Jules Dupré

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Jules Dupré, né à Nantes le , et mort à L'Isle-Adam le , est un peintre paysagiste français apparenté à l'école de Barbizon.

Il est le frère aîné du peintre Léon Victor Dupré (1816-1879).

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, originaire de L'Isle-Adam, dirige une manufacture de porcelaine à Parmain avant de s'établir à Nantes. Le jeune garçon, adolescent, s'initie très tôt à l'art du décor sur céramique[1] et admira toute sa vie Théodore Géricault, Claude le Lorrain et Rembrandt.

En 1823, il arrive à Paris à l'âge de douze ans, il travaille chez un oncle qui emploie Auguste Raffet, Louis Cabat et Narcisse Díaz de la Peña. Puis, il est admis dans l'atelier du paysagiste Jean-Marie Diébolt et vend ses premières peintures à Paris. Devenu l'ami du paysagiste Louis Cabat, celui-ci le persuade d'abandonner la céramique pour peindre des scènes de genre et des paysages de plein air. Il étudie les peintres hollandais et en 1831 expose pour la première fois au Salon. Il voyage en Angleterre pour étudier Constable, le maître du paysage anglais, qui influencera profondément son œuvre. En 1832, il séjourne dans le Berry avec Cabat et en 1833 expose quatre œuvres au Salon et obtient une médaille de seconde classe comme peintre de genre et devient l'ami des peintres Alexandre-Gabriel Decamps, Constant Troyon, Eugène Lami et Théodore Rousseau. Lors du Salon de 1835, Eugène Delacroix le félicite pour la facture de ses ciels. Il reçoit chez lui de nombreux artistes comme Ary Scheffer ou Antoine-Louis Barye.

Il voyage en Normandie et dans l'Indre où il participa avec de nombreux autres peintres à l'École de Crozant dans les vallées creusoises. Il fréquente Barbizon avec Rousseau. Il aurait eu en 1846 une liaison avec George Sand et essaie, sans succès, de fonder un Salon indépendant et sans jury. L'attribution de la Légion d'honneur le brouille avec Rousseau qui lui ne l'a pas reçue. Il s'installe à L'Isle-Adam et se consacre à son art. Hélène Quantinet qui fut son élève et maîtresse depuis plusieurs années meurt en 1857. En 1860 il épouse Stéphanie-Augustine Moreau avec qui il a déjà deux enfants. Il peint généralement des paysages campagnards aux ciels tourmentés, mais aussi des séries de marines influencées par Gustave Courbet lors de ses séjours estivaux à Cayeux-sur-Mer, parfois en compagnie de Jean-François Millet. En 1881, l'État lui achète Le Matin et Le Soir et les expose à Paris au musée du Luxembourg.

En 1889, il est promu commandeur de la Légion d'honneur. Il meurt à L'Isle-Adam en 1889. En 1890, sa famille procède à la vente de son atelier et de sa collection dont le produit s'élève à 208 660 francs.

Jules Dupré et ses contemporains[modifier | modifier le code]

La Mare aux chênes, Paris, musée du Louvre.

Ses relations avec Théodore Rousseau, fraternelles, romantiques, souvent orageuses, quasi exclusives à certaines périodes, ont suscité bien des commentaires. L'influence réciproque des deux hommes constitue une des clefs de l'évolution de leurs œuvres.

Bien que Vincent van Gogh n'ait probablement jamais rencontré Dupré lors des séjours parisiens, celui-ci manifeste toute sa vie une profonde admiration pour son aîné et porte sur son œuvre un regard d'une grande acuité. Sur une durée de quinze ans, une soixantaine de mentions est identifiable dans la correspondance de van Gogh, le plus souvent adressée à son frère Théo. Ces lettres contiennent des descriptions enthousiastes des œuvres de Dupré. Le peintre incarne à ses yeux le romantisme à la française et il associe fréquemment son nom à celui de Victor Hugo. En parlant du roman Quatrevingt-treize qu'il vient de lire, il écrit : « […]Cela est peint, je veux dire : écrit comme Decamps ou Jules Dupré ont peint[…] ».

Il avait un atelier en 1839 avenue Frochot, puis au no 28 rue Bréda à Paris.

Salons[modifier | modifier le code]

Jules Dupré expose au Salon dès 1831. En 1839, il y présente sept toiles, des paysages de l'Indre, de la Corrèze et de Normandie.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
En France
  • Beauvais, hôtel de la préfecture de l'Oise : Paysage, huile sur bois, 0,235 × 0,33
  • Beauvais, musée départemental de l'Oise :
    • Moulin et champ de blé, huile sur papier et toile, 0,45 × 0,375
    • La vache blanche, huile sur toile, 0,10 × 0,20
  • Châlons-en-Champagne, musée des beaux-arts et d'archéologie :
    • La Fenaison, huile sur toile
    • Paysage aux vieux chênes, huile sur toile
  • Chantilly, musée Condé :
    • Le Port saint Nicolas à Paris, huile sur toile, 0,38 × 0,46
    • Soleil couchant, huile sur toile, 0,89 × 1,17
  • Dijon, musée Magnin  : La Mare, huile sur toile, 0,405 × 0,33
  • Musée d'Évreux: Paysage maritime, huile sur carton, 0,23 × 40,8 cm
  • Laval, musée du Vieux-Château  : Paysage avec figures, huile sur toile, 0,65 × 0,575
  • Palais des beaux-arts de Lille : La Bataille d'Hondschoote, huile sur toile, 3,70 × 4,48. Les paysages sont de Jules Dupré et les personnages ont été peints par Eugène Lami
  • Musée des beaux-arts de Lyon : Marine, huile sur toile, 0,555 × 0,85
  • Marseille, musée Grobet-Labadié :
    • Paysage, effet de nuit, huile sur carton et toile, 0,15 × 0,18
    • Rivière au soleil couchant, huile sur bois, 0,079 × 0,167
  • Paris, Mobilier national : L'automne, huile sur toile, 0,32 × 0,46
  • Paris, musée national Eugène-Delacroix : La plaine, dessin
  • Paris, musée du Louvre :
    • Bords de rivière, huile sur bois, 0,152 × 0,255
    • L'Abreuvoir et le grand chêne, huile sur toile, 0,82 × 1,20
    • L'Étang, huile sur toile, 0,55 × 0,65
    • La Ferme, huile sur toile, 0,225 × 0,35
    • Les Landes, huile sur toile, 0,66 × 0,925
    • Marine, huile sur toile, 0,89 × 1,155
    • Paysage, huile sur bois, 0,22 × 0,435
    • Paysage avec rivière, huile sur bois, 0,245 × 0,42
    • La petite Charrette, huile sur toile, 0,25 × 0,33
    • Portrait de l'artiste, huile sur toile, 0,555 × 0,465
    • Portrait de Madame Seraille, tante de l'artiste, huile sur toile, 0,63 × 0,52
    • Soleil couchant après l'orage, huile sur bois, 0,47 × 0,565
    • Soleil couchant sur un marais, huile sur bois, 0,52 × 0,76
    • Vaches au bord de l'eau, huile sur bois, 0,24 × 0,325
    • Cour de ferme, dessin
    • Homme assis, coiffé d'un chapeau à larges bords, dessin
    • Vue prise aux environs de Torcy-le-Petit (Aube), dessin
  • Paris, musée d'Orsay :
    • Le Chemin de la ferme, huile sur toile, 0,305 × 0,54
    • Le Chêne, huile sur toile, 0,60 × 0,73
    • La Mare aux chênes, huile sur toile, 1,02 × 0,84
    • La Mare près du moulin, huile sur bois, 0,32 × 0,41
    • La Vanne, huile sur toile, 0,51 × 0,69
  • Musée des beaux-arts de Rennes :
    • Paysage, huile sur bois, 0,215 × 0,41
    • Paysage à la mare, huile sur bois, 0,22 × 0,32
  • Musée des beaux-arts de Rouen :
    • Paysage marin, huile sur toile, 0,735 × 0,92
Au Royaume-Uni

Élèves[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

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  • « Quand je regarde un tableau, le sujet m'est égal; je demande: où est l'homme, où est la poétique, où est l'homme. » (Jules Dupré)
  • « La nature n'est rien, l'homme est tout. » (Jules Dupré)

Sources[modifier | modifier le code]

  • L'Oise de Dupré à Vlaminck, bateliers, peintres, et canotiers, Somogy éditions d'art, 2007, (ISBN 978-2-7572-0077-3), [à l'occasion de l'exposition éponyme au musée d'art et d'histoire Louis-Senlecq de L'Isle-Adam en 2007].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Marie-Madeleine Aubrun, Jules Dupré 1811-1889, catalogue raisonné de l'œuvre peint, dessiné et gravé, Paris, Léonce Laget, 1974, en 2 vol. et supplément
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Roissy-en-Brie, 1999, p. 216.
  • Laurie Marty de Cambiaire, avec Angélique Franck-Niclot, trad. Jane MacAvrock, Regards sur la nature, collection privée, [catalogue de l'exposition], 2013, galerie Fine Art, place Vendôme, Paris.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Plat décoré d'une corbeille de fleurs (vers 1827) de la Manufacture de Coussac-Bonneval, Limoges, Musée National de la porcelaine Adrien-Dubouché, don de la famille Dupré en 1894.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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