Dnipropetrovsk

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Dnipropetrovsk
Дніпропетровськ
Blason de Dnipropetrovsk
Héraldique
Nouveaux immeubles au bord du Dniepr
Nouveaux immeubles au bord du Dniepr
Administration
Pays Ukraine Ukraine
Subdivision Flag of Dnipropetrovsk Oblast.png Oblast de Dnipropetrovsk
Maire Ivan Koulitchenko
Code postal 49000 — 49489
Indicatif tél. +380 56
Démographie
Population 997 754 hab. (2013)
Densité 2 464 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 27′ N 34° 59′ E / 48.45, 34.983 ()48° 27′ Nord 34° 59′ Est / 48.45, 34.983 ()  
Altitude 155 m
Superficie 40 500 ha = 405 km2
Divers
Fondation 1776
Statut Ville depuis 1783
Ancien(s) nom(s) Iekaterinoslav
Localisation

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Dnipropetrovsk
Liens
Site web gorod.dp.ua
Sources
Liste des villes d'Ukraine

Dnipropetrovsk (en ukrainien : Дніпропетровськ) ou Dnepropetrovsk (en russe : Днепропетровск), jusqu'en 1926 Iekaterinoslav ou Ekaterinoslav (Екатеринослав), est une ville d'Ukraine et la capitale administrative de l'oblast de Dnipropetrovsk. Sa population, en diminution, s'élevait à 997 754 habitants en 2013 contre 1 177 897 habitants en 1989. Son agglomération est la troisième du pays, avec plus de 1,4 million d'habitants. Dnipropetrovsk, réputée pour ses constructions aéronautiques, possède de nombreux espaces verts, d'immenses parcs, notamment le long du fleuve Dniepr qui traverse la ville du nord au sud.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dnipropetrovsk est située sur les bords du fleuve Dniepr, au sud du pays. Depuis l'époque soviétique, la ville s'est imposée comme un centre important de l'industrie aéronautique : elle abrite le siège de la compagnie aérienne Dniproavia et du bureau d'études Ioujnoïe, qui a produit entre autres les missiles Dnepr, R-16 (qui fut le premier missile balistique intercontinental soviétique) et plusieurs autres missiles balistiques. La ville est aussi le siège de la Sté Youchmach, lui aussi constructeur de fusées mais aussi d’autobus, de matériel agricole, de trolleybus, d’éoliennes et de satellites.

Les motrices Dniepropetrovsk ont équipé plusieurs lignes ferroviaires d'Union Soviétique.

Géologie[modifier | modifier le code]

C'est une ville de la plaine d'Europe orientale, située au sud-est du bouclier ukrainien, au sein du bassin Pripiat-Dniepr-Donetsk.

Le socle cristallin comporte surtout du granite et de la magmatite de l’Archéen moyen, entrecoupés de lits de gneiss à biotite et d’amphibolites[1].

La vieille-ville de Dniepropetrovsk se dresse en rive droite, pour partie sur le plateau du Dniepr, tandis que la rive gauche s'étend dans la plaine du Dniepr. La divagation du lit mineur du Dniepr est contenue par un promontoire de la rive gauche du fleuve, dans le quartier Samarski qui se rattache au plateau d'Azov.

Le territoire communal est ponctué d'un chapelet d'îles et de presqu'îles, dont la plus célèbre est l’Île aux monastères[2],[3]. La rive droite du fleuve est séparée de l’Île aux monastères par un canal de dérivation long de 1 850 m, le canal de l'Archimandrite[4].

Climat[modifier | modifier le code]

Données climatiques à Dniepropetrovsk.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) -7 -6 -1 5 11 15 16 15 11 5 1 -3
Température moyenne (°C) -5,5 -4,1 0,8 9,4 16 19,6 21,3 20,6 15,4 8,4 2,5 -2,1
Température maximale moyenne (°C) -2 -1 4 13 21 24 25 25 20 12 4 0
Précipitations (mm) 45 36 34 38 46 59 56 37 36 32 42 52
Humidité relative (%) 86 84 81 68 62 64 64 61 66 76 86 89
Source : Relevés météorologiques.


Selon la Classification de Köppen, le climat de Dniepropetrovsk est un climat continental à méditerranéen mais lors des rares périodes de sécheresse, il présente les caractères d'un climat semi-aride, situation comparable à celles de Varsovie ou Boston, mais en nettement plus sec. Dans la vallée du Dniepr, l’humidité grimpe sensiblement. Le climat est très chaud en été, avec un ensoleillement prolongé (la température diurne maximale est d'environ 25 °C) , et frais l’hiver (de −3 à −4 °C en janvier). Les records de température sont de 40,1 °C (été 1930) et de -38,2 °C (hiver 1940). Au cours du XXe siècle la température moyenne a monté de +1,0 °C[1].

La saison hors-gel dure entre 114 et 160 jours par an. Les pluies sont rares entre octobre et mars, fréquentes et drues en juin et juillet[1].

Démographie[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[5] :

Évolution démographique
1857 1897* 1923* 1926* 1939*
13 217 112 839 126 462 187 570 526 998
1959* 1970* 1979* 1989* 2001*
661 547 862 100 1 066 016 1 177 897 1 065 008
2009 2010 2011 2012 2013
1 017 514 1 011 177 1 004 853 999 577 997 754


La ville a enregistré en 2012 un taux de natalité de 10,5 ‰ (10510 naissances) contre 10,2 ‰ en 2011 (pour 10225 naissances). Conséquence d'un taux de mortalité urbain parmi les plus élevés du pays, qui était de 13,6 ‰ en 2012 (13449 décès) contre un taux de 13,8 ‰ en 2011 (13737 décès), la ville est passée sous la barre du million d'habitant en 2011.

Structure par âge[modifier | modifier le code]

0-14 ans : 12,9 % en augmentation (65 932 hommes et 62 219 femmes)
15-64 ans : 72,0 % en diminution (334 099 hommes et 377 265 femmes)
65 ans et plus : 15,1 % en augmentation (49 628 hommes et 100 882 femmes) (2013 officiel)

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge au « hetmanat » cosaque[modifier | modifier le code]

Vers 750, les territoires situés à l'est de la ville tombèrent sous la domination du Khaganat khazar, tout en formant le foyer du réseau commercial des Radhanites (c'est ainsi que l'on désignait les marchands juifs qui, du VIIIe siècle au XIe siècle, assuraient le trafic de marchandises entre les pays d’Occident et le monde musulman et même avec l'Inde et la Chine), réseau qui fut l'un des piliers de la puissance des Juifs au sein du Khaganat khazar. À l'ouest, les Magyars établis depuis environ l'an 600 apr. J.-Chr. dans le bassin de la Volga s'étaient portés vers 900 apr. J.-Chr. dans la région comprise entre la vallée du Dniestr et celle du Dniepr, pays qu'eux-mêmes appelaient Etelköz (litt. le pays d'entre-deux-fleuves), aux confins orientaux du Khaganat khazar, dont ils étaient tributaires. Ils fusionnèrent avec les Kabars (trois tribus qui s'étaient rebellées contre les Khazars) puis, par suite de la poussée conjuguée des Petchénègues, cavaliers venus de la steppe eurasienne, et de leurs alliés Bulgares, il émigrèrent à l'ouest vers les Carpathes sous le règne du tsar Siméon Ier.

Du VIIIe siècle au XIe siècle la route commerciale entre Scandinavie et la Porte d'Or traversait la région (au passage du Dniepr) ; c'était l'une des plus importantes routes commerciales d'Europe orientale.

À la chute du khaganat, le pays fut occupé par les cavaliers Petchénègues, les Coumans et la Horde d'or. Après le démembrement de la Horde d'Or, la région de Dnipropetrovsk devint aux XVe et XVIe siècles un refuge pour les Ruthènes fuyant la Pologne-Lithuanie : là, ils purent créer des états cosaques autonomes, qui par la suite se fédérèrent en un « Hetmanat » (voir l'article Cosaques Zaporogues). Les Cosaques s'opposèrent à l'hégémonie polonaise et se défendirent contre les multiples raids des Tatars de Crimée.

Le prince Grigori Potemkine et la tsarine Catherine la Grande.

De l'alliance russe à 1917[modifier | modifier le code]

La conclusion de l’alliance des Cosaques avec la Russie, à la fin du XVIIe siècle, mit un frein à l’expansion de l’Empire ottoman en Ukraine orientale. Une fois l'influence de l’Empire ottoman éteinte au nord de la Mer Noire, au terme de la Guerre russo-turque de 1787-1792, un programme d'annexion systématique des terres conquises au sud, le « Plan grec » de la tsarine Catherine la Grande, entra en application. Sous la direction du prince Grigori Potemkine, il y fut instauré le Gouvernement de Nouvelle Russie, dont la capitale, fondée en 1776, reçut le nom de « Iekaterinoslav » en hommage à la souveraine[6]. En 1805, on y dénombrait 2 634 habitants (dont 376 juifs)[7].

De 1802 à 1925, la ville fut la capitale du gouvernement de Iekaterinoslav, une division territoriale et administrative de l'Empire russe. Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer depuis la Russie centrale vers la péninsule de Crimée offrit à cette ville une croissance démographique et industrielle rapide.

Statue dédiée aux 20 000 Juifs de Dniepropetrovsk fusillés en 1943.

La ville à l'heure soviétique[modifier | modifier le code]

Le centre-ville.

Conséquence de la Nouvelle politique économique, la grande famine de 1933 (Holodomor) fut marquée par plusieurs cas de cannibalisme[8]. À cette époque, plusieurs millions d'Ukrainiens périrent de disette.

Au cours de la deuxième guerre mondiale, la ville subit d'énormes dégâts, et les habitants juifs furent exécutés en masse par les forces d'occupation allemandes : pour la seule journée du 13 octobre 1941, 11 000 Juifs furent massacrés[9]. Le principal responsable de ces massacres est l'officier SS Friedrich Jeckeln. Lorsqu’à l'automne 1941 la disette en ville eut pris fin, le ministre du Reich à l'Alimentation Herbert Backe proclama, par l'« avis n°135 pour l'URSS » de l’Einsatzgruppe C (19 novembre 1941), l'instauration de tickets de rationnement[10].

Pendant la période soviétique, son activité industrielle reposait sur la production d'armements, notamment de missiles (usine Ioujmach). Ville fermée, son accès était alors interdit aux étrangers. Depuis la dislocation de l'Union soviétique, Dnipropetrovsk connaît tous les problèmes liés à la pollution et à la reconversion. Deux Stalags, les n°417 et 460, avaient été établis en ville en 1949 pour surveiller les prisonniers allemands[11]. Les plus malades étaient soignés à l'hôpital 5905.

Avec la victoire sur l'Allemagne nazie, la ville fut le théâtre de travaux de reconstruction, et reprit son industrialisation et sa croissance démographique, au point que dans les années 1980, Dniepropetrovsk dépassa le million d'habitants.

Depuis l'indépendance de l'Ukraine[modifier | modifier le code]

Une agence de la Banque nationale d'Ukraine dans le centre-ville de Dniepropetrovsk.

En 2007, la ville fut le théâtre de meurtres en série, où 21 personnes périrent, essentiellement des personnes faibles et des sans-abris. Les coupables, qui furent appréhendés en 2008, étaient trois jeunes de 20 ans. Ils se filmaient en commettant leurs méfaits. Tous trois étaient de bonne famille et justifiaient leur geste par une « pulsion de mort », et parce qu'ils voulaient conserver un souvenir de leur jeunesse pour plus tard[12].

Le 13 octobre 2007, une explosion de gaz dans une barre d'immeuble entraîna la mort de 22 personnes. Cet immeuble est appelé la « Muraille de Chine » par ses habitants (Китайская стена , transcription Kitaiskaja Stena) et se trouve dans l'un des plus misérables quartiers de la ville[13].

Le 27 avril 2012, plusieurs attentats à la bombe, frappant les quartiers les plus fréquentés de la ville, ont fait au moins 29 victimes[14]. L'attentat n'a à ce jour pas été revendiqué.

Depuis 2012, le russe est devenu la seconde langue officielle de l’Oblast de Dniepropetrovsk, et donc de la ville elle-même.

Transports[modifier | modifier le code]

Dnipropetrovsk est desservie par une ligne de métro de six stations et par un aéroport international.

Architecture[modifier | modifier le code]

La ville est largement dominée par l'architecture de l'époque stalinienne.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Personnalités nées à Dnipropetrovsk :

Voir la catégorie : Naissance à Dnipropetrovsk.

Autres personnalités

  • Grigori Petrovski, qui travailla dans la ville et y eut des activités politiques, fut le représentant de l'Ukraine au sein du Soviet suprême de l'URSS. La ville a porté le nom de Petrovsk entre 1926 et 1957 en son honneur par aphérèse (Dnipropetrovsk / Petrovsk ).
  • Viktor Sayenko, Alexander Hanzha et Igor Suprunyuck, aussi appelés « les maniaques de Dnipropetrovsk ». Ce sont trois adolescents rendus tristement célèbres par une série de crimes qu'ils commirent dans la ville et par la vidéo Three guys one hammer qui montre leur dernier assassinat connu.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Informations sur la ville publiées en 2012 dans le cadre du Projet EBED du Conference Board du Canada, sous la direction de Paul Darby (PDF; 1,5 MB), consulté le 20 juin 2013.
  2. Article sur l’Île aux monastères, comportant légendes, anecdotes, consulté le 13 juin 2013
  3. Article sur l’Île aux monastères, consulté le 13 juin 2013
  4. Cf. (ru) Histoire - Les secrets de l'île du Dniepr consulté le 13 février 2014
  5. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 », sur database.ukrcensus.gov.ua« Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua
  6. D'après Thomas Gerlach et Gert Schmidt, Die Ukraine entdecken., vol. 9, Trescher Verlag,‎ 2007, édition entièrement revue et augmentée (ISBN 3-89794-103-8).
  7. D'après (en) www.jewishvirtuallibrary.org
  8. Cf. Simon Sebag Montefiore, « Holocaust by hunger: The truth behind Stalin's Great Famine », Daily Mail online, no 26 juillet,‎ 2008 (lire en ligne)
  9. D'après Peter Klein (dir.) et Dieter Pohl, Die Einsatzgruppen in der besetzten Sowjetunion 1941/42. Die Tätigkeits- und Lageberichte des Chefs der Sicherheitspolizei und des SD, Berlin, Édition Hentrich,‎ 1997 (ISBN 3-89468-200-0), « Die Einsatzgruppe C », p. 76.
  10. D’après Klaus-Michael Mallmann, Andrej Angrick, Jürgen Matthäus et Martin Cüppers, Die „Ereignismeldungen UdSSR, vol. 20, Darmstadt, WBG, coll. « Dokumente der Einsatzgruppen in der Sowjetunion (= Veröffentlichungen der Forschungsstelle Ludwigsburg) »,‎ 2011 (ISBN 3-534-24468-3), p. 774 et suiv..
  11. D’après Erich Maschke, Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges., Bielefeld etc., Verlag Ernst und Werner Gieseking,‎ 1962–1977.
  12. Article sur les tueurs fous de Dniepropetrovsk, consulté le 10 janvier 2014.
  13. Article sur la « Muraille de Chine » à Dniepropetrovsk, consulté le 1er mars 2014.
  14. D'après « Ukraine : le président Ianoukovitch à Dnipropetrovsk sur les lieux des attentats par RFI », sur RFI,‎ 2012 (consulté le 1er mars 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]