Dnipro (ville)

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Dnipro
Дніпро
Blason de Dnipro
Héraldique
Nouveaux immeubles au bord du Dniepr
Nouveaux immeubles au bord du Dniepr
Administration
Pays Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Subdivision Flag of Dnipropetrovsk Oblast.svg Oblast de Dnipropetrovsk
Maire Ivan Koulitchenko
Code postal 49000 — 49489
Indicatif tél. +380 56
Démographie
Population 997 754 hab. (2013)
Densité 2 464 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 27′ Nord, 34° 59′ Est
Altitude 155 m
Superficie 40 500 ha = 405 km2
Divers
Fondation 1776
Statut Ville depuis 1783
Ancien(s) nom(s) Iekaterinoslav (1776-1926)
Dnipropetrovsk (1926-2016)
Localisation

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Dnipro
Liens
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Sources
Liste des villes d'Ukraine

Dnipro (en ukrainien : Дніпро), anciennement Dnipropetrovsk (en ukrainien : Дніпропетровськ; en russe : Днепропетровск) de 1926 à 2016, et Iekaterinoslav ou Ekaterinoslav (Екатеринослав) de 1776 à 1926, est une ville d'Ukraine et la capitale administrative de l'oblast de Dnipropetrovsk. En vertu de la loi sur la décommunisation du pays, la ville a été rebaptisée Dnipro en mai 2016. Sa population, en diminution, s'élevait à 997 754 habitants en 2013 contre 1 177 897 habitants en 1989. Son agglomération est la troisième du pays, avec plus de 1,4 million d'habitants. Dnipro, réputée pour ses constructions aéronautiques, possède de nombreux espaces verts, d'immenses parcs, notamment le long du fleuve Dniepr qui traverse la ville du nord au sud.

Géographie[modifier | modifier le code]

Dnipro est située sur les bords du fleuve Dniepr, au sud du pays. Depuis l'époque soviétique, la ville s'est imposée comme un centre important de l'industrie aéronautique : elle abrite le siège de la compagnie aérienne Dniproavia et du bureau d'études Ioujnoïe, qui a produit entre autres les missiles Dnepr, R-16 (qui fut le premier missile balistique intercontinental soviétique) et plusieurs autres missiles balistiques. La ville est aussi le siège de la Sté Youjmach, lui aussi constructeur de fusées mais aussi d’autobus, de matériel agricole, de trolleybus, d’éoliennes et de satellites.

Les motrices Dniepropetrovsk ont équipé plusieurs lignes ferroviaires d'Union Soviétique.

Géologie[modifier | modifier le code]

C'est une ville de la plaine d'Europe orientale, située au sud-est du bouclier ukrainien, au sein du bassin Pripiat-Dniepr-Donetsk.

Le socle cristallin comporte surtout du granite et de la magmatite de l’Archéen moyen, entrecoupés de lits de gneiss à biotite et d’amphibolites[1].

La vieille-ville de Dnipro se dresse en rive droite, pour partie sur le plateau du Dniepr, tandis que la rive gauche s'étend dans la plaine du Dniepr. La divagation du lit mineur du Dniepr est contenue par un promontoire de la rive gauche du fleuve, dans le quartier Samarski qui se rattache au plateau d'Azov.

Le territoire communal est ponctué d'un chapelet d'îles et de presqu'îles, dont la plus célèbre est l’Île aux monastères[2],[3]. La rive droite du fleuve est séparée de l’Île aux monastères par un canal de dérivation long de 1 850 m, le canal de l'Archimandrite[4]. La ligne de chemin de fer Merefa-Chersonèse franchit le fleuve à cet endroit par un pont en arc multiple long de 1 610 m.

Climat[modifier | modifier le code]

La ville jouit d'un climat méditerranéen semi-aride caractérisé par des hivers doux et humides (parfois froid) et des étés chauds et secs. Elle profite de 260 jours d'ensoleillement annuel[5],[6]. Selon la Classification de Köppen, le climat de Dniepro est un climat continental à méditerranéen mais lors des rares périodes de sécheresse, il présente les caractères d'un climat semi-aride, situation comparable à celles de Yreka, Californie ou Reno, Nevada[7],[8]. Dans la vallée du Dniepr, l’humidité grimpe sensiblement. Les températures sont plus fraîches, avec une moyenne annuelle de 10,9 ° C, des hivers froids (°C - °C) et un gel très fréquent (74 jours de gel par an en moyenne). La neige tombe en moyenne 41 jours an, mais les fortes chutes sont rares. L'été est chaud, toutefois adouci par l'altitude de la ville (températures maximales d'environ 27 °C). Les records de température sont de 40,9 °C (été 1950) et de -30,0 °C (hiver 1955). Au cours du XXe siècle la température moyenne a monté de +1,0 °C[1].

La période de pluviosité la plus importante se situe entre les mois de novembre et avril. Ce total des pluies et la période de sécheresse estivale font qu'il est considéré comme un climat méditerranéen[1].

Données climatiques à Dniepropetrovsk, normales 1981-2010
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −4,9 −5,7 −1 5,8 13,1 15,9 17,4 16,9 11,8 4,7 1,6 −3,6 6
Température moyenne (°C) −2,9 −2,5 3,4 11,4 19,2 21,9 23,7 23,4 17,5 9,6 4,4 −1,5 10,6
Température maximale moyenne (°C) −1 0,6 7,8 16,9 25,4 27,8 30,1 29,9 23,3 14,4 7,3 0,6 15,3
Record de froid (°C) −30 −27,8 −19,2 −8,2 −2,4 3,9 5,9 3,9 −3 −8 −17,9 −27,8 −30
Record de chaleur (°C) 12,3 17,5 24,1 31,8 36,1 37,8 39,8 40,9 36,5 32,6 20,6 16,3 40,9
Ensoleillement (h) 185,9 207,7 269,1 309,3 325,1 311,4 313,3 287,4 271,4 247,1 173,4 160,6 3 061,7
Précipitations (mm) 76 56 52 46 34 30 26 22 25 28 72 102 596
Source : Relevés météorologiques.

Démographie[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[9] :

Évolution démographique
1857 1897* 1923* 1926* 1939*
13 217 112 839 126 462 187 570 526 998
1959* 1970* 1979* 1989* 2001*
661 547 862 100 1 066 016 1 177 897 1 065 008
2009 2010 2011 2012 2013
1 017 514 1 011 177 1 004 853 982 047 976 126

La ville a enregistré en 2012 un taux de natalité de 10,5 ‰ (10510 naissances) contre 10,2 ‰ en 2011 (pour 10 225 naissances). Conséquence d'un taux de mortalité urbain parmi les plus élevés du pays, qui était de 13,6 ‰ en 2012 (13449 décès) contre un taux de 13,8 ‰ en 2011 (13737 décès), la ville est passée sous la barre du million d'habitant en 2011.

Structure par âge[modifier | modifier le code]

0-14 ans : 14,2 % en augmentation (71 219 hommes et 67 408 femmes)
15-64 ans : 69,7 % en diminution (334 099 hommes et 377 265 femmes)
65 ans et plus : 16,1 % en augmentation (51 260 hommes et 106 888 femmes) (2016 officiel)

Histoire[modifier | modifier le code]

Du Moyen Âge au « hetmanat » cosaque[modifier | modifier le code]

Vers 750, les territoires situés à l'est de la ville tombèrent sous la domination du Khaganat khazar, tout en formant le foyer du réseau commercial des Radhanites (c'est ainsi que l'on désignait les marchands juifs qui, du VIIIe siècle au XIe siècle, assuraient le trafic de marchandises entre les pays d’Occident et le monde musulman et même avec l'Inde et la Chine), réseau qui fut l'un des piliers de la puissance des Juifs au sein du Khaganat khazar. À l'ouest, les Magyars établis depuis environ l'an 600 apr. J.-Chr. dans le bassin de la Volga s'étaient portés vers 900 apr. J.-Chr. dans la région comprise entre la vallée du Dniestr et celle du Dniepr, pays qu'eux-mêmes appelaient Etelköz (litt. le pays d'entre-deux-fleuves), aux confins orientaux du Khaganat khazar, dont ils étaient tributaires. Ils fusionnèrent avec les Kabars (trois tribus qui s'étaient rebellées contre les Khazars) puis, par suite de la poussée conjuguée des Petchénègues, cavaliers venus de la steppe eurasienne, et de leurs alliés Bulgares, il émigrèrent à l'ouest vers les Carpathes sous le règne du tsar Siméon Ier.

Du VIIIe siècle au XIe siècle la route commerciale entre Scandinavie et la Porte d'Or traversait la région (au passage du Dniepr) ; c'était l'une des plus importantes routes commerciales d'Europe orientale.

À la chute du khaganat, le pays fut occupé par les cavaliers Petchénègues, les Coumans et la Horde d'or. Après le démembrement de la Horde d'Or, la région de Dnipropetrovsk devint aux XVe et XVIe siècles un refuge pour les Ruthènes fuyant la Pologne-Lithuanie : là, ils purent créer des états cosaques autonomes, qui par la suite se fédérèrent en un « Hetmanat » (voir l'article Cosaques Zaporogues). Les Cosaques s'opposèrent à l'hégémonie polonaise et se défendirent contre les multiples raids des Tatars de Crimée.

Le prince Grigori Potemkine et la tsarine Catherine la Grande.

De l'alliance russe à 1917[modifier | modifier le code]

La conclusion de l’alliance des Cosaques avec la Russie, à la fin du XVIIe siècle, mit un frein à l’expansion de l’Empire ottoman en Ukraine orientale. Une fois l'influence de l’Empire ottoman éteinte au nord de la Mer Noire, au terme de la Guerre russo-turque de 1787-1792, un programme d'annexion systématique des terres conquises au sud, le « Plan grec » de la tsarine Catherine la Grande, entra en application. Sous la direction du prince Grigori Potemkine, il y fut instauré le Gouvernement de Nouvelle Russie, dont la capitale, fondée en 1776, reçut le nom de « Iekaterinoslav » en hommage à la souveraine[10]. En 1805, on y dénombrait 2 634 habitants (dont 376 juifs)[11].

De 1802 à 1925, la ville fut la capitale du gouvernement de Iekaterinoslav, une division territoriale et administrative de l'Empire russe. Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer depuis la Russie centrale vers la péninsule de Crimée offrit à cette ville une croissance démographique et industrielle rapide.

Statue dédiée aux 20 000 Juifs de Dnipro fusillés en 1943.

La ville à l'heure soviétique[modifier | modifier le code]

Le centre-ville.

Conséquence de la Nouvelle politique économique, la grande famine de 1933 (Holodomor) fut marquée par plusieurs cas de cannibalisme[12]. À cette époque, plusieurs millions d'Ukrainiens périrent de faim.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la ville subit d'énormes dégâts et les habitants juifs furent exécutés en masse par les forces d'occupation allemandes : pour la seule journée du 13 octobre 1941, 11 000 Juifs furent massacrés[13]. Le principal responsable de ces massacres est l'officier SS Friedrich Jeckeln. Lorsqu’à l'automne 1941 la disette en ville eut pris fin, le ministre du Reich à l'Alimentation Herbert Backe proclama, par l'« avis no 135 pour l'URSS » de l’Einsatzgruppe C (19 novembre 1941), l'instauration de tickets de rationnement[14].

Pendant la période soviétique, son activité industrielle reposait sur la production d'armements, notamment de missiles (usine Ioujmach). Ville fermée, son accès était alors interdit aux étrangers. Depuis la dislocation de l'Union soviétique, Dnipro connaît tous les problèmes liés à la pollution et à la reconversion. Deux Stalags, les n°417 et 460, avaient été établis en ville en 1949 pour surveiller les prisonniers allemands[15]. Les plus malades étaient soignés à l'hôpital 5905.

Avec la victoire sur l'Allemagne nazie, la ville fut le théâtre de travaux de reconstruction et reprit son développement industriel et sa croissance démographique, au point que dans les années 1980, Dnipro dépassa le million d'habitants.

Depuis l'indépendance de l'Ukraine[modifier | modifier le code]

Une agence de la Banque nationale d'Ukraine dans le centre-ville de Dnipro.

Le 27 avril 2012, plusieurs attentats à la bombe, frappant les quartiers les plus fréquentés de la ville, ont fait au moins 29 victimes[16]. L'attentat n'a à ce jour pas été revendiqué.

Depuis 2012, le russe est devenu la seconde langue officielle de l'oblast et donc de la ville elle-même.

En mai 2016, dans le cadre de la loi de décommunisation, la ville prend le nom de Dnipro[17].

Transports[modifier | modifier le code]

Dnipro est desservie par une ligne de métro de six stations et par un aéroport international la reliant à des villes européennes (Vienne, Moscou, Thessalonique...) et moyen-orientales (Istanbul, Tel-Aviv, Dubaï, Bakou...).

Architecture[modifier | modifier le code]

La ville est largement dominée par l'architecture de l'époque stalinienne.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Dnipro.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Informations sur la ville publiées en 2012 dans le cadre du Projet EBED du Conference Board du Canada, sous la direction de Paul Darby (PDF; 1,5 MB), consulté le 20 juin 2013.
  2. Article sur l’Île aux monastères, comportant légendes, anecdotes, consulté le 13 juin 2013
  3. Article sur l’Île aux monastères, consulté le 13 juin 2013
  4. Cf. (ru) Histoire - Les secrets de l'île du Dniepr consulté le 13 février 2014
  5. G. Viers, Éléments de climatologie, Paris, Nathan, 1990, p. 119
  6. http://www.cpc.ncep.noaa.gov/products/people/yxue/pub/18.pdf
  7. http://www.fao.org/docrep/014/k9589e/k9589e16.pdf
  8. http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/Europe/documents/Events_2009/CC_workshop/ukraine_en.pdf
  9. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 », sur pop-stat.mashke.org(uk) « Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2010, 2011 et 2012 », sur database.ukrcensus.gov.ua« Office des statistiques d'Ukraine : population au 1er janvier 2011, 2012 et 2013 », sur database.ukrcensus.gov.ua
  10. D'après Thomas Gerlach et Gert Schmidt, Die Ukraine entdecken., vol. 9, Berlin, Trescher Verlag, , édition entièrement revue et augmentée (ISBN 978-3-89794-103-8, OCLC 298548430).
  11. D'après (en) www.jewishvirtuallibrary.org
  12. Cf. Simon Sebag Montefiore, « Holocaust by hunger: The truth behind Stalin's Great Famine », Daily Mail online, no 26 juillet,‎ (lire en ligne)
  13. D'après Peter Klein (dir.) et Dieter Pohl, Die Einsatzgruppen in der besetzten Sowjetunion 1941/42. Die Tätigkeits- und Lageberichte des Chefs der Sicherheitspolizei und des SD, Berlin, Édition Hentrich, (ISBN 3-89468-200-0), « Die Einsatzgruppe C », p. 76.
  14. D’après Klaus-Michael Mallmann, Andrej Angrick, Jürgen Matthäus et Martin Cüppers, Die „Ereignismeldungen UdSSR, vol. 20, Darmstadt, WBG, coll. « Dokumente der Einsatzgruppen in der Sowjetunion (= Veröffentlichungen der Forschungsstelle Ludwigsburg) », (ISBN 978-3-534-24468-3, OCLC 929238851), p. 774 et suiv..
  15. D’après Erich Maschke, Zur Geschichte der deutschen Kriegsgefangenen des Zweiten Weltkrieges., Bielefeld etc., Verlag Ernst und Werner Gieseking, 1962–1977.
  16. D'après « Ukraine : le président Ianoukovitch à Dnipropetrovsk sur les lieux des attentats par RFI », sur rfi.fr,‎ (consulté le 1er mars 2014)
  17. « Ukraine : la ville de Dnipropetrovsk change de nom et devient Dnipro - RFI », sur rfi.fr (consulté le 21 mai 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]