Sergueï Choïgou

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Sergueï Koujouguetovitch Choïgou
Сергей Кужугетович Шойгу
Illustration.
Portrait officiel de Sergueï Choïgou en 2014.
Fonctions
Ministre russe de la Défense
En fonction depuis le
(9 ans, 9 mois et 11 jours)
Président Vladimir Poutine
Président du gouvernement Dmitri Medvedev
Mikhaïl Michoustine
Gouvernement Medvedev I et II
Michoustine
Prédécesseur Anatoli Serdioukov
Gouverneur de l'oblast de Moscou

(5 mois et 26 jours)
Prédécesseur Boris Gromov
Successeur Ruslan Tsalikov
Président de Russie unie

(3 ans, 4 mois et 14 jours)
Prédécesseur Poste créé
Successeur Boris Gryzlov
Ministre des Situations d'urgence

(18 ans et 24 jours)
Président Boris Eltsine
Vladimir Poutine
Dmitri Medvedev
Prédécesseur Poste créé
Successeur Vladimir Poutchkov
Biographie
Date de naissance (67 ans)
Lieu de naissance Tchadan, Touva (RSFSR)
Nationalité Russe
Parti politique Parti communiste de l'union soviétique (avant 1991)
Indépendant (1991–1995)
Notre maison-Russie (1995–1999)
Unité (1999–2001)
Russie unie (depuis 2001)
Conjoint Irina Choïgou
Enfants Ioulia
Ksenia
Diplômé de Institut polytechnique de Krasnoïarsk
Profession Ingénieur civil
Fonctionnaire
Militaire de réserve
Religion Église orthodoxe russe[1]

Signature de Sergueï Koujouguetovitch ChoïgouСергей Кужугетович Шойгу

Sergueï Koujouguétovitch Choïgou (en russe : Серге́й Кужуге́тович Шойгу́́), né le à Tchadan (Touva), est un homme politique russe. Nommé général d'armée en 2003, il dirige de 1994 à 2012 le ministère des Situations d'urgence. Il est président de la Société géographique de Russie depuis 2009 et ministre de la Défense depuis 2012.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sergueï Choïgou est né d’un père touvain, Koujouguet Choïgou (1921-2010) et d’une mère russe , Alexandra Iakovlevna née Koudriavtseva (1924-2011)[réf. nécessaire]. Il obtient son diplôme à l’école no 1 de Kyzyl[2].

En 1977, il est diplômé de l'institut polytechnique de Krasnoïarsk. Il travaille dans la construction durant la décennie suivante en gravissant les échelons pour devenir dirigeant. En 1988, il devient un fonctionnaire mineur du Parti communiste à Abakan puis au Komsomol durant quelque temps. En 1990, il quitte la Sibérie pour Moscou.

Il est père de deux filles, Ioulia (1977) et Ksenia (1991).

Il se fait remarquer au début des années 1990 pour ses qualités de médiateur dans tous les domaines et devient ministre des Situations d’urgence, poste qu’il a lui-même inventé[3]. À ce poste, il se rend souvent sur les lieux de catastrophes naturelles et d’attentats terroristes avec une équipe de secouristes professionnels d’élite, et dirige certaines opérations de secours[3]. Son équipe d'intervention fait sa renommée auprès aussi bien des milieux du pouvoir russe que des citoyens ordinaires[3]. Il apparaît alors comme le dauphin de Boris Eltsine[4].

De 1999 à 2001, il dirige la fraction Unité du parti présidentiel et devient l'un des trois dirigeants du parti Russie unie de Vladimir Poutine en 2001 et 2002[3]. Il est depuis cette date membre du haut conseil de Russie unie.

Il reçoit en 1999 la distinction nationale la plus prestigieuse, celle de Héros de la Fédération de Russie.

Sergueï Choïgou est gouverneur de l'oblast de Moscou depuis 2012.

Sergueï Choïgou, le président russe Vladimir Poutine et le chef d'état-major Valéri Guérassimov lors des exercices militaires Center-2019

Le , il est nommé ministre de la Défense[5] à la suite du limogeage d'Anatoli Serdioukov[6]. Ce remaniement fait les unes de la presse russophone au cours du mois de [7]. Cette nomination paraît surprenante alors que Sergueï Choïgou n’a jamais servi dans l’armée, qu'il ne bénéficie d’aucune réputation auprès de la hiérarchie militaire, et que ses méthodes de leadership ne sont pas appréciées de la vieille garde[3]. Sa nomination intervient à quelques semaines d'intervalle de Valéri Guérassimov comme chef de l'État-Major général, qui apparaît dès lors très proche de lui[4].

Après l'éclatement de la révolution ukrainienne de 2014 et l'échec du Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB) à mettre fin à la révolte, Vladimir Poutine fait appel à l’armée qui, sous le commandement de Sergueï Choïgou, mène à bien l'annexion de la Crimée[3]. À la suite de cette crise, il est poursuivi en Ukraine « pour formation de bandes armées ».

En décembre 2015, il mène l'opération militaire qui permet d'inverser le cours de la guerre civile syrienne et permet à Bachar el-Assad de reprendre la main[3].

Il accomplit des visites diplomatiques dans plusieurs pays comme la Syrie, le Qatar ou Israël. Alors que ce rôle devrait être alloué aux affaires étrangères plus qu'à la défense, les analystes voient en cela une plus grande importance de l'armée en Russie[8].

Sergueï Choïgou lors des exercices militaires Center-2019

Il crée un cybercommandement et intègre l’armée de l’air et les forces spatiales au sein des toutes nouvelles forces aérospatiales russes[3]. Il fait en sorte qu'il soit pratiquement impossible pour les jeunes Russes d’échapper au service militaire[3]. En 2017, il fait modifier l’uniforme d’apparat de l’armée en s’inspirant de l’uniforme soviétique de 1945, surnommé « l’uniforme du vainqueur »[3]. Il supervise le GRU, service de renseignement militaire russe soupçonné d’avoir multiplié, dans les années 2010, les opérations d’assassinat en Europe[4]. Il obtient un accroissement du budget de l'Armée et sa réputation s'accroît au Kremlin[3]. Il apparaît comme « l’homme qui a replacé l’armée dans les plus hautes sphères du Kremlin, au détriment des services d’espionnage »[3], ou encore « le symbole de la militarisation de la Russie »[9].

Son amitié avec Vladimir Poutine est abondamment mise en scène dans les médias d'État russes à la fin des années 2010[10]. Il est alors évoqué comme son possible successeur[10],[11].

Le , il est ajouté à la liste des ressortissants spécialement désignés et des personnes bloquées de l'OFAC[12] et est considéré comme une menace pour la sécurité nationale américaine à la suite de son rôle important durant l'invasion de l'Ukraine. En mars 2022, son absence médiatique inhabituelle est la source de rumeurs sur son état de santé ou une éventuelle mise à l'écart[13],[14].

Il est l’un des rares membres du premier cercle du pouvoir à avoir eu autant d'influence sous Boris Eltsine que sous Vladimir Poutine[4].

Décorations[modifier | modifier le code]

Sergueï Choïgou en tenue de général d'armée, le 23 août 2021.

Soviétiques[modifier | modifier le code]

Russes[modifier | modifier le code]

Sergueï Choïgou avec Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev, le 9 mai 2014.

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « êtes-vous orthodoxe ? » « J'ai été baptisé à l'étranger. A l'âge de cinq ans dans la ville de Stakhanov ».(ru) Katerina LABETSKAYA, « Российский башмак в Косово », sur vremya.ru,‎ .
  2. « Первой школе Кызыла - 95 лет », sur Tuvaonline.ru (consulté le )
  3. a b c d e f g h i j k et l Andrei Soldatov et Irina Borogan, « Sergueï Choïgou, le militaire qui murmure à l’oreille de Poutine », sur courrierinternational.com, (consulté le ).
  4. a b c et d Sébastian Seibt, « Sergueï Choïgou et Valéri Guerassimov, les maîtres de guerre de Vladimir Poutine », sur france24.com, (consulté le ).
  5. « Russie : M. Choïgou nommé à la Défense », Le Figaro, 6 novembre 2012.
  6. « Russie : Poutine limoge son ministre de la défense », Le Monde, 6 novembre 2012.
  7. « SMI20 : Key people mentioned in Russian media - Monthly Review – November 2012 », RussoScopie, 3 décembre 2012.
  8. (en) Andrew Osborn, Jack Stubbs et Reuters, « Russia's defense minister has been showing up in unexpected places as the military increases its influence under Putin », sur businessinsider.com.
  9. Julian Colling, « Isolé dans sa tour d’ivoire : comment Poutine en est arrivé à lancer l’invasion de l’Ukraine », sur mediapart.fr, (consulté le ).
  10. a et b François Bonnet, « Russie : Poutine s’aménage une place au premier rang pour l’après-2024 », sur Mediapart, (consulté le ).
  11. Marc Nexon avec Katia Swarovskaya, « Sergueï Choïgou, le grognard de Poutine », sur lepoint.fr, (consulté le ).
  12. (en) « Russia-related Designations », sur U.S. Department of the Treasury (consulté le )
  13. « Guerre en Ukraine : la mystérieuse "disparition" du ministre russe de la Défense », sur LExpress.fr, (consulté le )
  14. Julien Lecot, « Guerre en Ukraine : l’étrange discrétion de Choïgou, le ministre russe de la Défense », sur Libération (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]

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