Raymond Fonvieille

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Raymond Fonvieille (Arras, 26/9/1923 - Viuz-en-Sallaz, 3/9/2000) est un pédagogue français issu du mouvement Freinet. Il est le fondateur avec Fernand Oury de la pédagogie institutionnelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Raymond Fonvieille passa son enfance en région parisienne, à Saint-Denis, puis à Gennevilliers. Devenu instituteur en 1946 à l'école de Gennevilliers, il participa dès le début de sa carrière au mouvement Freinet. À partir de 1950, il en devint un des principaux animateurs en région parisienne[1], adaptant ses pratiques au milieu urbain.

Un article dans L'Éducateur de l'Île France, la revue qu'il avait créée, occasionna une brouille avec Freinet en 1961, qui éclata au congrès de Saint Étienne et aboutit à la suppression du bureau parisien[2]

Sommé d'arrêter la parution de L'Éducateur de l'Île France, Fonvielle fut exclu du mouvement avec Fernand Oury. Ils formèrent alors le Groupe Techniques Éducatives (G.T.E) (1961) qui chercha dès le départ à s'ouvrir à des non-instituteurs (médecins, architectes, parents d'élèves) afin d'appréhender toutes les dimensions des questions éducatives. C'est ainsi que des contacts et des rencontres se développèrent entre les membres du G.T.E. et certains de la psychothérapie institutionnelle (en premier lieu Jean Oury et Félix Guattari), qui le soutinrent activement par leurs réflexions et aussi par la logistique de la clinique de La Borde, utilisée comme lieu de stage.

Tandis que le courant de pédagogie institutionnelle mené par Fernand Oury était d'inspiration psychanalytique et lié à la psychothérapie institutionnelle, celui de Raymond Fonvieille était plus d'inspiration psycho-sociologique et autogestionnaire, liée à des sociologues, principalement Georges Lapassade, René Lourau et Michel Lobrot et destiné à ses élèves principalement issus de milieux sociaux défavorisés et parfois en situation d'échec scolaire massif. L'accent est davantage mis sur la dimension socio-politique et l'analyse de celle-ci dans le cadre de la classe.

À partir de 1972, il devint formateur d'enseignants à Montlignon. Il fut chargé par René Haby, alors ministre de l'éducation, d'une mission sur les classes pratiques et les classes de transition[3].

Il termina sa carrière comme formateur à l'école normale d'Auteuil[3].

Après son départ en retraite, il synthétisa son expérience et l'histoire des mouvements auxquels il avait participé en plusieurs ouvrages considérés comme des références[3].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L'aventure du mouvement Freinet, Méridiens Klincksieck,
  • De l'écolier écœuré à l'enseignant novateur, Ivan Davy,
  • Naissance de la pédagogie autogestionnaire, Anthropos,
  • Face à la violence : participation et création, Presses universitaires de France,

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anne-Valérie Revel, Raymon Fonvieille: Aux origines de la Pédagogie Institutionnelle Autogestionnaire, Presses Universitaires de Sainte Gemme, 2012

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Remi Hess, « Raymond Fonvieille 1923-2000 », Revue française de pédagogie, no 133,‎ , p. 185-186 (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Recension du livre L'aventure du mouvement Freinet Actes de lectures n°28 (décembre 1989), sur le site de l'AFL.
  2. (in Ahmed LAMIHI (sous la direction de), Freinet et l’école moderne, Vauchrétien, Ivan Davy, 1997, page 163).
  3. a, b et c Remi Hess, « Raymond Fonvieille 1923-2000 », Revue française de pédagogie, no 133,‎ , p. 185-186