Saint-Michel-en-Grève

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Saint-Michel-en-Grève
La baie.
La baie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Canton Plestin-les-Grèves
Intercommunalité Lannion-Trégor Communauté
Maire
Mandat
Christophe Ropartz
2014-2020
Code postal 22300
Code commune 22319
Démographie
Gentilé Michelois, Micheloise
Population
municipale
455 hab. (2014)
Densité 97 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 41′ 02″ nord, 3° 33′ 45″ ouest
Altitude 8 m (min. : 0 m) (max. : 107 m)
Superficie 4,69 km2
Localisation

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Liens
Site web www.st-michel-en-greve.fr

Saint-Michel-en-Grève [sɛ̃miʃɛlɑ̃gʁɛv] (Lokmikael-an-Traezh en breton) est une commune française du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. À l'origine une commune vivant essentiellement de son agriculture (au Moyen Âge), elle a connu un essor important avec l'arrivée du tourisme. Le village a compté jusqu'à six hôtels répartis dans la rue principale, il n'en reste plus aucun aujourd'hui.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Michel-en-Grève est située dans le canton de Plestin, près de Lannion. Ce village trégorrois se trouve en bord de la Manche, avec une courte façade littorale donnant sur la " Lieue de grève", où est concentrée la majorité de la population.

La commune est séparée de celle de Tréduder par le ruisseau de Roscoat. Un autre petit ruisseau, au nord, la sépare de Trédrez, tandis que le Kerdu, qui vient de Ploumilliau, la traverse.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Locus Michaelis en 1224, ecclesia Beati Michaelis de Littore en 1330, ecclesia de Loco Mych(aelis) fin du XIVe siècle, parochia Beati Michaelis in Littore en 1427, Lochmichael en Trez en 1461, Lomicael en 1484, Locmiguel en 1543, Saint Michel en Greffve en 1544[1].

Son nom est formé du breton lok « lieu consacré », associé au nom de l'Archange saint Michel[1].

Lokmikael-an-Traezh en breton[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Des recherches archéologiques ont permis de mettre au jour des restes d'enceintes fortifiées. La commune compte également quelques menhirs. Dans le bourg et sous la plage de Saint-Michel-en-Grève, se trouvent des restes d'une voie romaine, aujourd'hui matérialisée par la rue La voie romaine, et la croix de mi-lieue.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

La légende de Sainte-Folle[modifier | modifier le code]

Édouard Corbière raconte l'histoire légendaire d'une jeune fille sourde-muette qui aurait habité, peu avant la Révolution française, un des cabarets de Saint-Michel-en-Grève, surnommée "La Folle" car considérée comme faible d'esprit, mais que les pêcheurs, superstitieux, emmenaient fréquemment avec eux, convaincus que la présence à bord de la jeune sourde-muette permettait de conjurer les orages. Lorqu'un bateau rentrait avec une bonne pêche, une part lui était réservée. Une nuit d'ouragan, la jeune femme, seule à bord d'un canot, alla porter secours à un brick de pêcheurs en grave difficulté en raison d'un ouragan et, prenant la barre, parvint à ramener le navire au port. « Depuis ce jour mémorable, la Folle, canonisée par la reconnaissance de tout un équipage, devint "Sainte-Folle" pour tous les marins de Basse-Bretagne (...). Longtemps après la mort de cette sainte de fortune, on vit encore, dans la chapelle du Yodet, l'ex-voto que lui avait consacré la piété des matelots du navire conduit et sauvé par elle »[3]. Une complainte l'évoquant, en langue bretonne, fut aussi longtemps chantée dans la région. Son refrain, traduit en français, dit :

Sainte-Folle aux regards si doux,
Veillez sur nous,
Priez pour nous !

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La "Lieue de grève", un endroit longtemps mal famé[modifier | modifier le code]

Édouard Corbière décrit en ces termes la "Lieue de grève" en 1843 :

« Cette lieue de grève, presque toujours si déserte et d'un aspect si sauvage, fur autrefois un champ [endroit] fertile en aventures lamentables. Rarement les cavaliers qui s'exposaient à parcourir de nuit cette nouvelle Tauride réussissaient, dit-on, à se rendre d'une de ses extrémités à l'autre, sans être attaqués par des bandits incivilisés qui, sous des paquets de goémon ou des monticules de sable, se cachaient à la vigilance de la maréchaussée, pour mieux surprendre et dépouiller les voyageurs que leur amenait ce qu'ils appelaient, à leur manière, la Providence. (...) Les malheureux piétons osaient à peine s'aventurer sur cette arène sans cesse ouverte aux malfaiteurs dont la Bretagne était alors infestée. On assure même qu'à l'époque assez récente où les messageries traversaient encore la lieue de grève pour se rendre de Saint-Brieuc à Brest, ce n'était que sous bonne escorte que les voitures pouvaient espérer de franchir avec sécurité un défilé aussi dangereux. »

[3]

Saint-Michel-en-Grève en 1843[modifier | modifier le code]

Édouard Corbière décrit Saint-Michel-en-Grève en 1843 :

« En dépit toutefois de l'aspect peu attrayant que présente aux yeux et au cœur ce site d'une sauvagerie si pittoresque, un village s'est élevé du sein marâtre des dunes, pour végéter, comme une plante marine, à l'abri d'une de ces crêtes pelées qui enceignent la petite baie, au fond de laquelle s'étend la lieue de grève. Le nom d'un saint, et qui plus est encore, le nom d'un archange a été donné à cette réunion informe de cahutes récrépies de boue et habitées, pour la plupart, par de pauvres pêcheurs déguenillés comme le pays qui les a vu naître. Ce village, qui, aujourd'hui possède, m'a-t-on rapporté, un maître d'école, un débit de tabac et deux cabarets fumeux, décorés du titre d'auberges, s'appelle Saint-Michel-en-Grève. »

[3]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

De 1916 à 1947, la commune a été desservie par une voie ferrée.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , un débarquement anglo-américain[4] de péniches LST[5] se produit à Saint-Michel-en-Grève et Saint-Efflam (en Plestin-les-Grèves) pour ravitailler en carburant l'armée du général Patton (la "Lieue de grève" avait été déminée les jours précédents par un détachement américain). Ils sont accueillis par les habitants du village et les résistants de Plestin. Ces débarquements de carburant se poursuivront jusqu'au [6].

L'après-Seconde-guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Actuellement, le village de Saint-Michel-en-Grève est une petite station balnéaire, desservie par quelques commerces.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Saint-Michel-en-Grève Blason D’azur à la cotice d'argent accompagnée en chef d'une étoile d'or et en pointe d'une quintefeuille du même.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
23 mars 2014 en cours Christophe Ropartz SE Artisan coiffeur
juin 1995 23 mars 2014 René Ropartz - Retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[8],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 455 habitants, en diminution de -5,21 % par rapport à 2009 (Côtes-d'Armor : 1,65 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
384 328 369 355 432 603 615 639 702
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
688 628 704 685 668 621 572 530 510
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
523 502 506 448 423 415 418 451 396
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2008 2013 2014
363 372 382 398 376 399 483 461 455
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

La population de la commune de Saint-Michel-en-Grève est en progression depuis quelques années.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La Lieue-de-Grève.
  • Église du XVIIe siècle dont le clocher du XVe siècle est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques de 1926.
  • Cimetière marin
  • La grève (plage) de Saint-Michel-en-Grève
  • La croix de mi-lieue sur les chemins du Tro Breiz
  • Chapelle Sainte Geneviève (privée)
  • Menhirs
  • Nombreux calvaires

Environnement[modifier | modifier le code]

Le 28 juillet 2009, sur un secteur vaseux de l'embouchure du ruisseau Roscoat, un cheval en train de s'enliser, probablement pour aussi avoir inhalé de l'hydrogène sulfuré, est mort, et son cavalier qui a tenté de l'aider a perdu connaissance et n'a été sauvé qu'in extremis par des voisins témoins de la scène et l'entreprise chargée de ramasser les algues échouées[11].

Selon le rapport[12] commandé à l'INERIS le 11 août par le Ministère chargé de l'écologie, les taux d'hydrogène sulfuré variaient fortement selon les lieux, mais atteignaient localement 1 000 ppmv, taux très élevé justifiant des précautions pour le public et plus encore pour le personnel chargé du ramassage. L'INERIS signale que, près d'un mois après l'accident et alors que les plages proches avaient été nettoyées, sur le lieu de l'accident, le 13 août 2009 après-midi, à marée basse, les teneurs en H2S émis par la vase noirâtre (après nettoyage des algues) était de 1 000 ppmv d'H2S et 200 ppmv d'ammoniac, soit plus de 10 fois plus important que celui mesuré en manipulant les algues fraiches rencontrées dans différents secteurs de la baie (5 à 10 ppmv et 20 ppmv d'ammoniac). Cette zone trop vaseuse n'est pas approchée par les engins de ramassage des algues. Il n'y a pas eu de mesures sur les zones trop « sujettes à l'enlisement ».

Pour les autres composés soufrés recherchés (méthylmercaptan, diméthylsulfure, diméthylsulfoxyde), le rapport précise que par sécurité « l'INERIS s'est limité à des prélèvements sur les zones les moins émissives »[13]. L'INERIS précise n'avoir ailleurs rencontré que rarement des taux de 1 000 ppmv, plutôt en milieu confiné (milieux industriels, égouts), et que l'exposition à de tels taux peut causer la mort en quelques minutes.

À la suite de cet évènement, l'État a annoncé un « plan de lutte » contre le développement des algues vertes et une aide financière des communes les plus touchées par ce phénomène[14].

Distinctions culturelles[modifier | modifier le code]

Saint-Michel-en-Grève fait partie des communes ayant reçu l’étoile verte espérantiste, distinction remise aux maires de communes recensant des locuteurs de la langue construite espéranto.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Bernard TANGUY : Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor. 1992.
  2. Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis »
  3. a, b et c Édouard Corbière, Sainte-Folle, "Revue bretonne", 1843
  4. "Saint-Michel-en-Grève : l'autre débarquement", voir http://almrd22.fr/Saint-Michel-en-Greve-l-autre
  5. Igor Geiler, "Les navires de débarquement", voir http://stephane.delogu.pagesperso-orange.fr/boat.html
  6. Supplément Ouest-France "La Libération des Côtes-du-Nord", 1994 et http://almrd22.fr/Le-debarquement-de-Saint-Efflam-11
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. Articles du Télégramme (01-08-2009)
  12. Rapport d'étude 2009/08 19 n°DRC-09-108407-10226A, concernant les mesures de composés gazeux potentiellement toxiques issus de la fermentation d'algues vertes réalisées le 2009/08/13 à St Michel en Grève
  13. Page 9/15 du rapport.
  14. Article du Télégramme