Musée des Beaux-Arts Pouchkine

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Musée des Beaux-Arts Pouchkine
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Informations générales
Nom local
(ru) Государственный музей изобразительных искусств имени А. С. ПушкинаVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Ouverture
Surface
45 500 m2[2]
Visiteurs par an
?
Site web
Collections
Collections
peinture, joaillerie
Nombre d'objets
670 000[1]
Bâtiment
Architecte
Roman Klein (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Protection
Site du patrimoine culturel fédéral en Russie (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Commune
Adresse
12 rue Volkhonka ; station de métro Kropotkinskaya
Coordonnées
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Le musée des Beaux-Arts Pouchkine (russe : Музей изобразительных искусств имени А. С. Пушкина) ou simplement musée Pouchkine est le plus grand musée d'art européen de Moscou. Il a été édifié entre 1898 et 1912 et se situe face à la cathédrale du Christ-Sauveur. On considère que la date de sa fondation est le 17 (29) . Il s'appelait alors le musée Alexandre-III.

C'est un des plus importants du monde de par la richesse de ses collections : plus de 670 000 œuvres y sont présentées[1]. Le musée d'État des Beaux-Arts a été inauguré le et il a été renommé en 1937 en mémoire du célèbre poète. Son premier directeur était le père de Marina Tsvetaïeva.

Les collections de Sergueï Chtchoukine et d'Ivan Morozov, nationalisées après la révolution d'Octobre au printemps 1918, constituent un fonds d'importance majeure de la collection d'art moderne occidental du musée. Elles sont constituées d'œuvres d'impressionnistes, de postimpressionnistes, de Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Picasso, de fauvistes et de Nabis.

Les collections du musée font depuis les années 1990 l'objet d'une polémique entre l'Allemagne et la Russie ; en effet, en , l’URSS confisquait le Trésor de Priam et le Trésor d'Eberswalde aux musées berlinois comme prise de guerre. On crut longtemps ces collections disparues, jusqu'à ce que des journalistes ouest-allemands les localisent dans les réserves du musée Pouchkine[3]. Bien que les pourparlers entre les deux pays se poursuivent en vue d'une restitution à l'Allemagne, le musée expose désormais ces deux collections au grand public.

Le musée a été dirigé de 1961 à 2013 par Mme Irina Antonova, commandeur de la Légion d'honneur, et il est dirigé depuis par Mme Marina Lochak, Irina Antonova étant Présidente du musée.

Historique[modifier | modifier le code]

Ivan Tsvetaiev (ru) et Youri Nietchaiev-Maltsov (ru), fondateurs du musée, en 1910.

Le musée conçu par Ivan Tsvetaïev, professeur d'histoire de l'art, et dessiné par l'architecte Roman Klein (en) ouvre officiellement ses portes le . Son fonds est constitué de moulages de sculptures antiques, médiévales et de la Renaissance. En 1924 le pouvoir soviétique décide de créer de nouvelles galeries dédiées à la peinture et aux chefs-d'œuvre authentiques du passé. Dans les années 1924-1930 les meilleurs experts russes en art occidental sélectionnent les acquisitions du musée en étudiant des centaines de collections nationalisées provenant pour l'essentiel du musée Roumiantsev, de la galerie Tretiakov ou du musée de l'Ermitage. Après avoir été renommé en 1932 "musée des arts figuratifs", il reçoit le nom de musée Pouchkine en 1937. Pendant la Seconde Guerre mondiale plus de 100 000 pièces sont évacuées en Sibérie. Le musée rouvre le après des mois de rénovation et de restauration. Le musée abrite pendant quelque temps les collections de la Gemäldegalerie Alte Meister à Dresde sauvées par l'armée rouge. En 1948 les collections Sergueï Chtchoukine et Ivan Morozov exposées au musée de l'art occidental moderne destiné à fermer sont transférées et réparties entre le musée Pouchkine et l'Ermitage.

Collections[modifier | modifier le code]

Égypte ancienne[modifier | modifier le code]

La plupart des objets de cette collection sont exposés depuis l'ouverture du musée en 1912 et proviennent de la collection de Vladimir Golenichtchev (1856-1947), riche de 8 000 pièces, rachetée par le musée en 1909.

Portrait du Fayoum, avec des dieux égyptiens.

En 1913, le musée a racheté une seconde collection comportant notamment une scène de deuil et intitulée « Les pleureuses ». Youry Netchaïev-Maltsov (1834-1913) a légué au musée quelques chefs d’œuvre : des portraits du Fayoum, un diadème en or et une statue en bronze d'Harpocrate. Après la révolution d'Octobre, la collection d'égyptologie s'est enrichie par la réquisition des collections de petits musées provinciaux, tandis que plusieurs archéologues travaillant comme experts pour le musée : Boris Farmakovsky (1870-1928), Tamara Borozdina-Kozmina (1883-1958) et Alexandre Jivago (1860-1940), lui léguaient leurs collections personnelles. Autre apport important : le legs du peintre et historien de l'art Nicolas Prakhov (1940) de 217 pièces ayant appartenu à son père, le célèbre historien de l'art, philologue, archéologue et critique russe Adrien Prakhov (1846-1916).

Trésor de Priam[modifier | modifier le code]

Peinture italienne[modifier | modifier le code]

Giambattista Pittoni (La Mort de Sophonisbe) ; Segna di Bonaventura (Crucifixion ; Vierge à l'Enfant) ; Lippo Memmi, Bernardo Daddi ; Sano di Pietro ; Neri di Bicci ; Sassetta (Saint Laurent ; Saint Étienne) ; Bartolomeo Vivarini ; Botticelli (Annonciation) ; Cima da Conegliano ; Le Pérugin (Vierge à l'Enfant) ; Marco d'Oggiono ; Cesare da Sesto ; Giovanni Antonio Boltraffio ; Bernardino Luini ; Pâris Bordone (Vierge à l'Enfant avec des saints) ; Sebastiano del Piombo (Portrait du cardinal Pallavicini) ; Véronèse (Minerve ; Le Repos de la Sainte Famille) ; Lorenzo Lotto (Vierge à l'Enfant) ; Dosso Dossi ; Giulio Romano (Fornarina) ; Parmigianino (Le Mariage mystique de sainte Catherine) ; Bronzino (La Sainte Famille ; Côme de Médicis) ; Guido Reni ; Le Guerchin (Saint Sébastien) ; Pietro da Cortona ; Carlo Maratti ; Carlo Dolci ; Domenico Fetti (David avec la tête de Goliath) ; Bernardo Strozzi (La Vieille coquette ; La Multiplication des pains ; L'Astronome et l'élève) ; Salvator Rosa ; Luca Giordano ; Bernardo Cavallino ; Giuseppe Maria Crespi ; Alessandro Magnasco ; Giovanni Battista Tiepolo (Vierge à l'Enfant avec des saints ; Deux saints ; La Mort de Didon) ; Giovanni Domenico Tiepolo ; Sebastiano Ricci ; Bernardo Bellotto (dit Canaletto) ; Francesco Guardi.

Peinture allemande[modifier | modifier le code]

Lucas Cranach l'Ancien, La Chute de l'homme (1527)

Maître du château de Liechtenstein ; Johann Koerbecke ; Maître de Meßkirch ; Hans Süß von Kulmbach ; Monogrammé AB ; Lucas Cranach l'Ancien ; Adam Elsheimer (Tobie et l'Ange) ; Hans Rottenhammer ; Raphaël Mengs ; Angelica Kauffmann ; Jacob Philipp Hackert ; Anton Graff ; Caspar David Friedrich ; Arnold Böcklin (Le Printemps) ; Adolph Menzel (Au Jardin du Luxembourg) ; Max Liebermann.

École espagnole[modifier | modifier le code]

Ribera (L'Apôtre saint Jacques le Majeur ; Saint Antoine le Grand) ; Murillo (La Petite vendeuse de fruits) ; Zurbaran (L'Enfant Jésus ; Vierge à l'Enfant) ; Antonio de Pereda.

Maîtres des Anciens Pays-Bas[modifier | modifier le code]

Cornelis Engelbrechtsen ; Jacob van Oostsanen ; Jan Mostaert ; Michel Sittow (Le Portement de Croix) ; Herri met de Bles ; Adriaen Isenbrant ; Joos van Cleve ; Anthonis Mor ; Adrian Key ; Joachim Bueckelaer (Au marché) ; Jan Gossaert (Portrait d'homme).

École hollandaise du XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Dirck Hals ; Pieter Codde ; Hendrick Avercamp ; Jan van Goyen ; Salomon van Ruysdael ; Jacob van Ruisdael (Vue du village d'Egmond) ; Kessel ; Berchem, Jan Both ; Jan Weenix ; Simon de Vlieger ; Paulus Potter, Albert Cuyp ; Jan Steen ; Adriaen van Ostade ; Gabriel Metsu ; Gerard ter Borch ; Pieter de Hooch ; Emanuel de Witte (Marché au port ; Intérieur d'église) ; Pieter Claesz ; Willem Claesz Heda ; Abraham van Beijeren ; Willem Kalf ; Rembrandt (Jésus chasse les marchands du Temple ; L'Incrédulité de Thomas ; Vieille femme, Portrait d'Adriaen van Rijn) ; Salomon Koninck ; Aert de Gelder (Loth et ses filles) ; Gerbrand van den Eeckhout ; Carel Fabritius (Héra) ; Nicolas Maes ; Govert Flinck.

École flamande[modifier | modifier le code]

Rubens (Bacchanale ; La Béatification de l'infante Isabelle ; Portrait de femme ; La Dernière Cène ; Musius Scaevola) ; Van Dyck (Portrait de Jan van den Wouwer) ; Jacob Jordaens (Le Satyre ; Ulysse et Polyphème ; La Fuite en Égypte) ; Brueghel ; Frans Snyders (Nature morte au cygne) ; Jan Fyt, Daniel Seghers ; Adriaen Brouwer ; David Teniers

École française des XVIe – XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Corneille de Lyon (Portrait de Claude de France) ; Simon Vouet ; Valentin de Boulogne ; Nicolas Poussin (Le Combat de Josué contre les Amorites ; Renaud et Armide ; La Continence de Scipion ; Paysage avec Hercule et Cacus) ; Le Lorrain (Matin ; Soir ; L'Enlèvement d'Europe) ; Jean-François Millet ; Sébastien Bourdon ; Eustache Le Sueur ; Charles Le Brun ; Pierre Mignard ; Nicolas de Largillierre ; Jean-Antoine Watteau (Le Bivouac) ; Nicolas Lancret (Dame dans un jardin) ; Jean-Baptiste Pater ; François Boucher (Hercule et Omphale ; Jupiter et Callisto ; Paysage avec des ermites) ; Chardin ; Fragonard ; Hubert Robert ; Jacques-Louis David (Andromaque pleurant la mort d'Hector ; Autoportrait, Portrait de Georges Rouget)

École française du XIXe et du début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

François Gérard, Prud'hon, Ingres, Eugène Delacroix, Géricault, Eugène Isabey, Théodore Rousseau, Jules Dupré, Daubigny, Corot, Gustave Courbet, Jean-François Millet, Degas (Les Danseuses bleues), Édouard Manet, Claude Monet (Carnaval boulevard des Capucines), Henri de Toulouse-Lautrec, François Marius Granet (Stella, peintre français, dans les prisons de Rome) ; Renoir (Portrait de Jeanne Samary (La Rêverie) ; Au jardin - Sous la tonnelle au moulin de la Galette ; Jeunes filles en noir), Cézanne, Pissarro, Sisley, van Gogh (notamment La Vigne rouge à Montmajour ; Le Portrait du docteur Rey ; La Ronde des prisonniers), Gauguin, Vuillard, Picasso, Dufrénoy (L’Omnibus Bastille-Madeleine, 1906) et Matisse, etc.

Lawrence Alma-Tadema (1864) : Frédégonde devant le lit de mort de Prétextat (évêque de Rouen, assassiné dans sa cathédrale sur l’ordre de Frédégonde, reine de Neustrie, en 586).

Peinture anglaise[modifier | modifier le code]

George Romney, John Constable, Lawrence Alma-Tadema.

Peinture du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Douanier Rousseau ; Picasso (Les Acrobates ; Le Vieux Juif avec des enfants ; L'Espagnole de Majorque ; L'Acrobate sur un ballon ; Portrait d'Ambroise Vollard) ; Maurice de Vlaminck ; André Derain ; Paul Signac ; Pierre Bonnard ; Edvard Munch ; Albert Marquet ; Henri Matisse ; Maurice Utrillo ; Georges Braque ; Fernand Léger ; Giorgio De Chirico ; Raoul Dufy ; Rockwell Kent ; Renato Guttuso, Joan Miró.

Sculpture[modifier | modifier le code]

La collection de sculptures européennes compte plus de 600 pièces. Le musée a accru ses collections au fil des années et détient des œuvres allant du VIe au XXIe siècle. Les premières œuvres installées au musée des Beaux-Arts furent d'ailleurs les sculptures de la collection de Mikhaïl Chékine. Après la révolution de 1917, plusieurs sculptures provenant des confiscations les ont rejointes. En 1924, les premières galeries de peinture ont été aménagées et l'on y a entreposé les premières sculptures contemporaines. Après la séparation du musée d'avec l'université de Moscou en 1924, le gouvernement autorisa l'achat de nouvelles sculptures et le musée Pouchkine put enfin rivaliser sur les marchés avec les autres musées d'Europe. Il créa un département de sculpture, qui hérita du fonds du musée Roumiantsev, de celui du musée de l'école Stroganov, du musée de l'Ameublement de Moscou et quelques collections privées (celles de Dimitri Choukine, d'Ilya Ostroukhov (1858-1929), d'Ossip Braz (1873-1936) etc.). Il y avait dans ces collections des sculptures en bois polychrome des XVe et XVIe siècles, des sculptures en bronze des XVIe et XVIIe siècles, et des sculptures de maîtres français du XVIIIe siècle : Lemoyne, Caffieri, Houdon et Clodion. Après la fermeture du Musée national de l'Art occidental en 1948, le musée Pouchkine recueillit 60 sculptures, œuvres de Rodin, Maillol, Bourdelle, Zadkine, Archipenko, etc. La collection de sculptures contemporaines est constituée de legs des artistes eux-mêmes.

Collection de moulages de la collection d'Ivan Tsvetaïev[modifier | modifier le code]

La collection de moulages en plâtre, typique des musées européens du XIXe siècle, est unique aujourd'hui par sa conservation et sa cohérence. La collection de moulages est actuellement exposée dans le bâtiment historique dans seulement un tiers des salles que Tsvetaev avait prévues à cet effet. Environ la moitié des 22 salles d'exposition sont consacrées aux arts plastiques anciens. L'ensemble soigneusement sélectionné de moulages de sculptures créto-mycéniennes, grecques et romaines a été complété par des galvanoplasties d'armes, bijoux et petits objets.

La deuxième partie de la collection de moulages montre les jalons du développement de l'art en Europe occidentale depuis le christianisme primitif jusqu'à la Renaissance. L'art de Michel-Ange est pleinement représenté dans l'exposition. Les sculptures sont complétées par des copies de constructions et détails architecturaux.

Tsvetaev souhaitait présenter les arts plastiques de l'époque moderne et compléter la collection par des moulages de sculptures contemporaines, où les œuvres d'Auguste Rodin auraient occupé la place centrale. Malheureusement, cette dernière partie de son plan n'a pas été mise en œuvre, par manque de financement après un incendie survenu pendant la construction du musée. Accessoirement, certains moulages et copies de la collection du musée sont la seule reproduction authentique d'artefacts perdus pendant les guerres mondiales.

Collections privées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Histoire du musée sur le site du Musée Pouchkine », sur ars-museum.ru
  2. (en) « Moscow’s Pushkin Museum embarks on ambitious building plan », sur Russia beyind the headlines
  3. (de) Konstantin Akinscha et Grigori Koslow, Beutekunst. Auf Schatzsuche in russischen Geheimdepots, München, Deutscher Taschenbuch Verlag, , p. 303

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Irina Kuznetsova et Elena Sharnova, Painting Collection — France: 16th – First half 19th Century, catalogue des collections, Moscou, Red Square Publishers, State Pushkin Museum of Fine Arts, 2005, 479 p. Trad. du russe en anglais.
  • (en) Marina Bessonova et Evgenia Georivskaya, Painting Collection — France: Second Half 19th Century – 20th Century, catalogue des collections, Moscou, Red Square Publishers, State Pushkin Museum of Fine Arts, 2005, 399 p. Traduction du russe en anglais.

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