Nestier

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Nestier
Nestier dans le piémont pyrénéen : vue aérienne du village
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Blason de Nestier
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Hautes-Pyrénées
Arrondissement Arrondissement de Bagnères-de-Bigorre
Canton La Vallée de la Barousse
Intercommunalité Communauté de communes du Canton de Saint-Laurent
Maire
Mandat
Bernard Rouède
2014-2020
Code postal 65150
Code commune 65327
Démographie
Population
municipale
160 hab. (2014en diminution de -3.03 % par rapport à 2009)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 03′ 49″ nord, 0° 28′ 51″ est
Altitude Min. 458 m
Max. 604 m
Superficie 4,94 km2
Localisation

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Nestier est une commune française située dans le département des Hautes-Pyrénées et dans la région administrative appelée Occitanie. Sa région historique est la Gascogne.

Ses habitants s'appellent les Nestéens.

Nestier appartient à la communauté de communes de Saint-Laurent-de-Neste et au canton de la Vallée de la Barousse.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Village du piémont pyrénéen, Nestier est situé dans l'est du département des Hautes-Pyrénées (65), dans la basse vallée de la Neste. Il se trouve à une cinquantaine de kilomètres de Lourdes, à proximité et à équidistance des deux villes voisines que sont Lannemezan dans le même département et Montréjeau dans le département voisin (31). Il est aux frontières particulièrement imbriquées de trois pays historiques géographiquement éclatés : Comminges, Quatre-Vallées et Rivière-Verdun[1],[2]. Nestier est situé plus précisément à l'entrée d'un espace naturel appelé Vallon de Bouchère[3]. Celui-ci est composé pour les trois-quarts des terres de Nestier et pour le reste des terres des trois communes voisines qui sont : Bize au sud, Montsérié au sud-ouest et Hautaget à l'ouest.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Nestier et des proches communes.
Communes limitrophes de Nestier
Anères, Saint-Laurent-de-Neste
Hautaget Nestier Montégut
Bize

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

Nestier s'est construit au pied des contreforts de la chaîne pyrénéenne qui s'abaissent naturellement vers la vallée de la Garonne. Il est situé sur les dernières assises qui montent vers le plateau de Lannemezan, sur un dépôt post-albien au contact des dépôts quaternaires de ce plateau[4],[5]. Le village est en bordure de la dépression karstique appelée de Bize, sur un des lambeaux de la terrasse alluviale appelée de La Barthe-de-Neste ou de Montréjeau[6]. Le village est enserré entre deux collines de moyenne altitude : le Mont-Arès (598 m) et le Montsaous (550 m). Le sol est constitué de terres silico-argilo-calcaires riches en apports glaciaires mais également en dépôts alluvionnaires de la Neste.

Hydrogéologie[modifier | modifier le code]

Les terres de Nestier sont de façon typique une manifestation karstique. Un tel système géologique est défini par la présence de lapiaz, de dolines et de cavernes sèches[6],[7]. Le sous-sol est composé de nombreuses cavités auxquelles s'ajoute un réseau hydrique constitué de plusieurs sources et rivières souterraines. Cet ensemble hydrogéologique est décrit dans les divers rapports ou comptes rendus relatifs aux explorations effectuées au cours des deux siècles derniers[8],[9], complétés par des témoignages de villageois[10].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le ruisseau Limacourt[3], encore appelé Pontic[11], coule dans le Vallon de Bouchère et traverse le village entre les deux collines, le Mont-Arès et le Montsaous. Il se jette, à hauteur de Montégut, dans le Merdan (encore écrit Merdans), un deuxième ruisseau au sud-est de Nestier venu de Bize. Ce dernier se jette à son tour dans la Neste vers Aventignan[3]. Un troisième ruisseau villageois, appelé Goulit, venant de Montégut et coulant le long du chemin de Croues dans la direction sud-nord[12], est un affluent du Merdan au débit soutenu lors des épisodes pluvio-orageux. La Neste traverse le territoire de Nestier dans sa partie nord et nord-est. Elle devient parfois un torrent impétueux aux crues dévastatrices à l'exemple de celle du 18 juin 2013. Les crues de 1875 et 1938 sont répertoriées également comme catastrophes majeures pour toute la vallée[8].

Étymologie, toponymie et hydronymie[modifier | modifier le code]

Nestier[modifier | modifier le code]

Nestier signifie qui est sur la Neste, qui est de la Neste[13]. C'est un nom pré-latin contenant l'hydronyme pré-indo-européen (p.i.e) nesta qui signifie flot. Son origine serait aquitanique ou basco-aquitaine. Il possède un suffixe prélatin obscur comme dans Visker, Vier, Allier, Uzer, Viger, etc. Sa prononciation locale avec r final sensible provient d'une ancienne finale en -rr[14]. Nestier serait un mot de la langue primaire essentiellement orale et non écrite parlée sur notre territoire par les premiers hommes appelés non pas Gaulois mais Aquitains.

Nestès[modifier | modifier le code]

C'est le nom de la micro-région historique de la basse vallée de la Neste. La racine du nom est Nesta. Son hydronymie de substrat est : Neste, Nestier, Nistos[15]. D'où certaines confusions : il est écrit parfois pagus de Nestier pour le pagus du Nestès, archiprêtré de Nestier pour l'archiprêtré de Neste (en latin archipresbyteratus Nestezii[16]) ou archiprêtré du Nestès, archidiaconé de Nestier[17],[18] pour l'archidiaconé du Nestès. Il en est de même pour le Cap Nestès écrit parfois Cap Nestier ou Cap Nestes[19]. De même, pour les villages de la basse vallée de la Neste, il serait plus juste de lire Saint-Laurent-de-Nestès au lieu de Saint-Laurent-de-Neste, Saint-Paul-de-Nestès au lieu de Saint-Paul-de-Neste...

Autres appellations historiques[modifier | modifier le code]

Apellations relatives au village de Nestier mais peut-être aussi à la micro-région du Nestès : St Johan Bapt. de Nestierio (archives de Saint-Bertrand-de-Comminges - 1297) ; Nestierrium (cartulaire de Comminges - 1306) ; de Nesterio (arch. Haute-Garonne - 1401) ; Nestès (arch. de La Barthe - 1513) ; Nestiers (cartulaire de Comminges - 1572) ; Nestiez[20] ou Nestiés (registre de notaire - 1593) ; le Nestier[21].

Castéra[modifier | modifier le code]

Ce nom serait apparu au Ve siècle lorsque les Vascons venus d'Espagne ont envahi notre région appelée depuis la Gascogne. Le mot castérar est formé avec le suffixe en ar (latin are) qui veut dire surélévation de terrain, généralement qui a supporté un oppidum pré-latin ou un château-fort ou les deux successivement. Il aurait perdu la lettre finale r pour devenir le mot que nous connaissons toujours aujourd'hui : castéra[22]. Par ailleurs, le mot castéras est le nom donné à des manoirs fermés du XIIIe siècle, destinés surtout à la défense des terres du seigneur local[23], situés dans le Bordelais mais aussi dans les vallées de la Garonne et du Gers. Un nom dérivé castériou désignerait également le site d'un oppidum à l'exemple de celui d'Ozon[24].

Cap de la Bielle[modifier | modifier le code]

Ce nom signifie en gascon extrémité du village, de l'agglomération. Il a connu diverses orthographes : Bièlle ou Bieille sur le plan cadastral de 1831, Cap de la Bielle (en gascon) ou Bout de la Vielle (en français) sur celui de 1937, orthographes reprises aujourd'hui dans certaines cartes IGN. Le mot Bielle serait identique à l'écriture normalisée Viela. Par ailleurs, Vielle est défini dans le dictionnaire comme petite voie, accotement, l'accotement étant le renfort bilatéral d'une route ou d'une voie ferrée[10]. Cette définition peut s'appliquer à cette route ancienne du Cap de la Bielle encore appelée chemin du Carrey (charroi)[25]. Ce nom désigne aussi un des plus vieux quartiers de Nestier construit autour de l'intersection des deux routes de Nestier à Hautaget (actuelle D 526) et de Nestier à Bize, dans le Vallon de Bouchère[4].

Marcadau[modifier | modifier le code]

Signifie place de marché en gascon. Le quartier villageois qui porte ce nom aurait été un modeste lieu d'échange commercial au Moyen Âge situé sur l'itinéraire secondaire de Saint-Jacques de Compostelle. Nestier aurait été, en effet, un village étape pour les pèlerins comme l'attestent les deux pierres jacquaires villageoises[26],[27].

La pierre « jacquaire » datée de 1362 dans l'angle nord-ouest du mur de l'église.

Mont-Arès[modifier | modifier le code]

Arès est le dieu grec de la guerre et de la violence, identifié avec le dieu romain Mars, vénéré au pied de la colline villageoise selon certains auteurs locaux. Ce nom d'origine grecque n'est pas unique dans notre région : Pyrénées aurait pour racine pur, puros qui signifie le feu[28]. Et le nom de la rivière la Neste se rapproche singulièrement du nom du fleuve de Thrace nommé Nestos. Néanmoins, il est imprudent d'affirmer aujourd'hui que les Grecs ont bien séjourné dans notre région dans l'Antiquité. C'est même une thèse invraisemblable aux yeux de certains historiens locaux... Mais le débat reste ouvert.

Bouchère[modifier | modifier le code]

Vient de bouch, nom gascon qui signifie buis. Le Vallon de Bouchère possède en effet de belles forêts de buis, espèce commune (Buxus sempervirens) que l'on trouve dans toute l'Europe continentale et méditerranéenne.

Les Artigues[29][modifier | modifier le code]

Nom gascon très usité au Moyen Âge qui signifie : défrichement, terres défrichées. C'est le nom donné à un des lieux-dits villageois les plus caractéristiques sur la route de Bize. C'est également le nom donné à la section B du plan cadastral.

Laspugue[modifier | modifier le code]

C'est le nom dérivé du toponyme gascon spugue ou spélugue signifiant grotte. À Nestier, le chemin de Laspugue dans le quartier du Cap de la Bielle, devenu un sentier aujourd'hui, conduit à la fontaine sur les berges du ruisseau Limacourt[30]. C'est le lieu d'une source ou résurgence auprès de laquelle a été construit un lavoir communal en 1904 et le dispositif de captage bétonné pour alimenter le village en eau potable en 1932. Ce dispositif a obstrué l'entrée d'une grotte dans laquelle on pouvait remonter aisément, sur une vingtaine de mètres, le cours de la petite rivière souterraine d'origine inconnue alimentant cette résurgence[25].

Histoire locale[modifier | modifier le code]

Cette histoire fait l'objet d'un spectacle théâtral villageois, une fresque historique appelée Nestièr, u vieil vilatje : dé la pet dé la bestie à la camiso à flous (« Nestier, un vieux village : de la peau de bête à la chemise à fleurs »). Elle est composée de neuf tableaux de vingt minutes chacun présentant les neuf périodes de l'histoire locale. Chaque tableau est décliné à son tour en un spectacle historique complet d'une durée de deux heures environ[31].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

En cette période préhistorique du paléolithique moyen (50 000 ans avant notre ère), les terres de Nestier et du Vallon de Bouchère sont fréquentées par les hommes de Néandertal, des nomades qui vivent de la chasse et de la cueillette. Pour ces premiers homo sapiens, le Vallon de Bouchère est un terrain de chasse idéal, une nasse naturelle au fond de laquelle il est facile de prendre au piège les animaux sauvages[24],[32]. Par ailleurs, à l'entrée du vallon, la grotte du Cap de la Bielle offre à ces chasseurs-cueilleurs un abri naturel lors des épisodes climatiques particulièrement rigoureux[4],[33]. Des vestiges de ces hommes néandertaliens sont découverts, dans les années 1960, sur les lieux mêmes de cette grotte villageoise[34].

La voûte rocheuse et la cabane maçonnée dans les années 1960 (photo « musée de l'école de garçons »).

Grotte du Cap de la Bielle[35][modifier | modifier le code]

Elle a été malheureusement détruite en partie dans les années 1950 lors des travaux effectués dans la carrière villageoise, appelée carrière supérieure, aujourd'hui désaffectée. Sa localisation et sa configuration sont précisées dans deux documents de référence[34],[4]. L'Homme de Néandertal a séjourné dans cette caverne[33], certainement un campement de passage selon l'hypothèse basse formulée par certains chercheurs locaux[4]. Après sa destruction, un pan de la voûte qui a pu être préservé a été l'objet de fouilles archéologiques. Cette grotte est aujourd'hui reconnue comme l’un des rares gisements de France à avoir une belle succession stratigraphique renfermant macrofaune ( restes d'élan[36], présence du renne de la période du rissien final[37]), microfaune[38] et industrie lithique du Paléolithique inférieur[24],[39]. L'industrie lithique extraite comprend un total de 86 pièces : 2 chopping-tools, 1 nucléus-disque très plat, 83 éclats. La matière première apparaît donc locale avec ses argiles schisteuses et ses quartzites classiques dont le débitage et l'utilisation restent unique, à ce jour, dans les Pyrénées occidentales[34]. Une étude précise que le site de Nestier peut être intégré dans les gisements de l'Acheuléen méridional à bifaces et hachereaux et que la faune peut être rattaché aux faunes rissiennes encore peu connues malgré tout[40].

Époque gauloise[modifier | modifier le code]

Une première communauté humaine s'est vraisemblablement installée, dès cette époque, dans le Vallon de Bouchère[41],[32]. En 1872, cinq dolmens y sont recensés assez précisément près du mont Ergé[24],[42]. Par ailleurs, une hache en bronze à ailerons terminaux courts (127 mm x 36 mm), encore appelée celt à aile, a été trouvée au début du siècle dernier au Castéra, témoignant de l'occupation humaine de la région à cette période de l'Age de bronze[24],[25]. En 1872, dans le quartier de La Hounte, un villageois découvre des vestiges d'un cimetière gaulois[11]. À noter également la présence de deux tumuli qui barraient le passage de la Neste entre Nestier et Saint-Laurent-de-Neste[32]. Par ailleurs, les terres villageoises seraient un oppidum[43], l'oppidum principal de la peuplade pré-romaine qui vivait dès les premiers temps dans cette contrée[44]. Le site du village serait donc un des plus anciens de la basse vallée de la Neste comme l'écrivent certains auteurs locaux[32].

Le Castéra : vestiges de la motte castrale et du fortin primitif[modifier | modifier le code]

À cette époque-là, une enceinte fortifiée appelée Le Castéra s'avançait sur la vallée de la Neste au débouché du Vallon de Bouchère couvrant ainsi le camp retranché du Mont Ergé situé à trois kilomètres à l'ouest. Sa description et sa localisation sont parfaitement précisées dans certains documents[25]. Selon certains auteurs locaux, ce lieu fortifié allait voir plus tard l’édification d’un des plus vieux manoirs seigneuriaux construit en colombage et en terre pilée dont l'architecture générale est décrite par Viollet-le-Duc dans son ouvrage[23],[45].

Époque gallo-romaine[modifier | modifier le code]

Quelques pierres de l'autel votif aquitano-romain (muret de clôture du parc de l'église).

À cette époque plus justement appelée aquitano-romaine[14], Nestier est rattaché à la capitale régionale Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges). C'est un pagus (erreur toponymique : lire pagus du Nestès très certainement) auquel s'est étendu le culte du dieu Ergé, le dieu protecteur, le principal dieu des populations de la Basse Neste[41],[46]. Dans l'organisation territoriale romaine de la région, les terres de Nestier appartiennent à la Civitas Convenenensium, la Cité des Convènes, qui englobe la haute vallée de la Garonne et la vallée de la Neste. Une ferme aquitano-romaine (villa rustica) est établie sur l'emplacement de l'église actuelle[47].

Voies de communication[46][modifier | modifier le code]

La Ténarèze dans la vallée d'Aure encore appelée Chemin de César, La Peyrigne dans le Val d'Aran ou bien encore La Voie du Sel, premier axe de communication transversal du piémont pyrénéen[24], structurent le territoire. Localement, un chemin relie Nestier à Hèches dans la vallée d'Aure, par les cols de Bouchère et de Mazouau[41]. Des vestiges d'une petite voie pavée sont découverts au début du siècle dernier près de l’église, dans une propriété appartenant au maire, M. Claverie. C'est devenu aujourd’hui le chemin rural qui conduit de Nestier à Bouchère[48].

Époque féodale[modifier | modifier le code]

Croquis de l'église, façade nord, avant sa restauration en 1901[49].

Au XIIIe siècle, les terres de Nestier appartiennent à cette grande province de Guyenne, ancienne Aquitaine, qui englobe par ailleurs la Gascogne. Appartenant à la vicomté de La Barthe-de-Neste, le village est situé dans le Pays des Quatre-Vallées : Magnoac, Aure, Neste et Barousse, encore appelé pays d'Aure par certains auteurs locaux. Il s'agit ici du pays géographique auquel s'appliquent depuis 1300 Les Coutumes instaurées par Bernard de Labarthe et non du pays administratif qui allait voir le jour quelques siècles plus tard sous le nom de Pays d'État des Quatre-Vallées, encore appelé République des Quatre-Vallées. Lors de l'épidémie de la peste noire l'archiprêtré de Nestier (vraisemblablement l'archiprêtré du Nestès ou l'archiprêtré de Neste) est le plus sévèrement atteint[50],[16]. C'est aussi un village étape sur un itinéraire de Saint-Jacques-de-Compostelle[26]. Un château à motte médiéval, Eth Castérot, se dresse sur ce qui est aujourd'hui l'emplacement de l'église, succédant au fortin primitif du Castéra. Cette fortification très modeste contenant l'habitat villageois est composée essentiellement d'une tour-réduit protégée par une enceinte et dépendante de la chapelle qui a donc une fonction proche de celle du donjon[49]. Le clocher actuel, restauré en 1901, aurait été bâti sur les ruines de cette tour ou donjon primitif[25]. Par ailleurs, les terres du Castéra seraient un tumulus datant de cette époque féodale[51]. La famille seigneuriale la plus connue à cette période du Bas Moyen Âge est celle des d'Arcizas.

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Nestier est une seigneurie située aux frontières des Pays d'états des Quatre-Vallées et du Nébouzan et des Pays d'élection du Comminges et de Rivière-Verdun, ce dernier restant l'attache administrative du village. En effet, Nestier est situé dans l'enclave de Saint-Bertrand-de-Comminges qui comprend 17 autres communautés, au sein de la châtellenie de Montréjeau, jugerie de Rivière, une circonscription administrative dont les limites ont été fixées sous Louis XI, au XVe siècle[52],[53]. Le seigneur de Nestier le plus connu est Louis de Cazaux (1684-1754), écuyer cavalcadour de la Grande Ecurie du roi Louis XV[54]. Le château du village (Eth Castet), aujourd'hui centre de vacances, est construit dans la plaine en 1579[43].

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Nestier chef-lieu de canton[modifier | modifier le code]

En décembre 1789, le canton de Nestier est créé. Il appartient au district de la Neste ou des Quatre-Vallées, dont le chef-lieu est La Barthe. Deux ans plus tard, en 1791, il est scindé en deux. C'est ainsi que le canton de Saint-Laurent-de-Neste est créé[55]. Ce découpage géographique tient compte des difficultés de circulation entre les deux rives de la Neste lors des mauvaises conditions météorologiques. En effet, la rivière connaît des crues violentes qui emportent fréquemment les ponts traditionnels en bois sur pilotis. Il est donc décidé qu'il y aurait un canton de part et d'autre de la Neste. Dix ans après, alors que la Constitution de l’an VIII remplace les districts par les arrondissements beaucoup plus vastes, le canton de Saint-Laurent-de-Neste est supprimé.

Transfert du chef-lieu de canton[21][modifier | modifier le code]

Pendant quatre-vingts ans, Nestier est donc chef-lieu de canton, jusqu'au 2 avril 1870 date à laquelle l’empereur Napoléon III ordonne le transfert du chef-lieu de justice de paix à Saint-Laurent-de-Neste. Cette période aura été marquée par une lutte acharnée entre les deux collectivités, faite de batailles juridiques, d'interventions de personnalités influentes au plus haut niveau de l'Etat et de l'engagement de deux personnalités villageoises : M. Dutrey, maire, et l'abbé Béjottes, curé de la paroisse.

Construction du Calvaire du Mont-Arès[modifier | modifier le code]

C'est à cette même période que les villageois construisent le Calvaire du Mont-Arès[56] sous l'impulsion de l'abbé Béjottes, curé de la paroisse.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le Calvaire du Mont-Arès en ruines dans les années 1920.

Après la terrible épreuve de la Grande Guerre, la vie reprend son cours progressivement malgré les traumatismes et les souffrances évoquées régulièrement lors des veillées traditionnelles. Les vingt-sept hommes mobilisés[25], rentrés au village après avoir participé aux combats, pour certains profondément blessés dans leur chair et dans leur âme, pleurent régulièrement autour du feu de cheminée à l'évocation des camarades tués ou disparus[57], dix-neuf Morts pour la France qui auront leurs noms inscrits sur le monument aux morts villageois[25] érigé en 1927. En cette période à nouveau troublée, des progrès sensibles sont malgré tout réalisés  : l'eau courante et l'électricité arrivent dans chaque maison, les premiers postes de radio équipent certains foyers, les lavoirs et les abreuvoirs municipaux facilitent la vie quotidienne.

Fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Calvaire restauré dans les années 1990, inscrit à l'Inventaire des monuments historiques.

Les dernières décennies du XXe siècle voient la démographie villageoise baisser : les fermes disparaissent progressivement alors que certaines maisons se ferment ou se transforment en résidences secondaires. Les années 1960-1970 confirment l'amplification de ce mouvement. Malgré ce phénomène, la communauté villageoise reste forte : les années 1980-1990 verront la reconstruction du Calvaire du Mont-Arès avec ces mêmes élans de générosité et de solidarité qu'avait certainement connus le village un siècle auparavant.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Après la reconstruction du calvaire du Mont-Arès, les années 2000 voient, sur le territoire villageois, la réalisation d'une baignade biologique encore appelée piscine naturelle[58].

Personnalités villageoises[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution : les seigneurs de Nestier[modifier | modifier le code]

Le château « Eth Castet » dans les années 1950.
Plan géométrique de 1821 du château « Eth Castet ».

La seigneurie de Nestier, au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, est des plus classiques. Elle est issue de l'organisation territoriale locale et du régime d'exploitation des terres qui ont prévalu au cours des siècles dans notre région rurale depuis l'époque aquitano-romaine.

La seigneurie de Nestier est à la fois foncière et banale. Les seigneurs de Nestier sont propriétaires des terres, détenant la propriété éminente et exploitant directement celles constituant la réserve. Les tenures sont exploitées, quant à elles, comme propriété utile par les paysans ou les ouvriers agricoles villageois. La gestion et l'entretien de ces tenures sont précisés dans certains documents entreposés dans les Archives départementales[59],[60],[61]. Par ailleurs, les seigneurs de Nestier détiennent le contrôle de la justice haute, moyenne et basse, une marque importante de la seigneurie banale qui concerne essentiellement, peu avant la Révolution, les affaires de voisinage, l'utilisation des chemins ou le bornage des champs.

Famille « d'Arcizas »[modifier | modifier le code]

  • Blanchefleur de Nestier : 1° dame de Nestier à l'époque féodale. Sœur de Guiraud de Nestier. Mariée en premières noces à Géraud de Montsérié. Épouse en 1448 (1440 selon certains auteurs locaux), en seconde noces, Raymond d'Arcizas dont les ancêtres, originaires de la vallée d'Aure, s'étaient illustrés dès le XIe siècle dans les guerres contre les Sarrazins[50],[54]. Une autre version précise qu'il existerait un testament de Raymond Garcie datant de 1503 en faveur de Blanchefleur de Nestier qu'il aurait épousée en 1468[62].
  • Raymond d'Arcizas : écuyer, seigneur d'Arcizas, de Nestier, de Montoussé et autres places. Sa devise : « D'Arcizas, jamais las ! ». Ses ancêtres ont servi au siècle précédent (XIVe) contre l'Anglais sous la bannière d'Arnaud-Guilhem, seigneur de Barbazan-Dessus, allié des comtes de Foix[63]. Par acte du 30 décembre 1450, il acquiert les terres de La Broquerre en Comminges[64]. Marié à Blanchefleur, il a pour fils et successeur : Manaud d’Arcizas[65].
  • Manaud d’Arcizas, écuyer, seigneur d’Arcizas, de Nestier, Montoussé, la Broquerre et autres places. Il aura trois fils : Géraud, Raymond-Garcie et Thibaut. Le premier formera la branche des Seigneurs de Nestier alors que le second formera la branche des seigneurs de La Broquerre[65].
  • Géraud d’Arcizas, écuyer, seigneur de Nestier, Montoussé et autres places, fils de Manaud. Il a pour fils et successeurs : Jean et Géraud. Ce dernier formera la branche des seigneurs de La Batut-d’Estansan[65].
  • Jean d'Arcizas, écuyer, seigneur de Nestier, Montoussé et autres places, fait son testament le 17 mars 1547 par lequel il nomme pour son héritier universel Charles, son fils. Celui-ci étant décédé sans enfant, la branche aînée des seigneurs de Nestier s'éteindra avec lui. Les terres de Nestier, Montoussé et autres places passeront à Catherine d’Arcizas, sa sœur, mariée à Macaire de Saint-Paul[65].
  • Catherine d'Arcizas épouse Macaire de Saint-Paul en 1550[6].

Famille « de Saint Paul »[modifier | modifier le code]

Plaque à la mémoire de François de Saint-Paul, lieutenant-général des armées du Roi, dernier gouverneur du Val d'Aran.
  • Macaire de Saint Paul, seigneur de Nestier et de Bugard en Bigorre, fait bâtir le château « Eth Castet » en 1550. Notable éminent du Pays de Comminges, ce dernier est un des acteurs principaux d'un événement local appelé le dîner de Cuguron[66], une gasconnade relative à un repas officiel où au final chaque invité paye son écot[67]. François Bourthoumieu, son fils, lui succède.
  • François Bourthoumieu de Saint Paul « laissa le renom d’un vaillant homme de guerre[68]». Son fils, François de Saint-Paul, lui succède.
  • François de Saint-Paul[69],[70], seigneur de Nestier et de Bugard en Bigorre. Lieutenant-colonel du Régiment d'Auvergne en 1644. Maréchal de bataille dans l'armée d'Italie en 1645 puis maréchal de camp en 1646[71]. Dernier gouverneur du Val d'Aran en 1648[20],[72],[73],[74],[75]. En 1649, maréchal de camp dans l'armée de Catalogne sous le duc de Mercœur[76]. Lieutenant général des armées du Roi en 1660. Liens de parenté avec les familles d'Agut de Saint-Lary et de Ségure d'Arreau. François de Saint Paul épouse, en 1652, Mlle de Siran dont il a un fils et une fille Magdeleine. Par acte notarié du 31 mai 1653, il acquiert plusieurs immeubles et une rente des habitants de Montoussé[77]. Il meurt en 1698 et est enterré dans l'église de Nestier[78].
  • Magdeleine de Saint Paul épouse en 1676 Hugues de Cazaux, seigneur de Laran. Elle apporte en dot les terres de Bugard et de Nestier dont son mari prend le nom.

Famille « de Cazaux »[modifier | modifier le code]

Louis de Cazaux, seigneur de Nestier.

« Cette noble famille, ancienne et considérée dans le comté de Bigorre, avait acquis par alliance la seigneurie de Nestier dans les Quatre-Vallées, diocèse de Comminges[54] ».

  • Hugues de Cazaux. Seigneur de Laran, marié en 1676 à Magdeleine de Saint Paul, il devient ainsi propriétaire des terres de Nestier. Des quatre enfants qu’ils eurent, deux devinrent célèbres : Jean-François, chef de Brigade, chevalier de Saint-Louis et Louis, grand écuyer royal.
  • Jean-François de Cazaux. Né le 20 avril 1677, mort le 3 janvier 1744 au château de Nestier[78]. Page dans la Grande Ecurie du roi Louis XV en 1699, lieutenant de cavalerie dans le régiment du prince Charles, capitaine et major en 1711, lieutenant-colonel en 1719, chef de brigade de la Compagnie de Villeroy[79], général de brigade et chevalier de Saint-Louis en 1736. Il fait ses preuves de noblesse devant les Capitouls le 7 avril 1689 et devant M. le Pelletier, intendant de Montauban, le 28 janvier 1700. Il dénombre ses fiefs de Nestier, Montoussé, Bugard, et autres places.
  • Louis de Cazaux (né à en 1684 - mort à Versailles en 1754). Page de la Grande Écurie, nommé écuyer cavalcadour le 20 mars 1727. Écuyer ordinaire par provision le 12 décembre de la même année[62]. En 1734, il est capitaine des chasses du roi. Il se trouve à la tête, par ancienneté et par mérite, des écuyers ordinaires. Louis XV le nomme alors son Premier écuyer cavalcadour. Capitaine du haras du roi par provision du 10 mai 1742, il devient titulaire de la charge le 1° mai 1753. Le 3 janvier 1744, Louis de Cazaux perd son frère Jean-François qui lui laisse les terres et la seigneurie de Nestier. Les charges de cette succession et les dépenses de la campagne de 1745, terminée par la bataille de Fontenoy, l'obligent à faire des sacrifices. Résolu à rester à Versailles, il fait vendre le mobilier du château de Nestier aux enchères le 5 octobre 1745. Le 30 avril 1753, Louis de Cazaux vend la seigneurie de Nestier à M. de Lassus avec tous ses droits, justice haute, moyenne et basse[80],[81]. Louis de Cazaux figure dans un tableau d'Oudry : « Une chasse de cerf »[82]. Pendant longtemps, la position académique s'est, pour ainsi dire, incarnée dans la personne de Nestier et l'expression C'est un Nestier caractérisait cette allure du cavalier sur sa monture[83],[84],[85]. Par ailleurs, dans le tableau de Delarue[86], gravé en 1753 par Jean Daullé, la botte que porte Nestier va s'élargissant du haut et emboîte complètement le genou. Elle est toute différente de la botte molle adoptée depuis au manège de Versailles. Elle porte le nom de « botte à la Nestier[87]». De plus, on a appelé « mors à la Nestier[88]», ou encore « mors à tire-bouchon », un mors à branches très courtes et à embouchure brisée avec canons droits, dits canons simples. Nestier avait substitué ce mors, qui est très doux, aux mors jusqu'alors en usage[89],[90],[91],[92].

Les seigneurs de Nestier sont inhumés dans la chapelle du château moyenâgeux devenue l'église paroissiale aujourd'hui. Il en est ainsi de François de Saint-Paul mort en 1698 et enterré dans l'église de Nestier, de Madame de Saint-Paul ensevelie en 1744 dans l’église paroissiale, de Jean-François de Cazaux enseveli également dans l'église sépulture de ses ancêtres[78],[93].

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

  • Marc de Lassus-Nestier (1745 - guillotiné en 1794)[64] : baron de La Barthe-de-Neste, Conseiller au Parlement de Toulouse, petit-fils de Marc-François de Lassus-Camon (1692 - 1780) appelé le Grand Lassus[62]. Il a pris le nom de Nestier après avoir hérité de la seigneurie de Louis de Cazaux, achetée par son père Pierre de Lassus. A écrit la biographie de Louis de Cazaux[54].
  • Jean-Pierre Refouil. Né à Nestier en 1761. Député en 1789 à l'assemblée baillagère de Verdun-sur-Garonne. Premier maire de Nestier en 1791. Élu juge de paix le 15 décembre 1791. Administrateur du district de la Neste en 1792. Capitaine d'une compagnie du bataillon de la Neste lors de la levée en masse en 1793. Nommé au nouveau Directoire de la Neste en 1794[94].
  • Les frères Portes : le poète Jules Portes inscrit dans la mouvance du félibrige gascon, et le médecin maire de Nestier alors chef-lieu de canton, créateur d'un établissement d'enseignement privé au village appelé l'institution Portes comptant un pensionnat primaire et secondaire.
  • Le maire Dutrey et l'abbé Béjottes : les 2 acteurs principaux dans l'Affaire du transfert du chef-lieu de canton de Nestier à Saint-Laurent-de-Neste et dans la construction du Calvaire du Mont-Arès (années 1860 - 1870). Pour son engagement personnel, en particulier dans l'affaire du transfert du chef-lieu de canton[21], l'abbé Béjottes sera sanctionné par sa hiérarchie provoquant dans la communauté villageoise une manifestation de soutien au curé de la paroisse appelée le schisme de Nestier[95].
  • Monsieur Antoine Claverie. Sous son mandat de maire : restauration de l'église paroissiale en 1901, construction des écoles de filles et de garçons en 1903, délocalisation et aménagement du nouveau cimetière dans le quartier de La Hounte.
  • Monsieur Barrère, instituteur, auteur de la monographie villageoise de 1887.
  • Monsieur Bazerque : militaire à la retraite, secrétaire de mairie, bienfaiteur du village par ses actions d'amélioration de la vie quotidienne de la communauté villageoise dans la période de l'Entre-deux-guerres : création et aménagement de lavoirs municipaux, installation de l'horloge communale aux armes de Nestier, aménagement du square de l'église et encastrement des pierres romaines dans le muret qui l'entoure, aménagements de confort dans la salle de classe (poêle, rideaux, etc.) avec la création du musée scolaire.
  • Monsieur Auguste Refouil, né en 1887 à Nestier, notaire et maire, a doté le village de sa première installation d'eau courante en 1927, réalisée définitivement en 1932. Poète gascon[96] et écrivain, il est l'auteur d'intéressantes variétés littéraires publiées dans Le Temps.
  • Madame Bize : institutrice, auteure de la Monographie de Nestier : cahier destiné à l'école de Nestier (1942 - 1949).
  • Monsieur Raymond Misson, né à Nestier en 1924, médecin des armées, auteur d'un document exceptionnel : Les témoignages de Raymond Misson, avec le concours de ses amis villageois ou la vie quotidienne à Nestier dans l'Entre-deux-guerres.
  • Madame Hélène Castéran, professeur de collège et maire de Nestier de 1989 à 2008, a mené à bien au cours de ses trois mandats, avec l'aide des acteurs territoriaux et associatifs, la restauration du Calvaire du Mont-Arès, œuvre majeure pour le village débutée en 1984 sous le mandat d'Alfred Claverie (maire de 1971 à 1989) et achevée en 2000 avec l'inauguration de la chapelle haute.

Poètes villageois au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • André Bouéry[97],[98] : poète gascon. Appelé aussi Moussu Andrè. Auteur des Cansous det campané d'Aspetch (« Chansons du sonneur d'Aspet »). Né à Luchon le 11 février 1821. Marié à Mlle Refouil, villageoise nestéenne. Décédé à Pamiers le 9 avril 1879. Inhumé à Nestier le 12 avril 1879 dans le « vieux » cimetière près de l'église. En 1943, cérémonie officielle sur la tombe du poète dans le cimetière actuel, quartier de La Hounte, avec la pose de la dalle du souvenir reproduisant une strophe de la cansoun Mai de Diu, à l'initiative de l'Escolo deras Pirenéos. Le 10 août 2013, pose d'une plaque mémorielle à l'initiative de l'association Catherine de Coarraze d'Aspet, au cours d'une cérémonie officielle présidée par M. Raymond Castéran, maire de Nestier.
  • Jules Portes[99],[100]. Né à Nestier en 1823 - mort à Haïti en 1875. Professeur éminent. Dirigea une institution française (un lycée) à Haïti. Il publia en 1857 l'Athènes des Pyrénées et ses Fablos caousidos de La Fountaino, libromens traduitos en patouès pyrénéen.
  • Abbé Léopold-Louis Dupuy-Peyou[101]. Né à Nestier le 20 août 1847. Pseudonyme : Léoïs de la Neste. Chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, membre d'honneur et lauréat de plusieurs académies et sociétés savantes de France et de l'étranger. Grand voyageur. Auteur des Léoïsiades, ou mon journal de poète... (1880)[102]. Œuvres à caractère religieux ou purement descriptif. Exemples : En Palestine, Un bazar à Jérusalem.
Plaque commémorant la naissance de Jules Portes.
La maison natale de Léopold-Louis Dupuy-Peyou, place de la Carraou, au début du XXe siècle

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des maires de Nestier.

Habitat villageois[modifier | modifier le code]

Le village bâti est construit sur un promontoire au pied de la colline du Mont-Arès. Il est articulé en plusieurs quartiers ou lieux-dits desservis par un ensemble de rues et de chemins convergeant vers des petites places ou placettes délimitées essentiellement par des carrefours typiques.

Quartiers et lieux-dits[modifier | modifier le code]

Ils portent des noms gascons : les Cazalères, le Cap de la Bielle, le Marcadau, la Corne, la Hounte, la Rode, la Lière, l’Espérou, la Bouzigue det Borgne, le Tuyaga, Les Artigues, le Massey, les Escarrères, Croues, Saumayou, etc.

Quartier de l'Ormeau : un site particulier[modifier | modifier le code]

L'orme villageois au début du XXe siècle

Autrefois un orme trônait en son centre, au carrefour des trois rues villageoises : La Carraou, la rue de La Croix de Figur et la rue de l'Ormeau. L'Ormeau était un lieu de rassemblement où se prenaient certaines décisions importantes pour la vie de la communauté, bien avant la Révolution[103]. C’est encore au pied de cet arbre, sans doute, que le poète et félibre gascon André Bouéry, lorsqu'il n'était pas à Aspet son village d'enfance, venait chercher son inspiration alors qu’il était marié à une villageoise, Mlle Refouil. Un de ses poèmes intitulé Sous l’Ormeau ferait référence à l’arbre villageois[25]. Le vieil orme a été abattu dans les années 1980 pour des raisons de sécurité. On a planté à sa place un catalpa, essence d'Amérique du Nord. Mais le nom est resté : on parle toujours de l’Ormeau pour désigner ce lieu caractéristique et le quartier villageois dans lequel il se situe.

Rues et chemins[modifier | modifier le code]

La rue de l'Ormeau appelée aujourd'hui rue de la Placette. À l'arrière-plan, le catalpa.

Ils portent également des noms anciens : le Carrerot, le Carrelot, la Carraou (aujourd'hui rue de la Placette), le chemin du Carrey, la rue de la Croix de Figur (encore appelée, au début du XXe siècle, la rue des Intellectuels[57] où résidaient les notables villageois : fonctionnaires retraités, médecin, prêtre...), le chemin de Cucarrat, le chemin de Garole, le Courrédou dé Guillamas, le chemin de Laspugue, le chemin de Pey de Guille encore appelé aujourd'hui le chemin du Bié, la rue de Chicou, la rue du Cap de la Bielle, le chemin du Marcadau, le chemin du Tuyaga, la Coste dé la Hounte, le chemin de Bordes, le chemin des Escassies, le Bédicha, la rue de la Placette aujourd'hui composée de la Carraou et de la rue de l'Ormeau encore appelée autrefois Avenue de l'Ormeau. Les carrefours de rues étaient des lieux de rassemblement joyeux et festifs souvent mais aussi des lieux de prières et de recueillement parfois, matérialisés par des arbres ou des croix en fer ou en pierre appelées croix de mission[10].

Maisons[modifier | modifier le code]

Nestier compte une centaine de maisons, la plupart datant du XIXe siècle. En 1799, on en comptait déjà 68 ainsi répertoriées : « 30 maisons n'ont qu'une fenêtre ; 15 maisons ont 2 fenêtres ; 23 maisons n'ont pas de fenêtres ; on dénombre 12 portes-charretières ». Ce sont des constructions typiques aux toits de tuile. Les bâtiments principaux enserrent une cour intérieure fermée par un portail en bois massif : eth pourtau abrité sous un porche. La maison porte un nom complété souvent par un sobriquet. Une tradition gasconne veut que l'on désigne une personne du village par le nom de la maison (en so dé ...) et non par son patronyme. C'est avant tout une manière de résoudre les difficultés d'homonymie car on s’appelle souvent Abadie, Boué, Cazes… ou Castéran[3],[103]. Les sobriquets des quelque 80 maisons les plus anciennes du village ont été mémorisés en 2002[30].

Quelques maisons typiques[modifier | modifier le code]

Au XVIIIe siècle : la demeure de Denys Refouil, intendant et héritier de Louis de Cazaux, dernier seigneur de Nestier, était le bâtiment actuel appelé École de Filles. La porte d'entrée principale orientée au sud, côté cour intérieure, encore en place aujourd'hui, date de cette époque. Quant à la maison Fourquet, elle a d'abord été la mairie puis une forge où furent refondues les cloches de l'église et forgée l'ancienne horloge en place sur le clocher avant sa restauration en 1901[3]. Par ailleurs, à la ferme Bize Peypoc, le linteau de la porte de l'étable est constitué d'une pierre jacquaire datée de 1367. La maison Fourquet Guillamas est datée de 1784, la maison natale du poète Dupuy-Peyou : 1788, l'institution Portes (collège privé) : 1785. Cette dernière maison a été le cadre, dans les années 1850, d'une gasconnade magistrale appelée Les dindes de chez Portes[8], un thanksgiving revisité façon nestéenne. Les autres maisons villageoises, parmi les plus anciennes, sont construites sous le Premier Empire et portent des dates s'échelonnant de 1800 à 1830. Quatre maisons traditionnelles de la période de l'Entre-deux-guerres, présentées dans le document de M. Raymond Misson[10], sont le décor de la vie quotidienne au village dans les années 1930 : deux fermes en so dé Guillamas et en so dé Caouchirou, une maison classique en so dé Forment et une maison typique en so dé Maubet.

Édifices publics[modifier | modifier le code]

Mairie[modifier | modifier le code]

Construite en 1832 sous le mandat du Dr Portes, maire de Nestier, le village étant alors chef-lieu de canton. La salle officielle est à la fois le siège du tribunal de justice de paix (1832-1870), le lieu de réunion du Conseil municipal (jusqu'en 2010) et aujourd'hui encore le lieu de cérémonies civiles (mariages, parrainages républicains).

La mairie aujourd'hui.
La barrière du tribunal de justice de paix (1850).

Écoles[modifier | modifier le code]

La première salle de classe publique du village est aménagée à l'étage de la mairie, dès sa construction en 1832, dans la pièce voisine de la salle officielle. Par ailleurs, une école de filles est établie en 1847. Une institution privée appelée Institution Portes, regroupant une école maternelle[104] et un établissement d'enseignement primaire et secondaire, est créée en 1850 par les frères Portes (le maire-médecin et le poète-professeur, aidés par leurs oncles) dans l'établissement appelé Couvent, dans le quartier de l'Ormeau. Un règlement intérieur, appelé prospectus, précise l'organisation du pensionnat[25] qui accueille des élèves du canton, l'un d'entre-eux étant par ailleurs l'acteur d'un fait divers croustillant appelé tentative de saut en parachute[8]. Deux décennies plus tard, cet établissement deviendra une annexe du couvent de Cantaous[10]. L'institution Portes fermera définitivement en 1903[105], l'école maternelle étant malgré tout maintenue. En 1903 encore, sont créées les écoles publiques de filles et de garçons dans le bâtiment face à la mairie, sous le mandat de M. Claverie, maire[106]. C'est en 1924 que les écoles publiques de filles et de garçons fusionneront. L'école communale mixte se situera désormais dans le bâtiment appelé École de Garçons jusqu'à sa fermeture définitive en 1982.

Église paroissiale[modifier | modifier le code]

L'église en 1900, avant restauration.

L'édifice actuel est réaménagé en 1901[107]. Sa première restauration connue date de 1791. Il serait construit sur l'emplacement d'une ferme « aquitano-romaine » (villa rustica)[47] et sur les lieux d'un autel votif dédié à Ergé, divinité locale[41],[46]. Un fragment de cet autel votif signalé comme provenant de Nestier est conservé au musée de Saint-Bertrand-de-Comminges[108]. Cet endroit aurait vu également l'édification de la chapelle moyenâgeuse du château Eth Castérot, devenue la sépulture des derniers seigneurs de Nestier[25],[78]. La tour ou le donjon, dominant et protégeant le village[49], serait devenu le clocher de l'église paroissiale après les diverses restaurations connues. Au siècle dernier, le dimanche 27 août 1961, le baptême de trois vitraux et d'une cloche marque l'histoire et les traditions chrétiennes de la communauté villageoise[109].

L'église après les travaux de restauration et le vieux cimetière en-dessous, au début du XXe siècle

Cimetière[modifier | modifier le code]

Le vieux cimetière qui jouxte l'église a été désaffecté à la fin du XIXe siècle[110]. Il reste à ce jour un lieu de mémoire contenant encore des sépultures bien visibles et des pierres tombales dispersées. Le nouveau cimetière, édifié et agrandi simultanément au début du XXe siècle, se trouve dans le quartier de La Hounte.

Monument aux morts[modifier | modifier le code]

Edifié en 1927. Sculpture remarquable du Poilu souriant. Sont inscrits les noms des héros villageois tombés au champ d'honneur au cours des trois conflits : La Grande Guerre: 19 tués ou disparus, la Seconde Guerre mondiale : 2 disparus dans les camps de la mort et la guerre d'Indochine : 2 morts.

Calvaire du Mont-Arès[modifier | modifier le code]

Édifié dans les années 1860-1870. Laissé à l'abandon dans l'Entre-deux-guerres. Restauré dans les années 1980-1990. Inscrit à l'Inventaire Complémentaire des Monuments Historiques.

Lavoirs et abreuvoirs[10][modifier | modifier le code]

Le lavoir de « la Hounte ».

Les lavoirs étaient autrefois au nombre de 4 : 2 dans le quartier du Cap de la Bielle (le premier au bord du ruisseau Limacourt, le second sur la départementale au carrefour des routes de Bouchère et Hautaget, couplé à un abreuvoir), 1 à proximité du bâtiment École de Filles (couplé à un abreuvoir), 1 dans le quartier de la Hounte à proximité du cimetière. Aujourd'hui, ce dernier, alimenté par une source d'eau naturelle, est le seul à être encore dans sa configuration originale. Les abreuvoirs étaient au nombre de 5, juxtaposés pour la plupart à un lavoir. Aujourd'hui, pour des raisons de sécurité, ils ne sont plus alimentés en eau. Ils sont devenus de grandes vasques fleuries.

Moulin[modifier | modifier le code]

Dans l'Ancien Régime, le moulin banal était la propriété des seigneurs de Nestier [111],[112]. Il était situé au lieu-dit Comarolles selon certains auteurs locaux, sur le petit canal latéral de la Neste qui rejoignait la rivière près du pont de Saint-Laurent-de-Neste et dont la prise d'eau se trouvait au lieu-dit Capon. Appelé Moulin de M. Camon, sa localisation est précisée dans le plan cadastral de 1831[113]. Au XIXe siècle, ce vieux moulin désaffecté serait devenu, grâce à une installation rudimentaire, une source d'énergie électrique pour la briqueterie de Saint-Laurent-de-Neste incendiée peu après. Il aurait servi également, dans la même période, à l'alimentation électrique du village[7]. Aujourd'hui, le bâtiment appelé Moulin de Nestier est situé sur la départementale 75 face à la baignade biologique. Il bénéficie d'une alimentation en eau grâce à un autre canal de dérivation de la Neste. Sa construction date certainement du XIXe siècle. Il a été en fonction jusque dans les années 1950.

Habitat historique seigneurial[modifier | modifier le code]

Nestier a eu trois châteaux différents selon les époques : le château primitif le Castéra, le château du Moyen Âge ou château fort sur motte appelé Eth Castérot et le château moderne Eth Castet[45]. Ce dernier est construit dans la plaine en 1579 au-dessous du monticule appelé encore de nos jours le Castéra[54]. Constitué d'une sobre façade cantonnée de deux pavillons, il appartiendra successivement aux « de Saint Paul » puis aux « de Cazaux » et à partir de 1753 aux « de Lassus »[43]. Il sera en particulier le cadre de réceptions remarquables organisées par les « de Cazaux » dans la grande salle du premier étage décorée de six belles tapisseries de Flandre données par le cardinal Mazarin à François de Saint Paul.

Coutumes et usages villageois[modifier | modifier le code]

Traditions[modifier | modifier le code]

  • la Barricade[114],[57]
    La barricade au début du XXe siècle
    . C'était une des plus vieilles traditions villageoises, la première édition datant officiellement de 1870. Elle se déroulait tous les ans, dans la nuit du samedi au dimanche précédant Carnaval. Son origine est mal connue et contestée. Certains croyaient en une origine révolutionnaire (révolution de 1848). D'autres y voyaient tout simplement les amusements carnavalesques d'une jeunesse villageoise aimant faire la fête, avec malice et provocation. Cette barricade consistait en un amoncellement, sur la Placette, d'engins, outils et accessoires agricoles récupérés de nuit dans les cours de fermes à l'insu des propriétaires. Elle pouvait atteindre plusieurs mètres de haut, avoisinant la toiture des bâtiments qui la délimitaient : l'Ecole de Filles d'un côté et la mairie de l'autre, barrant ainsi la route départementale. La dernière édition a eu lieu en 1969. Quelques anecdotes en marge de la Barricade : Nuit agitée pour Tite dé Cartéry, Chez Noguès, Le char de Barrège[3].
  • le charivari[115],[116],[117]: sérénade extrêmement bruyante et animée donnée par les jeunes du village avec des instruments hétéroclites à l'adresse des couples en instance de remariage (veufs ou veuves) ou mariages de « vieux » garçons ou « vieilles » filles. Début des « réjouissances » : 15 jours au moins avant la célébration religieuse, l'activité musicale ayant lieu de nuit, tout le village étant tenu ainsi en éveil. Fin des concerts cacophoniques : dès que les jeunes gens avaient obtenu de la part des couples concernés les ingrédients nécessaires à une fête improvisée et spontanée : argent et/ou boissons. Quelques charivaris entrés dans la légende villageoise : Le charivari d'Anna de Verdale, Le charivari Castex[3], Un souvenir mal arrosé[10].
  • la crécelle ou parabaste. Jusque dans les années 1950, le clocher de l'église abritait une crécelle de taille impressionnante. Cet accessoire était destiné à remplacer les cloches pendant la semaine sainte. Ces dernières, en effet, restaient muettes pendant le Triduum pascal. Trois jours durant lesquels, selon la légende locale, elles se rendaient à Rome par la voie des airs pour une bénédiction papale. Pour annoncer les offices religieux, la sonnerie des cloches était donc remplacée par le bruit insolite de cette crécelle ou parabaste actionnée avec force par le carillonneur. Celui-ci n'était autre que le garde-champêtre communal qui cumulait également la fonction de tambourineur public. La prestation de trois jours terminée, le carillonneur entreprenait le tour des maisons pour obtenir l'aumône pascale traditionnelle, essentiellement des œufs ou quelques pourboires. Cette démarche portait un nom gascon : la ouéouade det campané (« la quête des œufs du carillonneur »).
  • l'espéroucade ou la despélouquéro, encore appelée l'effeuillage du maïs. Au siècle dernier, avant l'apparition de machines agricoles automatisées, la récolte du maïs se faisait manuellement. Les épis ainsi ramassés s'amoncelaient dans un tombereau tiré dans le champ par une paire de vaches, l'attelage traditionnel pour ce genre d'activité. Le tombereau chargé était alors conduit devant la porte d'entrée ou une fenêtre de la maison d'habitation. La cargaison était aussitôt déposée à même le sol de la grande pièce de vie qui servait à la fois de cuisine et de salle à manger. Le soir venu, la séquence d'effeuillage pouvait alors commencer. Chaque épi se trouvait mis à nu, laissant apparaître les grains gonflés d'humidité. Quelques feuilles échappaient volontairement aux mains expertes pour réaliser la mise en cordes qui allait assurer un séchage rapide et efficace des épis ainsi rassemblés. En quelques minutes, le sol se trouvait jonché de fanes, faisant la joie des enfants qui trouvaient là un terrain de jeu improvisé. Cette activité automnale était l'occasion encore une fois de rassembler les propriétaires des lieux et les proches voisins pour partager ces moments si particuliers d'entraide et de convivialité au cours d'une veillée un peu plus animée que d'habitude.
  • la batère
    La « batère » ou le dépiquage dans les années 1960
    .
  • la lévite[118]. Au XIXe siècle, la halle de la mairie abritait une redingote, ou lévite, symbole d'une bourgeoisie locale aisée et respectable. Elle était accrochée à un clou de manière ostentatoire, laissée à la disposition des villageois. Ceux-ci l'endossaient à tour de rôle et se déplaçaient ainsi vêtus dans les rues du village, en particulier lorsqu'une personnalité extérieure venait à Nestier. Il s'agissait de montrer ainsi à l'étranger qu'il était accueilli dans une communauté respectable, consciente de son influence auprès des notables locaux, en particulier pendant ces quatre-vingts années du XIXe siècle relatives à l'Affaire du transfert du chef-lieu de canton de Nestier à Saint-Laurent-de-Neste. Cette tradition a laissé dans l'histoire locale un nom particulier donné aux villageois : Es Lévitaïres (« les porteurs de lévite »).

Fêtes profanes et religieuses[modifier | modifier le code]

  • La Saint-Jean[119]. Jusqu'au début du XXe siècle, cette fête est célébrée le 24 juin. Elle honore le patron de la paroisse : Saint Jean-Baptiste[8]. Elle est organisée autour de trois activités majeures que sont le feu, les offices religieux et le bal populaire. Le 23 juin au soir, le feu est allumé au sommet du Mont-Arès en un endroit appelé Cassé det hart ou chêne de la hart, certainement un lieu d'exécutions par pendaison sous l'Ancien Régime, éharter en gascon signifiant étrangler avec des liens d'osier[30]. Dans les années 1860, dès la construction de la chapelle haute du Calvaire, les festivités autour du feu se déroulent devant cet édifice dans lequel a lieu un premier office religieux accompagné de la bénédiction du bûcher à la nuit tombante[120]. Le lendemain 24 juin, la messe est célébrée dans l'église paroissiale. Peu après la construction de la mairie en 1830, le bal qui avait lieu jusque-là sur la butte du Castéra[57] se déroule sous la halle communale en deux temps : en fin d'après-midi d'abord puis en soirée et tard dans la nuit ensuite. La Placette devient ainsi le point central des festivités avec ses cafés villageois (de trois à cinq selon les époques) et de nombreux stands de forains dressés pour l'occasion. Le bal est précédé dans l'après-midi d'une aubade donnée par les musiciens accompagnés des conscrits organisateurs de la fête devant chaque maison, avec parfois une invitation à lever le verre de l'amitié autour de la table familiale. L'occasion aussi de goûter les fameux gâteaux de Saint-Jean[8], des galettes cuites au feu de bois dans les fours traditionnels que compte la plupart des maisons de Nestier. À partir des années 1950, la fête locale est célébrée le deuxième week-end de juillet. Elle l'est encore aujourd'hui. Mais le feu et les aubades n'ont plus lieu. Les cafés ont fermé. Les stands de forains ont disparu.
  • La Fête-Dieu[10],[121]. Jusque dans les années 1950, cette cérémonie religieuse parfaitement ordonnancée, appelée aussi Fête du Saint-Sacrement, a lieu au mois de juin dans les rues du village au cours de deux dimanches consécutifs. Elle est conduite par le prêtre présentant l’Eucharistie dans un ostensoir, abrité sous un dais porté par quatre paroissiens. Cette cérémonie se déroule en quatre étapes marquées chacune par un arrêt devant un reposoir situé sur une petite place ou carrefour de rues : le carrefour de l'Ormeau, le carrefour du Platane où était érigée autrefois la Croix de Figur, la Placette où se trouvait une croix de mission avant la construction de la mairie en 1832 et le quartier du Cap de la Bielle dans lequel se dresse une autre croix de mission datée de 1870.
  • les Rogations[10]. Ce terme désigne une cérémonie religieuse qui a pour objet de demander à Dieu un climat favorable et une protection contre les calamités. Elle se concrétise par une bénédiction de la terre, des champs et des instruments de travail. À Nestier, les Rogations ont lieu chaque dimanche du mois de mai. La procession se dirige vers un des quatre quartiers champêtres, en périphérie, pour la bénédiction des champs et des prairies : le Cap de la Bielle pour les terres des Escarrères et de l'Espérou, le quartier de la Corne pour celles de la Rode, du Tuyaga, du Bignau et des Esplats, le quartier de la Hounte pour celles de la Lière, des Cazalères et du Capon, et le Bédicha pour celles du Camon, de l'Aubers et des Escassies. Comme la Fête-Dieu, cette cérémonie est parfaitement ordonnancée.
  • Le jubilé de Saint-Bertrand-de-Comminges[10]. C'est une cérémonie religieuse qui a lieu tous les sept ans et qui se déroule pendant trois jours, en l'honneur de Saint-Bertrand. Avant l'emploi généralisé de l'automobile, les villageois endimanchés se déplacent vers le bourg dans un char fleuri tiré par des vaches, profitant de ces moments particuliers, sur une quinzaine de kilomètres, pour répéter les cantiques qui seront chantés lors de la cérémonie dans la cathédrale et qui feront la réputation du groupe villageois : Es cantaïres dé Nestièr (« Les chanteurs de Nestier »).
  • la fête du cochon. Elle est encore appelée pélère en gascon, tuaille ou bien pèle-porc ou encore tue-cochon dans le langage local. Cet événement majeur dans la vie de la ferme a lieu en hiver pour une meilleure conservation des abats, au cours de deux ou trois journées parfaitement ordonnancées. Le premier jour, c'est la mise à mort de l'animal à laquelle participent les hommes, parmi lesquels le saigneur qui a un rôle essentiel dans la manipulation du couteau, arme fatale qui va trancher la carotide de la pauvre bête. Celle-ci, vidée de son sang qui servira à la confection du boudin, est ensuite lavée et rasée dans l'eau bouillante. L'éviscération qui suit permettra aux femmes, quelques heures plus tard en fin de matinée, d'aller laver les entrailles à la fontaine la plus proche. Le repas de midi réunira tous les acteurs pour un moment festif et joyeux qui prendra fin dans la soirée, avant la veillée traditionnelle au cours de laquelle sera cuisiné le boudin accompagné du plat de semoule farineuse appelé pastet en gascon. Les deux jours suivants, le dépeçage et le désossage de l'animal seront effectués par les hommes alors que les femmes élaboreront les produits de charcuterie : pâtés, jambons, saucisses et saucissons qui seront consommés tout au long de l'année.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à un cygne d'argent nageant sur une rivière du même, ondée de quatre filets du champ.
  • En 1440, Blanchefleur, héritière de la maison de Nestier, épouse Raymond d'Arcizas dont les ancêtres, originaires de la vallée d'Aure, s'étaient illustrés dès le XIe siècle dans les guerres contre les Sarrazins. Ses armes portent un merle blanc sur champ d'azur[25].
  • La maison d'Arcizas est une des plus anciennes et des plus distinguées parmi la noblesse du comté de Bigorre. On trouve dans un Manuscrit de l'Histoire des Vallées d'Aure, qu'un seigneur d'Arcizas, « étant au service d'un roi d'Aragon contre les Maures, avait proposé une entreprise extrêmement difficile et périlleuse, que le roi, la regardant impossible, lui promit un merle blanc s'il parvenait à l'exécuter, et qu'ayant effectivement réussi, il prit pour arme : un merle blanc sur un champ d'azur[65] ». Ces armoiries ornaient-elles déjà les boucliers des guerriers de Nestier enrôlés sous la bannière d’Arnaud Guilhem de Barbazan au début du XIVe siècle ? « Dans un titre qui est dans les Chartes du Roi, à Pau, intitulé : la Montre des Alliés et Confédérés des comtes de Foix, en 1338, les seigneurs de Barbazan, d’Asté, de Villepinte, de Nestier, d’Argelès, de Lansac, de Luppé, etc. servaient sous la bannière d’Arnaud Guilhem, seigneur de Barbazan[65] ».
  • Les armoiries des Cazaux de Nestier (ndlr : descendants des d'Arcizas), en 1646, étaient d'azur, à quatre pointes, de giron d'or, mouvante du bas de l'écu, à une divine ondée d'argent sommée d'un cygne de même[122].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

maires de la Commune
Période Identité Étiquette Qualité
2014   Bernard Rouède   Maire
2008 2014 Raymond Casteran   Maire
1989 2008 Hélène Casteran   Maire
1971 1989 Alfred Claverie   Maire
1945 1971 Léonard Morère   Maire
Les données manquantes sont à compléter.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Nestier appartient à la communauté de communes du canton de Saint-Laurent-de-Neste créée en janvier 2007 et qui réunit 18 communes.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[123]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[124],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 160 habitants, en diminution de -3,03 % par rapport à 2009 (Hautes-Pyrénées : -0,31 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
410 453 464 462 561 601 639 648 599
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
563 579 579 526 513 542 530 437 543
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
509 446 327 260 270 269 247 208 178
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
186 228 189 180 196 165 171 161 160
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[125] puis Insee à partir de 2006[126].)
Histogramme de l'évolution démographique

Vie sociale et économique villageoise au cours des siècles derniers[modifier | modifier le code]

  • En 1851, le village compte 563 habitants ainsi dénombrés : 93 hommes mariés, 93 femmes mariées, 160 garçons, 182 filles, 9 veufs, 26 veuves.
  • En 1883, le village compte 542 habitants dont un juge de paix (Reulet), un notaire (Serris), un huissier (Boué fils), un percepteur (Junca), un architecte (Bazerque), un vétérinaire (Foix), un médecin (Forment), deux meuniers (Davant - Verdier), trois modistes (Boé Jacquette - Castéran - Marcousi). Il compte également deux boutiques de chaussures en gros (Castéran Jacques - Claverie Alexis), une fabrique de chaux (Bize), deux épiceries (Pujolle - Péré), trois hôtels (Pujolle : l'Hôtel des Voyageurs chez Clémentine Pujolle[1] - Sajous - Verdier), quatre fabriques de meubles (Cartéry - Cozes - Dutrey - Rème), une fabrique de sabots (Cazes), deux scieries mécaniques (Artigue - Verdalle Julien), six fabriques de tricots à métiers (Barège - Bize - Boé - Pujolle Lourrey - Rey - Soulé), une fabrique de chapeaux (Castéran père et fils), trois boutiques de vin en gros (Dupuy - Refouil Lahoeillère - Seube)[127].
  • Dans l'Entre-deux-guerres, les plus vieilles familles villageoises mentionnées dans les archives municipales sont les suivantes : Bize (dont les maisons portent les sobriquets : Peypoc, Arriot, Chimoun, Moussu), Boé, Boué, Castéran (dont les maisons portent les sobriquets : Croque, Jacques, Frize, Pénaou, Manach), Cazes, Dupuy, Forment, Fourquet, Maupomé, Portes, Pujolle, Refouil, Rème, Rogé, Sajous.

Bureau de charité diocésain au XVIIIe siècle[25],[128][modifier | modifier le code]

Créé en 1764 à Nestier où l'évêque de Saint-Bertrand-de-Comminges est décimateur, il a pour but d'aider les miséreux malades ou handicapés. Le bureau de Nestier, pour le bouillon et remèdes, regroupe les paroisses de la rive droite de la Basse-Neste (archiprêtré de Nestes ou du Nestès). Comme tous les bureaux de charité du diocèse, il est présidé par le curé ou son vicaire, assisté de deux consuls, de deux notables et d'un trésorier. Il se réunit tous les dimanches au presbytère pour décider des aumônes à accorder au cours de la semaine. Quelques notables locaux, appelés Bienfaiteurs, ont effectué des dons remarquables par l'intermédiaire de ce bureau de charité ou bureau de bienfaisance. Par ailleurs, en 1909, les biens de la fabrique de l'église paroissiale seront attribués à ce même bureau[129].

Émigration villageoise au XIXe siècle[130],[131][modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le village connaît une émigration importante vers les Amériques. Les émigrés sont les suivants : Pierre Bize à Los Angeles et Jean-Baptiste Castéran à Montevideo, tous deux menuisiers ; à New York : la famille Castéran-Pégot (fratrie) ; en Louisiane : les deux frères Henri et Auguste Dupuy, Victor Bize, Alexandre Claverie, Jacques Castéran ; en Argentine et en Uruguay : les frères et cousins de la famille Artigue (Auguste menuisier, Jacques travaillant dans un restaurant à New-York puis rentré en France, gravement blessé lors de la Grande Guerre et resté définitivement au village) ; Guillaume Forment, menuisier à Montevideo ; Jean-Marie Pérès, boulanger en Argentine ; Georges Dupuy, avoué en Algérie et Jacques Bize, menuisier à Mostaganem.

Famille nestéenne dans le flux migratoire[modifier | modifier le code]

Il s'agit de la famille Castéran Pégot domiciliée dans le quartier du Cap de la Bielle. Le père, Bertrand Castéran dit Pégot, né en 1807 à Nestier, chapelier, est accrédité par la Compagnie Transatlantique pour le recrutement des migrants, assurant ainsi les fonctions d'un responsable de bureau d'émigration. Quatre de ses fils ont émigré : Gratien, Jean-Baptiste dit Baptistou, Jean-Marie et Jacques. Gratien n'a jamais donné de nouvelles. Jacques est sans doute mort à Montevideo où il avait suivi ses deux frères aînés. Jean-Baptiste, installé à Montevideo puis marié à une basquaise originaire d'Hasparren, crée une entreprise d'ébénisterie puis une usine qui deviendra prospère. Ses enfants : les deux aînés Jean et Denis, déclarés à leur naissance au consulat de France, sont citoyens français ; Victor et Thérèse qui épousera un consul du Maroc, sont citoyens américains. Quant à Jean-Marie, il accompagnera Jean-Baptiste à Montevideo. Il deviendra propriétaire d'une estancia dans la pampa argentine qu'il transformera en restaurant doublé d'un magasin curieusement achalandé. Il y sera sauvagement assassiné quelques décennies plus tard.

Menuisiers de Nestier aux XIXe siècle et XXe siècle[11],[25][modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, les menuisiers de Nestier forment une véritable corporation. En 1887, on en compte une trentaine. Leur blason trône aujourd'hui dans la salle de la mairie, avec cette fameuse devise : Lou dret cami (« Le droit chemin »). Le dernier connu, ayant exercé jusque dans les années 1960, est Jean Castéran Manach installé dans la rue de La Carraou. Ces menuisiers-ébénistes fabriquent des armoires à linge, des tables, des armoires de cuisine et des encadrements de lits à la demande. Le matériau utilisé est essentiellement le cœur de chêne et le cerisier. Les armoires comportent de grands panneaux de bois massif, simples ou ouvragés de style ancien avec parfois des pointes de diamant appréciées des connaisseurs. Les lits de deux personnes sont étroits, forme bateau, alors que les berceaux ont leurs deux côtés à claire-voie et leur base arrondie pour permettre le balancement. Tous ces meubles se vendent dans diverses villes des départements de la Haute-Garonne, du Gers et du Lot-et-Garonne : Montréjeau, Condom, Riscle, Auch, Lectoure, Mauvezin et Nérac. Aujourd'hui encore, quelques maisons anciennes du village sont en partie meublées avec ce mobilier fait maison. Par ailleurs, le nom des menuisiers est resté dans l'histoire locale : les villageois sont parfois appelés en gascon : Es Ménusès dé Nestièr.

Tisserands au XIXe siècle[25],[57][modifier | modifier le code]

Aussi nombreux que les menuisiers, ils disparaissent progressivement au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle. Jusque-là, la culture du lin est pratiquée dans tout le village. Les tiges sont récoltées et travaillées lors des séquences de rouissage, retournage, enroulage et teillage. Les fibres obtenues sont ensuite filées puis tissées au moyen d'outils spécifiques comme le fuseau, la quenouille et le dévidoir à lin, encore appelé couseye en gascon, immortalisé par le félibre Simin Palay dans un de ses poèmes. Au final, les fibres ainsi élaborées servent en particulier à la confection des draps de case heyt (« fait maison ») qui font la fierté de chaque villageoise. En 1883, Nestier compte encore six fabriques de tricots à métiers : Barège, Bize, Boé, Pujolle, Rey et Soulé[127], dont la matière première est le lin cultivé au village.

Fabricant de chandelles et fileur de cire au XIXe siècle[25],[132][modifier | modifier le code]

Avant que l'électricité n'arrive dans chaque maison dans les années 1930, les villageois s'éclairent à la lueur des lampes à huile, appelées caleys. Le combustible est l'huile de noix produite à partir de la récolte locale, dans les moulins à huile de Mazères-de-Neste, Tibiran-Jaunac et Loures-Barousse. Une deuxième énergie lumineuse est assurée, dans chaque foyer, par les chandelles. Celles-ci sont fabriquées par un villageois qui maîtrise parfaitement la confection de ce produit à base de résine des Landes. Composées d'épaisses mèches tressées trempées dans la cire, les chandelles sont ensuite moulées dans une huile spéciale. Prêtes à l'emploi, elles sont alors placées dans chaque maison sur les chandeliers en fer forgé. Par ailleurs, ce même fabricant de chandelles, appelé aussi fileur de cire, confectionne les cires de deuil utilisées lors des enterrements comme le veut une tradition pyrénéenne bien marquée. Appelées candélous, ces chandelles particulières sont différentes selon les contrées. À Nestier, elles sont roulées en forme de bobine ou de 8 et, en cas de besoin, elles peuvent être empruntées dans une famille voisine. Elles sont fabriquées fin janvier afin d'être bénies à la chandeleur le 2 février au cours d'une cérémonie religieuse[57].

Agriculture : moteur de la vie économique et sociale[10],[25][modifier | modifier le code]

Au village, les ressources agricoles sont suffisantes pour l'alimentation humaine et la nourriture animale avant l'avènement, au cours de la seconde moitié du XXème siècle, d'un monde nouveau marqué par l'exode rural, la désertification des campagnes et la fermeture progressive des fermes et des métairies.

Ressources agricoles principales jusque dans les années 1960[modifier | modifier le code]

  • Les cultures. Les céréales principales sont le blé, le maïs[96], l'orge, l'avoine, le seigle et le millet. Le blé assure la production de farine et donc la panification. Mélangé au seigle, il donne le méteil. Les récoltes du maïs et du blé sont marquées par deux traditions villageoises bien vivantes : l'espéroucade (l'effeuillage des épis) pour le maïs et la batère (le dépiquage) pour le blé. Les légumes essentiels sont la pomme de terre et le haricot. Ce dernier (le Tarbais, le Lingot et même le Coco) est cultivé traditionnellement dans les champs de maïs dont les liges sont utilisées comme tuteurs. La pomme de terre[96] (la Bintche, la Beauvais) est cultivée dans la plupart des champs. Les arbres fruitiers assurent les récoltes de fruits nécessaires à la consommation locale : le pommier ( pommes : la Reinette du Canada, la Reinette de Caux, l'Angélique, la Grosse Ménagère ou bien la Museau de lièvre), le poirier (poires : la Duchesse, poire de Saint-Jean, poires de Curé), le cerisier (cerises Guigne et Bigarreau) et le noyer (noix utilisées pour l'alimentation mais aussi pour la production d'huile locale). Les pommes et les poires cuites dans les fours à bois, après la fournée hebdomadaire traditionnelle, sont une spécialité villageoise appelée Es capous[8].
  • L'élevage. Le gros bétail est composé de vaches et de quelques bœufs destinés à l'élevage de veaux vendus ensuite sur les marchés locaux, la production de viande étant beaucoup plus intéressante que la production laitière destinée simplement aux besoins familiaux. Ces animaux de trait composent également les attelages traditionnels pour les travaux agricoles. La plupart des fermes compte aussi des moutons et quelques porcs. Ces derniers sont essentiels pour l'alimentation humaine[96] : dans le cochon, tout est bon !. Ils sont engraissés dans la bauge - ou loge - domestique, encore appelée porcingle en gascon. Ils sont l'objet d'une tradition bien marquée : la fête du cochon. Les animaux de basse-cour comptent les poules, les canards mulards ou communs, les oies en nombre restreint tout de même, les lapins élevés dans les clapiers ou dans la cour de ferme, et les pigeons.

Ressources agricoles secondaires[modifier | modifier le code]

  • La vigne. Sa culture est limitée, le climat de moyenne montagne et les sols silico-argilo-calcaires étant peu propices à cette activité. Quelques plants assurent cependant une production locale : le Bacot pour le vin rouge et le Noa pour le vin blanc. Le caractère nocif de ce dernier, suspecté de provoquer des troubles neurologiques chez le consommateur, conduit à une politique d'arrachage des plants entraînant progressivement la disparition de ce genre de culture au village. Cependant la production locale de raisins est partiellement sauvegardée grâce à la présence, dans la plupart des maisons, de treilles imposantes qui sont parfois l'objet de faits divers villageois à l'exemple des Raisins de Guillaume de Cartéry[8], gasconnades évoquées lors des veillées traditionnelles.
  • Le fourrage. Il est produit en quantité suffisante pour la nourriture animale, au cours de la période de fenaison en juin-juillet suivie de la récolte du regain en août, dans les prés verdoyants en bordure des cours d'eau villageois : la Neste, Le Merdan et le Limacourt.
  • Le lin. Il est cultivé dans certaines fermes jusqu'à la fin du XIXème siècle.
  • Le tabac. Sa culture est pratiquée dans les années 1980 par un couple d'agriculteurs. Cette activité est présentée dans un article de M. Raymond Misson intitulé : Les amis d'enfance de Nestier - Quelques portraits sympathiques et généreux - Alice et Jean Sentous.

Autres ressources traditionnelles complémentaires[modifier | modifier le code]

  • La chasse. Elle est pratiquée par la plupart des hommes, en particulier dans les bois et forêts des deux collines villageoises et dans les champs qui composent la plaine de la basse vallée de la Neste. Le gibier ainsi abattu améliore sensiblement l'ordinaire : cailles, râles, grives, bécasses et bécassines, perdreaux, lièvres et lapins. Les chasses les plus emblématiques restent la chasse à la palombe et les battues au cerf ou au sanglier. Elles sont parfaitement décrites dans le document de M. Raymond Misson[10] qui présente trois témoignages : La chasse à Nestier : conversation avec Noël Brué, suivi de : A Nestier, la chasse au gros gibier : entretien et réflexions avec René Lapène, et enfin : Baptiste et sa palombière.
  • La pêche. Cette activité est pratiquée dans les deux ruisseaux villageois et dans la rivière voisine. Elle est décrite avec passion et précision dans un témoignage rapporté dans le document de M. Raymond Misson[10], intitulé : De la « pesquide » à la truite de nos ruisseaux : souvenirs et entretien avec Jean Miègeville.

Energies et ressources naturelles villageoises[modifier | modifier le code]

Electricité[modifier | modifier le code]

Elle apparaît à Nestier au cours de la deuxième moitié du XIXeme siècle grâce à un dispositif ingénieux et avant-gardiste, peu de communes disposant alors à cette période-là de cette énergie nouvelle. Elle est produite grâce à la force motrice de l'eau qui alimente le vieux moulin banal désaffecté situé sur le canal de dérivation de la Neste[113], équipé pour la circonstance d'une installation rudimentaire, certainement une dynamo avec un environnement technique des plus simples. Les installations domestiques en bout de réseau ne disposent ni de compteurs ni d'interrupteurs, les lampes restant allumées en permanence. Une redevance est imposée au prorata du nombre d'ampoules détenues[7]. Dans les années 1930, le réseau traditionnel EDF alimentera le village en courant électrique de 110 volts puis en 220 volts une vingtaine d'années plus tard.

Eau[modifier | modifier le code]

Carrières[modifier | modifier le code]

Associations villageoises[modifier | modifier le code]

  • Association Foyer Rural de Nestier, organisation des manifestations festives du village. Fête du printemps, Fête Locale, Repas, concert...
  • Association Solidaires Pour l'Environnement de Nestier. ou ASPEN; Défense de l'environnement du village de Nestier.
  • Association « Renaissance du Mont-Arès ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Baron de Lassus-Nestier, « M. de Nestier, écuyer ordinaire de la Grande Ecurie du roi Louis XV (1684 - 1754) », Revue du Comminges,‎ , p. 265 à 287.
  • Viollet-le-Duc : Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle. Édition Bance-Morel, 1854 à 1868.
  • M. Bazerque, « Procès-verbal des réjouissances à Nestier à l'occasion de la naissance du Roi de Rome : R.H.P. (République des Hautes-Pyrénées) », ADHP (Archives Départementales),‎ , p. 33 et 34.
  • M. Bazerque, « Obsèques du général J.F. de Cazaux, seigneur de Nestier : R.H.P. (République des Hautes-Pyrénées) », ADHP (Archives Départementales),‎ , p. 137.
  • A. Clot et G. Marsan, Chronique sur la grotte du Cap de la Bielle, t. 4, Gallia Préhistoire, , p. 262 à 264.
  • L. Méroc, Circonscription de Toulouse, Hautes-Pyrénées : Nestier, Campan, Montoussé, Sombrun, t. 6, Paris, Gallia Préhistoire, , p. 208 à 216.
  • M. Debeaux, « La grotte du Cap de la Bielle à Nestier et son remplissage du paléolithique inférieur », Bulletin de la Société méridionale de spéléologie et de préhistoire, Toulouse, t. 10,‎ , p. 4 à 11.
  • L. Méroc, « L'industrie lithique de la grotte du Cap de la Bielle à Nestier », Bulletin de la Société méridionale de spéléologie et de préhistoire, Toulouse, t. 10,‎ , p. 12 et 13.
  • L. Méroc, Circonscription de Toulouse, Hautes-Pyrénées : Nestier, t. 10, Paris, Gallia Préhistoire, , p. 411.
  • A. Clot et G. Marsan, La grotte du cap de la Bielle à Nestier, fouille de M. Debeaux, 1960, t. 29, Gallia Préhistoire, , p. 63 à 141.
  • Ex-nostris A :
    • no 11, « Correspondance du XVIIe ou XVIIIe siècle » ;
    • no 97, « Guerres du XVIIIe siècle », CCC, p. 104 ;
    • no 140, « Guerres du XVIIIe siècle » ;
    • no 155, « Baron de Lassus », Revue de Comminges, 1891, CCC ;
    • no 257, « Lettre adressée à M. de Lassus, le  ».
  • Laboulinière : Annuaire statistique du département des Hautes-Pyrénées (1807) - Hachette BNF - Collection Histoire - 2012.
  • F. d’Aubert de la Chesnaye-Desbois : Dictionnaire de la noblesse française (1863) - Bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr).
  • B. Barifouse : Étude sur le pays des Quatre-Vallées (Saint Gaudens – 1874) - Bibliothèque nationale de France (gallica.bnf.fr).
  • M. Bapmale et Valin : Historique de la Gascogne et en particulier du Comminges (1880) - Édition Lacour-Ollé.
  • Bois et Durier : Les Hautes-Pyrénées (1885) - Édition de la Tour Gile.
  • A. de Cardevacque : La fête de la Saint-Jean (1891) - Imprimerie : Le Courrier du Pas-de-Calais.
  • P. Faraud : Le Feu de la Saint-Jean - Contexte historique et touristique des années 1938 - 1944.
  • Mme Bize : Monographie de Nestier : cahier destiné à l'école de Nestier, 1942 - 1949 , comprenant dans sa première partie la conférence de M. Bazerque pour la Revue des Hautes-Pyrénées ayant pour thème la vie de Monsieur de Nestier (Louis de Cazeaux), écuyer cavalcadour de la Grande Ecurie du Roi (Louis XV) - Archives communales.
  • Général L'Hotte : Un officier de cavalerie (1905) - Édition Plon.
  • R. Lizop : Le Comminges et le Couserans avant la domination romaine et Les Convènes et les Consoranni (1931) - Ed. Toulouse-Privat
  • M. Gasquet : La Fête-Dieu (1932) - Collection : "Les Belles Fêtes".
  • Abbé J.Duffo : Articles de l’Echo de la Neste (années 1942 et suivantes) - Archives de l'Echo Neste-Barousse (Saint-Laurent-de-Neste).
  • B. de Gorsse : Essai de bibliographie du comté de Comminges, de la vicomté de Nébouzan, des Quatre-Vallées et du pays de Rivière (Toulouse – 1944).
  • J.F. Soulé : Le sanctuaire gallo-romain de Montsérié (sujet de thèse) (1975) - Revue de Comminges.
  • J.F. Le Nail et J.F. Soulet : Bigorre et Quatre-Vallées (1981) - Pau - SNERD
  • G. La Plagne Barris : Petite guerre pour le siège d'un chef-lieu de canton ou la rivalité de Saint-Laurent et du Nestier au XIX° s. : tableau de la vie politique et économique d'un canton pyrénéen au XIXe siècle (1982) - Revue de Comminges.
  • Sarramon : Les Quatre-Vallées : Aure, Barousse, Neste, Magnoac (1985) - Ed. Milan
  • J. Omnès : Préhistoire des Hautes-Pyrénées (1987).
  • I. Gratacos : Femmes pyrénéennes (1987) - Ed. Privat.
  • Sansguilhem-Ser : Béarn et Bigorre dans l’histoire de l’Aquitaine des origines au XVIe siècle (1988) - Guide des recherches de généalogie et d'historiographie - Pau.
  • Marliave et Pertuzé : Le panthéon pyrénéen (1990).
  • Fénié : Toponymie gasconne (1992).
  • L.A. Lejosne : Dictionnaire topographique des Hautes-Pyrénées (1865, et Pau : 1992).
  • J. Allières, A. Berthoumieux, G. Brignol, J. Castex, J. Ducos : André Bouéry musicien et poète gascon (1994).
  • Bourret : Les Pyrénées centrales du XIe au XIXe siècle (1995).
  • X. Beltour : L'histoire oubliée de l’Aquitaine (1995).
  • O. De Sulauze : La vallée d’Aure aux temps de l’agro-pastoralisme (1997).
  • M. Grosclaude et J.F. Le Nail : Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées (2000) - Ed. Conseil Général (C.G.) des Hautes-Pyrénées.
  • R. Misson : Témoignages, avec le concours de ses amis villageois (2001 - 2010) - Archives communales.
  • M. Bize : Petite chronique historique et hydrogéologique sur Nestier et le Vallon de Bouchère (2010) - Archives communales.
  • C. Rhode, R. Rhode et J. Noguès : Nestier 2011 - Archives communales.
  • R. Castéran : Articles de l'Echo Neste-Barousse (2012) - Archives communales et archives de l'Echo Neste-Barousse (Saint-Laurent-de-Neste) ; textes des spectacles "son et lumière" villageois (2002 à 2011).
  • J. Brau : Pays des Nestes et de Comminges des origines à nos jours (2014) - Ed. Monhélios - Pau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

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  7. a, b et c M. Bize : Petite chronique historique et hydrogéologique sur Nestier et le Vallon de Bouchère - 2012 - Sources : archives personnelles et archives communales
  8. a, b, c, d, e, f, g et h Mme Bize : Monographie de Nestier : cahier destiné à l'école de Nestier, 1942 - 1949 - Chroniques, anecdotes et témoignages - Sources : archives personnelles et archives communales
  9. M. N. Casteret : Carnet d'exploration : grotte et puits de Nestier - 22 mars 1934 et 2 avril 1938
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  14. a et b M. Grosclaude et Le Nail : Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées - 2000
  15. Revue de Comminges - 1998 - T.114 - p. 143 et 149 : Le Comminges au miroir de sa toponymie - Hydronymie commingeoise de R. Aymard - Source : Bibliothèque nationale de France / gallica.bnf.fr
  16. a et b Revue de Comminges - 2001/03 - T. 117, p. 346, 351, 371 : Collectories de 1369 - Source : Bibliothèque nationale de France / gallica.bnf.fr
  17. Revue de Comminges - 1892/10/01 et 12/31 - T. 7, p. 203 : Construction de l'église de Comminges - Source : Bibliothèque nationale de France / gallica.bnf.fr
  18. Revue de Comminges - 1906 - T. 21, p. 106 : Un curieux groupe d'évêques commingeois (J. Lestrade) - Source : Bibliothèque nationale de France / gallica.bnf.fr
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  25. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o et p Mme Bize : Monographie de Nestier : cahier destiné à l'école de Nestier, 1942 - 1949 - 1° partie : histoire locale - Sources : archives personnelles et archives communales
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  28. M. M. Marliave et Pertuzé : Le Panthéon pyrénéen - 1990
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  30. a, b et c M. Alfred Claverie (1916-2007), maire de Nestier (1971-1989) : Ses témoignages oraux recueillis en 2002 par M. Raymond Castéran - Source : archives personnelles
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  34. a, b et c M. Méroc : Circonscription de Toulouse, Hautes-Pyrénées : Nestier, Campan, Montoussé, Sombrun, Gallia Préhistoire, Paris, t. 6, 1963, p. 208 – 216 ; L'industrie lithique de la grotte du Cap de la Bielle à Nestier : bulletin de la Société méridionale de spéléologie et de préhistoire, Toulouse, 1964, t. 10, p. 12 – 13 ; Circonscription de Toulouse, Hautes-Pyrénées : Nestier, Gallia Préhistoire, Paris, 1967, t. 10, p. 411
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  39. M. J. Chaline : Le Quaternaire : l'histoire humaine dans son environnement - 1972
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  44. Raymond Lizop : Le Comminges et le Couserans avant la domination romaine - Ed. Privat - 1931
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  48. M. J. Duffo : Articles de l’Echo de la Neste, années 1942 et suivantes
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  50. a et b M. A. Sarramon : Les Quatre-Vallées, Aure, Barousse, Neste, Magnoac- Ed.Milan - 1985
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  60. M. D. Peyraga, maître-arpenteur : Nouveau cadastre de la communauté de Nestier - 1718 - 1720 (190 pages) - Source : Archives départementales
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  62. a, b et c Revue de Comminges - 1993/04 et 06 - T. 108 - p. 193, 194, 279 - Source : Bibliothèque nationale de France / gallica.bnf.fr
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  66. D. Dufor : Le Pays - Polignan et Comminges - p. 256 à 262 - 1878 - Éditions Privat et Palmé
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  68. Mémoires du Sieur de Pontis, Paris, libraires associés,
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  71. François-de-Paule de Clermont, marquis de Monglat (16..?-1675) : Nouvelle collection des mémoires pour servir à l'histoire de France (3)
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  107. Document : Restauration de l'Église - Plans et élévation nord. État actuel - 1900 - Source : archives communales
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  112. Revue de Comminges - 1979/01 à 03 - T. 92, p. 72 : G. Puyau : Les moulins de la Basse-Neste, des Baronnies et du Lannemezan aux XVIIe et XVIIIe siècles - Source : Bibliothèque nationale de France / gallica.bnf.fr
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