Cerf de Virginie

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Odocoileus virginianus • Chevreuil, Chevreuil de Virginie, Cariacou

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Le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), couramment appelé biche des palétuviers[1] en Guyane et chevreuil[2] au Québec et dans les régions canadiennes francophones, est un cervidé originaire d'Amérique (du Canada au Brésil), il a été introduit dans de nombreux autres pays telles la Finlande, l'ancienne Tchécoslovaquie ou encore la Nouvelle-Zélande.

Le cerf de Virginie est l'un des grands mammifères les plus communs de l'Amérique.

Description[modifier | modifier le code]

Cet animal peut mesurer jusqu'à 2 mètres de long et 1 mètre au garrot. Un mâle normal pèse entre 60 et 90 kg, mais on peut en trouver pesant jusqu'à 160 kg. La femelle pèse normalement de 40 à 60 kg. Les mâles âgés de plus d'un an ont des bois qui se développent chaque année, à partir de la fin du printemps. Ces bois atteignent leur taille maximale en fin d'été, et persistent jusqu'à l'hiver suivant. La gestation de la femelle peut durer jusqu'à 205 à 216 jours (7 mois). Cependant, il en existe une sous-espèce naine : le cerf des Keys (Odocoileus virginianus clavium)

État des populations, menaces[modifier | modifier le code]

Cet animal traverse souvent des routes sans craindre les voitures. La présence de ces animaux n'est pas toujours indiquée par un panneau, ce qui en fait parfois des obstacles dangereux. Ces grands animaux causent chaque année près de 130 à 150 décès par accidents de la route impliquant une collision entre animal et véhicule ou même des rixes impliquant cette espèce.

Il est sensible à une encéphalopathie spongiforme transmissible due à un prion pathogène (maladie proche de celle de la vache folle), dite Chronic wasting disease et à d'autres maladies touchant les cervidés.

Génétique des populations[modifier | modifier le code]

Au sein d'une vaste métapopulation nord-américaine, on peut distinguer 38 sous-espèces de l'odocoileus virginianus.

Dynamique des populations[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, on estime que suite à une gestion restauratoire des populations, la population américaine de cerf de Virginie est passée d'environ 300.000 individus vers 1930 à 30 millions aujourd'hui, soit une multiplication par 100, ce qui a notamment pu profiter aux tiques, lesquelles diffusent la maladie de Lyme.

C'est une espèce qui a su également profiter de certains espaces périurbains.

Répartition[modifier | modifier le code]

Il vit principalement à l'est des montagnes Rocheuses, dans les forêts, marais et clairières.

Dans la partie occidentale de son habitat, il peut côtoyer le cerf hémione, une espèce très proche.

Comportement[modifier | modifier le code]

Le cerf de Virginie devient plus téméraire en automne (surtout en novembre, saison du rut) alors que la nourriture se fait plus rare. Il se nourrit principalement de végétaux et de petits fruits.

Reproduction[modifier | modifier le code]

L'âge de la maturation sexuelle dépend à la fois de la densité de population et de l'accès à la nourriture. Lorsque les conditions sont favorables, les femelles peuvent atteindre la maturité sexuelle et commencer à s'accoupler dès l'âge de 6 ou 7 mois et donner naissance à un faon de 6 à 7 mois plus tard.

Les portées comptent de 1 à 3 petits, pesant de 2 à 4 kg à la naissance. Chez les jeunes biches, la portée est souvent simple, en particulier lorsqu’il s'agit de leur première portée. Si l'hiver a été particulièrement rude, ou bien que la population se situe sur un territoire pauvre en nourriture, les portées compteront rarement plus d'un petit.

Les naissances ont le plus fréquemment lieu à la fin mai et au début juin, quoiqu'elles puissent s'étendre sur une période allant de la fin mars jusqu'au début août pour les accouplements précoces ou tardifs.

Les mâles deviennent matures en moyenne à la moitié de leur deuxième année, quoique peu d'entre eux aient la chance de se reproduire à cet âge, en raison de la forte compétition avec les autres mâles au moment du rut.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Systématique[modifier | modifier le code]

Nomenclature et étymologie[modifier | modifier le code]

Le cerf de Virginie possède plusieurs noms vernaculaires, soit chevreuil, chevreuil de Virginie et cariacou[3]. Le terme « chevreuil » pour désigné le cerf de Virginie est attesté depuis 1613 par Samuel de Champlain. À cause de la confusion que cela porte avec le chevreuil (Capreolus capreolus), le langage de spécialité (nomenclature zoologique) lui préfère « cerf de Virginie ». Le terme chevreuil est cependant grandement généralisé dans toutes les variétés du français en Amérique du Nord. Il est aussi couramment utilisé en littérature québécoise et canadienne française depuis l'époque de la Nouvelle-France. Certains[Qui ?] considèrent que « chevreuil » devrait être utilisé comme générique français pour désigner le genre Odocoileus et d'utiliser « chevreuil de Virginie » comme terme spécialisé pour désigner l'espèce, ce qui aurait pour avantage de concilier l'usage courant avec l'usage spécialisé[4].

Bien que dans plusieurs ouvrages, le terme cariacou est désigné comme étant un synonyme de cerf de virginie, cariacou ne désigne que quelques sous-espèce vivant en Amérique du Sud, particulièrement Odocoileus virginianus cariacou[4].

Selon l'Office québécois de la langue française, le terme chevreuil est préférable à cerf pour ce qui est de la restauration, puisque celui-ci est un terme générique et peu donc prêter à confusion. Notamment avec le Wapiti aussi appelé « cerf du Canada ». Dans ce contexte nord-américain, il est préférable d'utilisé chevreuil, qui est sans équivoque et utilisé couramment[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Poster faune de Guyane - mammifères intégralement protégés », sur Office National de la Faune Sauvage (consulté le 16 octobre 2013)
  2. (fr) « Fiche terminologique - cerf de Virginie », sur Le grand dictionnaire terminologique (consulté le 31 mars 2013)
  3. Pierre Richard, Mammifères du Québec et de l'Est du Canada, Waterloo, Éditions Michel Quintin,‎ 1996, 399 p. (ISBN 2-89435-081-3), p. 246–248
  4. a, b et c Office québécois de la langue française, « cerf de Virginie », sur Le grand dictionnaire terminologique,‎ 2006 (consulté le 1 avril 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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