Nicolas de Myre

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Nicolas de Myre
Saint catholique
Image illustrative de l'article Nicolas de Myre
Nicolas de Myre par Giovanni Bellini
Saint Nicolas
Naissance 270
Patare, Lycie
Décès 345  (75 ans)
Myre, Lycie
Vénéré par La plupart des traditions chrétiennes
Fête 6 décembre (dormition) 9 mai (translation)
Saint patron enfants, marins, marchands

Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, communément connu sous le nom de « Saint Nicolas » est né à Patare, en Lycie, vers 270 et mort à Myre en 345[1]. Évêque de Myre en Lycie, il a probablement participé au premier concile de Nicée au cours duquel il combat l'arianisme.

Son culte est attesté depuis le VIe siècle en Orient et se répand en Occident depuis l'Italie à partir du XIe siècle. Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers, il est un personnage populaire de l'hagiographie chrétienne.

Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, est fêté traditionnellement dans plusieurs pays européens du Nord et de l'Est de l'Europe (notamment la Belgique, le Luxembourg, le nord et l'est de la France, les Pays-Bas et l'Allemagne et la Suisse) « où il distribue des cadeaux à tous les enfants sages ».

Personnage historique[modifier | modifier le code]

Vie[modifier | modifier le code]

Concernant la vie du personnage historique, elle est relatée dans plusieurs vitae[2] dont l'historicité est interrogée par les historiens. Les rapports sur la vie de Nicolas proviennent notamment d'André de Crète (720), d'un moine Jean du monastère du Stoudion à Constantinople, et de compilations grecques, notamment la Vita per Michaelem de Michel l'Archimandrite au IXe siècle[3],[4]. Sa légende est compilée au Xe siècle par Syméon Métaphraste et transcrite en latin par les hagiographes médiévaux (Speculum historiale de Vincent de Beauvais, Vie de saint Nicolas de Wace, La Légende dorée de Jacques de Voragine) qui amplifient ses prodiges[5].

Selon les hagiographies, Nicolas naît à Patare, en Lycie, aux alentours des années 270 au sein d'une riche famille chrétienne[h 1]. Ses parents, Epiphanius (Ἐπιφάνιος) (grec d'origine) et Johanna (Ἰωάννα)[6], meurent, toujours selon la tradition, lors d'une épidémie de peste[h 2]. Il est ordonné prêtre et abbé de Sion (près de Myra) par son oncle Nicolas, évêque de Myre.

Selon la tradition, le successeur de son oncle venant à mourir, il est désigné évêque de Myre autour de l'an 300[7].

Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est capturé et torturé. Il distribue la richesse dont il a héritée parmi les pauvres. Ce fait est rapporté par les évêques du IVe siècle Ambroise de Milan et saint Basile de Césarée et, pour cette raison, est considéré comme un fait historique. Diverses légendes se sont développées autour de cet épisode.

Saint André de Crète et le moine Jean du monastère du Stoudion rapportent que Nicolas a participé au concile de Nicée (325) et a giflé son adversaire Arius. Pour cette raison il est arrêté avant d'être réhabilité à la fin du conseil. Nicolas n'est pas dans la liste des signataires de Nicée ; mais cette liste est incomplète. Selon saint André de Crète, Nicolas a convaincu l'évêque Théognios de Nicée de la justesse du point de vue chrétien. Or l'évêque Théognios appartient aux signataires historiquement documentés.[8]. Nicolas se distingue par sa lutte contre l'arianisme[h 3]

Un an avant sa mort, il fait détruire le temple d'Artemis de Myre[h 3].

Reliques[modifier | modifier le code]

Le tombeau nicolaïen, placé dans l'absidiole d'un martyrium à Myre, attire de nombreux pèlerins mais est menacé par les raids des sarrasins depuis le XIe siècle[9].

Ses ossements sont conservés dans l'Église Saint-Nicolas de Myre jusqu'en 1087. Selon la légende, ils ont la particularité de suinter une huile parfumée et ce baume est connu dans toute l'Europe du Moyen Âge. La bataille de Manzikert qui voit la défaite de l’armée byzantine en 1071 décide plusieurs villes italiennes marchandes, dont Nicolas est le saint patron, à récupérer les reliques nicolaïennes. Le moine bénédictin Nicéphore et l'archidiacre Jean de Bari qui relatent cette translatio justifient le vol par la volonté d'assurer la sécurité des reliques et d'accroître leur vénération en les rapprochant de Rome[10]. Soixante-deux marins venus de Bari, gagnant de vitesse les navires vénitiens, volent et ramènent ses reliques supposées le 9 mai 1087 en terre chrétienne à Bari. Certains auteurs prétendent qu'ils se sont trompés de reliques[11]. La basilique San Nicola de Bari est construite à son intention entre 1089 et 1197.

En 1098, selon la tradition rapportée par un marin qui a participé à la translation, le chevalier lorrain Aubert de Varangéville y aurait volé une phalange et l'aurait rapporté en Lorraine à Saint-Nicolas-de-Port où elle devient un objet de pèlerinage nicolaïen majeur avec la traditionnelle procession[12].

Quelques fragments de la relique (dont un humérus) sont également cédés à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg en Suisse durant la Renaissance. En effet, vers 1420, l'abbé Pierre d'Affry obtient l'autorisation d'emporter quelques fragments du saint à l'abbaye cistercienne de Hauterive. L'église de Fribourg pour obtenir le transfert de ces précieuses reliques dut demander l'aide de l'avoyer et du Conseil de la ville. "Ils eurent recours à l'autorité du pape Jules II. Une bulle pontificale du 2 juillet 1505 accordait ces reliques à Fribourg. Le transfert se fit le 9 mai 1506."[13]

L'église Notre-Dame-à-la-Croix de Croix-lez-Rouveroy (en Belgique) possède également une relique attestée par un document officiel reposant dans les archives de la fabrique, ainsi qu'une statue en bois polychrome. L'église de Croix-lez-Rouveroy possède également une bannière de la jeunesse locale à effigie de saint Nicolas.

En 1429, avant de quitter son pays pour rejoindre la France, Jeanne d'Arc vient se recueillir devant la relique du saint[14].

Dans la culture religieuse[modifier | modifier le code]

Saint Nicolas, Nicolas de Myre (icône russe, dans l'église de Saint-Nicolas, à Novgorod, en Russie).

Il est difficile de retrouver les traces les plus anciennes du culte de saint Nicolas en raison de la Querelle des Images qui a fait disparaître la quasi totalité des représentations imagées des saints datant d'avant le VIIIe siècle. On sait cependant que le saint bénéficie très tôt d'une grande popularité ; cela est notamment visible dès le IXe siècle par son omniprésence dans l'iconographie des églises d'Orient[i 1]. Il est notamment vénéré dès cette époque en Crète, à Chypre, en Grèce, en Macédoine et un peu plus tard en Albanie dans la minorité orthodoxe, Ukraine, Russie, Roumanie, Bulgarie, et Serbie (il est d'ailleurs une Slava très importante)[i 1]. Son culte se développe aussi en Europe occidentale après l'arrivée de ses reliques à Bari en 1087[i 1].

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Naissance[modifier | modifier le code]

Nicolas, selon la légende, aurait reçu très jeune le baptême et se serait tenu tout seul debout en signe de respect, bien droit sur ses jambes, pour être baptisé : ce fut son tout premier miracle[7]. Puis, il se met à jeûner en refusant de téter aux jours prescrits par l’Église (mercredi et vendredi)[15].

Éducation[modifier | modifier le code]

C'est l'évêque de Patare, Méthode, et ses parents qui s'occupent de son instruction.

À la mort de ses parents (décès dus à la peste), il hérite de leur fortune.

Miracle des trois vierges[modifier | modifier le code]

Nicolas avait pour voisin un homme qui, ruiné, ne pouvait marier ses trois filles faute de dot. Ce dernier envisageait de les prostituer afin de récolter l'argent nécessaire à leurs subsistances. Nicolas décida, en secret de donner trois bourses pleine à ces jeunes femmes.

Cette légende chrétienne est rapportée dans le livre la Légende Dorée de Jacques de Voragine dans le passage suivant :

Un de ses voisins avait trois filles vierges, et que son indigence, malgré sa noblesse, força à prostituer, afin que ce commerce infâme lui procurât de quoi vivre.
Dès que le saint eut découvert ce crime, il l’eut en horreur, mit dans un linge une somme d'or qu'il jeta, en cachette, la nuit par une fenêtre dans la maison du voisin et se retira.
Cet homme à son lever trouva cet or, remercia Dieu et maria son aînée.
Quelque temps après, ce serviteur de Dieu en fit encore autant.
Le voisin, qui trouvait toujours de l’or, était extasié du fait; alors il prit le parti de veiller pour découvrir quel était celui qui venait ainsi à son aide.
Peu de jours après, Nicolas doubla la somme d'or et la jeta chez son voisin.
Le bruit fait lever celui-ci, et poursuivre Nicolas qui s'enfuyait : alors il lui cria : « Arrêtez, ne vous dérobez pas à mes regards. »
Et en courant le plus vite possible, il reconnut Nicolas ; de suite il se jette à terre, veut embrasser ses pieds.
Nicolas l’en empêche et exige de lui qu'il taira son action tant qu'il vivrait. Mais l'évêque de Myre vint à mourir sur ces entrefaites.

Nicolas est nommé archevêque de Myre[modifier | modifier le code]

La mort de l'évêque de Myre pousse les évêques de la province à lui donner un successeur. Une nuit, pendant qu'ils étaient en prière, la voix de Dieu leur enjoint de nommer Nicolas archevêque. Le lendemain matin, les évêques attendirent Nicolas sur le seuil de l'église, l'appelèrent par son nom et lui posèrent, malgré ses réticences, la mitre sur la tête.

Nicolas et les persécutions[modifier | modifier le code]

Après une longue période de paix, les persécutions vinrent s'abattre sur les chrétiens. Les empereurs romains interdisent les assemblées de fidèles, ordonnent la destruction des églises et des livres saints et condamnent à l'exil, l'emprisonnement ou la mort ceux qui n'abjurent pas leur foi. L'évêque de Patare, Méthode, est mis à mort et Nicolas connaît la prison, la torture et ne fut délivré que par l'arrivée au pouvoir de Constantin Ier.

Nicolas et le concile de Nicée[modifier | modifier le code]

Un prêtre du nom d'Arius, soutient que le Christ n'est pas Dieu comme son Père. Nicolas, appelé au concile de Nicée défend avec virulence la divinité de Jésus-Christ et le dogme de la Sainte Trinité. Il s'emporte tellement qu'il frappe Arius. Outrés de ce geste, les Pères du Concile dépouillent de ses insignes de fonction Nicolas et le font conduire en prison. Mais le Christ et la Vierge seraient apparus à leur serviteur, lui rendant le pallium, le livre des Évangiles et lui ouvrant la porte de sa prison.

Pour défendre sa foi, Nicolas s'attaque également aux dieux païens. Il parvient à convaincre ses fidèles de s'attaquer au temple de Diane. Il fait bâtir des églises et des autels aux martyrs sur les ruines des anciens temples.

Miracle des blés[modifier | modifier le code]

Pour sauver les populations de Myre de la famine, Nicolas se rend dans un port voisin apprenant que des bateaux s'y sont arrêtés pour échapper à une tempête. Il parvient à convaincre les armateurs de décharger un peu de leurs précieux grains en échange de la promesse que chacun des bateaux arriverait à bon port. À l'arrivée des bateaux à Constantinople, on mesura le blé et il y en eut la même quantité qu'au départ. Émerveillés, les matelots racontèrent le prodige.

Sauvetage des matelots[modifier | modifier le code]

Des matelots sur le point de mourir lors d'une tempête sur la côte de Lycie, font appel à Nicolas pour venir à leur secours. L'évêque apparaît alors sur le navire. il les rassure et les exhorte au courage. Lui-même aide à la manœuvre des voiles et s'empare du gouvernail. Il les conduit ainsi au port et disparaît sous leurs yeux. Les matelots s'empressent alors de se rendre à Myre, y reconnaissent leur sauveur au milieu de ses clercs et tombent à ses genoux.

Nicolas sauve trois officiers[modifier | modifier le code]

Trois officiers de Constantin Ier devaient mener une mission en Phrygie. À leur retour à Constantinople, ces officiers, d'abord comblés d'honneurs, se voient accusés d'un complot contre la vie du souverain. Ils sont emprisonnés et condamnés à mort. Le préfet du palais, acheté par des collègues jaloux, veille à ce que l'on ne croie pas en leur innocence. La pensée des malheureux se tourne vers l'évêque de Myre. Cette nuit là, l'empereur et son préfet voient en songe saint Nicolas qui leur ordonne de relâcher les officiers calomniés, faute de quoi de terribles châtiments les attendraient. L'innocence des condamnés éclate aux yeux de Constantin qui, leur rendant leur liberté, les envoie à Myre avec des présents et une lettre demandant à Nicolas ses prières et son pardon[16].

Saint Nicolas représenté avec les 3 enfants et le saloir où ils étaient conservés, collection musées départementaux de la Haute-Saône.

Selon Émile Mâle, qui reprend sur ce point une conjecture de Charles Cahier, quand le culte de saint Nicolas est importé d'Orient, à partir du XIe siècle, les chrétiens d'Occident interprètent à leur façon les images de cet épisode d'une légende qu'ils connaissent encore mal : les officiers, tout petits par rapport à un saint que les usages de l'iconographie médiévale dotent d'une taille démesurée, sont pris pour des clergeons (enfants de chœur) ou des enfants. Cela donne naissance à la légende de la résurrection par le saint de trois enfants, précédemment tués et découpés en morceaux par un boucher, la tour de prison devenant un baquet ou un saloir[17]. Cette légende est propagée dès le XIIe siècle par les pèlerins qui rapportent de Bari des flacons de « manne[18] » souvent décorés des trois clergeons, par les trouvères qui narrent l'histoire des « trois enfants qui s'en allaient glaner aux champs » ou des « trois clercs qui allaient à l'école » (Vie de Saint Nicolas de Wace)[19]. D'autres historiens pensent que cette mauvaise interprétation provient de la confusion entre les officiers innocents et les enfants symboles de l'innocence (voir massacre des Innocents). C'est de l'évolution de la représentation de cet évêque que naît la tradition des jouets et friandises offerts dans la nuit du 5 décembre par saint Nicolas aux enfants sages[20]. Au XVIe siècle, Luther refuse que cette mission soit confiée à un saint. En 1545, il prône le remplacement des « cadeaux de saint Nicolas » par ceux du « Seigneur Christ » et veut remplacer le 5 décembre par la fête de Noël. Mais la fonction convenait probablement mieux à un vieillard barbu qu'au « petit Jésus », et c'est ainsi que fut inventé l'artificiel Père Noël du 25 décembre qui ne supplanta pas saint Nicolas auprès des enfants de Lorraine[21].

Mort de Nicolas et le miracle de l'huile prodigieuse[modifier | modifier le code]

Ayant eu la révélation de sa mort prochaine, Nicolas donna une dernière messe pontificale, puis se retira dans le monastère de la Sainte-Sion dont il avait été fait abbé. Ce fut là qu’une petite fièvre l’ayant saisi, il se fit administrer les sacrements et s’éteignit le 6 décembre 343. Il fut enseveli dans une tombe de marbre. Une nouvelle se répandit alors auprès des fidèles : du corps de l'évêque, une huile odorante s'écoule, le préservant de la putréfaction. Cette huile, que l'on appelle "manne", a la réputation de guérir les maux.

Sept siècles plus tard, en 1087, des marins de Bari enlèvent les reliques de Saint Nicolas pour les rapporter dans leur ville. La légende veut que la manne continue de couler.

Apparition de saint Nicolas après sa mort[modifier | modifier le code]

Apparition à Sainte Brigitte de Suède[modifier | modifier le code]

Sainte Brigitte est née en 1302. Elle se marie et met au monde 8 enfants dont sainte Catherine de Suède. Elle fait de nombreux pèlerinages dont un à Bari pour honorer les reliques de saint Nicolas. « Ce fut au prix de peines et de fatigues considérables que les voyageurs accomplirent le long voyage de Manfredonia à Bari. En pénétrant dans le temple qui renferme le tombeau du grand saint Nicolas, Brigitte ressentit une joie inexprimable ; elle se prosterna avec une humble dévotion devant les saintes reliques... À ce moment apparut à ses yeux une forme vénérable, toute brillante et comme ointe d'un baume odorant. La céleste vision lui dit : « Je suis l'évêque Nicolas ; je vous apparais sous cette forme pour vous révéler l'état dans lequel se trouvait mon âme aux jours de ma vie terrestre ; mes membres étaient adroits et souples au service de Dieu, comme l'est un instrument frotté d'huile sous la main de celui qui le manie. Et si mon âme tressaillait toujours d'allégresse et de bonheur, si ma bouche ne prêchait que la parole de Dieu, si enfin la patience reluisait dans toutes mes œuvres, c'est que j'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté. Écoutez donc : [...] mes ossements ont reçu de Dieu le rare privilège de distiller une huile salutaire. En effet, le Tout-Puissant n'honore et n'exalte pas seulement ses élus dans le ciel ; il les glorifie également sur la terre, pour l'édification d'un grand nombre, qui participent ainsi aux grâces accordées aux Saints. »

Brigitte se réjouit grandement de la faveur dont elle venait d'être l'objet ; elle en rendit grâces à Dieu et à saint Nicolas. Elle voulait ne s'arrêter que peu de temps à Bari, et retourner ensuite à Rome, s'il était possible, avant Noël ; mais Dieu en ordonna autrement. »[22]

Saint Nicolas délivre l'échanson du roi des Agarènes[modifier | modifier le code]

Un homme riche avait obtenu un fils qu’il avait appelé Dieudonné, grâce aux prières qu'il avait adressé à saint Nicolas. Pour le remercier, il avait construit, en l’honneur du saint, une chapelle dans sa maison, où il célébrait sa fête tous les ans. Or un jour Dieudonné est capturé par la tribu des Agaréniens, et réduit en esclavage par le roi de cette tribu. L’année suivante, au jour de la Saint-Nicolas, l’enfant, pendant qu’il sert le roi, en tenant une coupe précieuse à la main, se met à pleurer en songeant à la douleur de ses parents, et en se rappelant la joie qu’ils éprouvaient naguère à la Saint-Nicolas. Le roi l’oblige à lui avouer la cause de sa tristesse ; puis, l’ayant apprise lui dit : « Ton Nicolas aura beau faire, tu resteras ici mon esclave ! » Mais au même instant un vent terrible s’élève, renverse le palais du roi, et emporte l’enfant avec sa coupe, jusqu’au seuil de la chapelle, où ses parents sont en train de célébrer la fête de saint Nicolas. Une autre version de cette légende veut que cet enfant aurait été originaire de Normandie, et aurait été ravi par le sultan ; et comme celui-ci, le jour de la Saint-Nicolas, après l’avoir battu, l’avait jeté en prison, voici que l’enfant s’endormit et, à son réveil, se trouva ramené dans la chapelle de ses parents[23].

Les deux vases d'or[modifier | modifier le code]

Un noble avait prié saint Nicolas pour avoir un fils. Il avait promis qu’en récompense il se rendrait avec son fils au tombeau du saint et lui offrirait un vase d’or. Le noble voit naître un fils et fait fabriquer un vase d’or. Mais ce vase lui plaît tant qu’il le garde pour lui-même et, pour le Saint, en fait faire un autre d’égale valeur (plus ordinaire selon d'autres sources[16]). Puis il s’embarque avec son fils pour se rendre au tombeau du saint. En route le père ordonne à son fils d’aller lui prendre de l’eau dans le vase qu'il avait d'abord destiné à saint Nicolas. Aussitôt le fils tombe dans la rivière et se noie. Mais le père, malgré toute sa douleur, n’en poursuit pas moins son voyage. Parvenu dans l’église de saint Nicolas, il pose sur l’autel le second vase ; au même instant une main invisible le repousse avec le vase, et le jette à terre : l’homme se relève, s’approche de nouveau de l’autel, est de nouveau renversé. Et voilà qu’apparaît, au grand étonnement de tous, l’enfant qu’on croyait noyé. Il tient en main le premier vase, et raconte que, dès qu’il est tombé à l’eau, saint Nicolas est venu le prendre, et l’a conservé sain et sauf. Sur quoi le père offre les deux vases à saint Nicolas[24].

Sauvetage du patricien Jean de la noyade[modifier | modifier le code]

Méthode, patriarche de Constantinople au IXe siècle et historien de saint Nicolas, affirme que son père, Jean, fut sauvé de la noyade lors d'une tempête par saint Nicolas. Jeté à la mer par les flots, au moment de mourir il invoque saint Nicolas qui le transporte sur la terre ferme.

Sauvetage de saint Louis et de sa famille[modifier | modifier le code]

Basilique Saint Nicolas de Port (Lorraine)

En revenant de croisade par bateau avec sa femme, sa garde et ses enfants, saint Louis fut pris dans une violente tempête aux environs de Chypre.

La reine se met à prier et sur les conseils de Joinville, elle promet à saint Nicolas que s'il les sauve, elle lui offrira une nef d'argent pour son église de Port en Lorraine.

À peine Joinville s'est-il porté garant de cette promesse que la tempête se calme. De retour en France, la reine fit faire la nef.

L'huile infernale[modifier | modifier le code]

Ce récit de miracle est tiré du livre Saint Nicolas de Pierre et Germaine Noury : « Des pèlerins s'embarquaient un jour pour le miraculeux tombeau, quand une vielle femme vint les prier d'emporter avec eux son offrande, une provision d'huile pour les lampes du sanctuaire. Au deuxième jour du voyage, la tempête s'éleva, mettant le navire en danger. Les pèlerins envisagent de s'abriter dans un port, mais voici venir à eux, ô prodige! saint Nicolas sur une petite barque... Il leur dit de jeter à l'eau l'huile dont ils se sont chargés, les assurant qu'ensuite ils voyageraient sans encombre. Obéissant, les pèlerins versent l'huile dans les flots et, terrifiés, comprenant qu'elle leur vient du démon, ils la voient qui s'enflamme avec un bruit et une odeur épouvantables. On dit que la veille femme était la déesse Diane, qui, furieuse de la destruction de son temple, cherchait à se venger sur les fervents de saint Nicolas »[25].

Miracle du sire de Réchicourt[modifier | modifier le code]

Vers 1230, le chevalier lorrain Cunon de Réchicourt ayant suivi l’empereur Frédéric II du Saint-Empire et été fait prisonnier au cours de la sixième croisade, aurait prié saint Nicolas avant de s'endormir dans sa geôle, la veille de sa mise à mort. Le lendemain matin, il se serait réveillé, encore attaché, sur les marches de l'église de Saint-Nicolas-de-Port ; ses chaînes seraient tombées d'elles-mêmes durant l'office qu'il suivit alors. On les suspendit à un pilier de la nef. En souvenir de cette miraculeuse délivrance, une procession se déroule tous les ans depuis 1245 à Saint-Nicolas-de-Port.

Sauvetage de saint Bernard de Menthon d'un mariage non désiré[modifier | modifier le code]

La famille de Menthon avait destiné leur fils, Bernard, a un mariage de raison avec une riche héritière Marguerite de Miolans. Bernard était attiré par la vie religieuse et avait demandé à sa famille de renoncer à cette union. Malheureusement unique héritier, ses parents refusaient de le voir partir dans un ordre religieux. Désespéré, la veille de son mariage, il fut enfermé dans sa chambre. Il se mit alors à prier. Dans certains textes, saint Nicolas lui apparaît alors en songe et lui délivre ce message : « Bernard, serviteur de Dieu, le Seigneur, qui ne délaisse jamais ceux qui mettent en lui leur confiance, t'appelle à sa suite ; une couronne immortelle t'est réservée. Sors incontinent de la maison paternelle et pars pour Aoste. Là, tu iras à la cathédrale, où tu trouveras un vieillard, l'archidiacre Pierre, homme charitable et plein de bonté qui t'accueillera ; tu demeureras auprès de lui sous sa direction, et il te fera connaître le chemin que tu dois tenir. De mon côté, je serai ton protecteur et je ne t'abandonnerai pas un instant. »[26]. Dans d'autres textes, saint Bernard est conscient lorsque saint Nicolas lui apparaît et lui dit de sauter par la fenêtre, les anges et lui-même allant le retenir dans sa chute[27].

Cette intervention de saint Nicolas permit à Bernard d'échapper à un mariage non désiré et de devenir archidiacre d'Aoste.

Culte[modifier | modifier le code]

Histoire du culte[modifier | modifier le code]

Saint Nicolas a deux fêtes, l'une en hiver le 6 décembre (selon le calendrier julien ce qui correspond au 19 décembre du calendrier grégorien), jour anniversaire de sa dormition à Myre, l'autre au printemps le 9 mai, jour anniversaire de la translation de son corps de Myre à Bari, en Italie, en 1087.

L'Église orthodoxe et le rite byzantin commémorent les deux dates en dépit du fait que la translation des reliques vers une ville d'Occident soit postérieure au schisme de 1054. Mais ils ajoutent une autre commémoration, hebdomadaire, qui place saint Nicolas, avec la Mère de Dieu et saint Jean Baptiste, parmi les trois saints les plus honorés. Chaque jeudi, à l'orthros, après la neuvième ode du canon, un exapostilaire est chanté à la louange du saint archevêque de Myre.

Dans l'Église orthodoxe le culte du saint est attesté depuis le VIe siècle, lorsque l'empereur Justinien construit vers 550 une église dédiée à Saint-Nicolas à Constantinople. Dans l'Église orthodoxe russe, est dédiée à Saint Nicolas à côté du Christ et de Marie avec l'enfant, la troisième grande icône sur l'iconostase des églises. L'Eglise orthodoxe russe célèbre également le 29 juillet la naissance du saint selon la liturgie.

Au début du VIIIe siècle le culte a atteint l'Italie qui, à cette époque, maintient encore des relations étroites avec l'Empire byzantin et acquiert bientôt une grande popularité. Le culte de saint Nicolas atteint les régions germanophones au Xe siècle, probablement par l'intermédiaire de Théophano Skleraina, l'épouse byzantine d'Otton II, mais peut être aussi du fait des expéditions italiennes des dirigeants de la Francie orientale. La famille noble des Ezzonides (Ezzo de Lotharingie avait marié Mathilde, la fille de Théophano) fonde alors de nombreuses églises vouées à saint Nicolas, comme celles de Brauweiler ou de Klotten, et favorise ainsi la propagation du culte du saint en Rhénanie. L'enlèvement des restes présumés du saint de Myra à Bari au XIe siècle, événement qui fut perçu dans toute l'Europe, et la vague de villes fondées par des commerçants aux XIIe et XIIIe siècles, souvent construites autour d'une église dédiée à saint Nicolas, assurent une large diffusion au culte du saint. Ainsi, dès le XIe siècle en Lorrraine, il est de coutume de jouer des miracles du saint pour embellir les solennités scolaires et édifier autant qu'amuser les spectateurs, et dès le XIIe siècle de jouer Le Jeu de saint Nicolas sur le parvis des églises[28].

Icônes[modifier | modifier le code]

Saint Nicolas, en évêque, porte une barbe courte. Sa tête est entourée de deux médaillons : dans l'un le Christ le bénit, dans l'autre la Mère de Dieu lui rend son homophore. Ces deux scènes rappellent un épisode de sa vie où sa dignité épiscopale avait été contestée par des intrigants puis confirmée par le Seigneur lui-même et par sa sainte Mère.

Saint Nicolas dans la peinture italienne (XIe - XVIe siècle)[modifier | modifier le code]

Marcel Thiriet avance que saint Nicolas est le saint ayant la plus grande iconographie[i 1]. Dans les fresques de l'abbaye de la Novalaise (XIe siècle), la première connue en l'Ouest, porte une chasuble bleue et volé.

Saint Nicolas est souvent représenté associé avec sainte Marguerite d'Antioche et sainte Catherine d'Alexandrie[i 2].

Saint Nicolas est extrêmement bien représenté durant cette période ; il y est notamment mis sur le même plan que les plus hautes figures du christianisme, que ce soient prophètes, apôtres, martyrs ou docteurs de l'Église[i 3].

Patronage[modifier | modifier le code]

Plaque invoquant saint Nicolas fixée sur la croix érigée par les mariniers de Saint-Père-sur-Loire, avant le passage sur le pont menant sur l'autre rive, à Sully-sur-Loire.

Églises et monastères dédiés à saint Nicolas[modifier | modifier le code]

À la fin du XVe siècle, en action de grâce envers le saint protecteur de ses états pour avoir sauvé son duché de Lorraine des griffes du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, qui avait même trouvé la mort lors de la Bataille de Nancy le 5 janvier 1477, le duc René II, fit reconstruire l'église du bourg de Saint-Nicolas-de-Port qui était déjà dédiée au saint évêque. Dès 1481 débutèrent les travaux et une basilique d'un majestueux gothique flamboyant remplaça les églises précédentes.

En 1622, le duc Henri II de Lorraine obtient du pape Grégoire XV l'érection d'une église pour ses sujets résidant à Rome. Cette élégante église baroque sise près de la place Navone est logiquement dédié au saint protecteur de la « nation Lorraine » et se nomme église Saint-Nicolas-des-Lorrains.

Localités[modifier | modifier le code]

Il est saint patron (c'est-à-dire modèle et protecteur) de la Lorraine, de la Russie, et de nombreuses villes de la chrétienté comme Amsterdam, Agios Nikolaos (en Crète), la ville de Houilles (près de Paris), la ville de Fribourg, la ville d'Eupen en Belgique, l'île de Terre-de-Bas aux Saintes et la ville de Bari en Italie. Cette appellation de patron de la Lorraine date de 1848 et du Processionnal à l'usage du diocèse de Nancy et de Toul[29].

Saint Nicolas est le patron de 65 paroisses en Lorraine (23 en Moselle, 16 en Meuse, 14 en Meurthe-et-Moselle et 12 dans les Vosges), mais aussi de 95 en Picardie, 86 en Champagne-Ardenne et 66 dans le Nord-Pas-de-Calais[d 1].

Professions et groupes sociaux[modifier | modifier le code]

Suivant les régions, les notaires se placent sous la protection de saints différents parmi lesquels saint Lazare, saint Luc, sainte Catherine, mais le plus souvent saint Nicolas, saint Marc et saint Yves. De nos jours encore, c'est autour du 9 mai (Saint-Nicolas d'été) et du 6 décembre (Saint-Nicolas d'hiver) que se situent les principales assemblées de notaires. Sans doute cet évêque a-t-il été choisi par les notaires de Paris pour avoir doté trois jeunes filles pauvres qui risquaient de devoir se prostituer pour subvenir à leurs besoins. À Paris, les avocats sont également placés sous sa protection, alors que les autres barreaux se placent sous celle de saint Yves.

Saint Nicolas est le patron (protecteur) :

  • des écoliers, et, d'une manière générale, des enfants,
  • des étudiants
  • des marins et bateliers,
  • des avocats du barreau de Paris,
  • des prêteurs sur gages,
  • de l'Université de Valladolid en Espagne
  • des célibataires : De même que les filles célibataires de 25 ans « coiffent » sainte Catherine le 25 novembre, les garçons non mariés qui atteignent la trentaine fêtent saint Nicolas le 6 décembre. À cette occasion, selon les différentes traditions régionales, ils sont tenus de s'affubler de pyjamas, bonnets de nuits ou de sabots.

Confréries[modifier | modifier le code]

De nombreuses confréries de Lorraine, qu'elles soient professionnelles ou de dévotion, sont dédiées à saint Nicolas ; on peut citer celle, fondée en 1614 qui regroupe les juristes de Nancy ou alors celle destinée à révérer les morts de la paroisse Saint-Pierre de Verdun, créée en 1683[d 2]. Vingt-sept des 867 confréries de la Meuse sont dédiées à saint Nicolas ; elles sont 46 dans les Vosges sous l'Ancien Régime[d 2].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Saint-Nicolas (fête).
Saint Nicolas distribuant des cadeaux aux enfants, accompagné de Krampus et d'anges (Salzbourg, Autriche).
Saint Nicolas et son acolyte maure Pierre le noir (Zwarte Piet) qui remplace le père Fouettard aux Pays-Bas, armé d'un martinet, en 1917.

Sa commémoration chrétienne le 6 décembre[note 1] est une fête très populaire dans bien des pays du monde[note 1], célébrée en : Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Croatie, dans l'est de la France, Luxembourg, Pays-Bas, Pologne, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie et Suisse.

À la Saint-Nicolas, la tradition veut que les enfants sages durant l'année reçoivent des friandises, de nature variable selon les régions, et des cadeaux. Ceux qui n'ont pas été sages se voient offrir un martinet par le père Fouettard, ce qui est rare, car il est possible de leur pardonner s'ils se repentent.

Afin de commémorer la dotation des trois jeunes filles, les enfants reçoivent une orange à la Saint-Nicolas, anciennement appelée pomme d'or.

La légende de saint Nicolas est à l'origine du personnage du Père Noël : les Hollandais exportèrent au XVIIe siècle la fête de Sint Niclaes ou Sinterclaes[30] à la Nouvelle-Amsterdam (aujourd'hui New-York), où, par déformation, « Sinte(r)claes » devint « Santa Claus ».

Selon certaines traditions :

  • le père Fouettard qui accompagne saint Nicolas serait en fait le boucher de l'histoire. Pour lui faire regretter son méfait, Nicolas l'aurait condamné à l'accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.
  • Une morale de la comptine, peut-être plus tardive, mais plus heureuse, fait s'enfuir le boucher ; saint Nicolas l'interpelle et lui dit que s'il se repent, Dieu lui pardonnera.
  • Selon certains[réf. nécessaire], le père Fouettard est une invention des Messins lors du siège de leur ville par les Impériaux, en pleine période de festivité de la Saint-Nicolas en 1552 après la mise en place du protectorat français. De là leur serait venue l'idée de se moquer de l'assiégeant, Charles Quint, en le représentant sous les traits du boucher de la légende de saint Nicolas.

Belgique et Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Le 6 décembre en Belgique et le 5 décembre aux Pays-Bas, la fête de Saint-Nicolas est l'un des événements les plus importants de l'année pour les enfants. Un homme déguisé en Saint-Nicolas circule dans les rues des grandes villes, sur le dos de son âne, accompagné d'un ou plusieurs Père Fouettards, aujourd'hui drapé dans des étoffes colorées et grimés de noir (traditionnellement grâce à un bouchon de liège brûlé), bien moins menaçants qu'auparavant[31] , en distribuant des friandises et des speculoos aux enfants. Le jour où se déroule la fête les enfants se lèvent et découvrent, comme à Noël, un cadeau, des bonbons et des spéculoos en forme de Saint-Nicolas. Dans les écoles, il est fréquent que les élèves reçoivent soit un cadeau, soit un paquet de bonbons. Saint Nicolas étant le patron des écoliers, chants, musiques et danses rythment la journée. En Belgique, certaines entreprises distribuent le 6 décembre un petit colis contenant spéculoos, chocolat et mandarine à leur personnel.

Saint-Nicolas est une manifestation encore très vivante en Belgique et aux Pays-Bas, aussi importante que Noël. On constate un certain alignement de cette fête avec celle de Noël : ainsi par exemple, les cadeaux du matin du 6 décembre se trouvent parfois au pied d'un sapin de Noël. Une expression belge est lié au saint : « Au crépuscule lorsque les nuages et le ciel sont presque rouges, on dit aux enfants que saint Nicolas est en train de cuire ses spéculoos ».

France[modifier | modifier le code]

La fête de Saint-Nicolas le 6 décembre est, dans le Nord, en Alsace et en Lorraine une tradition très vivace. Les enfants des écoles reçoivent des oranges et une brioche en forme de bonhomme connue sous le nom de « mannele ».

Alsace et Lorraine[modifier | modifier le code]

Chaque année, le samedi le plus proche de la fête de Saint-Nicolas, a lieu le pèlerinage de Saint-Nicolas-de-Port, en mémoire du sauvetage du sire de Réchicourt.

Saint-Nicolas visite les maisons dans la nuit du 5 au 6 décembre, souvent accompagné de son âne, et gratifie les enfants sages de friandises et de cadeaux, les enfants moins sages ont souvent droit à une démonstration de miséricorde. En Lorraine germanophone, Saint-Nicolas (da Nikloos en dialecte, Sankt-Niklaus en allemand) est accompagné selon la tradition de son assistant Rupelz ou Rüpelz, équivalent du père Fouettard. Plus largement, dans chaque ville ou village de Lorraine défile un corso en l'honneur de Saint-Nicolas.

En Alsace, lors de la saint Nicolas sont confectionnés des manneles (Bas-rhin) ou mannalas (Haut-rhin), petits pains au lait servant à représenter le saint. Ailleurs, des saint Nicolas en pain d'épice et chocolat sont aussi produits.

Dans l'art populaire[modifier | modifier le code]

Saint Nicolas est une image très populaire dans les carreaux de poêle de Lorraine ; il y est représenté avec une mitre, une cape, des vêtements liturgiques, une crosse épiscopale, orné des trois boules et avec les trois enfants[32]. Des carreaux ont été retrouvés à Pompey, Nomeny, Châtel-Saint-Germain et Metz ; dans les deux premières localités, l'image est inversée par erreur, avec saint Nicolas bénissant de la main gauche ; d'autres différences d'exécution laissent penser à deux ateliers distincts[32].

Dans un autre style, saint Nicolas est aussi populaire parmi les peintures sous verre, type d'art essentiellement produit en Alsace, Suisse, Allemagne du Sud et Bohème à destination d'une clientèle rurale, même s'il n'est pas le saint le plus fréquent[33]. Il y est représenté avec les trois enfants et parfois, les trois bourses de la dot des trois jeunes filles[33].

Saint Nicolas est très présent dans les cires habillées, une spécialité quasi exclusivement nancéienne de dévotion à destination d'un public urbain aisé ; saint Nicolas y est représenté avec les trois enfants et, comme d'autres saints, richement vêtu de brocart scintillant, dentelles, broderies d'argent, tenant une crosse d'or, bouclé et poudré[33].

Dans la culture profane[modifier | modifier le code]

  • La légende des trois petits enfants du saloir est souvent jouée dans les mystères au Moyen Âge.
  • Le compositeur britannique Benjamin Britten a écrit en 1948 une Cantate St Nicolas pour ténor solo, quatre voix d'enfants, chœur mixte, orchestre à cordes, deux pianos, percussions et orgue.
  • Jochen Gerner dessine saint Nicolas dans sa bande-dessinée documentaire Le saint patron, L'Association, coll. Ciboulette, 2004.
  • Le Théâtre de Pérolles à Fribourg (Suisse) a créé en 2010 une pièce de Julien Chavaz avec Jean Winiger consacrée à la Tradition de la Saint-Nicolas à Fribourg: Saint Nicolas est amoureux.
  • Le film néerlandais Sint décrit un saint Nicolas tueur d'enfants. Ce film provoque une polémique à sa sortie en décembre 2010.
  • L'évêque Nicolas de Myre tient un rôle important dans le deuxième tome de la trilogie Capucin (2007) de Florence Dupré la Tour. En dépit d'une apparence inquiétante (robe noire, voix glaciale et peau violacée), il reste un personnage positif et on le voit ressusciter les trois petits enfants de sa légende.
  • Une lithographie de Jean-Jacques Waltz, alias Hansi ou Oncle Hansi (1873-1951) illustre le passage de saint Nicolas à Colmar (Haut-Rhin) devant la Maison des Têtes et devant la charcuterie des frères Fincker (1938).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (qui tombe actuellement le 19 décembre dans les pays qui utilisent le comput julien pour les fêtes religieuses).

Références[modifier | modifier le code]

  • Kevers-Pascalis, « Saint Nicolas personnage historique », dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, (ISBN 2-87692-682-2)
  1. a, b, c et d Claude 2005, p. 31.
  2. Claude 2005, p. 33.
  3. Claude 2005, p. 36.
  • Marie-Hélène Colin, Emmanuelle Friant et Philippe Martin, « La dévotion à saint Nicolas en Lorraine du XVe au XIXe siècle », dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, (ISBN 2-87692-682-2)
  • Autres références
  1. Dates de naissance et de mort conservées par la tradition de l'Église mais qui restent incertaines car une grande partie de sa vie est légendaire.
  2. Vitae grecques signalées dans les inventaires de la Bibliotheca Hagiographica Graeca (en).
  3. (en) Aleksandr Petrovich Kazhdan, Lee Francis Sherry, Christina Angelidē, A History of Byzantine Literature, 650-850, National Hellenic Research Foundation Institute for Byzantine Research, , p. 419.
  4. (nl) A. Blom, Nikolaas van Myra en zijn tijd, Hilversum, , p. 259-260.
  5. Gustav Anrich (en), Hagios Nikolaos: der heilige Nikolaos in der griechischen Kirche, Teubner, 1917, p. 15-31
  6. (en) Gioia Lanzi, Saints and their symbols : recognizing saints in art and in popular images, Liturgical Press, (ISBN 0-8146-2970-9), p. 111.
  7. a et b Jacques de Voragine, La Légende dorée, éd. Perrin et Cie, 1910, p. 19.
  8. (en) Leo Donald Davis, The First Seven Ecumenical Councils (325-787) Their History and Theology, Liturgical Press, (ISBN 0-8146-5616-1), p. 58.
  9. Louis Bréhier, La Civilisation byzantine, Albin Michel, , p. 230-231.
  10. (en) Jonathan Sumption, Pilgrimage, Faber & Faber, , p. 21-22.
  11. (it) Francesco Nitti di Vito, La leggenda della traslazione di S. Nicola a Bari, Trani, , p. 337.
  12. La Basilique de Saint Nicolas en Lorraine, Connaissance et Renaissance de la basilique de Saint-Nicolas-de-Port, , p. 180.
  13. La Liberté, n° du 5 janvier 2013, Fribourg.
  14. « De Jeannette de Domrémy à Jeanne d’Arc », documentaire de Perrine Kervran et Véronique Samouiloff avec Olivier Bouzy, Magali Delavenne, Jean-Luc Demandre, Catherine Guyon, La Fabrique de l'histoire, 31 janvier 2012.
  15. Pierre et Germaine Noury, Saint Nicolas, Paris, Ernest Flammarion, , 35 p., A peine le petit Nicolas est-il au monde que Dieu fait éclater en lui deux prodiges. Au moment de recevoir le baptême, l'enfant se dresse debout, tout seul, pour témoigner de son respect. Puis, faible petite créature, il se met à jeûner, lui aussi, aux jours prescrits par l'Eglise : mercredi et vendredi, il refuse de téter..
  16. a et b Pierre et Germaine Noury, Saint Nicolas, Ernest Flammarion, , 35 p..
  17. Émile Mâle, L'Art religieux du XIIIe siècle en France : Étude sur l'iconographie du Moyen Âge et sur ses sources d'inspiration, Armand Colin, , 486 p. (lire en ligne), p. 336-337.
  18. Liquide prétendument secrété par les restes de ce saint, que des religieux prélèvent chaque année et offrent aux pèlerins comme relique enfermée dans des flacons, œuvres des verriers italiens.
  19. Louis Réau, Iconographie de l'art chrétien. Iconographie des saints, Presses universitaires de France, , p. 1458.
  20. Philippe Duley, Saint Nicolas, Éditions de l'Est, , p. 43.
  21. Colette Méchin, Saint Nicholas: fêtes et traditions populaires d'hier et d'aujourd'hui, Berger-Levrault, , p. 12.
  22. « VIE DE SAINTE BRIGITTE DE SUÈDE ÉCRITE D'APRÈS LES DOCUMENTS AUTHENTIQUES PAR UNE RELIGIEUSE De l'Adoration perpétuelle AVEC APPROBATION ÉPISCOPALE TOME SECOND, PARIS LIBRAIRIE SAINT-JOSEPH TOLRA, LIBRAIRE-ÉDITEUR 112, RUE DE RENNES, 112 1879 Tous droits réservés », .
  23. « Saint Nicolas : vie, miracles, légende ».
  24. « Saint Nicolas : vie, miracles, légendes » (consulté le 10 décembre 2014).
  25. Germaine et Pierre Noury, Saint Nicolas, Ernest Flammarion, , 35 p..
  26. « Vie de saint Bernard de Menthon », sur Abbaye de Saint-Benoît-de-Port-Valais (consulté le 3 mars 2015).
  27. « Le château de Menthon-Saint-Bernard » (consulté le 3 mars 2015).
  28. Francine Roze, Saint Nicolas et les Lorrains: entre histoire & légende, Éditions Serpenoise, , p. 15.
  29. Processionnal à l'usage du diocèse de Nancy et de Toul, Nancy, p. 76.
  30. on prononce /-ɑːs/ ou /-ɒːs/, et aujourd'hui l'on écrit Sinterklaas.
  31. Marie-Christine BRAJARD, « Le site des fan de Saint Nicolas », sur stnicolasfanclub.free.fr (consulté le 23 décembre 2016)
  32. a et b Guillaume Huot-Marchand, « Les carreaux de poêle et l'image de saint Nicolas », dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, (ISBN 2-87692-682-2).
  33. a, b et c Francine Roze, « L'image de saint Nicolas dans les peintures sous verre et les cires habillées », dans Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, (ISBN 2-87692-682-2).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Véronique Gazeau, Catherine Guyon, Catherine Vincent (Dir), En Orient et en Occident, le culte de saint Nicolas en Europe, Paris, Les Editions du Cerf, , 502 p. (ISBN 978-2-204-10855-3)
  • Saint Nicolas et les autres traditions. Légendaires et sociétés en Occident de l'Antiquité à nos jours, sous la direction de Bruno Maes, Annales de l'Est, no 2, 2011.
  • Nicolas de Bralion, La vie admirable de Saint Nicolas, 1859
  • Claude Kevers-Pascalis, Saint Nicolas citoyen romain, Editions Serpenoise, (ISBN 978-2876921948)
  • Claude Kevers-Pascalis, Saint Nicolas : Légende ou histoire ?, Editions Serpenoise, (ISBN 978-2876925649)
  • Colette Mechin, Saint-Nicolas, Paris, Bergr-Levrault,
  • (de) Karl Meisen, Nikolauskult und Nikolausbrauch in Abendlande. Eine Kultgeographisch-Volkskundliche Untersuchung, Mainz, Gesellschaft fûr Mittelrheinische Kirchengeschichte,
  • Gerardo Cioffari, Saint Nicolas, l'histoire et le culte, Bari, Centro Studi Nicolaiani,
  • Musée Lorrain, Saint Nicolas et les Lorrains, entre histoire & légende, Editions serpenoise, (ISBN 2-87692-682-2) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-François Mazet, Saint Nicolas, le boucher et les trois petits enfants: Biographie d'une légende, L'Harmattan, , 422 p.

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Liens externes[modifier | modifier le code]