Lycée autogéré de Paris

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Lycée autogéré de Paris
Généralités
Création 1982
Pays Drapeau de la France France
Académie Paris
Coordonnées 48° 50′ 05″ nord, 2° 17′ 31″ est
Adresse 393 rue de Vaugirard
75015 Paris
Site internet l-a-p.org
Cadre éducatif
Type Établissement public local d'enseignement (EPLE)
Matricule 0754401 B
Population scolaire 242 élèves
Formation Lycée général (S, ES et L)
Langues étudiées anglais, allemand, espagnol
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Point carte.svg

Le lycée autogéré de Paris (LAP) est un lycée expérimental créé en 1982 sous le ministre de l'Éducation nationale Alain Savary.

Des enseignants et des jeunes (pour certains en « rupture » avec le système éducatif)[1] en sont les fondateurs, l'« initiateur » en a été Jean Lévi[2]. Le LAP s'adresse à des adolescents et des jeunes adultes, âgés de 15 à 21 ans, dans une alternative au système éducatif traditionnel.

Histoire[modifier | modifier le code]

Suppression de postes[modifier | modifier le code]

En 2011, durant les réunions paritaires du rectorat de Paris, où se décident les attributions de postes de professeurs de chaque établissement, le LAP se voit averti d'une suppression de cinq postes (sur une équipe de 25) à compter de la rentrée 2011, ce qui risque d'entraîner la fermeture de l'établissement[3]. En réaction à cette nouvelle, le lycée se mobilise et réussit à annuler la suppression de quatre postes et demi sur les cinq. En 2015, suite à une forte mobilisation du personnel enseignant et des élèves, le demi-poste restant a pu être réattribué au lycée. Désormais, le lycée peut compter sur les 25 professeurs à temps plein.

Incident[modifier | modifier le code]

En , le lycée autogéré de Paris est perturbé par des militants d’extrême droite se réclamant du Groupe union défense (GUD), qui tentent de s'introduire dans l’établissent et créent des incidents. Le lycée ayant décidé de porter plainte[4], le parquet de Paris requiert un an de prison, dont six mois avec sursis, contre les deux prévenus[5].

Pédagogie[modifier | modifier le code]

Le lycée autogéré de Paris s'est inspiré d'expériences pédagogiques préexistantes, notamment les réseaux expérimentaux de collèges et d'écoles élémentaires, créés dans les années 1960 et 1970, tels l'école élémentaire Vitruve ouverte en 1962 dans le 20e arrondissement de Paris (toujours en fonctionnement) et le lycée expérimental d'Oslo, ouvert en 1967 en Norvège. On peut aussi citer le lycée expérimental de Saint-Nazaire, qui ouvrit ses portes six mois avant celui de Paris.

Parmi les références théoriques, outre l'apport de Célestin Freinet et de ses camarades de l'ICEM, la pédagogie du LAP trouve son inspiration dans les thèses des « dissidents », qui se sont reconnus un temps sous l'étiquette de la pédagogie institutionnelle Raymond Fonvieille et Fernand Oury. Néanmoins, le lycée autogéré de Paris s'avère plus proche de la tendance autogestionnaire et politique de Fonvieille, que de la tendance psychanalytique d'Oury.

D'un point de vue pratique, les textes des universitaires Georges Lapassade et Michel Lobrot permettent d'appréhender cette expérience (« groupes, organisation, institution » pour le premier, « pédagogie institutionnelle » pour le second).

La pédagogie du LAP emprunte aussi au domaine de la psychothérapie institutionnelle (René Lourau et Félix Guattari).

La pratique de terrain amène à opérer une sorte de conciliation entre différentes théories, et entre théorie et pratique, car c'est l'établissement tout entier qui est au cœur du dispositif.

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Dans le lycée autogéré de Paris, les membres sont de trois sortes :

  • les enseignants salariés, responsables de l’expérience vis-à-vis de l’extérieur ;
  • une personne « spécialiste » du secrétariat, un ouvrier qui réalise les tâches d'entretien des locaux et forme aussi les élèves qui le souhaitent ;
  • les élèves, venant pour acquérir une formation de niveau secondaire.

La participation de tous aux actions et aux décisions qui se rapportent à la vie de l’établissement est particulièrement recherchée. L'autogestion qui est mise en avant en général se traduit collectivement (l'entière population de l'établissement) dans des structures telles que les groupes de base, les commissions, les réunions générales de gestion et l’assemblée générale. Effectivement, le LAP fonctionne de manière que la vie à l'intérieur de ses locaux soit décidée et/ou exécutée « autant que possible » par tous les membres de la communauté. L'expérience est assumée par une équipe d'enseignants qui fonctionne en autogestion : un enseignant est volontaire pour travailler dans cet établissement, et choisi par les membres de l'équipe.

Pour chaque enseignant, salarié de l'Éducation nationale, la participation à diverses tâches est impérative. La participation de chaque élève est encouragée, mais pas impérative. Selon le LAP, cette participation peut entrer en conflit avec d'autres projets : obtenir le baccalauréat, gagner de l'argent, mener à bien un projet artistique, etc. Les élèves sont libres de fréquenter les cours. Pour certains l'inspiration en est l'idéologie « coopérative » (adhésion volontaire), pour d'autres cela renvoie à une attitude « consumériste », d'autres encore assimilent cela à la nécessité du « désir ».

Parmi les instances de gestion, une réunion d'équipe, au moins deux heures chaque semaine, assume une forme de direction collégiale. Les difficultés sont analysées collectivement dans ces instances et le travail d'analyse contribue à la formation de tous les membres de cette collectivité. Ce lycée qui dès l'origine a été considéré au Ministère comme un regard sur le système éducatif français, un « analyseur », pourrait contribuer à la compréhension de ce qui se passe dans l'Éducation nationale.

Un « projet d'établissement » très exhaustif est publié chaque année par l'équipe du lycée et donne des informations détaillées sur le fonctionnement de celui-ci. Des contacts avec diverses entreprises autogérées se sont développés depuis 2005 grâce au réseau d'échanges de pratiques alternatives et solidaires (« REPAS »).

Résultats et classements[modifier | modifier le code]

Un classement réalisé par le magazine L'Étudiant en janvier 2009 révèle que le taux d'obtention du baccalauréat dans ce lycée est de 26 %, et qu'il se classe, selon les critères de ce journal, dernier sur les 1871 lycées de France.

En 2013, un classement relayé par le journal Le Monde le classe une nouvelle fois dernier lycée de France[6] en termes de valeur ajoutée par rapport aux lycées similaires dans l'académie, et avant-dernier en taux d'obtention du bac avec une réussite de 30 %.

En 2015, le lycée se classe 109e sur 109 au niveau départemental en termes de qualité d'enseignement, et 2285e au niveau national[7]. Le classement s'établit sur trois critères : le taux de réussite au bac, la proportion d'élèves de première qui obtient le baccalauréat en ayant fait les deux dernières années de leur scolarité dans l'établissement, et la valeur ajoutée (calculée à partir de l'origine sociale des élèves, de leur âge et de leurs résultats au diplôme national du brevet)[8].

En 2018, un article du Figaro affirme que, dans ce lycée, le taux de réussite au bac est d’environ 40%, « bien inférieur à la moyenne nationale (88%). Mais "s’ils n’étaient pas venus ici, beaucoup ne l’auraient jamais passé", rappelle [un] professeur »[9].

Ces résultats sont néanmoins à relativiser avec le projet d'établissement, d'abord car les élèves n'ont pas l'obligation d'assister aux cours[9], et ensuite car le lycée a plutôt pour but de les aider à s'épanouir par la pratique d'activités plus culturelles (photographie, théâtre...)[9] auxquelles ils n'auraient pas forcément eu accès, que de les amener nécessairement au baccalauréat.

Anciens élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arnaud Didier, « Le lycée autogéré du XVe s'inquiète pour son avenir », sur Libération.fr,
  2. « Jour de classe dans un lycée autogéré » (consulté le 6 mars 2019)
  3. Laurent Mouloud, « Le lycée autogéré de Paris menacé », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  4. « Attaqué par des militants d’extrême droite, le lycée autogéré de Paris va porter plainte », Le Figaro.fr avec AFP, 26 mars 2018.
  5. « Attaque du lycée autogéré de Paris : six mois ferme requis contre deux ex-membres du Gud », Le Figaro Etudiant,‎ (lire en ligne, consulté le 28 juin 2018)
  6. Le palmarès des lycées en 2013
  7. Classement départemental et national du lycée
  8. Méthodologie du classement national des lycées français
  9. a b et c « Au lycée "autogéré" de Paris, la révision du bac se fait à la carte », Le Figaro.fr avec AFP, 4 juin 2018.
  10. Cf. Je je suis libertineu..., note de blog du 13 décembre 2008, consulté le 17/02/2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Romain, de Mélaka, L'Association, coll. « Mimolette », 2003.
    Bande dessinée autobiographie ayant le lycée pour cadre.
  • Maria Papantoniou, Éléments d’une analyse institutionnelle du Lycée Autogéré de Paris (LAP) : réflexion théorique et recherche ethnographique, (lire en ligne)
    Thèse de doctorat en sciences de l'éducation rédigée sous la direction de Patrice Ville à l'université Paris-VIII
  • Une fabrique de libertés, éditions REPAS, (présentation en ligne), (notice BnF no FRBNF42696331).
    Ouvrage rédigé par les enseignants et des élèves du lycée autogéré de Paris à l'occasion du trentième anniversaire de l'établissement.
  • LAP ! Un roman d'apprentissage, d'Aurélia Aurita, Les Impressions nouvelles, 2014.
    Reportage en bande dessinée après un an d'immersion.
  • Pierre Bafoil, Des militants d’extrême-droite attaquent le Lycée Autogéré de Paris, Les Inrockuptibles, 24 mars 2018, [lire en ligne].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Nauer, « Des lycées de rêve ? », documentaire diffusé sur France 2 dans l'émission Envoyé spécial le . [lire en ligne]
  • Marina Galimberti, Grégory Gouband, Sapna Rema Hari, LAP, Centre média local de Seine-Saint-Denis, 2013, (notice BnF no FRBNF43715828).
  • Laura Taubman, Pas sage, 76 min, Fabrique des écritures, 2018 [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]