Bernardo Strozzi

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Bernardo Strozzi
Bernardo Strozzi - The Cook - WGA21913.jpg

La Cuisinière, vers 1625

Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Œuvres réputées
La Madone de la Justice (d), Portrait de jeune homme (d)Voir et modifier les données sur Wikidata


Bernardo Strozzi, dit il Capucino Genovese ou encore il Prete Genovese, né à Gênes en 1581 et mort à Venise en 1644, est un peintre baroque italien, de l'école génoise. L'essentiel de ses activités s'est déroulé à Gênes, puis à Venise à partir de 1631. Entre maniérisme et caravagisme, son style s'inspire fortement des œuvres de Pierre-Paul Rubens.

Biographie[modifier | modifier le code]

Adoration des bergers, 1615
Walters Art Museum
Portrait de Claudio Monteverdi, 1640
Tyrolean Museum Ferdinandeum
Innsbruck
Élie et la pauvre veuve de Serepta, 1640-44
Kunsthistorisches Museum
Le joueur de flûte
Palazzo Rosso, Gênes

Bernardo Strozzi (qui n'est en rien apparenté à la famille des célèbres marchands de Florence qui portent ce nom) est né à Gênes en 1581. Elève de Cesare Corte, il entre à l'âge de 15 ans, dans l'atelier de Pietro Sorri[1].

Deux ans plus tard, il s'engage dans la vie religieuse, chez les Frères mineurs capucins et peint de petits tableaux de dévotion pour le couvent de San Barnaba[1]. En 1610, après la mort de son père, il obtient l'autorisation de sortir du couvent pour s'occuper de sa mère et de sa sœur. C'est alors qu'il commence à exercer le métier de peintre : datant de cette époque, sa toile intitulée l'Adoration des bergers manifeste l'influence du franciscanisme. Afin de soutenir sa famille, il devient ingénieur au port de Gênes, entre 1615 et 1621, années durant lesquelles il fait la découverte des œuvres du peintre flamand Rubens. On cite de lui à Gênes un Portrait d'un évêque au Palais Durazzo; Joseph en prison et Saint Jean-Baptiste au Palais Balbi[2]. En 1625, il est accusé de pratiquer illégalement la peinture.

Vers 1630, une fois sa mère décédée, les capucins le rappellent à ses vœux de religion. Sur son refus de réintégrer la vie claustrale, il est attaqué en justice et condamné à trois années de prison. Au terme d'un bref emprisonnement dans la capitale ligurienne, et afin d'échapper à l'emprise des capucins génois, il s'enfuit, en 1631, à Venise, où il poursuivra sa carrière, avec le surnom de il prete genovese (le prêtre génois).

Dans la cité des doges, après la commande d'un portrait faite par le musicien Claudio Monteverdi, la renommée de Strozzi grandit, et il peint de nombreux portraits de Vénitiens. Il a également peint de plus grandes compositions. Il a d'ailleurs abordé les genres les plus divers : compositions religieuses, sujets mythologiques ou allégoriques, scènes de genre, natures mortes, portraits et académies. A Venise, l'église S. Benedetto conserve son Saint Sébastien, et l'on mentionne encore certains de ses ouvrages à Novi et à Voltri[2].

Il se réconcilie avec le clergé, puisque lui sera décerné, en 1635, le titre de monsignore[3].

Peintre reconnu, il a été aussi dessinateur[3]. Parmi ses élèves et les peintres qu'il a fortement influencés, on notera les génois Giovanni Andrea de Ferrari, Giovanni Bernardo Carbone, Valerio Castello et Giovanni Benedetto Castiglione, ainsi qu'à Venise Domenico Fetti et probablement Giambattista Tiepolo.

Il meurt le 2 août 1644.

Style[modifier | modifier le code]

Lors de sa formation, il est influencé par le maniérisme tardif de l'École siennoise comme dans les fresques de la villa Centurione en 1617[1], et par le luminisme des œuvres de Luca Cambiaso. Il se rapprocha aussi de la peinture de Procaccini et de Cerano comme dans l'ébauche pour les fresques perdues de Saint Dominique en 1620[1]. A Gênes, après avoir vu des oeuvres du Caravage, et suite au passage d'artistes caravagesques comme Battistello et Gentileschi, il s'intéressa à la représentation du réel. Strozzi s'est montré ensuite sensible à des influences diverses : Rubens, et même Rembrandt, notamment dans La cuisinière et Le joueur de fifre, deux toiles qui se trouvent au Palazzo Rosso de Gênes.

Durant son séjour vénitien, il aurait apporté à ses peintures davantage de lumière, de soleil, de couleurs, ce qui aurait encore accentué l'influence rubénienne sur son œuvre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

A Gênes
A Venise
Oeuvres non datées

Autres oeuvres selon les lieux d'exposition[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 13, Paris, éditions Gründ,‎ , 4e éd., 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3023-5), p. 315-316
  • Le Caravage et la peinture italienne du XVIIe siècle, Louvre, éditions Ministère D'état-Affaires Culturelles. Paris,‎ , 260 p.
  • L. Venturi, La peinture italienne, du Caravage à Modogliani, Genève, Skira, 1952.
  • O. Grosso, Il quadro di Erminia fra i pastori e la pittura dello Strozzi nel decennio 1620-1630, Gênes, 1942.
  • G. Migoni, Bernado Strozzi, Illustratione Italiana, N° 28, 1948.
  • E. Gavazza, Bernardo Strozzi, Genova 1581/82-Venezia 1644, Milan, Electa, 1995. (OCLC 33361838)
  • J. Spicer, Bernardo Strozzi: Master Painter of the Italian Baroque, Baltimore, The Walters Art Gallery, 1995. (OCLC 33225331)
  • R. Pallucchini, La pittura veneziana del Seicento, Milano, Electa, 1993. (OCLC 29675234)
  • C. Krawietz, Bernardo Strozzi, in Jan Shoaf Turner (éd.), The Dictionary of Art, Londres, 1996.
  • M. S. Hansen and J. Spicer (éd.), Masterpieces of Italian Painting, The Walters Art Museum, n° 43, Londres 2005.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise : Biographies, Editions Place des Victoires,‎ , 605 p. (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 591
  2. a et b Le Caravage et la peinture italienne du XVIIe siècle, Louvre, éditions Ministère D'état-Affaires Culturelles. Paris,‎ , 260 p.
  3. a et b Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et de tous les pays, vol. 13, Paris, éditions Gründ,‎ , 4e éd., 13440 p. (ISBN 978-2-7000-3023-5), p. 315-316
  4. Saint François, Australie
  5. Madone, Palazzo Rosso
  6. a, b, c, d et e Oeuvres à l'Ermitage
  7. File:Bernardo Strozzi - The Guardian Angel - Google Art Project.jpg|Ange gardien, Houston
  8. a, b et c Giovanna Nepi Sciré, La Peinture dans les Musées de Venise, Editions Place des Victoires,‎ , 605 p. (ISBN 978-2-8099-0019-4), p. 367-370
  9. Salomé, Berlin
  10. David, Cincinnati
  11. Saint Pierre, Sydney
  12. L'Annonciation, Budapest
  13. Yannick Lintz, Le Musée des Beaux-Arts, Agen, Réunion des Musées nationaux,‎ , 128 p. (ISBN 2-7118-4018-2), p. 62
  14. Wolfgang Prohaska, Le Kunsthistorisches Museum de Vienne : Peinture, C.H. Beck/Scala Books,‎ (ISBN 3 406 47459 4), p. 45
  15. Henry-Claude Cousseau, Le Musée des Beaux Arts de Nantes, Fondation Paribas,‎ , 125 p. (ISBN 2-297333-09-7[à vérifier : ISBN invalide]), p. 30
  16. a, b, c et d Strozzi au Palazzo Bianco

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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