shuffelton, « Indian Devils and Pilgrim Fathers: Squanto, Hobomok, and the English Conception of Indian religion », The New England Quarterly, Vol. 49, No. 1,‎ , p. 108-116 (8 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Michael Zuckerman, « Pilgrims in the Wilderness: Community, Modernity, and the Maypole at Merry Mount », The New England Quarterly, Vol. 50, No. 2,‎ , p. 255-277 (23 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Walter P. Wenska, « Bradford's Two Histories: Pattern and Paradigm in "Of Plymouth Plantation" », Early American Literature, Vol. 13, No. 2,‎ , p. 151-164 (14 pages) (lire en ligne),


Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]