Manifestations au printemps 2014 en Ukraine

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Les manifestations au printemps 2014 en Ukraine se déroulent pendant la crise ukrainienne de 2013-2014 dans de nombreuses villes de l'Est et du Sud de l'Ukraine en réaction au mouvement Euromaïdan. Ces manifestations antimaïdans sont parfois désignées sous le nom de Printemps russe[1] (Ру́сская весна́) par certains médias avant d'évoluer dans le Donbass, en une insurrection armée séparatiste[2],[3].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le 23 février 2014, le président du Parlement Oleksandr Tourtchynov, proche de Ioulia Tymochenko est nommé président par intérim, jusqu'à l'élection présidentielle prévue pour le 25 mai[4]. Le même jour, la résidence présidentielle de Ianoukovytch est nationalisée par le Parlement ukrainien[4] et une enquête est ouverte sur des dirigeants de la police ayant pris part aux répressions[4]. L'Ukraine reste fortement divisée entre l'ouest pro-européen, qui a pris le pouvoir, et le sud-est pro-russe. La possibilité d'une partition est même envisagée[5]. Le Parti des régions, qui s'est officiellement séparé de Ianoukovytch[4], reste sceptique quant à la résolution des problèmes économiques du pays[5]. Les médias ukrainiens dévoilent peu à peu le luxe des résidences des anciens dignitaires du régime[6][réf. insuffisante]. Outre la résidence privée de Ianoukovytch (Mejyhiria[7]), ils peuvent ainsi découvrir par exemple la résidence de l'ancien procureur général Pchonka[8]. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Arsen Avakov, annonce que des mandats d'arrêt pour « meurtres de masse » avaient été lancés à l'encontre de Ianoukovytch et d'autres anciens responsables[9]. Le 25 février, Arsen Avakov dissout les forces anti-émeutes (Berkout) par décret ministériel[10]. En abrogeant la loi sur les langues régionales (uk), la Rada (Parlement) retire au russe (comme roumain, au hongrois et au tatar de Crimée) le statut de langue officielle dans 13 des 27 régions (essentiellement au sud et à l'est du pays)[11]. Cela implique, non seulement que tous les documents officiels doivent être rédigés uniquement en ukrainien, mais aussi que les cours dans les écoles ne doivent être dispensés qu'en ukrainien, que tous les noms de ville et autres noms propres doivent suivre l'orthographe et la prononciation ukrainienne ce qui serait mal vécu par la population russophone d'Ukraine. La loi ne sera pas appliquée et, le 28 février 2014, le président par intérim Tourtchynov y opposera son véto.

Nationalités et langues dans la région de Donetsk (villes du Donbass)[modifier | modifier le code]

Secteurs comptant une population d'ethnie russe significative en Ukraine en 1994 (sans tenir compte de la langue russe pratiquée alors par la majorité de la population, avant la dérussification).
Russes Ukrainiens russophones Ukrainiens ukrainophones
Donetsk 48,2 % 35,9 % 10,8 %
Artemivsk 27,5 % 35,2 % 34,1 %
Horlivka 44,8 % 36,8 % 14,6 %
Dzerjynsk 36,1 % 40,7 % 20,9 %
Droujkivka 32,2 % 30,0 % 34,4 %
Yenakiieve 51,4 % 32,1 % 13,2 %
Jdanivka 47,4 % 37,1 % 11,2 %
Kirovske 41,6 % 37,8 % 16,4 %
Kostiantynivka 37,7 % 38,9 % 20,4 %
Kramatorsk 26,9 % 35,2 % 35,0 %
Makiivka 50,8 % 33,0 % 12,0 %
Marioupol 44,4 % 39,2 % 9,5 %
Sloviansk 23,6 % 30,2 % 42,9 %
Torez 45,1 % 35,5 % 15,3 %[12]

Opinion publique[modifier | modifier le code]

Soulèvement pro-russe de 2014 en Ukraine.
  •      Contrôlée par la Russie
  •      Insurrection armée
  •      Occupation de l'administration régionale
  •      Manifestations

Selon un sondage mené par l'Institut national de sociologie de Kiev (en) du 8 au 16 avril 2014 dans les régions de l'Est, la majorité des habitants souhaite la décentralisation du pouvoir de Kiev dans les régions (45,2 %) tandis que 24,8 % des habitants soutiennent une fédéralisation du pays[13], mais la majeure partie des habitants (74 %) considèrent le président intérimaire Oleksandr Tourtchynov comme illégitime[14].

Quelle forme d'État l'Ukraine devrait être Réponse
Unie 19,1 %
Unie mais décentralisation du pouvoir de Kiev dans les régions 45.2 %
Fédérale 24.8 %
Vote blanc/nul 10,8 %

Un autre sondage mené toujours par l'Institut national de sociologie de Kiev du 8 au 18 février 2014 évalue le soutien d'une union de l'Ukraine avec la Russie. Il a été constaté que, dans l'ensemble, 12 % des personnes interrogées sont favorables à une union avec la Russie[15]. Cependant, le soutien à une telle union s'est révélé beaucoup plus élevé dans certaines régions :

Dans un sondage mené du 14 au 26 mars par l'International Republican Institute, 26-27 % des personnes interrogées dans le sud et l'est de l'Ukraine considèrent l'Euromaïdan comme un coup d'État[16] mais seulement 5 % des sondés de l'Est Ukraine estiment que les russophones sont « certainement » sous pression ou menace de la part des nouvelles autorités. 43 % des Russes ethniques ont toutefois soutenu la décision de la Fédération de Russie d'envoyer son armée pour protéger les citoyens russophones d'Ukraine en Crimée. 1 habitant sur 3 de Donetsk se considère comme citoyen ukrainien[16]. Le même sondage a déterminé que 66 % des résidents de Donetsk souhaitent rester dans l'Ukraine, tandis que 18,2 % souhaitaient une union avec la Russie et 4,7 % l'indépendance[17]. Un deuxième sondage mené du 26 au 29 mars a montré que 77 % des résidents a condamné la prise des bâtiments administratifs, tandis que 16 % soutiennent ces actions. En outre, 40,8 % des citoyens de Donetsk sont pour l'unité de l'Ukraine, tandis que 26,5 % sont pro-russes.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Manifestants pro-russes retirant un drapeau ukrainien d'un édifice, oblast de Donetsk, 1er mars 2014.

Le 23 février 2014, peu après le changement de pouvoir, les pro-Maïdan sont minoritaires dans le sud-est[réf. nécessaire], notamment à Odessa, Donetsk et le Donbass, ou bien à Kharkiv où ils sont empêchés de déboulonner la statue de Lénine[18]. Ce même jour, dans la même ville, des anti-Maïdan s'affrontent aux pro-Maïdan sur la place de la Liberté[19]. Une partie de l'Est ne reconnaît pas les nouvelles institutions, ainsi que certains députés du Parti des régions, alors même qu'ils ont lâché Ianoukovytch[20]. L'interdiction de la langue russe dans les 13 régions sur les 27 que compte l'Ukraine met en effet le feu aux poudres, même si le président par intérim Tourtchinov explique ensuite qu'il ne fera pas entrer cette mesure en vigueur pour le moment. Dans le sud-est, des brigades d'autodéfense commencent à se former, notamment à Sébastopol[21]. Dans cette ville, où se trouve une importante base navale louée par l'Ukraine à la flotte de la mer Noire russe ainsi qu'une population russophone, un nouveau maire pro-russe, Alexeï Tchaly, est élu à main levée pour « le retour à la stabilité »[21].

Le 1er mars, des manifestations pro-russes massives ont lieu dans les régions russophones du pays, notamment à Kharkiv, Donetsk ou Odessa[22]. Le 3 mars, trois cents manifestants pro-russes investissent le bâtiment administratif régional de Donetsk[23] ; la contagion des événements de Crimée à des villes de l'Ukraine orientale laisse présager une partition du pays. Le 3 mars, deux cents à cinq cents manifestants pro-russes à Odessa tentent de hisser le drapeau russe au sommet du bâtiment de l'administration régionale d'Odessa et demandent un référendum sur l'établissement d'une « République autonome d'Odessa ».

Le 16 mars, des manifestations pro-russes ont lieu dans les villes industrielles de l'est de l'Ukraine alors que la Crimée vote le même jour son rattachement à la Russie. À Donetsk, des manifestants pénètrent aux sièges du parquet et des services spéciaux, à l'issue d'une manifestation de deux mille personnes en faveur du rattachement à la Russie. À Kharkiv, ce sont six mille manifestants qui organisent, et ce malgré l'interdiction de la justice, un meeting-référendum pour plus d'autonomie et pour la « souveraineté » de la langue russe. Des milliers d'entre eux marchent ensuite vers les bureaux d'organisations nationalistes où ils brûlent drapeaux, livres et tracts devant l'entrée. Les partisans de Kiev décident de leur côté d'annuler leur manifestation afin d'éviter des provocations après qu'une personne a été poignardée à mort à Donetsk le 13 mars et que deux personnes ont été tuées dans la nuit du 14 au 15 mars à Kharkiv, au cours d'une fusillade impliquant nationalistes radicaux et militants pro-russes[24],[25]. Le 25 mars, la diffusion de quatre grandes chaînes de télévision russes est interdite en Ukraine en raison de « mauvaise représentation des faits[26] ».

Le 5 avril, le Service de sécurité d'Ukraine arrête un groupe de quinze personnes à Louhansk en possession de 300 mitrailleuses, un lance-roquettes anti-chars, 5 pistolets et des cocktails molotov. Selon les autorités ukrainiennes, le groupe planifiait de s'emparer de Louhansk (à quinze personnes) par la force le 10 avril[27]. Le 7 avril, à la suite de la saisie du bâtiment gouvernemental de Donetsk par des manifestants pro-russes, la République populaire de Donetsk est proclamée et les séparatistes annoncent la tenue d'un référendum sur le statut de la ville, le 11 mai[28]. Le lendemain, la Russie met en garde que l'utilisation de la force par les autorités ukrainiennes pour réprimer les protestations dans l'est du pays pourrait mener à une guerre civile[29].

Principales manifestations pro-russes[modifier | modifier le code]

Manifestations par région Ville Nombre de manifestants Date Références
Pro-russia-protests.png
Sébastopol 2 000+ 23 février [30]
Kertch 200 24 février [31]
Simferopol 2 000+ 26 février [32]
Odessa 5 000-20 000 1er mars [33],[34]
Marioupol 2 000-5 000 1er mars [35],[36]
Dnipropetrovsk 1 000–3 000 1er mars [37]
Mykolaïv 5 000–6 000 2 mars [38]
Kherson 400 2 mars [39]
Louhansk 10 000 9 mars [40]
Donetsk 2 000-15 000 6 avril [41],[42]
Kharkiv 2 000 6 avril [43]
Zaporijia 5 000 6 avril [44]
Louhansk 1 000 6 avril [45]
Kiev 30 22 juin

Contre-manifestations pro-ukrainiennes[modifier | modifier le code]

Manifestations par région Ville Nombre de manifestants Date Références
Pro-ukraine-protests.png
Kharkiv 30 000 22 février [46]
Simferopol 5 000 26 février [47]
Dnipropetrovsk 10 000 2 mars [48]
Sumy 10 000+ 2 mars [49],[50],[51]
Mykolaïv 5 000–10 000 2 mars [52]
Kiev 8 000 2 mars [52]
Zaporijia 5 000+ 2 mars [53],[54]
Tchernihiv 2 000+ 2 mars [51]
Jytomyr 2 000 2 mars [51]
Tcherkassy 1 000+ 2 mars [55]
Kryvyï Rih 1 000+ 2 mars [50]
Poltava 1 000+ 2 mars [50]
Donetsk 5 000 5 mars [56]
Kirovohrad 100 9 mars [57]
Kherson 3 000 22 mars [58],[59]
Odessa 10 000–15 000 30 mars [60]
Kramatorsk 200 30 mars [61]
Louhansk 1 000 13 avril [62]
Donetsk 5 000-7 000 17 avril [63],[64]
Kramatorsk 1 000 17 avril [65]
Kryvyï Rih 10 000+ 19 avril [66]
Marioupol 1 000+ 23 avril [67]
Tcherkassy 4 050 1er mai [68]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) « "Русская весна" на Юго-Востоке Украины », sur RIA Novosti,‎ .
  2. (en) « Armed pro-Russian insurgents in Luhansk say they are ready for police raid », Kyiv Post, 12 avril 2014.
  3. (en) « Ukraine leader asks for UN peacekeepers in restive east of country », Yahoo! News, 14 avril 2014.
  4. a, b, c et d (fr) « Le chef du Parlement nommé Président par intérim », sur Le Monde.fr, (consulté le 25 février 2014).
  5. a et b (fr) « En Ukraine, "l'est ne reconnaîtra jamais les nouvelles autorités », sur Le Monde.fr (consulté le 23 février 2014).
  6. Élisabeth Guigou, en charge en France de la Commission des Affaires étrangères considère que l'État ukrainien a été soumis a une kleptocratie depuis des lustres - - Matinale France Inter le 2 mars 2014.
  7. Article du Figaro du 24 février 2014, p. 7
  8. (ru) « Portail Les trésors de Pchonka : icônes anciennes, tableaux volés... », sur Censor.net,‎ (consulté le 25 février 2014).
  9. Kyiv Post, 25.02.14 : Ianoukovytch, l'ancien président en fuite, recherché pour « meurtres de masse », reste introuvable
  10. « Les forces Berkout dissoutes par décret ministériel », sur RIA Novosti, .
  11. « Ukraine : la Rada abroge la loi sur le statut du russe », sur RIA Novosti, .
  12. Institut statistique de Donetsk
  13. http://zn.ua/UKRAINE/mneniya-i-vzglyady-zhiteley-yugo-vostoka-ukrainy-aprel-2014-143598_.html
  14. (en) Most in east Ukraine region against joining Russia, GlobalPost, 19 avril 2014
  15. (en) « How relations between Ukraine and Russia should look like? Public opinion polls’ results » (consulté le 12 avril 2014).
  16. a et b [PDF] « International Republican Institute Public Opinion Survey Residents of Ukraine », 14-26 mars 2014 (consulté le 12 avril 2014).
  17. (ru) « 66 % дончан видят будущее в единой Украине »,‎ (consulté le 12 avril 2014).
  18. « À Kharkiv, la statue de Lénine survivra à la révolution », LeMonde.fr, 25 février 2014 ; consulté le 26 février 2014.
  19. « À Kharkiv, les deux Ukraine se font face », LeMonde.fr, 24 février 2014 ; consulté le 26 février 2014.
  20. « L'Est ne reconnaîtra jamais les nouvelles autorités », LeMonde.fr, 23 février 2014 ; consulté le 26 février 2014.
  21. a et b « En Crimée, bastion pro-russe : “Kiev a été prise par des fascistes” », LeMonde.fr, 25 février 2014 ; consulté le 26 février 2014.
  22. « Des manifestations pro-russes massives dans l'est de l'Ukraine », lemonde.fr, 1er mars 2014.
  23. 2
  24. « Démonstrations pro-russes dans les villes de l'est de l'Ukraine », sur RTS.ch, (consulté le 17 mars 2014)
  25. « Deux morts dans une fusillade à Kharkiv », sur Lemonde.fr, (consulté le 17 mars 2014)
  26. (ru) На Украине прекращено вещание РТР, «Первого канала», «России 24» и НТВ // РБК, 25.03.2014
  27. (en) SBU exposes armed group plotting armed seizure of power in Luhansk region, Interfax-Ukraine, 5 avril 2014
  28. (en) Pro-Moscow activists proclaim Ukraine city ‘Donetsk people’s republic’, The Irish Times, 7 avril 2014
  29. (en) Russia warns of civil war if Ukraine uses force to quell eastern revolt, CNN, 8 avril 2014
  30. « Ukraine crisis fuels secession calls in pro-Russian south », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  31. (ru) « В Керчи митингующие сорвали украинский флаг и мэрии и повесили российский: Новости УНИАН (In Kerch protesters tore down Ukrainian flag at the mayor's office and hung Russian flag) », Ukrainian Independent Information Agency (consulté le 24 février 2014)
  32. (en) « Stones, bottles thrown as pro-, anti-Russian protesters clash in Crimea », sur RT News, .
  33. (en) « Russian Nationalists Protest in Ukraine », sur ukrainianpolicy.com, .
  34. Conal Urquhart, « UN security council in emergency meeting after Russian parliament approves use of military against Ukraine - live updates », theguardian.com, (consulté le 1er mars 2014)
  35. (ru) « Мариупольцы поддерживают Севастополь », sur mariupol-life.com.ua (consulté le 14 avril 2014).
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  37. (ru) « В Днепропетровске состоялись два митинга: за и против новой власти » (consulté le 14 avril 2014).
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  41. (ru) « В Донецке и Харькове сепаратисты вышли на митинг »,‎ (consulté le 6 avril 2014).
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  61. (ru) « Митинги в Краматорске: "унитарии" создали живой коридор, а "федералисты" сожгли флаг Евросоюза » (consulté le 13 juillet 2014)
  62. (en) « Pro-Ukraine demonstrations held in Luhansk, Odesa, and Kryvyy Rih », sur euromaidanpr.com, .
  63. (ru) « На митинг за единство Украины в Донецке пришли около 3 тыс. людей », Donbass News,‎ (lire en ligne)
  64. (uk) « У Донецьку близько 7 тисяч людей вийшли на мітинг за єдність України Більше читайте тут: http://tsn.ua/politika/u-donecku-blizko-7-tisyach-lyudey-viyshli-na-miting-za-yednist-ukrayini-345917.html », sur tsn.ua,‎ .
  65. (ru) « 1 тысяча человек митингует в поддержку единства Украины. На них напали сепаратисты », sur novosti.dn.ua,‎ .
  66. (uk) « У Кривому Розі мітинг за єдність України зібрав 10 тисяч », sur pravda.com.ua,‎ .
  67. (uk) « У Маріуполі тисяча людей мітингувала за єдність України », sur tvi.ua,‎ .
  68. (ru) « В Черкассах установлен рекорд Украины по массовому приседанию – ForUm », for-ua.com (consulté le 3 mai 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]