Calendrier révolutionnaire soviétique

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Feuille du 12 décembre 1937, « sixième jour de la semaine de six jours » du calendrier soviétique.

Le calendrier révolutionnaire soviétique fut en vigueur en Union soviétique de 1929 à 1940.

Du calendrier julien au calendrier grégorien[modifier | modifier le code]

Peu après la révolution d'Octobre, en février 1918, Lénine décréta le passage au calendrier grégorien de la Russie restée fidèle au calendrier julien durant toute la période tsariste : le lendemain du mercredi 31 janvier 1918 fut le jeudi [1]. Dans l'est du pays, le changement n'eut lieu qu'en 1920.

Instauration du calendrier révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Calendrier soviétique de 1930. La semaine de cinq jours est affichée avec une couleur différente pour chaque jour en fonction de chaque groupe de travailleurs ; les repos nationaux sont en noir et quatre en blanc.

À partir du , une version rationalisée du calendrier fut introduite. Chaque mois comptait désormais 30 jours, et les cinq ou six jours restants furent ajoutés comme jours intermédiaires de congé, n'appartenant à aucun mois et à aucune semaine. Ces jours étaient:

  • le jour de Lénine, après le 30 janvier ;
  • deux jours du travail, après le 30 avril ;
  • deux jours de l'industrie, après le 7 novembre ;
  • les années bissextiles, un jour supplémentaire après le 30 février.

La semaine fut ramenée de 7 à 5 jours, ce qui peut être vu comme une mesure anti-religieuse par la suppression du dimanche comme jour de repos chrétien. Pour déterminer le jour de repos, les travailleurs étaient divisés en cinq groupes, chacun associé à une couleur (jaune, rose, rouge, mauve, vert), et chaque groupe se reposait un jour différent de la semaine. L'intention était d'améliorer l'efficacité industrielle en évitant l'interruption due au jour de repos complet.

Bien que les travailleurs eussent plus de congés sous ce système (un jour sur cinq au lieu d'un jour sur sept), la séparation en groupes qui pesait sur la vie familiale et sociale devint très impopulaire. De plus, les gains économiques escomptés ne se concrétisèrent pas.

À partir du , la longueur traditionnelle des mois du calendrier grégorien fut restaurée. La semaine passa à 6 jours avec un jour de repos tous les 6, 12, 18, 24 et 30 du mois. Le 31 du mois restait en dehors du cycle des semaines et pouvait être un jour de travail ou de repos.

Retour au calendrier grégorien[modifier | modifier le code]

En pratique, la tradition du repos dominical subsista, les travailleurs prenant souvent congé, le dimanche et le jour officiel de repos. Finalement, en 1940, la vieille semaine de sept jours fut restaurée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Lefort, La Saga des calendriers ou Le frisson millénariste, Paris, Belin, , 191 p., 25 cm (ISBN 978-2-84245-003-8, OCLC 717795587), p. 77.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Bonnie Blackburn et Leofranc Holford-Strevens, The Oxford Companion to the Year, Oxford, Oxford University Press, , 937 p. (ISBN 9780192142313, OCLC 723603113), p. 688-689.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]