Plounévez-Moëdec

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Plounévez-Moëdec
Plounévez-Moëdec
La mairie de Plounévez-Moëdec.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Canton Plestin-les-Grèves
Intercommunalité Lannion-Trégor Communauté
Maire
Mandat
Gérard Quilin
2014-2020
Code postal 22810
Code commune 22228
Démographie
Gentilé Plounévézien, Plounévézienne
Population
municipale
1 435 hab. (2015 en diminution de 0,49 % par rapport à 2010)
Densité 36 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 33′ 26″ nord, 3° 26′ 24″ ouest
Altitude 205 m
Min. 58 m
Max. 222 m
Superficie 40,36 km2
Localisation

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Plounévez-Moëdec [pluneve mwedɛk] est une commune trégorroise du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Plounévez-Moëdec.

Plounévez-Moëdec est à 25 km de Lannion, de Morlaix et de Guingamp. Situé au nord immédiat de la RN12 qui relie Paris à Brest, le bourg du Trégor se trouve à 20 km de la Manche. Au Nord-Est, le Léguer sépare Plounevez de Tregrom. La commune s'étend également au sud de la route nationale, notamment autour de la chapelle Sainte-Jeune, jusqu'au Guic, rivière qui la sépare de Loguivy-Plougras, Loc-Envel, et Belle-Isle-en-Terre. Le Saint-Ethurien y prend aussi sa source.

Communes proches[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Plounévez-Moëdec
Lanvellec Plouaret, Le Vieux-Marché Trégrom
Plounérin Plounévez-Moëdec Belle-Isle-en-Terre, Louargat
Plougras Loguivy-Plougras Plougonver

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Plebs Nova en 1297, vers 1330 et vers la fin du XIVe siècle, Ploenevez en 1427 [1] et en 1554[2], Plounevez dès 1600, Moidec dès 1723, et le nom devient Plounévez-Moëdec peu après[3].

Plounévez signifie littéralement « paroisse neuve ». Moëdec viendrait de nouez qui signifie « mouillé »[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Le château de Portzamparc appartenait en 1350 à Alexandre de Kergariou, chevalier, seigneur de Portzamparc, qui épousa Marie de Lannion. Alexandre de Kergariou, un de ses descendants fut pourvu du gouvernement de Morlaix par lettres du roi Henri III, données à Paris le [4].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Plounévez-Moëdec en 1778 :

« Plounévez-Moedic, sur une hauteur, et sur la route de Guingamp à Morlaix ; à six lieues au sud-sud-ouest de Tréguier, son évêché, à 31 lieues de Rennes et à quatre lieues de Guingamp, sa subdélégation. la paroisse ressortit à Lannion et compte 2 000 communiants[5]. La cure est à l'alternative. Keranrais, haute justice, à M. de Bonteville ; Kerprigent-Kerbader, haute justice, à M. de Lanascol ; Saint-Loha, moyenne et basse justice, à M. Duparc-Kerivon. Ce territoire, borné à l'est par la rivière du Léguer, renferme des terres en labour, des prairies et des landes qui sont plus étendues que celles des paroisses voisines.[6] »

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Plounévez-Moëdec décrit en 1845[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Plounévez-Moëdec en 1845 :

« Plounévez-Moëdec (sous l'invocation de saint Pierre) : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, aujourd'hui succursale ; chef-lieu de perception. (...) Principaux villages : Kergadalen, le Plesq, Kervernard, Gouardreus, Kerharant, Kerniou, le Rest, Kerdelahaye, Keranfeuillan, Saint-Loha, Saint-Lavent, Coz-Kerhuel, Guerbrigent, Saint-Eturien, Kerderien, Kergrec'h, Keramanac'h, Goashalec, Guénanbargat, Lan-Neauverte, Kermodin, Roz-an-Norvel, Pors-an-Parc, le Danot, Kerigonant, Traouchi, Kerafol, Keryevel, Lanjanen, Kerloshouarn, le Dern, Haye-Bian, Kereven, Kermarhiou, Kerarmor, Coat-Losquet. Superficie totale : 4 036 hectares dont (...) terres labourables 2 266 ha, prés et pâturages 422 ha, bois 209 ha, vergers et jardins 4 ha, landes et incultes 955 ha (...). Moulins : 22 (du Rest, Buluno, Marec, Milin-Dour, Ar-Coat-Sec'h, Ar-Coz-Saper, Cozquer, Paper-ar-Cozquer, Kerbabu, Mojean, Kerlaffret, Kereven, Kerambastard, à eau). (...). Il y a dans cette commune, outre l'église, les chapelles de Sainte-Jeune, de Notre-Dame de Keramanac'h, de Saint-Tugdual et de Saint-Lavan ; les deux premières étaient autrefois trèves de Plounévez. (...) Plounévez-Moëdec fait des exportations considérables de beurre, graisse, suif et avoine. Les marchés de Morlaix, Lannion et Guingamp reçoivent ces denrées et les exportent eux-mêmes en pays étranger. Pendant longtemps le chemin (...) qui se dirige vers Morlaix a été entretenu avec un quartz améthyste très beau, qui servait aussi à façonner de charmants bijoux : la carrière qui le fournissait est pour ainsi dire épuisée maintenant, et l'on ne retrouve plus guère de ce beau quartz que dans les débris de la route qu'il servait à macadamiser. Il y a à Keven des forges assez importantes. La route de Paris à Brest traverse la commune de Plounévez-Moëdec (...). Géologie : granite ; quartz. On parle le breton.[7] »

Keramanac'h et sa chapelle par le passé[modifier | modifier le code]

Anatole Le Braz écrit au début du XXe siècle : « Keramanac'h était une des haltes les plus fréquentées. À la place de la misérable auberge (...) s'élevait une vraie hôtellerie, la meilleure peut-être d'entre Morlaix et Guingamp. (...) Les diligences des messageries y relayaient, et j'ai souvent compté jusqu'à cinq voitures de roulage arrêtées à la queue-leu-leu devant sa porte. (...) Le chemin de fer l'a tuée »[8].

La chapelle de Keramanac'h fut fondée au XIIe siècle par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, raison pour laquelle elle était initialement dédiée à saint Jean. En 1697 encore, la commanderie de Plouaret (qui dépendait de celle de La Feuillée) possédait seize fermes à Keramanac'h et y levait encore la dîme, même si les moines hospitaliers avaient quitté Keramanac'h vers 1677. La chapelle fut par la suite dédiée à Notre-Dame. Le calvaire situé dans l'enclos paroissial date de 1827[9].

Selon les souvenirs d'un vieux cantonnier, Jérôme Lozac'h, recueillis en breton par Anatole Le Braz au début du XXe siècle, la chapelle de Keramanac'h, située sur la "Hent ar roué" (la "Route du roi", devenue par la suite la Route nationale 12), était ouverte jour et nuit (éclairée par des cierges) aux voyageurs venus invoquer les deux statues de la Vierge, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle et Notre-Dame du Bon-Voyage[10], « l'une pour qu'elle vous préservât de tout accident sur les parcours, l'autre pour que rien de fâcheux ne vous attendît à l'arrivée ». Chaque jour on y célébrait la messe et « il pleuvait de l'argent dans les troncs »[11].

« Quiconque traversait Keramanac'h lui payait péage pour s'assurer la protection des deux saintes. (...) Les plus généreux étaient les matelots (...). Des voyageurs d'un genre à part, s'acheminant eux aussi sur Brest, mais à pied, les pauvres diables, et entravé, c'était les galériens [s'y arrêtaient aussi] » ajoute Anatole Le Braz[12].

Vers 1900, la chapelle de Keramanac'h est à l'abandon : « L'œuvre de destruction est commencée. Le vent joue librement dans l'édifice et la chouette, oiseau des ruines, y a déjà élu domicile » témoigne Anatole Le Braz.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1971 novembre 1992 Francis Cadoudal PCF Conseiller général du Canton de Plouaret
(1976-1992)
janvier 1993 juin 1995 Jean Laurent PCF Maire
juin 1995 en cours Gérard Quilin DVG Agriculteur
Conseiller général du Canton de Plouaret
de 2001 à 2015
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[14].

En 2015, la commune comptait 1 435 habitants[Note 1], en diminution de 0,49 % par rapport à 2010 (Côtes-d'Armor : +1,14 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 6472 1002 1312 5552 8773 0033 1613 5133 594
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 5803 8003 8373 6883 6483 3403 3033 1143 063
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 1223 1573 0462 9002 7722 7112 6222 5192 213
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
2 2102 0661 8901 6411 4821 3471 4051 4421 435
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Pierre.
  • Église Saint-Pierre (début XVIe siècle).
  • Chapelle Saint-Tugdual de Kerpabu (XVIe siècle).
  • Chapelle Saint-Lavant et Saint-Laurent (XVIIIe siècle) et sa fontaine.
  • Chapelle Saint-Jean de Keramanac'h (XVe siècle), son calvaire et sa fontaine.
  • Chapelle Sainte-Jeune et sa croix.
  • Chapelle de Portzamparc (1934-1935).
  • Croix du Gollot.
  • Fontaine de Kerdelahaye (XVIe siècle).
  • Manoir de Kermel (XVe-XVIe siècle).
  • Manoir du Cosquer (XVIIe siècle).
  • Souterrains préhistoriques près de la vallée du Guic, de Coat-an-Picard et de Kergrec’h (âge de fer).
  • Enceinte fortifiée de Saint-Juna (époque romaine).
  • Château de Portzamparc (XVIIIe siècle).
  • Pont romain (XVe siècle).
  • Site de l'ancien barrage de Kermansquillec, édifié dans les années 1920 afin d'alimenter l'usine hydro-électrique de la papeterie Vallée créée en 1855. Le site des anciennes Papeteries Vallée est aujourd'hui un lieu de mémoire et de balade.

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

Le nom en breton de la commune est Plounevez Moedeg.

Depuis l'année 2008, une école associative Diwan est ouverte. Elle pratique l'enseignement en breton par l'immersion. À la rentrée 2016, 73 élèves étaient scolarisés à Diwan et dans les classes bilingues publiques (soit 76 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[17].

L’adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg label 3 a été votée par le conseil municipal le [réf. souhaitée].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Loire Atlantique, B. 2981, fol. 75.
  2. Archives des Côtes d’Armor, 1G, évêché de Tréguier.
  3. a et b infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Plounévez-Moëdec »
  4. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 3, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist03og/page/426
  5. Personnes en âge de communier.
  6. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 3, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist03og/page/426
  7. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjT-ILnz6PfAhUSyoUKHVJTAM0Q6wEIKTAA#v=onepage&q=Ploun%C3%A9vez&f=false
  8. Anatole Le Braz, Vieilles chapelles de Bretagne, Terre de Brume, 2003 (ISBN 2-84362-214-X).
  9. http://www.infobretagne.com/plounevez-moedec-keramanach.htm
  10. Une chapelle consacrée à Notre-Dame du Bon-Boyage existe non loin de là à Plounérin
  11. Anatole Le Braz, 1928, cité par Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Editions Ouest-France, , 380 p. (ISBN 978-2-737-31932-7, OCLC 34611255)
  12. Anatole Le Braz, Vieilles chapelles de Bretagne, Terre de Brume, 2003 (ISBN 2-84362-214-X).
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  17. (br) « Enseignement - Ofis Publik ar Brezhoneg », sur opab-oplb.org (consulté le 9 décembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]