Guerre hybride

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La guerre hybride est une stratégie militaire qui allie des opérations de guerre conventionnelle, de guerre asymétrique (appelée également guerre irrégulière) , de cyberguerre[1].

Définitions[modifier | modifier le code]

Il n'existe pas de définition acceptée par tous, ce qui mène au débat de l'utilité du terme. Certains disent que le terme est trop abstrait et que la définition à laquelle on doit se référer est celle de guerre irrégulière (en) pour contrer une force supérieure utilisant une guerre conventionnelle. L'abstraction du terme signifie qu'il est souvent utilisé comme un terme fourre-tout pour toutes les menaces non-linéaires[2],[3],[4].

La guerre hybride est une guerre ayant les aspects suivants :

  • un adversaire non-standard, complexe et fluide[3],[4],[5].

Un adversaire hybride peut-être ou pas un État.

Par exemple, dans le conflit israélo-libanais de 2006 et la guerre civile syrienne les adversaires principaux sont des entités non étatiques. Ces acteurs non étatiques peuvent faire une guerre par procuration pour d'autres pays mais peuvent aussi avoir leur propres intérêts.

Par exemple, l'Iran est un soutien du Hezbollah mais c'est l'agenda du Hezbollah et pas celui de l'Iran qui a conduit à l'enlèvement de soldats israéliens ce qui a provoqué la guerre entre Israël et le Hezbollah.

D'un autre côté, l'implication russe au Donbass est parfois décrite comme un acteur étatique traditionnel menant une guerre hybride (en plus d'utiliser une un acteur local).

L’adversaire non standard peut impliquer des soldats et du matériel militaire sans emblèmes qui opèrent sur un territoire étranger.

  • un adversaire hybride utilise une combinaison de méthodes conventionnelles et non conventionnelles.

Les méthodes et les tactiques employées comprennent l’utilisation d'armes conventionnelles d'armes non conventionnelles[6], de tactiques irrégulières, d'actions terroristes, de violence indiscriminée et d'activités criminelles. Un adversaire hybride réalise aussi des actions clandestines (par exemple des actions terroristes sous faux drapeau) pour éviter d'en être accusé. Ces méthodes sont utilisées simultanément durant le conflit avec une stratégie unifiée. Un exemple est celui de l'État islamique (organisation) qui utilise des tactiques mixtes et l'utilisation d'actions terroristes parmi d'autres possibilités[2],[3],[5],[7],[8]

  • un adversaire hybride est flexible et s'adapte rapidement.

Par exemple, la réponse de l'État islamique à la campagne de bombardements des États-Unis a été de réduire rapidement le nombre de points de contrôles et de longs convois ainsi que l'utilisation de téléphones mobiles. Les militants de l'EI se dispersent aussi au milieu de la population civile. Les dommages collatéraux des bombardements touchant des civils peuvent être un moyen efficace de recrutement[3],[9].

  • un adversaire hybride utilise des systèmes d'armes avancés et d'autres technologies de rupture..

Ces armes peuvent maintenant être achetés à faible prix[10],[11] Des nouvelles technologies sont adaptées au champ de bataille comme les réseaux cellulaires. En 2006, le Hezbollah était armé d'armes de haute technologie comme les such as Missiles à haute précisions, des armes typiquement utilisées par les États-Nations. Les forces du Hezbollah ont ainsi abattu des hélicoptères israéliens, ont endommagé sérieusement un bateau de patrouille avec un Missile de croisière et détruit des tanks en tirant des missiles guidés à partir de bunkers. L’organisation a aussi utilisé des drone pour recueillir des renseignements, a communiqué avec des téléphones cryptés et a surveillé les mouvements des troupes israéliennes avec des équipements de vision nocturne[4],[5].

Le développement des réseaux de communication de masse offre des outils puissants de propagande et de recrutement et aussi des possibilités de cyberattaques et d'opérer des campagnes de désinformation[2].

  • La guerre hybride a lieu sur trois champs de batailles distincts: le champ de bataille conventionnel, la population indigène de la zone de conflit et la communauté internationale[7],[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • La guerre hybride existe-t-elle vraiment ?, Revue de l'OTAN (lire en ligne)
  • Techno-guérilla et guerre hybride. Le pire des deux mondes, Coll. "La pensée stratégique", Nuvis, Paris, 2014, 360 p.
  • Elie Tenenbaum, Le piège de la guerre hybride, Institut français des relations internationales, (ISBN 978-2-36567-457-7, lire en ligne)
  • Michael E. Lambert, "Hybrid war at work in the post-Soviet space", CDA Institute, 2015 [1]
  • Michael E. Lambert, "Quelle stratégie pour Moscou vis-à-vis des États de facto pour donner naissance au processus de Guerre hybride ?", On Track, CDA Institute, 2016 [2]
  • (en) Frank G. Hoffman, « How Marines are preparing for hybrid wars », Armed Forces Journal,‎ (lire en ligne)
  • (en) Frank G. Hoffman, « Hybrid warfare and challenges », JFQ: Joint Force Quarterly,‎ , p. 34–48 (lire en ligne)
  • (en) Frank G. Hoffman et Mattis, James N., Future Warfare: The Rise of Hybrid Wars Proceedings, , 18–19 p. (lire en ligne)
  • (en) Robert Killebrew, « Good advice: Hybrid warfare demands an indirect approach », Armed Forces Journal,‎ (lire en ligne)
  • (en) Peter Pindjak, « Deterring hybrid warfare: a chance for NATO and the EU to work together? », NATO Review,‎ (ISSN 0255-3813, lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Defense lacks doctrine to guide it through cyberwarfare », nexgov.com et de tout ce qui peut faire mal ou être déplaisant.
  2. a b et c (en) Jasper Scott, Scott Moreland, « The Islamic State is a Hybrid Threat: Why Does That Matter? », Small Wars Journal, Small Wars Foundation, (consulté le 8 août 2016)
  3. a b c et d (en) Brian P. Fleming, « Hybrid threat concept: contemporary war, military planning and the advent of unrestricted operational art. », Command and General Staff College, (consulté le 8 août 2016)
  4. a b et c (en) Greg Grant, « Hybrid Wars », Government Executive, National Journal Group, (consulté le 8 août 2016)
  5. a b et c (en) Alex Deep, « Hybrid War: Old Concept, New Techniques », Small Wars Journal, Small Wars Foundation, (consulté le 8 août 2016)
  6. comme utilisation de munitions qui peuvent inclure l'énergie nucléaire, biologique, chimique et engins explosifs improvisés ...
  7. a et b (en) Peter Pindják, « Deterring hybrid warfare: a chance for NATO and the EU to work together? », NATO Review, (consulté le 8 août 2016)
  8. (en) Frank Hoffman, Conflict in the 21st Century: The Rise of Hybrid War, Arlington, Potomac Institute for Policy Studies, , p. 24
  9. (en) « Islamic State 'adapting to US-led air strikes' », BBC News, BBC, (consulté le 8 août 2016)
  10. (en) Whitney, Craig R., « Ruling Arms », World Policy Journal,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Matt Schroeder, Guy Lamb, « The Illicit Arms Trade in Africa », African Analyst,‎ (lire en ligne)
  12. (en) John J. McCuen, « Hybrid Wars », Military Review, vol. 88, no 2,‎ , p. 107 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]