Aller au contenu

Angelica Kauffmann

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Angelica Kauffmann
Autoportrait (1785),
Munich, Neue Pinakothek.
Naissance

Coire, Ligue de la Maison-Dieu, État libre des Trois Ligues, aujourd'hui Canton des Grisons, Suisse
Décès
Sépulture
Période d'activité
Nom dans la langue maternelle
Maria Anna Angelika KauffmannVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Lieux de travail
Mouvement
Père
Mère
Cleophea Lutz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoints
Antonio Zucchi (de à )
Frederick de Horn (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Parentèle
Rudolf-Alois Kauffmann (d) (cousin germain)Voir et modifier les données sur Wikidata
Archives conservées par
Archives of American Art (AAA.leocast, Box 52, Folder 33-34, AAA.womabuil, Box 12, Folder 19, AAA.irellero, Box 2, Folder 62)[1],[2],[3]
Smithsonian InstitutionVoir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
signature d'Angelica Kauffmann
Signature

Angelica Catherina Kauffmann, née le à Coire et morte le à Rome, est une artiste peintre autrichienne.

Elle est l'une des femmes peintres et portraitistes les plus célèbres du XVIIIe siècle[4]. Son style est à mi-chemin entre le néoclassicisme et l’Empfindsamkeit. Connue pour ses portraits et ses autoportraits, Kauffmann se spécialise également dans la représentation de thèmes historiques et mythologiques tels que Zeuxis et Pygmalion[5]. C'est également une des premières et rares femmes peintres à avoir connu un succès international[4], de son vivant[6], et l'une des plus éminentes représentantes de l'autoportrait féminin en peinture.

Angelica Kauffmann est la fille du peintre autrichien Joseph Johann Kauffmann (1707–1782). Originaire du Voralberg[7], il était installé à Coire, en tant que peintre de la cour de l'évêque de Coire. Elle s'exerce fort jeune à la peinture. En 1752, sa famille s'installe à Côme, où le père devient peintre du comte de Salis, noble famille d'origine suisse.

Elle développe ses talents d'enfant prodige et apprend son art au bord du lac de Côme et à Milan, où elle se spécialise dans les portraits et s'instruit en musique. Son père se charge de son éducation et sa mère de l'allemand, de l'italien et plus tard du français. Elle peint son premier autoportrait en 1753, à douze ans. De 1754 à 1757, la famille voyage en Italie et s'arrête à Milan chez un gouverneur-général autrichien[a], et au palais du duc de Modène d'Este. Habilement promue par son père, celui-ci la présente aux mécènes nobles, artistes et touristes de prestige, d’Italie[4].

Lorsque sa mère meurt, à Milan, le , la jeune fille s'installe au pays natal paternel dans la forêt de Brégence, où son père décore tout l'intérieur de l'église, endommagée après un incendie. De cette époque datent plusieurs tableaux de jeunesse de l'artiste. Son père la charge également de peindre, à l'église, les personnages des apôtres — son unique travail de fresque —, d'après Piazzetta[8].

Cette tâche accomplie, elle part entre 1757 et 1759 pour Meersburg et Tettnang, afin, entre autres portraits, de peindre ceux du prince-évêque de Constance, le cardinal von Rodt, et des membres de la famille du comte de Montfort. Elle retourne en Italie avec son père en 1760 pour étudier les antiques et l'art de la Renaissance. Ils séjournent à Milan, Modène et Parme, et le arrivent à Florence. Le , elle est nommée membre d'honneur de l'Académie des beaux-arts de Bologne et, cinq jours, plus tard, obtient le diplôme de l'Accademia di Disegno (elle a 21 ans). De janvier 1763 à 1766, le père et sa fille se fixent à Rome. Elle y fait de nombreux portraits dont celui du fameux Johann Joachim Winckelmann qui habitait alors à Rome. Entretemps, elle entreprend un voyage à Naples et à Ischia entre le et le . Elle peint plusieurs copies au palais Capodimonte et remercie le roi de Naples, encore enfant, par un portrait. Elle est lancée à Naples par les nombreux Anglais qui s'y trouvent. Elle exécute le portrait de l'acteur David Garrick en séjour à Naples, qui est tellement satisfait du tableau qu'il permet au père d'Angelica de l'envoyer à Londres à l'exposition de la Society of Artists. Ce tableau fit le début de sa renommée à Londres.

Autoportrait (entre 1780 et 1785), 76,5 × 63 cm, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage.

Le , elle est acceptée comme membre de l'Accademia di San Luca de Rome. Le , elle se rend à Venise en passant par Bologne.

Antonio Pietro Zucchi, Angelica Kauffmann, collection privée[9].

À l'invitation de Lady Wentworth, son père et elle se rendent à Londres[6]. Arrivés le , ils disposent d'un appartement donnant sur Suffolk Street à Charing Cross. À Londres, où elle fonde un atelier, elle est rapidement acclamée par la meilleure société, au point de susciter une véritable « Angelicamanie[b] ».

Elle rend visite à Reynolds à son atelier, le suivant. Les deux artistes se feront mutuellement leurs portraits par la suite. Elle acquiert une grande réputation comme portraitiste[6]. En 1767, elle rencontre un aventurier du nom de Brandt, mais qui prenait le titre de comte de Horn, dont il était le valet. Tous deux étant catholiques, Angelica l’épouse secrètement, en novembre de la même année. Face aux incessantes demandes d’argent de son mari, Angelica avoue tout à son père, qui découvre l’identité réelle de Brandt, et surtout qu’il est déjà marié. En février 1768, le mariage est annulé, non sans qu’Angelica lui ait encore payé 300 livres, pour prix de son départ, afin d’éviter le scandale[10].


Reynolds a été au nombre de ceux qui ont aidé Angelica à traverser cette crise : il l’a même fait nommer, en 1768, à la nouvelle Royal Academy[10], dont elle est un des membres fondateurs[11],[6]. Lors de ses débuts à Londres, elle a bénéficié du patronage de plusieurs femmes pour lesquelles elle réalise des portraits dont Anne Seymour Conway, qui deviendra plus tard sculptrice. Parmi ses commanditaires d'influence se démarquent également des membres de la famille royale[6] tels que la princesse Augusta Charlotte de Hanovre, mère de George III, ainsi que la reine Charlotte de Mecklembourg-Strelitz qui l’aide à établir sa réputation[12].

À Londres, elle épouse en le peintre vénitien Antonio Zucchi qui, comme elle, a connu le succès en Angleterre avant de se retirer dans les États pontificaux. Elle repasse, après son mariage, à Schwarzenberg, dans les Flandres, à Padoue, à Vérone et à Venise, et confirme sa réputation en Italie avec plusieurs ouvrages très remarqués. Son père meurt en .

Stèle commémorative, Schwarzenberg, église paroissiale de la Sainte-Trinité.

Installation à Rome

[modifier | modifier le code]

En , elle et son mari achètent un atelier à Rome, près de la Trinité-des-Monts. L'ancienne maison du peintre Anton Raphael Mengs au 72 de la Via Sistina devient le lieu de rencontre des artistes de la Ville éternelle et également celui de leurs commanditaires issus de la haute aristocratie[13]. Elle est une des personnes exceptionnelles à Rome à la fin du XVIIIe siècle avec ses relations internationales étendues et un grand cercle d'amis. L'empereur Joseph II est venu en invité d'honneur, ainsi que le prince héritier de Bavière, la duchesse de Saxe-Weimar, l'un des esprits les plus éclairés de son temps. L'autoportrait de Munich a été commandé en 1784 par le comte Lactanz Firmian (d) de Salzbourg pour sa collection de portraits d'artistes au palais Leopoldskron, dissoute après sa mort en 1786[14]. Goethe en 1787, ou encore Herder en 1788 et 1789, lui rendent visite. Ce dernier qualifie Angelica Kauffmann de « femme la plus cultivée d'Europe. » Une amitié étroite la lie jusqu'à la mort avec Johann Friedrich Reiffenstein (de) (1719-1793), acheteur d'art pour les grands collectionneurs.

En 1794, elle présente un autoportrait magistral où elle se représente à la croisée des chemins entre les allégories de la Musique et la Peinture[15]. Cette œuvre représente un point tournant de la vie de l’artiste, lorsqu'elle choisit de mettre en avant sa carrière de peintre au détriment de ses talents musicaux[12]. Son mari Antonio Zucchi meurt en 1795. Par la suite, elle vit retirée, peignant de plus en plus de toiles à sujets religieux. Gravement malade depuis 1802, elle meurt le . Elle est enterrée à Rome à l'église Sant'Andrea delle Frate.

Postérité

[modifier | modifier le code]

Un musée porte son nom à Schwarzenberg[16].

  • « Retrospektive Angelika Kauffmann », Düsseldorf, Kunstmuseum, -  ; Munich, Haus der Kunst, -  ; Coire, Bündner Kunstmuseum, -.
  • Verrückt nach Angelica Kauffmann, Düsseldorf, Kunstpalast, 30 janvier au 24 mai 2020[19]
  • Angelica Kauffmann, Royal Academy of Arts, Londres, 28 juin au 20 septembre 2020[19]

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Milan appartenait alors à l'empire d'Autriche.
  2. Un graveur local a dit que les Londoniens étaient “Angelicamad[4].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « https://n2t.net/ark:/65665/mw988fe94e0-e710-4c71-8fd2-0aedf4c9608e »
  2. « https://n2t.net/ark:/65665/mw94f052764-e63a-4881-bff0-bf7ef40b44ae »
  3. « https://n2t.net/ark:/65665/mw997fddc83-1a5e-4b12-b0e3-ba9da1cc4e18 »
  4. a b c et d (en) Waltraud Maierhofer, « Angelica Kauffmann, the Elusive Painter », Eighteenth-Century Studies, vol. 41, no 4,‎ , p. 578-85 (ISSN 1086-315X, lire en ligne, consulté le ).
  5. (en) Tobias G. Natter (ed.) et Magdalena Haüsle, Angelica Kauffman : a woman of immense talent, Ostfildern, Hatje Cantz, , 286 p. (ISBN 978-3-7757-1984-1, OCLC 190797757, lire en ligne).
  6. a b c d et e Marianne Menzel, Les Grandes Femmes de l'Histoire : de Hatchepsout à Diana, Paris, Books & Co, , 239 p., illustr. ; in-8º (ISBN 978-2-84584-055-3, OCLC 47968720, lire en ligne).
  7. Silvia Meloni, « Notices biographiques », dans Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti, Paris, Editions Place des Victoires, (ISBN 2-84459-006-3), p. 651
  8. (en) Geraldine Penrose Fitzgerald, Angelica Kauffman, by Frances A. Gerard, , in-8º (OCLC 876868269, lire en ligne), p. 380.
  9. Catalogue Christie's
  10. a et b English Showalter, Jr, « De Madame de La Pommeraye à Ruy Blas », Revue d’histoire littéraire de la France, Paris, vol. 66, no 2,‎ , p. 238-52 (ISSN 2105-2689, lire en ligne).
  11. (en) Notice sur le site de la Royal Academy of Arts.
  12. a et b (en) Bettina Baumgärtel (éd.), Alison Gallup et Bronwen Saunders, Angelica Kauffman, London, Royal Academy of Arts, , 207 p., illustr., portr ; 29 cm (ISBN 978-3-7774-3462-9, OCLC 1140941443, lire en ligne).
  13. (en) Wendy Wassyng Roworth, « A Celebrity Artist’s Studio : Angelica Kauffman in Rome », Studies in Eighteenth-Century Culture, vol. 47, no 1,‎ , p. 137–150 (ISSN 1938-6133, DOI 10.1353/sec.2018.0011, lire en ligne, consulté le ).
  14. Autoportrait de Munich
  15. (en) National Trust, « Self-portrait of the Artist hesitating between the Arts of Music and Painting 960079 », sur www.nationaltrustcollections.org.uk (consulté le ).
  16. Musée Angelica Kauffmann
  17. Encyclopédie Larousse
  18. Renaissance du Musée de Brest, acquisitions récentes : [exposition], musée du Louvre, Aile de Flore, Département des Peintures, 25 octobre 1974-27 janvier 1975, Paris, , 80 p..
  19. a et b Angelica Kunstpalast Düsseldorf et Royal Academy of Arts, Angelica Kauffman, Hirmer, (ISBN 978-3-7774-3459-9 et 978-3-7774-3462-9)

Bibliographie

[modifier | modifier le code]

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]