Conservatoire national supérieur de musique et de danse

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Conservatoire national supérieur de musique et de danse
Image illustrative de l'article Conservatoire national supérieur de musique et de danse
La classe de Charles Wilfrid de Bériot au Conservatoire de Paris, vers 1894-95
Généralités
Création 1795 pour la rue du Conservatoire
1911 pour la rue de Madrid
1980 pour l'établissement de Lyon
1990 pour l'établissement de Paris
Pays Drapeau de la France France
Cadre éducatif
Appellation CNSMD
Formation Musique et danse

Les Conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse (CNSMD) sont des établissements publics à caractère administratif sous la tutelle du Ministère de la Culture et de la Communication exercée par la Direction générale de la Création artistique qui dispense un enseignement professionnel de la musique, des métiers du son et de la danse au sein de deux établissements :

Historique du Conservatoire de Paris[modifier | modifier le code]

Rue Bergère[modifier | modifier le code]

École royale de chant et de déclamation[modifier | modifier le code]

Louis XIV crée l’Académie royale de musique par lettres patentes du 28 juin 1669. L'Académie est rattachée à la Maison du roi.

Par ailleurs, par arrêt du Conseil d’État du roi du 3 janvier 1784, l’École royale de chant et de déclamation est fondée, installée dans l’hôtel des Menus-Plaisirs, rue Bergère (actuellement rue du Conservatoire) à Paris, et placée sous la direction de François-Joseph Gossec.

Ces deux institutions sont les premiers signes d'une volonté de structurer et de formaliser l'enseignement des arts dramatiques et musicaux.

Institut national de musique[modifier | modifier le code]

À l'École royale de chant et de déclamation, la Révolution ajoute, sous l'impulsion de Bernard Sarrette, une École de musique municipale (juillet 1792) à partir du corps de musique de la garde municipale.

À ces deux établissements succède, le 8 novembre 1793 (18 brumaire an II), la première ébauche d'un établissement unique consacré à la formation de musiciens : l'Institut national de musique, créé par décret de la Convention nationale et pourvu d'un budget distinct, sous la direction de François-Joseph Gossec.

Conservatoire de musique[modifier | modifier le code]

À peine deux ans plus tard, sur le rapport de Marie-Joseph Chénier, un ami de Sarrette, la Convention, sous la présidence de Jean-Marie Heurtault de Lammerville décide, par une loi du (16 thermidor an III), de créer l'établissement du Conservatoire de musique en lieu et place de l'Institut national de musique. La nouvelle structure est gérée par un directoire composé de François-Joseph Gossec, Étienne Nicolas Méhul, André Grétry, Jean-François Lesueur et Luigi Cherubini. Bernard Sarrette obtient le rôle de commissaire chargé de l'organisation. L'enseignement est limité aux disciplines instrumentales, particulièrement les cordes et les vents. Dès la première année, l'effectif est de six cents élèves[1].

Conservatoire de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

Sarrette devient directeur de l'établissement en 1800, cependant que les missions de l'institution s'élargissent à l'art dramatique et à la danse. L'orchestre des élèves est créé en 1806 par François-Antoine Habeneck. La même année, le Conservatoire devient Conservatoire de musique et de déclamation, appellation qui sera conservée, avec une éclipse, jusqu'en 1934, où l'établissement se verra baptisé Conservatoire national de musique et d’art dramatique.

De 1800 à 1814, les professeurs du Conservatoire produiront un ensemble de corpus pédagogique comportant des traités, principes élémentaires ou méthodes pour chacun des instruments (traités de François-Joseph Gossec, Pierre Baillot, Étienne Ozi, l'abbé Roze, Charles-Simon Catel). Le succès dans le domaine du chant est plus contestable et entraînera une rupture entre Sarrette et Le Sueur, ce dernier, compositeur d'opéra, étant partisan d'une réactivation des maîtrises supprimées par la Révolution. Le Sueur sera exclu du Conservatoire en 1802, mais l'Empire dans l'esprit du Concordat lui donnera raison en les rétablissant progressivement.

École royale de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

Fermé un temps sous la Restauration en raison de son origine révolutionnaire, le Conservatoire est, dès 1816, transformé en une École royale de musique et de déclamation sous l'administration d'un inspecteur général, François-Louis Perne. Ce changement se traduit par des réductions du nombre d'enseignants et par une activité réduite. L'établissement ne retrouvera une meilleure considération qu'en 1822, lorsque Luigi Cherubini est nommé directeur, et non simple inspecteur. Il faudra cependant attendre 1830 pour voir le nom de Conservatoire officialisé à nouveau.

Cherubini structurera l'institution dans des formes qui sont aujourd'hui encore reconnaissables : institution d'un système de concours d'entrée et de sortie, élaboration de méthodes officielles d'enseignement, ouverture vers un plus grand nombre d'instruments (piano, harpe, contrebasse, trompette, chant, etc).

Les écoles de musique de Lille, Toulouse et Nancy sont rattachées au conservatoire par ordonnance du 20 décembre 1826 et un règlement intérieur promulgué en 1850.

Conservatoire de musique et de déclamation[modifier | modifier le code]

Camille Urso,
la première élève admise au Conservatoire de Paris.

En 1851, la violoniste, Camille Urso, est admise comme élève du Conservatoire et devint la première femme à faire son entrée au sein de cette institution. Elle se présenta avec 70 garçons. Le jury d'admission, était composé d'éminentes personnalités de la musique, assises autour du directeur Daniel-François-Esprit Auber. Parmi celles-ci, les compositeurs italiens Michele Enrico Carafa et Gioachino Rossini et le Premier violon du roi, Delphin Alard. Camille Urso dut jouer le 4e Concerto de Pierre Rode, avec accompagnement pour violon, deuxième violon et violoncelle. Ce fut un triomphe et la jeune candidate fut acceptée à l'unanimité comme élève au Conservatoire de Paris. Camille Urso venait d'ouvrir le Conservatoire de musique aux femmes. Elle devint l'élève du violoniste Joseph Massart, puis du compositeur Jules Massenet.

Guy Ropartz, compositeur, est nommé directeur du Conservatoire de Nancy (à l'époque École Nationale succursale du Conservatoire de Paris) de 1894 à 1919, où il crée les classes d'alto en 1894, de trompette en 1895, de harpe et d'orgue en 1897, puis de trombone en 1900. Il instaure également la saison de concerts symphoniques avec le tout jeune Orchestre du Conservatoire, ancêtre de l'Orchestre symphonique et lyrique de Nancy.

Rue de Madrid[modifier | modifier le code]

En 1911 le Conservatoire quitte les locaux de la rue Bergère pour s'installer rue de Madrid.

Les différents successeurs de Cherubini, Esprit Auber (1842-1871), Ambroise Thomas (1871-1896), Théodore Dubois (1896-1905), Gabriel Fauré (1905-1920), Henri Rabaud (1920-1941) et Claude Delvincourt (1941-1954), développeront le Conservatoire de musique et de déclamation à un degré qui en fera un point de référence et d'excellence de l'enseignement musical dans le monde entier. Un Musée des instruments est fondé en 1864. En 1905, un décret détaille l'organisation du conservatoire, nominations, traitements, avancements et peines disciplinaires du personnel enseignant et administratif, organisation des examens ou encore composition des jurys d’admission. Les disciplines enseignées s'élargissent à l'écriture musicale, l'histoire de la musique, et à de nouveaux instruments (orgue, alto, clarinette...). Les professeurs sont des musiciens ou compositeurs prestigieux dont l'influence marquera durablement la vie musicale européenne puis les jurys de concours s'ouvrent aux personnalités extérieures (Claude Debussy, Maurice Ravel, Paul Dukas, André Messager).

Conservatoire national de musique et d'art dramatique[modifier | modifier le code]

En 1934 le Conservatoire devient Conservatoire national de musique et d'art dramatique.

Conservatoire national supérieur de musique[modifier | modifier le code]

En 1946, les activités d'art dramatique du « Conservatoire de Musique et de Déclamation » font l'objet d'une structure indépendante : le Conservatoire national supérieur d'art dramatique qui regagne les locaux de la rue du Conservatoire (anciennement rue Bergère).

Les activités musicales et la classe de danse sont regroupées dans un « Conservatoire national supérieur de musique ». Sous l'impulsion des directeurs Marcel Dupré (1954-1956), Raymond Loucheur (1956-1962) et Raymond Gallois-Montbrun (1962-1983) de nouvelles disciplines font leur apparition et un cycle de perfectionnement est inauguré, avec des classes de maître animées par les plus grands instrumentistes du temps (Mstislav Rostropovitch, Christa Ludwig, Wilhelm Kempff, etc.).

La Villette[modifier | modifier le code]

L'établissement de Paris, le CNSMDP, s'installe à la cité de la musique avenue Jean-Jaurès dans le cadre des Grands travaux de François Mitterrand. Le nouvel établissement parisien est inauguré le .

Les locaux de la rue de Madrid sont désormais affectés au Conservatoire à rayonnement régional de Paris.

Historique du Conservatoire de Lyon[modifier | modifier le code]

Rue de l'Angile[modifier | modifier le code]

Le Conservatoire national supérieur de musique (CNSM) de Lyon est créé par décret du . Il est initialement installé au 3 de la rue de l'Angile, dans le 5e arrondissement, dans les locaux libérés par le conservatoire de musique de Lyon, futur CNR pus CRR, transféré dans la montée de Fourvière[2].

Quai Chauveau[modifier | modifier le code]

L'établissement actuel du CNSMD de Lyon est situé depuis le au nord du quartier du Vieux Lyon, 3 quai Chauveau, dans le 9e arrondissement de Lyon. Ces bâtiments historiques abritèrent initialement une communauté religieuse, le Couvent des Dames de Sainte-Élisabeth (XVIIe siècle), puis, après la Révolution, ils devinrent l'enceinte de l'École vétérinaire de Lyon. L'actuel agencement des locaux et des bâtiments est dû à l'architecte Chabrol (milieu du XIXe siècle). Enfin, entre 1985 et 1988, ils furent rénovés et agrandis pour accueillir le CNSM de Lyon qui devient CNSMD, intégrant le D de la danse dans son son logo, en 2001[2].

Quai Saint-Vincent[modifier | modifier le code]

En 1993, des studios sont aménagés pour le département Danse au Grenier d'abondance au 6 quai Saint-Vincent, sur la rive gauche de la Saône, au pied de la Croix Rousse, quasiment en face du Conservatoire[2].

Chronologie des changements d'appellation[modifier | modifier le code]

  •  : fusion de l' École royale de chant et de déclamation et de l'Institut national de musique, créés respectivement les et à l'hôtel des Menus-Plaisirs rue Bergère (actuelle rue du Conservatoire) et placés sous la direction de François-Joseph Gossec, pour donner naissance au Conservatoire de musique
  •  : ouverture de classes de déclamation lyrique et dramatique, le Conservatoire devient Conservatoire de musique et de déclamation
  •  : la Restauration remplace le Conservatoire par une École royale de musique et de déclamation
  •  : l'école retrouve son titre de Conservatoire de musique et de déclamation
  •  : les classes de déclamation étant supprimées, le titre est également amputé pour devenir simplement Conservatoire de musique
  •  : reprise des classes et du titre Conservatoire de musique et de déclamation
  • 1911 : le Conservatoire s'installe rue de Madrid
  • 1934 : le Conservatoire devient Conservatoire national de musique et d'art dramatique
  • 1946 : scission des deux établissements qui prennent respectivement les titres de Conservatoire national de musique et de Conservatoire national d'art dramatique
  • 1946 : le qualificatif « supérieur » est ajouté au titre des deux établissements qui deviennent Conservatoire national supérieur d'art dramatique (CNSAD) et Conservatoire national supérieur de musique (CNSM)
  • 1980 : création du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon,
  • 1990 : le Conservatoire national supérieur de musique de Paris s'installe au Parc de la Villette
  • 2009 : décret du 18 février consolidation des deux CNSMD ; la danse fait officiellement son apparition dans les titres et les Conservatoires de musique deviennent Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) et Conservatoire national supérieur musique et danse de Lyon (CNSMDL)

Enseignements[modifier | modifier le code]

Les Conservatoires dispensent des enseignements dans quatre grandes catégories : musique, danse, métiers du son et pédagogie. Les principaux départements sont les disciplines instrumentales et vocales, les musiques anciennes, le jazz, la composition et création musicale, la musicologie, l'analyse, l'écriture, la direction d'orchestre et de chœurs, la danse, l'acoustique, les métiers du son et la formation à l'enseignement.

En , la cité de la musique ouvre un musée qui expose tous les instruments conservés par le Conservatoire de Paris[3].

En 2007, le CNSMD de Paris comptait 1381 inscrits[4] dans les disciplines principales dont l'âge moyen était de 23 ans. Mais le plus jeune avait seulement 13 ans et le plus âgé 48. Le concours d'entrée est très sélectif avec un taux de réussite moyen de 19 %, et même de 10 % dans certaines disciplines. L'enseignement est très attractif à l'international avec 18 % d'étudiants étrangers représentant 41 nationalités dont une majorité d'asiatiques[5].

En 2013, le CNSMD de Lyon comptait environ 600 étudiants dont 18 % venant de l'étranger.

Au XXIe siècle, l'enseignement du CNSMD de Paris évolue vers de nouvelles perspectives pédagogiques. Un partenariat est ainsi conclu en 2015 avec le programme d'éducation musicale vénézuélien El Sistema [6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Constant Pierre, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, documents historiques et recueillis ou reconstitués par C. Pierre, Imprimerie nationale, Paris, 1900
  • Association du bureau des étudiants du Conservatoire national supérieur de musique de Paris ; sous la dir. d'Emmanuel Hondré, Le Conservatoire de musique de Paris : regards sur une institution et son histoire, Paris, Association du bureau des étudiants du Conservatoire national supérieur de musique, 1995 ISBN 2-9509140-0-4
  • Marguerite Sablonnière, Le Conservatoire de musique de Paris pendant l'entre-deux-guerres, thèse pour le dipl. d'archiviste paléographe, 1996
  • Anne-Marie Bongrain et Alain Poirier (dir.), Le Conservatoire de Paris : des Menus-Plaisirs à la cité de la musique (1795-1995), Paris, Buchet-Chastel, 1996 ISBN 2-7020-1653-7
  • Anne-Marie Bongrain et Alain Poirier (dir.), Le Conservatoire de Paris : deux cents ans de pédagogie (1795-1995), Paris, Buchet-Chastel, 1999 ISBN 2-283-01774-2
  • François Sabatier (coord.), 25 ans CNSMD Lyon, Lyon, Symétrie, 2005, 257 p. ISBN 2-914373-19-8
  • Anne Bongrain, Le Conservatoire national de musique et de déclamation, 1900-1930 : documents historiques et administratifs, Paris, Vrin, 2012 ISBN 978-2-7116-2398-3

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La musique en France des Lumières au Romantisme Jean Mongrédien Flammarion 1986 p.18
  2. a, b et c 25 ans CNSMD Lyon, François Sabatier, 2005
  3. Musée de la Cité de la musique, INA, 10 janvier 1997
  4. Le Conservatoire de Paris, Nouvel Obs, 13 mars 2013
  5. « http://www.cnsmdp.fr/conservatoire/rapports_activites/Synth%E8se%202007.pdf » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 28 mars 2013
  6. « Le Conservatoire de Paris s’associe à El Sistema », sur France Musique,‎ (consulté le 6 mars 2015)