Bernardo Strozzi

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Bernardo Strozzi
Bernardo strozzi, pifferaio.JPG

Le joueur de flûte (par Bernardo Strozzi)

Naissance
Décès
Activités
Œuvres réputées

Bernardo Strozzi, dit il Capucino Genovese ou encore il Prete Genovese, né à Gênes en 1581 et mort à Venise en 1644, est un peintre baroque italien, de l'école génoise. L'essentiel de ses activités s'est déroulé à Gênes, puis à Venise à partir de 1631. Entre maniérisme et caravagisme, son style s'inspire fortement des œuvres de Pierre-Paul Rubens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adoration des bergers (par Bernardo Strozzi)
Portrait de Claudio Monteverdi par Bernardo Strozzi (1640)
La cuisinière (par Bernardo Strozzi)
Élie et la pauvre veuve de Serepta, (c 1640-44)

Bernardo Strozzi (qui n'est en rien apparenté à la famille des célèbres marchands de Florence qui portent ce nom) est né à Gênes en 1581. A l'âge de 15 ans, il entre dans l'atelier de Pietro Sorri : il est alors influencé par le maniérisme et le luminisme des œuvres de Luca Cambiaso. Deux ans plus tard, il s'engage dans la vie religieuse, chez les Frères mineurs capucins. A la mort de son père, aux environs de 1608, il obtient l'autorisation de sortir du couvent pour s'occuper de sa mère et de sa sœur. C'est alors qu'il commence à exercer le métier de peintre : datant de cette époque, sa toile intitulée Adoration des bergers manifeste l'influence du franciscanisme. Afin de soutenir sa famille, il devient ingénieur au port de Gênes, entre 1615 et 1621, années durant lesquelles il fait la découverte des œuvres du peintre flamand Rubens. En 1625, il est accusé de pratiquer illégalement la peinture. Vers 1630, une fois sa mère décédée, les capucins le rappellent à ses vœux de religion. Sur son refus de réintégrer la vie claustrale, il est attaqué en justice et condamné à trois années de prison. Au terme d'un bref emprisonnement dans la capitale ligurienne, et afin d'échapper à l'emprise des capucins génois, il s'enfuit, en 1631, à Venise, où il poursuivra sa carrière, avec le surnom de il prete genovese (le prêtre génois), avant d'y décéder, le 2 août 1644. Il semble s'être, entre-temps, réconcilié avec le clergé, puisque lui sera décerné, en 1635, le titre de monsignore[1].

Dans la cité des doges, après la commande d'un portrait faite par le musicien Claudio Monteverdi, la renommée de Strozzi grandit, et il peint de nombreux portraits de Vénitiens. Il a également peint de plus grandes compositions. On cite de lui à Gênes une importante fresque, Le Paradis, à l'église S. Domenico; un Portrait d'un évêque au Palais Durazzo; Joseph en prison et Saint Jean-Baptiste au Palais Balbi. A Venise, l'église S. Benedetto conserve son Saint Sébastien, et l'on mentionne encore certains de ses ouvrages à Novi et à Voltri[2]. Il a d'ailleurs abordé les genres les plus divers : compositions religieuses, sujets mythologiques ou allégoriques, scènes de genre, natures mortes, portraits et académies. Peintre reconnu, il a été aussi dessinateur[3]. Parmi ses élèves et les peintres qu'il a fortement influencés, on notera Giovanni Andrea de Ferrari, Giovanni Bernardo Carbone, Valerio Castello, Domenico Fetti, Giovanni Benedetto Castiglione et probablement le Vénitien Giambattista Tiepolo.

Style[modifier | modifier le code]

Strozzi s'est montré sensible à des influences diverses : Luca Cambiaso, Rubens, et même Rembrandt, notamment dans La cuisinière et Le joueur de fifre, deux toiles qui se trouvent au Palazzo Rosso de Gênes. Souvent catégorisé comme un peintre maniériste,voire comme un artiste fruste mais expressif, on décèle aussi parfois chez lui une influence modérée du caravagisme. Durant son séjour vénitien, il aurait apporté à ses peinture davantage de lumière, de soleil, de couleurs, ce qui aurait encore accentué l'influence rubénienne sur son œuvre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Lieux accueillant ces œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 13, Paris, éditions Gründ,‎ , 4e éd., 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3023-5), p. 316
  2. Le Caravage et la peinture italienne du XVIIe siècle, Louvre, éditions Ministère D'état-Affaires Culturelles. Paris,‎ , 260 p.
  3. Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 13, Paris, éditions Gründ,‎ , 4e éd., 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3023-5), p. 315

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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