Valentin de Boulogne

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Valentin de Boulogne
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 41 ans)
RomeVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnoms
Jean Valentin
Le ValentinVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Maître
Élèves
Lieu de travail
Mouvement
Influencé par

Valentin de Boulogne, dit le Valentin, de son vrai nom Jean Valentin, né le à Coulommiers et mort le à Rome, est un peintre français, l’un des plus talentueux et des plus illustres représentants du caravagisme.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un peintre verrier dont la famille était originaire de Coulommiers, depuis 1489, Jean Valentin a été baptisé dans la paroisse de Saint-Denys, le 3 janvier 1591, ce qui place 1590 comme son année de naissance probable. Son nom de Boulogne, Boullogne ou Boulongne fait référence à la ville de Boulogne-sur-Mer, au XVIIIe siècle il est identifié sous le nom de Moïse (ou Moyse)[1] Valentin, ainsi que Valentin de Coulommiers[2].

Soldats jouant aux cartes et aux dés (Les tricheurs).
La Diseuse de bonne aventure et les soldats.

Son père, également nommé Valentin, et son oncle Jean étaient tous les deux peintres. On présume que Valentin a été formé à son art dans l’atelier de son père, avant de se rendre à Paris ou Fontainebleau, et qu’il suivit l’enseignement de Simon Vouet, qu’il admirait et dont il s’inspira. Il partit ensuite pour l’Italie.

Peintre de scènes de genre et de tableau religieux, Valentin fera sa carrière essentiellement à Rome. Il n’est pas exclu qu’il soit arrivé à Rome, dès 1609. La première trace irréfutable de sa présence en Italie est sa mention dans une plainte contre « Valentino Bologna Gallo » de 1614. Il est contemporain en cela de Simon Vouet et Nicolas Tournier. Il est à nouveau mentionné dans les stati d’anime de 1620, comme résidant sur la paroisse de Santa Maria del Popolo. Étudiant en Italie sous Simon Vouet, Valentin a subi l’influence du Caravage et de ses disciples Cecco del Caravaggio, de Bartolomeo Manfredi et du Spagnoletto.

Le Caravage « suivait un programme militant réellement réaliste, rejetant à la fois le maniérisme et le naturalisme classifiant[3] », utilisant un style audacieusement naturaliste, qui flattait les aspirations de l’Église de la Contre-Réforme en mettant l’accent sur l’humanité commune des apôtres et des martyrs, tandis que son style clair-obscur vif améliorait la tridimensionnalité et le drame, tout en évoquant le mystère de la foi. Manfredi, quant à lui, connu comme le disciple le plus proche du Caravage, a adopté, dans les toiles dramatiquement éclairées de sa période ultérieure, le thème cher au Caravage de la scène de la taverne avec des gens ordinaires, même des sujets religieux, dont les figures sont représentées près de la surface de l’image pour impliquer le spectateur dans l’action.

Bien que le Caravage et Manfredi aient influencé le style et les thèmes devenus communs dans l’œuvre de Valentin, celui-ci a également étudié sous Simon Vouet, considéré comme un peintre de premier plan par ses contemporains, et dont les premières œuvres présentent des influences caravagesques en déployant des contrastes dramatiques de lumière avec une palette de noir, de brun et de blanc. Valentin a réussi avec un type de composition inventé par le Caravage dans lequel diseuses de bonne aventure, buveurs ou joueurs sont regroupés autour d’une table. Valentin lui-même était friand de beuveries et de bon vin. Environ 75 de ses œuvres survivent. Le génie de Valentin montre la subtilité de l’expression psychologique et de l’interaction entre ses personnages, ainsi que dans le raffinement et la finesse de sa technique picturale.

Valentin de Boulogne aurait disparu après s’être baigné dans les eaux glacées de la Fontana del Tritone de la piazza Barberini, après un excès de boisson[4],[5]. Pierre de Francqueville et Nicolas Tournier étaient au nombre de ses élèves[6].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ce nom Moïse ne serait pas son véritable prénom, mais une altération de la forme italienne de « monsieur » cf John Gash, « Caravaggio, Michelangelo Merisi da (1571 - 1610), painter », sur Grove Art Online, (ISBN 978-1-88444-605-4).
  2. Pierre-Jean Mariette, Abecedario de P. J. Mariette et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes, t. 6. van Santen-Zumbo, Paris, J. B. Dumoulin, , 6 vol. 22 cm, p. 358.
  3. John Gash, « Caravaggio, Michelangelo Merisi da (1571 - 1610), painter », sur Grove Art Online, (ISBN 978-1-88444-605-4, consulté le 5 juillet 2017).
  4. « Valentin de Boulogne, une vieille connaissance », express.ca, (consulté le 5 mars 2017).
  5. (en) « ‘Valentin de Boulogne,’ Bright Star in Caravaggio’s Orbit », The New York Times, (consulté le 6 mars 2017).
  6. Valentin de Boulogne in the RKD
  7. Larousse.fr
  8. Musée de Strasbourg
  9. Rare exemple de tableaux toujours au même endroit depuis plus de 300 ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalogue de l’exposition, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, 1974, Valentin et les caravagesques français, commissaires de l'exposition Arnauld Brejon de Lavergnée et Jean Pierre Cuzin.
  • Marina Mojana, Valentin de Boulogne, Milan, 1989.
  • Keith Christiansen (dir.) et Annick Lemoine (dir.), Valentin de Boulogne : Réinventer Caravage, Paris, Louvre éditions – Officina Libraria, , 268 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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