Paulus Potter

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Paulus Potter
Bartholomeus van der Helst - Paul Potter.jpg

Portrait de Paulus Potter par Bartholomeus van der Helst.

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Paulus Potter, né à Enkhuizen le et mort à Amsterdam le , est un peintre animalier néerlandais (Provinces-Unies). Il se concentre quasi exclusivement sur les sujets bovins et atteint une perfection dans leur représentation.

Le Taureau (1647), Mauritshuis, La Haye

Biographie[modifier | modifier le code]

Quelques années après sa naissance, en 1628, sa famille emménage à Leyde, puis à Amsterdam en 1631, où le jeune Paulus étudie l'art pictural auprès de son père, Pieter Symonsz Potter (1597-1652). Ayant probablement étudié également avec le peintre Claes Moeyaert, il est enregistré en 1641, comme étudiant du peintre d'histoire Jacob de Wet (1610-1671). Au milieu des années 1640, il abandonne la peinture d'histoire et se spécialise dans la peinture d'animaux dans des paysages et dans des scènes paysannes. Sous l'influence de Peter van Laer, ses animaux deviennent plus monumentaux et ses compositions plus concentrées. Ses peintures de la fin des années 1640 sont caractérisées par leur naturalisme rustique.

En 1646, il devient membre de la guilde de Saint-Luc de Delft, mais en 1649, il s'installe à La Haye, près de l'atelier de Jan Van Goyen, dont il loue une des maisons jusqu'en 1652[1]. Il épouse la fille d'un entrepreneur en bâtiment qui le fait connaître auprès de l'élite bourgeoise de la ville. Bien qu’Amélie de Solms-Braunfels, mécène et membre de la famille du stathouder achète une de ses toiles, les sujets rustiques de ses œuvres ne plaisent guère à certaines aristocrates de la cour.

En mai 1652, il retourne à Amsterdam. Impressionné par ses manières civilisées et son raffinement, le chirurgien Nicolaes Tulp, celui de La Leçon d'anatomie du docteur Tulp de Rembrandt, lui commande le portait de son fils Dirck.

Potter, qui meurt peu après, de la tuberculose[2] à 29 ans, aura une grande influence sur les artistes qui peindront des paysages très au-delà du début du XIXe siècle.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses plus grandes œuvres sont exposées au Rijksmuseum d'Amsterdam, mais également au Musée du Louvre de Paris, à la Wallace Collection de Londres, à la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde, à la Gemäldegalerie Alte Meister de Cassel. Son tableau le plus célèbre, intitulé Le Taureau (1647), se trouve au Mauritshuis de La Haye.

Des gravures ont été réalisées par Marcus de Bie, et son travail beaucoup influencé ses contemporains comme Karel du Jardin et Adriaen van de Velde. Albert Klomp (1618-1688) est quasiment un de ses imitateurs[1].

On peut estimer que cette concentration sur un sujet unique (les bovins), malgré quelques écarts vers les chevaux ou les chiens, constitue une démarche qui offre un prélude à l'abstraction. Dans cette perspective, Paulus Potter est un maître dont les répercussions résonnent encore dans l'art contemporain.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • Petite famille avec son troupeau (1646), 29 × 37 cm ;
  • La Laitière (1646), huile sur panneau de chêne, Wallace Collection, Londres[1] ;
  • Jeune Taureau (1647), huile sur toile, 235 × 339 cm, Mauritshuis de La Haye[3] ;
  • Les Paysans et leur bétail (1648), huile sur panneau de chêne, 37 × 42 cm, Wallace Collection, Londres[1] ;
  • Jeune paysanne en train de traire (1648), Collection Bentinck-Thyssen[4] ;
  • Deux chevaux dans un pré près d'une barrière (1649), huile sur bois, 23 × 30 cm, Rijksmuseum, Amsterdam[5] ;
  • Deux chevaux de trait devant une chaumière (1649), 26 × 24 cm - huile sur bois, exposée au Musée du Louvre ;
  • Le Bois de La Haye (1650 - 38 × 40 cm - huile sur bois), exposée au Musée du Louvre ;
  • Orphée charmant les animaux (1650) ;
  • Le Cheval pie (1650-1654), huile sur toile, 49 × 45 cm, J. Paul Getty museum, Los Angeles[2] ;
  • Le Cheval pie (1653), huile sur bois, 41 × 30 cm, Musée du Louvre[6] ;
  • Bétail dans le brouillard (1653), huile sur panneau de chêne, 39 × 34 cm, Wallace Collection, Londres[1] ;
  • Tête de mouton (1654), huile sur toile, 75 × 70,5 cm, Dijon, musée des beaux-arts de Dijon ;
  • Quatre vaches dans un pré (1651 - 30 × 25 cm - huile sur bois), exposée au Rijksmuseum ;
  • Les Troupeaux (1651), National Gallery de Londres ;
  • La Prairie (1656), huile sur toile, 121 × 84 cm, achetée par Louis XVI en 1784, exposée au musée du Louvre.

Références dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne, le Nautilus est décoré de peintures, dont des Vernet :

« Les diverses écoles des maîtres anciens étaient représentées par une madone de Raphaël, une vierge de Léonard de Vinci, une nymphe du Corrège, une femme du Titien, une adoration de Véronèse, une assomption de Murillo, un portrait d’Holbein, un moine de Vélasquez, un martyr de Ribera, une kermesse de Rubens, deux paysages flamands de Téniers, trois petits tableaux de genre de Gérard Dow, de Metsu, de Paul Potter, deux toiles de Géricault et de Prud'hon, quelques marines de Backuysen et de Vernet. »

— Chap. IX.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Stephen Duffy et Jo Hedley, The Wallace Collection’s Pictures : A complete catalogue, Unicorn Press and Lindsay Fine art, , 515 p., 29 cm (ISBN 978-0-90629-038-5), p. 329-331.
  2. a et b Christiane Di Mattéo, Chefs d’œuvre du J. Paul Getty Museum : Peintures, Thames & Hudson, , 128 p., 28 cm (ISBN 978-2-87811-128-6), p. 65.
  3. James Stourton, Petits Musées, grandes collections : Promenade à travers l’Europe, Scala, (ISBN 2-86656-327-1), p. 154.
  4. François Daulte, La Collection Bentinck-Thyssen aux Musées de l’Etat du Grand-Duché de Luxembourg, Bibliothèque des Arts, Lausanne, , p. 39.
  5. Emile Meijer, Les Trésors du Rijksmuseum Amsterdam, Scala Books, (ISBN 2-86656-022-1), p. 88.
  6. Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité au XIXème siècle, Musée du Louvre Editions, , 589 p. (ISBN 2-35031-032-9), p. 463.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Timothy Cole, « Old Dutch Masters. Paul Potter » dans Century Magazine, vol. 48, numéro 6, octobre 1894 (lire en ligne)
  • (fr) Ruud Priem, Marc Restellini et Peter Sigmond, L'Âge d'Or hollandais - de Rembrandt à Vermeer avec les trésors du Rijksmuseum, éd. Pinacothèque de Paris, 2009, 304 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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