Pleumeur-Gautier
| Pleumeur-Gautier | |||||
L'église paroissiale Saint-Pierre. | |||||
| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Lannion | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Lannion-Trégor Communauté | ||||
| Maire Mandat |
Pierrick Gouronnec (PS) 2020-2026 |
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| Code postal | 22740 | ||||
| Code commune | 22199 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Pleumeurien, Pleumeurienne | ||||
| Population municipale |
1 188 hab. (2023 |
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| Densité | 63 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 48′ 11″ nord, 3° 09′ 21″ ouest | ||||
| Altitude | 84 m Min. 10 m Max. 86 m |
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| Superficie | 18,99 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Hors unité urbaine | ||||
| Aire d'attraction | Paimpol (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Tréguier | ||||
| Législatives | Cinquième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | https://www.pleumeur-gautier.bzh | ||||
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Pleumeur-Gautier [plømœʁ gotje] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
Géographie
[modifier | modifier le code]Pleumeur-Gautier fait partie de la "Presqu’île Sauvage", une appellation touristique regroupant 7 communes (Pleudaniel, Lanmodez, Trédarzec, Pleumeur-Gautier, Lézardrieux, Pleubian et Kerbors).
Communes limitrophes
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La commune de Pleumeur-Gautier est limitrophe de 8 communes.
Relief et géologie
[modifier | modifier le code]Le relief de Pleumeur-Gautier est constitué principalement d'un plateau (qui culmine à 86 mètres d'altitude à la Croix du Salut) aux terres fertiles en raison des dépôts de loess qui le recouvrent et qui, en plus avec le climat doux, a entraîné une riche agriculture, la commune faisant partie de la Ceinture dorée. Le bourg est vers 80 mètres d'altitude
Le sous-sol de la commune est composé principalement de roches volcaniques, de granit, d’un filon de dolérite au sud, et de roches sédimentaires, notamment du schiste au nord et à l’est[1].
Hydrographie
[modifier | modifier le code]La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Bouillenou[2],[Carte 1], un tout petit fleuve côtier qui forme la limite communale avec Pleubian et dont la vallée échancre le plateau, son altitude s'abaissant à une dizaine de mètres dans l'angle nord-est de la commune, proche de la Baie de Pommelin, mais la commune a perdu depuis la Révolution française son rivage maritime en raison de la création de la commune de Lézardrieux.

Climat
[modifier | modifier le code]Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[5]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[6]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,6 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 768 mm, avec 13,5 jours de précipitations en janvier et 6,9 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à 10 km à vol d'oiseau[9], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 887,1 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le ; la température minimale est de −8,5 °C, atteinte le [Note 2].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[12], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Transports
[modifier | modifier le code]La partie sud-ouest de la commune est traversée d'est en ouest par la D 786 (ancienne Route nationale 786) qui va de Paimpol à Tréguier via Lézardrieux et Trédarzec.
Le bourg, à l'écart au nord de cet axe routier, n'est desservi sur par des routes secondaires, les principales étant la D 33 qui côté sud vient de Pleudaniel et va côté nord jusqu'à Pleubian et la D 70, qui vient, côté sud-ouest, de Trédarzec.
Urbanisme
[modifier | modifier le code]Typologie
[modifier | modifier le code]Au , Pleumeur-Gautier est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle est située hors unité urbaine[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[14]. Cette aire, qui regroupe 13 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[15],[16].
Occupation des sols
[modifier | modifier le code]L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (97,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (70,3 %), zones agricoles hétérogènes (26,4 %), zones urbanisées (2,6 %), forêts (0,7 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Morphologie urbaine
[modifier | modifier le code]La commune se compose du bourg et de deux hameaux principaux :
Toponymie
[modifier | modifier le code]Le nom de la localité est attesté sous les formes Magna plebs vers 1034, Plebs Magna Galterii en 1330, Ploemeurgaultier en 1399, 1427 et en 1486[18].
Ploemeur est formé avec le vieux breton ploe (paroisse) et meur (grand), « Grande-Paroisse », par opposition à sa voisine Pleubian[18].
Gautier viendrait d'un saint Gauthier, prévôt de l'abbaye en Tréguier[18].
Le nom de la localité est attesté en breton sous les formes Pleuveur et Pleuveur-Goater[19].
Ses habitants sont appelés les Pleumeuriens.
Histoire
[modifier | modifier le code]Préhistoire et Antiquité
[modifier | modifier le code]Le tumulus de Launay-Botloy (découvert en 1885) et un souterrain au nord de Kerbellec montrent une occupation humaine dès l'Âge du fer[1].
Une pièce de l’époque romaine à l’effigie de Néron a également été trouvée dans la commune et le tracé de la route D 786 correspondrait à celui d'une ancienne voie romaine[1].
Moyen-Âge
[modifier | modifier le code]Au IVe siècle, les invasions barbares y ont déferlé de tous côtés sur l'Europe. L'Angleterre n'est pas épargnée et la population celte de l'île, repoussée vers le Sud par les Barbares, doit se réfugier en Armorique, préservée des invasions.
Cette population est celte et chrétienne. Elle vient avec des évêques, des moines, des chefs civils et militaires. Le partage des terres se fait alors à cette époque. Quand les paroisses se constituent, leur nom commence par « Plou ».
Dans la presqu'île de Lézardrieux se constitue une paroisse centrale de l'Armorique primitive entre le Jaudy et le Trieux. Les autres paroisses n'existent alors pas encore. La paroisse centrale est appelée « Plou-Meur ». Plou-Meur est le centre de cette petite région qui s'étend jusqu'à la mer : il s'agit de la Paroisse de la Mer (Plou-Mor). PLeumeur-Gautier fait historiquement partie du Trégor.
Pleumeur est le centre d'activités des missionnaires qui évangélisent le pays en remontant les rivières : saint Douron[Note 4], saint Maudez (après avoir débarqué à Port-Béni en Pleubian, il aurait vécu un temps avec ses compagnons à Pleumeur-Gautier ; le comte Daeg leur aurait fait alors bâtir un monastère à Lesvanalec, avant qu'il aille s'installer à l'Île Maudez[20]), saint Riom[Note 5] et saint Iltud. Saint Douron (chapelle Saint-Aaron) et saint Riom (chapelle Saint-Adrien) ont leur chapelle sur le territoire de la paroisse tandis que saint Maudez a un oratoire.
Une motte féodale a existé près du Launay[21].
Temps modernes
[modifier | modifier le code]En 1589 la ville de Tréguier est prise par des Ligueurs : « un grand nombre d'hommes que l'on disoit estre de l' Isle de Bréhat et des parouesses de Tredarzou, Ploermur (Pleumeur-Gautier), Pleudaniel, Pleubihan, Lanmodez et autres parouesses » écrit un témoin oculaire[22].
Selon une ordonnance de Louis XV datant de 1759 la trève de Lézardrieux doit fournir 25 hommes et payer 164 livres pour la défense des côtes de Bretagne, sa paroisse-mère Pleumeur-Gautier devant fournir 35 hommes et payer 229 livres[23].

Avec le temps, les autres paroisses se constituent : Pleubian est alors la grande paroisse de la Presqu'île. Lézardrieux, aujourd'hui chef-lieu du canton, dépendait de Pleumeur jusqu'à la Révolution française. Ainsi s'explique que Pleumeur soit resté le doyenné de la presqu'île, c'est-à-dire le centre religieux, alors que Lézardrieux en est devenu le centre administratif civil.
Commune essentiellement rurale, Pleumeur a vécu les siècles avec la vie rurale et paisible d'un bourg longtemps sans changement, de fermes isolées transmises de père en fils.
Au XVIIe siècle la famille de Romilley (originaire de Normandie, région d'Avranches) est seigneur du Pontglo[24], la famille Le Saint de Kerambellec et Traonvoaz[25], la famille du Merdy de Goazellou et Kermainguy[26].
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Pleumeur-Gautier en 1778 :
« Plemeur-Gaultier : à 1 lieue un quart à l'Est-Nord-Est de Tréguier, son évêché ; à 29 lieues de Rennes ; et à 2 lieues de Pontrieux, sa subdélégation. Cette paroisse ressortit à Lannion, et compte 3000 communiants[Note 6], y compris ceux de Lézardrieux, sa trève ; la cure est à l'alternative. Son territoire est un pays plat dont les terres produisent d'abondantes récoltes en grains et lin ; on y voit des landes assez étendues. La maison noble de Lezartrevu appartenait, en 1230, à Jean Alain, sieur de Lezartrevu [Lézardrieux], dont le fils, nommé Alain , fut évêque de Tréguier en 1262. Le château du Botloy , place jadis forte , fut démoli en 1592 ; il n'en relève plus que quelques vestiges, et un colombier en partie écroulé. Cette terre, qui a haute, moyenne et basse justice, a appartenu de longue date à la famille de Richelieu. L'an 1773 , M. le Prêtre de Châteaugiron l'acheta de M. le Maréchal Duc de Richelieu : ce château était situé près de la rivière de Trieux. Le château de Poulglau appartenait, en 1340, à Robert de Kergariou, chevalier, seigneur de Kerépol. Les autres maisons sont : le Goueslou, Kermarquer-les-Hardrien, Kermengui, le Merdi[Note 7], Kermeuri, Pont-Glo et Trovoas[27]. »
À la veille de la Révolution française Pleumeur-Gautier rayonnait sur toute la région allant même jusqu'à porter ombrage à Tréguier, la capitale du Trégor : les deux paroisses comptaient alors à peu près le même nombre d'habitants[28].
Révolution française
[modifier | modifier le code]Le cahier de doléances de la paroisse de Pleumeur-Gautier en vue de la préparation des États généraux de 1789 est rédigé le en présence de 12 paroissiens[29].
La création de la commune de Lézardrieux en 1790 par la réunion de la trève de Lézardrieux (évêché de Tréguier), du prieuré de la Madeleine de Lézardré (le Prioly, évêché de Dol) et de la frairie de Kermouster (jusqu'alors en Pleubian), fit perdre à Pleumeur-Gautier sa façade littorale, privant du coup les habitants de cette commune de ses droits traditionnels de coupe du goémon sur la rive gauche du Trieux[30].
Le district de Pontrieux choisit Lézardrieux comme chef-lieu de canton, évinçant, malgré son importance alors plus grande (4 225 habitants contre 2 231 pour Lézardrieux en 1793), Pleumeur-Gautier de ce rôle, car cette commune se montrait trop nostalgique de l'Ancien Régime et avait élu comme premier maire l'abbé Gralon, son curé, devenu en 1790 recteur constitutionnel[30] ; celui-ci montra pourtant sous l'Assemblée législative un zèle révolutionnaire, allant jusqu'à conduire lui-même à Pontrieux des recrues qu'il avait faites dans sa paroisse[31].
Le XIXe siècle
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Le , vers deux ou trois heures de l'après-midi, se déroula entre Pleumeur-Gautier et Trédarzec, aux confins des deux paroisses, un combat de pomme de discorde (une peau de veau remplie de cendre et bien frottée de graisse) ; elle fut lancée d'un point haut, probablement un arbre). À sa seule vue les gars de Trédarzec sautèrent comme des furieux sur ceux de Pleumeur-Gautier et le combat commença : ce fut un pêle-mêle affreux, certains étant foulés au pied ; le combat a duré quatre heures, 800 personnes au moins y ont pris part ; ä la fin deux corps inanimés, des blessés graves que l'on désespère de sauver. Les trophées de la victoire furent visibles dans une auberge de Trédarzec[32].
A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Pleumeur-Gautier en 1853 :
« Pleumeur-Gautier : commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom, moins sa trève Lézardrieux devenue commune. (..) Principaux villages : Kerlodac'h, Toullan, Keranguéré, Saint-Adrien, le Benvoas, Kervégant, Kermoru, Kerbillic, Launay-Boloy, Kergall, Poulmor, Pors-ar-Groas, Keraliez, Croas-Derrien, Saint-Aaron, Kerbiguet, Kerstrouill, Coad-an-Noan, Kerlastre, Kerpunez, Pont-Glaou, Bois-Gautier, Kerc'hoad, Crec'h-Quiniou, Zésvoen, Kermenguy, an Aleguen, Kerroland, Kerdaniel, Kerbellec. Superficie totale : 1 899 hectares 24 ares, dont (..) terres labourables 1 552 ha, prés et pâturages 81 ha, bois 4 ha, vergers et jardins 14 ha, landes et incultes 116 ha (..). Moulins : 8 (Huellan, Isellan, de Launay, de Pont-Glaou, à eau ; de Crec'h-Loas, de Pont-Glaou, à vent). (..) Il y a foire le jeudi avant les jours gras et le jeudi avant la Trinité. On parle le breton[33] »

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que « le bourg de Pleumeur-Gautier est l'un des plus beaux et des plus commerçants du canton » et que la commune possède une école de garçons ayant 83 élèves et une de filles en ayant 70 et que « du lieu-dit "La Croix-du-Salut" on découvre un magnifique horizon ». Il indique aussi l'existence de 4 chapelles : Saint-Aaron (ou Saint-Douron), Saint-Maudez, Saint-Adrien (ou Saint-Riom) et Plomor, cette dernière construite à l'emplacement d'une église disparue[21], mais elle a été détruite à la fin du XIXe siècle.
L'abbé Hyacinthe Le Fichant, recteur de Pleudaniel et l'abbé Joseph Le Cornec, vicaire à Pleubian, furent reçus en audience par le pape Pie IX en et « lui remirent une somme assez considérable : c'était l'obole des prêtres et des fidèles du canton (en fait du doyenné) de Pleumeur-Gautier auquel ils appartiennent »[34].
Le une cérémonie fut organisée pour le centenaire de François Kerroux, ancien maire de la commune à trois reprises ; « M. Kerroux, qui a conservé toute son activité d'esprit et une grande forme physique, n'est atteint d'aucune infirmité »[35]
En 1893 un porc qu'un cultivateur venait d'acheter rejeta des louis d'or qu'il avait avalé chez son propriétaire précédent. L'affaire donna lieu à une procédure judiciaire et défraya le chronique, toute la presse française parlant de cette affaire rocambolesque[36].
Le XXe siècle
[modifier | modifier le code]La nouvelle église paroissiale
[modifier | modifier le code]L'actuelle église paroissiale Saint-Pierre est construite entre 1900 et 1902 par Toussaint Olivier, un entrepreneur de Paimpol, d'après les plans de l’architecte Jules Morvan. Elle a remplacé une vieille église datant de 1622. Le cimetière entourait l'église jusqu'en 1931. De l'église disparue en 1902, la nouvelle église a conservé deux statues de valeur : une pietà, c'est-à-dire une statue de la Vierge tenant ses genoux Jésus qui vient d'être descendu de la Croix, et une statue de sainte Anne tenant la Sainte Vierge, sa fille. Il y a également une chaire, un confessionnal sculpté et il faut mentionner le Christ en croix.
La Belle Époque
[modifier | modifier le code]Le journal L'Ouest-Éclair du écrit que l'inventaire des biens d'église « doit avoir lieu ce matin » mais que le percepteur de Lézardrieux « s'est présenté hier après-midi en vue d'entrer en accommodement et d'éviter ce matin tout événement désagréable. M. le curé l'a congédié poliment et lui a fait entendre qu'il agirait en temps et lieu selon sa conscience et non selon les droits du Bloc »[37].
Le deux frères Le Gall, de Pleumeur-Gautier, partis chercher du goémon se noyèrent, victimes d'une tempête qui fit chavirer leur barque[38].
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Pleumeur-Gautier ː le bourg au début du XXe siècle (carte postale).
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L'église paroissiale Saint-Pierre au début du XXe siècle (carte postale).
La Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Le monument aux morts porte les noms de 70 soldats morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 4 sont morts en Belgique (Guillaume Carvennec, Jean Corre et Hippolyte Le Jouan dès 1914 : Olivier Potin en 1915) ; 4 sont morts en mer victimes du naufrage de leurs bateaux (Pierre Kerambrun le sur le cuirassé Bouvet, Joseph Guillou le sur le cuirassé Danton, Emmanuel Camus le sur le quatre-mâts barque Jacqueline et Victor Sallou le sur le croiseur auxiliaire, ancien paquebot, Australien[Note 8]) ; 2 (Émilien Guillou et Joseph Famel) sont des marins morts de maladie à Ferryville en Tunisie en 1918 ; la plupart des autres sont morts sur le sol français ; les lieux et date de décès de 13 victimes ne sont pas précisées[39].
L'Entre-deux-guerres
[modifier | modifier le code]Le monument aux morts de Pleumeur-Gautier a la forme d'un pilier commémoratif en granite placé sur un piédestal sculpté par le trégorrois Yves Le Meur et est surmonté de la statue d'un poilu mourant en défendant son drapeau (une statuaire de série des Marbreries Générales) ; il est orné d'une palme et d'une croix latine et porte l'inscription "AUX ENFANTS DE PLEUMEUR GAUTIER MORTS POUR LA FRANCE- HONNEUR À LEUR MÉMOIRE"[40]. Ce monument a été inauguré à la fin de l'année 1927, assez tardivement par rapport à la plupart des communes[41].
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Pleumeur-Gautier ː le monument aux morts vers 1927 (carte postale).
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L'entrée du bourg par la route de Tréguier et l'église paroissiale vers 1920 (carte postale Émile Hamonic).
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L'église et le cimetière vers 1925 (carte postale Émile Hamonic).
Un pleumeurien âgé de 20 ans est mort pour la France en Syrie en 1923 lors de la Guerre du Levant[41].
La ligne du chemin de fer des Côtes-du-Nord à voie métrique entre Paimpol et Tréguier, réclamée depuis longtemps par les habitants de la presqu'île[42], est inaugurée le et fermée le . Longue de 20 km, elle a été déclassée le [43].
Une branche de cette ligne partait de Pleumeur-Gautier et allait jusqu'à Pleubian. La gare de Pleumeur-Gautier était disposée en triangle avec au centre, le bâtiment voyageurs[43].
La Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Le monument aux morts porte les noms de 21 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles Yves Kergall, marin sur le sous-main Béarn, est mort accidentellement à Brest le ; 3 (Augustin Kerleau, Pierre Terrien et Yves Terrien) sont des soldats tués à l'ennemi lors de la Bataille de France au printemps 1940 ; Yves Le Du, quartier-maître sur le cuirassé Bretagne a été victime du naufrage de son bateau lors de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir le ; Yves Le Bastard, soldat du 1er régiment étranger d'infanterie de marche, a été tué à l'ennemi le en Tunisie ; Louis Kerleau est une victime civile des bombardements de Rennes le ; deux sont des résistants qui ont été fusillés par les Allemands (Marcel Le Roy le à Étables-sur-Mer et Charles Le Moal le à Angoulême) ; 3 sont des résistants morts en déportation (les deux frères Yves et Ernest Toanen, tous deux déportés au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau et morts respectivement le et le et Jean Kernivinen, déporté au camp de concentration de Buchenwald et mort en 1945 ; les circonstances des décès de 8 victimes ne sont pas précisées[39].
Né à Pleumeur-Gautier en 1912, Yves Coantiec a été accusé d'avoir porté un coup de couteau à un soldat allemand lors d'une altercation dans un bar. Il a été condamné à la peine de mort le , et fusillé le pour "acte de violence contre l'armée allemande"[44].
L'après Seconde Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Lors du recensement de 1946 Pleumeur-Gautier comptait 149 exploitations agricoles et 41,7 % de la population totale vivait de l'agriculture[45].
Un soldat (François Le Moal) originaire de Pleumeur-Gautier est mort pour la France durant la Guerre d'Algérie[39].
Le XXIe siècle
[modifier | modifier le code]Le legs de Raymond Kerharo
[modifier | modifier le code]Raymond Kerharo, un Pleumeurien de naissance décédé en âgé de 82 ans a fait don de plus d'1,375 million d'euros à sa commune natale à condition d' « utiliser cette somme dans un but humanitaire, logements sociaux ou assistance à des personnes méritantes dans le besoin »[46].
Politique et administration
[modifier | modifier le code]Intercommunalité
[modifier | modifier le code]Pleumeur-Gautier était membre de la petite communauté de communes de la Presqu'île de Lézardrieux, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé en 2001 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.
La loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (Loi NOTRe) du prescrivant, dans le cadre de l'approfondissement de la coopération intercommunale, que les intercommunalités à fiscalité propre doivent, sauf exceptions, regrouper au moins 15 000 habitants, cette intercommunalité a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté d'agglomération dénommée Lannion-Trégor Communauté, dont est désormais membre la commune.
Tendances politiques et résultats
[modifier | modifier le code]Lors des élections départementales de 2015, la commune a majoritairement voté pour la gauche[47].
Liste des maires
[modifier | modifier le code]Population et société
[modifier | modifier le code]Démographie
[modifier | modifier le code]L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[53]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[54].
En 2023, la commune comptait 1 188 habitants[Note 19], en évolution de −2,38 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Enseignement
[modifier | modifier le code]Il y a deux écoles, l'une publique, l'autre privée, situées au bourg.
Culte
[modifier | modifier le code]La commune fait partie de la paroisse de la Presqu'île de Lézardrieux, dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier.
Lieux et monuments
[modifier | modifier le code]Monuments religieux
[modifier | modifier le code]- L'église Saint-Pierre[57]. et sa Vierge à l'Enfant de Pleumeur-Gautier. L'église possède aussi un Christ en croix à l'expression si triste qu'un dicton dit : « Plus triste que le bon Dieu de Pleumeur »[58].
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Chaire à prêcher datant de 1751.
- Sur la commune se trouvent trois chapelles :
- la chapelle Saint-Adrien (XVIe siècle, ancienne chapelle de la frairie de Saint-Adrien, restaurée au XIXe siècle), située dans le hameau du même nom, dédiée à saint Adrien, et dont le pardon se déroule en août[59] ;
- la chapelle Saint-Aaron (reconstruite en 1826 et restaurée en 1921), située dans le hameau du même nom, dédiée à saint Aaron (ou saint Douron) et dont le pardon se déroule en septembre[60] ;
- la chapelle ou oratoire Saint-Maudez (1736), dédiée à saint Maudez (en mauvais état)[61] ;
- Des croix monumentales :
- La croix de Croas-Gwenn (en fait un calvaire), inscrite au titre de monument historique en 1927, a été érigée en 1755 pour conjurer la peste. Elle représente plusieurs scènes de la Passion[62].
- La croix du Salut, inscrite au titre de Monument historique depuis 1933, a été érigée en 1723 avec son socle[63].
- La croix de Landedanet (1821)[64].
- La croix de Kervegant (XVIIe siècle ou XVIIIe siècle)[65].
- La croix de Kerbleiz (début XIXe siècle)[66].
- La Croix de Launay Boloy (probablement du XVIIe siècle)[67].
- et plusieurs autres.
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Croix de Croas-Gwenn.
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Croix de Kéraliès : vue d'ensemble.
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Croix de Kéraliès : détail de l'inscription sur le socle.
Autres monuments
[modifier | modifier le code]- Le manoir de Kermenguy : le passage d'entrée date de la fin du XVe siècle ou du XVIe siècle et le logis est du XVIIe siècle[68].
- Le manoir de Lezerec : il date du XVIe siècle[69].
- Le manoir de Traou Voas (XVIe siècle)[70].
- Le colombier de Kervegant (XVIIIe siècle)[71].
- Les routoirs de Kerstrouilh témoignent du passé linier et chanvrier de la commune (restaurés par l'association Skol ar C'Hleuzioù)[72].
- Les routoirs de Prad Lez[73].
Personnalités liées à la commune
[modifier | modifier le code]- Abbé Pierre Le Brouster, né le à Pleumeur-Gautier, mort le à Tréguier, professeur au séminaire de cette ville et auteur de nombreux ouvrages et brochures de pédagogie religueuse.
- Yann ar Minouz [Jean Minoux], né le à Kermouster en Lézardrieux, décédé le à Pleumeur-Gautier, chanteur populaire trégorrois[74].
- Marie-Perrine Durand, née Créchriou (1851-1933), première gardienne de phare française reconnue par l'administration.
- Yves Feutren († 2011), ex-champion de Questions pour un champion.
- Révérend Père Hamon (1864-1925), dévoué à la société des œuvres de mer, aumônier des Terre-Neuvas.
- Luc Corlouër, Pleumeur-Gautier autrefois, Monographie 2020, Éditions le Cormoran, beau livre 200 pages
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
- ↑ Ce saint est totalement inconnu
- ↑ Saint Riom est un saint breton quasi inconnu qui a peut-être été un disciple de saint Maudez.
- ↑ Personnes en âge de communier.
- ↑ Selon A. Marteville et P. Varin le Merdi n'est pas en Pleumeur-Gautier, Ogée aurait commis une erreur.
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- ↑ François Paranthoën, né le à Pleumeur-Gautier, décédé le à Pleumeur-Gautier.
- ↑ Pierre Le Callennec, né le à Pleumeur-Gautier, décédé le à Pleumeur-Gautier.
- ↑ Yves Goarin, né le à Pleumeur-Gautier, décédé le à Pleumeur-Gautier.
- ↑ Yves-Marie Doué, né le à Pleubian, décédé le à Pleumeur-Gautier.
- ↑ Guillaume Adam, né le à Pleumeur-Gautier, décédé le à Pleumeur-Gautier.
- ↑ Probablement Yves-Marie Tréogat, né le à Trédarzec.
- ↑ Jean-François Guillou, né le à Pleumeur-Gautier, décédé.
- ↑ Auguste Ollivier, né le à Pleumeur-Gautier, décédé le à Pleumeur-Gautier.
- ↑ Pierre Guillou, né le au Cosquer en Pleumeur-Gautier, décédé en 1994.
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- Pleumeur-Gautier sur le site de l'Institut géographique national
