Bronzino

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Bronzino
Alessandro Allori, santissima trinità, 1567-1571 circa, ritratto dei maestri, bronzino.jpg
Naissance
Décès
Nom de naissance
Agnolo di Cosimo
Activité
Peintre
Maître
Élève
Lieu de travail
Mouvement
Mécène
Influencé par
A influencé
Œuvres principales

Angelo di Cosimo ou Agnolo di Cosimo dit le Bronzino ou Agnolo Bronzino (17 novembre 1503, Florence23 novembre 1572, Florence), est un peintre maniériste italien. Il était le fils adoptif et apprenti de Pontormo, et aussi l'élève de Girolamo Genga. Il devrait son surnom à son teint sombre ou à la couleur de ses cheveux. Son disciple et fils adoptif, Alessandro Allori, était également surnommé « il Bronzino ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait d’Eléonore de Tolède et son fils Giovanni de Medicis

Il a partiellement inspiré à Hans Christian Andersen le conte Le Sanglier de bronze où l'un de ses tableaux est mis en scène :

« Beaucoup de gens passent devant ce tableau et le négligent, et il renferme pourtant un trésor de poésie; c'est Le Christ descendu dans le monde souterrain (...). Le florentin Angiolo Bronzino (sic) a peint ce tableau; ce qu'il y a de plus parfait, c'est la certitude exprimée dans le visage des enfants qu'ils iront au ciel(...)[1] »

Vers 1518 (probablement dès 1515), il est l'apprenti du Pontormo, qui l'aurait représenté (d'après Giorgio Vasari) dans son tableau Joseph en Égypte (assis sur une marche). Il l'aide dans des commandes importantes telles que les fresques de la chartreuse de Galluzzo, où il s'est réfugié pendant la peste, et les décorations de la chapelle Capponi à Santa Felicità.

Devenu peintre indépendant, les Della Rovere l'appellent à leur cour du Duché d'Urbino en 1530. Il y fait ses premiers portraits et élabore un style personnel. Au soin presque obsessionnel du dessin qui caractérise les oeuvres de Pontormo, il y ajoute un traitement très particulier de la couleur qu'il étale de façon claire et compacte, presque émaillée.

À Pesaro, il décore la villa impériale puis revient à Florence ou Pontormo le réclame pour des portraits (comme ceux d'Ugolino Martelli, de Bartolomeo Panciatichi et de sa femme),

Il entre au service des Médicis en 1539 pour les décorations du mariage de Côme de Médicis et d'Éléonore de Tolède pour laquelle il décorera toute une chapelle du Palazzo Vecchio et dont il fera le portrait en 1545. Ses portraits offrent l'image officielle de la cour des Médicis. Ils sont l'expression d'un pouvoir aristocratique, hors des contingences matérielles.

Ses deux œuvres clairement maniéristes sont La Déploration sur le Christ mort (1543-1545) et l’Allégorie du triomphe de Vénus (à la National Gallery de Londres) dont Erwin Panofsky décryptera savamment le contenu.

Il exécutera ensuite de nombreux cartons de tapisseries.

Il réalise le portrait de la poétesse Laura Battiferri en 1560 en suivant les canons imposés par la contre réforme.

Sa dernière œuvre marquante est le fresque du Martyre de Saint Laurent dans la Basilique San Lorenzo de Florence.

Il a eu sa part dans les débats qui ont animé les artistes de l'époque sur la supériorité de la peinture ou de la sculpture. Ardent défenseur de la peinture, le Bronzino réalise un tableau à deux faces, le Nain Morgante, où il représente un homme de face et de dos, pour démontrer la capacité de la peinture à faire sentir les volumes de la chair[2].

L'activité du Bronzino en tant que poète est moins reconnue. Il a néanmoins composé quelques recueils[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Portrait de Lorenzo Lenzi
Portrait de Lucrezia Panciatichi
Fresque de la Chapelle Eleonora da Toledo au Palazzo Vecchio (Florence)
Portrait de Lodovico Capponi
Détail de la fresque
Allégorie du Triomphe de Vénus, 1540-1545

A Florence[modifier | modifier le code]

Ailleurs en Italie[modifier | modifier le code]

En Europe[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Au Canada[modifier | modifier le code]

En Australie[modifier | modifier le code]

Doute sur l'authenticité d'une œuvre[modifier | modifier le code]

Saint Côme (vers 1543-1545), attribué à Bronzino.

À la clôture le 20 janvier 2020 de l'exposition de la collection Alana au musée Jacquemart-André, les autorités françaises saisissent, sur ordonnance de la juge Aude Buresi, le Saint Côme attribué à Bronzino, une huile sur bois de 81 × 56,2 cm[7]. Le tableau pourrait être un faux mis en circulation par Giuliano Ruffini (en) [8],[9].

Entré dans la collection Alana en 2011, le tableau est authentifié et attribué à Bronzino en raison de ses nombreux pentimenti par Philippe Costamagna, conservateur du musée Fesch d'Ajaccio et spécialiste de l'école florentine. Le tableau lui a été présenté chez Giuliano Ruffini. Il semblait appartenir à des marchands d'art espagnols présents lors de la rencontre. Cependant, le nom de Giuliani Ruffini n'apparaît pas dans le catalogue de l'exposition de la collection Alana au musée Jacquemart-André : seules sont mentionnées les provenances Juan Lamella à Londres et Hauser & Wirth (en) à Zurich en 2009 avant l'acquisition par la collection Alana en 2011. La galerie zurichoise indique n'avoir en sa possession aucun document relatif à une vente de cet ordre[7],[9].

Philippe Costamagna, qui a identifié le Saint Côme comme l'une des parties d'un ensemble dont La Déposition conservée au musée des Beaux-Arts et d'Archéologie de Besançon est la pièce maîtresse, considère que le tableau n'est pas un faux[10],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Andersen, Compilation complète des contes en quatre volumes (vol. 1), Mercure de France,, , 198 p.
  2. « exposition-bronzino-peintre-et-poete-a-la-cour-des-medicis-palazzo-strozzi-florence.php, Rétrospective le Bronzino à Florence », sur lintermede.com
  3. « Bronzino poeta », sur docs.google.com
  4. Nancy Grubb, Figures d’anges : Messagers célestes à travers les arts, Editions Abbeville, , 320 p. (ISBN 2-87946-082-4), p. 242
  5. Correspondance de la Gazette des Beaux-Arts de septembre 1860, p.57.
  6. a et b Carlo Falciani et Pierre Curie (dir.), La Collection Alana : Chefs-d'œuvre de la peinture italienne, Bruxelles, Fonds Mercator, , 216 p. (ISBN 978-94-6230-1542)
    Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition au musée Jacquemart-André du 13 septembre 2019 au 20 janvier 2020, notice de Carlo Falciani p. 166 et 168.
  7. a et b (en) Vincent Noce, « Alleged Bronzino seized from the Alana Collection in connection with ongoing Old Master scandal », The Art Newspaper (en),‎ (lire en ligne)
  8. Agathe Hakoun, « Faux tableaux : le présumé faussaire de l’affaire Ruffini arrêté », Connaissance des arts,
  9. a b et c (en) Tessa Solomon, « Alleged Bronzino Seized in France in Connection to Old Masters Forgery Ring », Art News,‎
  10. Didier Rykner, « Un Bronzino de la collection Alana saisi par les douanes », La Tribune de l'art,

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Catalogue de l'exposition au Palazzo Strozzi, Bronzino, Artist and Poet at the court of the Medici, Mandragora, , 359 p.
  • Stefano Zuffi, Le Portrait, Gallimard, (ISBN 2-07-011700-6), p.93
  • Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : La Peinture à Florence, Editions Place des Victoires, , 685 p. (ISBN 2-84459-006-3), p. 219-227

Liens externes[modifier | modifier le code]

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