Collège Saint-Michel (Fribourg)

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Collège Saint-Michel
Image illustrative de l'article Collège Saint-Michel (Fribourg)
Un bâtiment du collège Saint-Michel
Généralités
Création 1582
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Coordonnées 46° 48′ 26″ N 7° 09′ 28″ E / 46.80725, 7.157746° 48′ 26″ Nord 7° 09′ 28″ Est / 46.80725, 7.1577
Adresse Rue Saint-Pierre-Canisius 10
1700 Fribourg
Site internet www.csmfr.ch
Cadre éducatif
Type École de maturité
Formation Maturité gymnasiale
Localisation

Géolocalisation sur la carte : canton de Fribourg

(Voir situation sur carte : canton de Fribourg)
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Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
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Le Collège Saint-Michel est une école de maturité située à Fribourg (Suisse). Ancien collège jésuite fondé en 1582 et alors réservé aux garçons, il est actuellement une institution mixte, laïque et bilingue comptant 1 300 étudiants[1]. L'établissement a autrefois disposé d'un internat qui a permis pendant plusieurs siècles l'accueil d'étudiants de toute la Suisse, voire de l'étranger.

Historique[modifier | modifier le code]

Collège jésuite[modifier | modifier le code]

Le pape Grégoire XIII, conscient de l'importance du développement de l'instruction dans le canton de Fribourg, signe l'acte de fondation du collège Saint-Michel avant que les jésuites n'aient acceptés le projet[2]. C'est ensuite le prévôt Pierre Schneuwly et l'évêque Jean-François Bonhomini qui mettent tout en œuvre pour faire venir les jésuites à Fribourg[2].

Les Pères Pierre Canisius et Robert Andrew arrivent à Fribourg en décembre 1580 pour jeter les bases du futur collège[2]. Les premières classes ouvrent leurs portes à des étudiants de sexe masculin le 18 octobre 1582 dans des bâtiments provisoires situés à l'actuelle rue de Lausanne[3],[2].

En 1585, les travaux de construction d'un édifice définitif sont lancés, mais il faut attendre 1660 pour voir l'achèvement des bâtiments sur le site actuel. Les élèves s'installent cela dit dans une première aile de l'édifice en 1596 déjà, sous l'impulsion de saint Pierre Canisius. Les jésuites y assurent l'enseignement des humanités, latin, grec, grammaire, rhétorique, théâtre. La philosophie vient s'adjoindre au programme au XVIIe siècle[2].

L'Ordre des jésuites est supprimé en 1773 et le collège passe en d'autres mains.

Au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

À Fribourg, les prêtres diocésains succèdent aux jésuites et dirigent le collège jusque dans les années 1970[2].

De 1829 à 1838, on construit le Lycée pour faire face à l'augmentation du nombre d'étudiants. C'est la partie de l'établissement qui est de style XIXe, face à l'église. Actuellement, on y trouve une salle de spectacles au rez-de-chaussée et une salle de musique fréquentée notamment par le chœur du collège, le Chœur des XVI, la Chorale de la Police fribourgeoise[2] et l'ensemble vocal Utopie.

L'année 1843 voit la naissance de la Gymnasialverbindung Zähringia (germanophone), deux ans avant sa sœur cadette francophone, la société d'étudiants gymnasiale Nuithonia. Les deux associations poursuivent leurs activités jusqu'à nos jours[2].

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'aquarium, achevé en 1962.

L'agrandissement se poursuit de 1960 à 1962 par la construction d'un nouveau bâtiment à côté du Lycée. Il ne tardera pas d'être affublé du surnom aquarium à cause de son style architectural typique de cette époque, en opposition radicale aux autres bâtiments du site[2].

En 1972 le collège lance la construction d'un complexe sportif[2] et s'ouvre à la mixité en 1986.

Situé dans la plus importante ville bilingue de Suisse, le Collège St-Michel, sous l'impulsion de son recteur Jean Baeriswyl, innove avec l'ouverture de classes bilingues en 1991, année de la célébration du 700e anniversaire de la Confédération suisse. Dans ces classes bilingues, des étudiants francophones et des étudiants germanophones suivent la moitié de leurs cours dans chacune des deux langues partenaires, à savoir en allemand et en français. Les diplômes de maturité obtenus durant les études portent la mention "maturité bilingue", un élément qui sera repris par le règlement de la maturité gymnasiale en Suisse[4], sur proposition fribourgeoise. Au début du XXIe siècle, de nombreux autres collèges et gymnases dans toute la Suisse ont suivi cet exemple en créant des classes et diplômes bilingues (français-allemand, allemand-anglais, français-anglais, allemand-romanche-italien, italien-anglais etc.)[2].

Bâtiment et localisation[modifier | modifier le code]

Géographie[modifier | modifier le code]

Le collège Saint-Michel est situé sur la colline du Belzé, au cœur de Fribourg[1].

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Le collège Saint-Michel renferme plusieurs édifices religieux.

Église[modifier | modifier le code]

Entrée de l'église du Collège Saint-Michel.

L'église fut construite entre 1606 et 1613 (gothique tardif). Une première messe y est célébrée en 1610[3]. Transformée au XVIIIe siècle, l'église devient un joyau rococo dont certaines fresques représentent la lutte entre le Bien et le Mal. Les Orgues, du facteur d'orgue Kuhn, à Männedorf (Zurich), furent restaurées à la fin du XXe siècle[3],[5].

Chapelle mortuaire[modifier | modifier le code]

Dans l'aile nord, au rez-de-chaussée, la chambre où est décédé Saint Pierre Canisius, qui passa les dernières années de sa vie à Fribourg, fut transformée en chapelle en 1636. Les boiseries sont de Jean-François Reyff.

Chapelle Saint-Ignace[modifier | modifier le code]

Lieu de méditation et de recueillement des Pères jésuites.

Traditions[modifier | modifier le code]

Devise[modifier | modifier le code]

La devise du collège est tirée du poète latin Ovide : Laudamus veteres sed nostris utimur annis (« Nous louons les anciens, mais nous sommes de notre temps »).

Le Valete[modifier | modifier le code]

Le « Valete » est une fête qui marque traditionnellement la fin de l’année scolaire. Depuis 1883 les meilleurs élèves des classes supérieures ont pris l’habitude d’organiser cette manifestation dont on ne connaît pas l’origine exacte. Dans son ouvrage de 1914 consacré au Collège Saint-Michel, l’ancien recteur J.-B. Jaccoud évoque le cortège nocturne du Valete qui concluait l’année scolaire: la veille de la clôture, les collégiens parcouraient la ville munis de torches et entonnaient le chant du Valete, une composition en latin de leur cru, dont la mélodie a été modifiée en 1870[6]. Ce chant est encore connu de certains « anciens » de Saint-Michel. Ce défilé, tout comme la fête actuelle, seraient l’héritage d’une ancienne coutume du temps des Pères Jésuites. J.-B. Jaccoud souligne qu’à cette époque-là, le Valete était perçu comme source d’abus, en quelque sorte une farce d’étudiants qui « troublait le sommeil des bourgeois », qu’on avait tenté de supprimer à plusieurs reprises, notamment en 1847. Les élèves perpétuèrent pourtant la tradition sans tenir compte des réprimandes et des interdictions. À partir de la fin du XIXe siècle, tous participaient au défilé nocturne agrémenté de chants et de morceaux joués par la Fanfare. Ce cortège, ponctué par un repas jusqu’en 1911, prit la forme d’un véritable spectacle pour les habitants de la ville[7].

Le contenu de la manifestation a donc passablement changé au cours du XXe siècle ; son programme s’est adapté à l’air du temps, mais son caractère festif, pour célébrer la fin de l’année scolaire, est toujours bien présent ! Le nom « Valete » est tout simplement le terme latin signifiant : « Adieu et porte toi bien ». Une autre facette traditionnelle du Valete existe dans la soirée organisée pour les enseignants et le personnel administratif. Ils se réunissent la veille du début des vacances d’été en toute convivialité autour d’un repas auquel les anciens recteurs, proviseurs et professeurs sont également conviés.

Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Saint-Nicolas est le patron de la ville, qui a donné son nom à sa cathédrale. Sa fête, célébrée chaque premier samedi de décembre, est organisée par le collège Saint-Michel[8]. Un de ces étudiants de troisième année est traditionnellement désigné pour incarner le personnage mythique et lire en son nom un discours satirique à une foule de plusieurs milliers de personnes[9].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Recteurs[modifier | modifier le code]

  • Pierre Michel (1582-1888)[2]
  • Jean-Baptiste Jaccoud (1888-1924)
  • Hubert Savoy (1924-1939)
  • Romain Pittet (1939-1952)
  • Edouard Cantin (1952-1971)
  • Abbé André Bise (1971-1983)
  • Michel Corpataux (1983-1989)
  • Jean Baeriswyl (1989-1996)
  • Nicolas Renevey (1996-2004)
  • Jacques de Coulon (2004-2008)
  • Matthias Wider (depuis 2008)

Professeurs notables[modifier | modifier le code]

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Savary, Le Collège Saint-Michel, Neuchâtel, Éditions Victor Attinger,‎ , 137 p.
  • Jean-Baptiste Jaccoud et Fernand Louis Ritter, Notice sur le Collège St-Michel de Fribourg, Fribourg, Imprimerie Saint-Paul,‎ , 221 p.

Associations[modifier | modifier le code]

Le Collège St-Michel compte un certain nombre d'associations diverses:

  • La Fanfare du Collège a succédé à la Musica Militaris fondée par les jésuites (Direction: Pierre-Etienne Sagnol)
  • Le Chœur du Collège: chœur mixte (Direction: Philippe Savoy)
  • La Nuithonia: société d'étudiants, membre de la Société des Étudiants Suisses, francophone
  • La Zähringia: société d'étudiants, membre de la Société des Étudiants Suisses, germanophone
  • Macrocosm: groupe d'aide humanitaire
  • La Troupe de théâtre St-Michel et Ste-Croix: troupe ouverte aux élèves des collèges St-Michel et Ste-Croix

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Présentation », sur csmfr.ch (consulté le 17 février 2016)
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l « L'Historique », sur csmfr.ch (consulté le 17 février 2016)
  3. a, b et c « Fribourg, Collège St-Michel : église et orgue Bihler-Mooser-Kuhn », sur orgues-et-vitraux.ch (consulté le 17 février 2016)
  4. « Directives pour l’examen suisse de maturité » [PDF], sur sbfi.admin.ch,‎ (consulté le 17 février 2016)
  5. « Les Concerts d’Orgue du Collège Saint-Michel de Fribourg », sur orgue-csmfr.ch,‎ (consulté le 17 février 2016)
  6. Jean-Baptiste Jaccoud et Fernand Louis Ritter, Notice sur le Collège St-Michel de Fribourg, Fribourg, Imprimerie Saint-Paul,‎ , 221 p.
  7. « Valete », sur fr.ch.
  8. « La Saint-Nicolas à Fribourg », sur lebendigetraditionen.ch (consulté le 17 février 2016)
  9. « Saint-Nicolas toujours aussi jeune », La Liberté,‎ (lire en ligne)
  10. « Avocats, Me Antoine E. Böhler », sur kaiser-bohler.com (consulté le 11 février 2016)

Lien externe[modifier | modifier le code]