Bachelor (France)

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Bachelor (France)
Pays France
Établissements Établissements d'enseignement supérieur privé, Grands établissements publics, Écoles consulaires
Sélection
Accès Baccalauréat
Diplôme
Durée de la formation 3 ans
Diplôme délivré
Débouchés

En France, le bachelor est un cursus, et non un titre, de l'enseignement supérieur non reconnu et non contrôlé en tant que tel par le ministère de l'Enseignement supérieur, généralement sur trois ans à compter de l’obtention du baccalauréat[1].

Certains cursus « bachelor » des établissements d'enseignement supérieur privé, publics (Grands établissements) ou des écoles consulaires peuvent néanmoins délivrer sous conditions :

À compter de la rentrée 2021, seul un « bachelor » des instituts universitaires de technologie (IUT) délivrera un diplôme national équivalent :

Le nom s'inspire du bachelor’s degree anglo-saxon, et il est dispensé généralement dans des écoles privées[2]. Généralement, les écoles de commerce consulaires comme l'ESCP, l'EM Lyon ou l'EDHEC délivrent, au sein d'un cursus de « bachelor » ou de « BBA », un diplôme diplôme conférant grade de licence[3].

Diplômes d'établissements publics[modifier | modifier le code]

Logo officiel garantissant le contrôle du ministère de l'Enseignement supérieur sur une formation délivrant un bachelor universitaire de technologie.

Bachelor universitaire de technologie[modifier | modifier le code]

Le bachelor universitaire de technologie (BUT) est issu de la fusion entre le diplôme universitaire de technologie (DUT) et la licence professionnelle pour devenir un diplôme de trois ans conférant 180 crédits ECTS[4]. Il sera délivré à compter de la rentrée 2021. Le nom « licence universitaire de technologie » a également été envisagé[5].

Bachelor d'IEP ou de l'École polytechnique[modifier | modifier le code]

Logo officiel garantissant le contrôle du ministère de l'Enseignement supérieur sur une formation délivrant un grade de licence.

Les cursus « bachelor » de grands établissements publics comme l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po) ou celui de l’École polytechnique délivrent un diplômes d'établissement donnent accès au grade de licence[6].

Diplômes d'établissements privés plus ou moins reconnus par l'État[modifier | modifier le code]

Grade de licence contrôlé par l'État[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la loi de finances pour 2020, le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation annonce en septembre 2019 un renforcement des contrôles des académies sur les formations de l'enseignement supérieur privé. L'objectif étant, selon le ministère, de « valoriser les formations de qualité et de sanctionner les pratiques commerciales trompeuses, en particulier lorsqu’elles induisent les étudiants et leurs familles en erreur sur la nature des diplômes délivrés »[7].

Le , la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal, annonce que des bachelors de l'enseignement supérieur privé pourront obtenir le grade de licence dès 2020 pour « augmenter la lisibilité pour les jeunes et leurs familles »[8]. Selon la ministre, les établissements privés ayant déjà des diplômes visés par l'État ou ayant le label EESPIG pourront en faire la demande[8].

La Commission des titres d'ingénieur (CTI) sera chargée de l'évaluation des bachelors en ingénierie, la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion (CEFDG) sera quant à elle chargée d'évaluer les formations en management des écoles de commerces comme les Bachelor of Business Administration (BBA). Les autres bachelors seront évalués par Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES)[8].

Visa et certification par l'État[modifier | modifier le code]

Bachelor délivrant un diplôme visé[modifier | modifier le code]

Logo officiel garantissant le visa du ministère de l'Enseignement supérieur sur une formation.

En France, le « bachelor » peut néanmoins être un diplôme visé par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation[9]. Ce visa du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation est une reconnaissance importante puisqu'il officialise le niveau académique d'une formation précise et indique que l'État s'engage sur la qualité de la formation[10].

Parmi les bachelors visés par l'État, on compte le « bachelor » de l'Institut International de l'Image et du son (3iS) qui délivre un DESTIS[11], celui de l'École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) délivrant un DESRA ou encore le Bachelor of Arts de l'Institut français de la mode (IFM), école privée membre de l'établissement public Hesam Université.

Les écoles et formations visées sont soumises à un contrôle pédagogique en continu. Le contenu des formations, les jurys d'admission et les commissions délivrant les diplômes sont examinés[12].

Bachelor délivrant un titre certifié[modifier | modifier le code]

Logotypes officiels garantissant la certification du ministère du Travail et de l'établissement public France compétences pour une formation.

En France, le bachelor peut également être un titre certifié par le ministère du Travail[13],[14], mais cela n'est pas une reconnaissance, en particulier pour la poursuite d'étude[source insuffisante].

Un bachelor délivrant un titre certifié enregistré au RNCP et reconnu par le Ministère du Travail, de l'Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue Social est le premier palier de la reconnaissance d’un diplôme[15].

Mais il ne garantit pas son niveau académique comme le fait un diplôme visé accordé par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation[16],[17]. En France, l'enregistrement d'une certification professionnelle par l'État se fait au sein du Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) tenu par l'établissement public France compétences.

Autres bachelors[modifier | modifier le code]

En tant que tel, le bachelor n'est pas un titre reconnu par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, bien que certaines écoles privées (notamment de commerce) utilisent un vocabulaire opaque pour vendre ces diplômes[18],[19].

Après un bachelor, 58 % des étudiants entrent dans la vie professionnelle, et 40 % poursuivent leurs études[20] (ce qui le différencie du bachelor anglo-saxon, destiné à une insertion professionnelle immédiate[19]). Les étudiants d'un bachelor d'une école de commerce peuvent ainsi poursuivre dans le programme supérieur (souvent appelé « grande école »[21]), qui lui, peut délivrer un diplôme visé par le ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

Critiques[modifier | modifier le code]

Le coût élevé de la formation, souvent entre 3 000  et 15 000  l'année (contre la quasi-gratuité pour un diplôme de licence), est régulièrement critiqué, accusé de renforcer des clivages sociaux. Le nombre très élevé d'étudiants dans certaines écoles implique aussi une sélection très faible concernant le niveau des étudiants, ainsi qu'un encadrement des élèves très théorique. Selon Jean-Philippe Ammeux, directeur de l'IÉSEG, « Certaines institutions gonflent leurs effectifs pour augmenter leurs ressources »[22].

La qualité très inégale des formations est aussi souvent pointée du doigt : professionnels à la pédagogie inefficace, ou universitaires enseignant en dehors de leur domaine de compétence. Peu de régulations existent pour encadrer ces formations, celles-ci n'étant pas des diplômes nationaux. L'insertion professionnelle peut aussi faire défaut, alors que les recruteurs français continuent de préférer les titulaires d'un diplôme de master. Dans le même temps, certaines de ces formations sont conçues pour que les élèves continuent leurs études dans une autre formation de leur école, et peut ainsi servir à contourner le concours d'entrée[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Karine Darmon, « Bachelor : les raisons d’un succès », sur Studyrama.com (consulté le 25 juillet 2017)
  2. Marie-Anne Nourry, « Le bachelor, trublion de l’enseignement supérieur », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Wally Bordas, « Qu’est ce qu’un bachelor en France ? », sur Le Figaro (consulté le 5 janvier 2021).
  4. « Arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle ».
  5. « IUT, DUT : le Bachelor Universitaire remplacera la licence professionnelle en 2021 », sur orientation-education.com (consulté le 26 juin 2020).
  6. Article D612-32-2 du code de l’éducation en vigueur au 31 décembre 2018, consulté le 8 septembre 2019
  7. « Projet de loi de finances 2020 de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation », sur enseignementsup-recherche.gouv.fr, Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, (consulté le 2 mai 2020)
  8. a b et c le figaro, « Frédérique Vidal: «Certains bachelors auront le grade licence dès cette année» », sur Le Figaro Etudiant (consulté le 2 mai 2020)
  9. Wally Bordas, « Qu’est ce qu’un bachelor en France ? », sur lefigaro.fr, (consulté le 17 janvier 2020)
  10. « Les diplômes visés par l'Etat », Ecoles2commerce.com (consulté le 7 septembre 2017)
  11. ESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr, « ESRS1700030A - ESR : enseignementsup-recherche.gouv.fr », sur www.enseignementsup-recherche.gouv.fr (consulté le 27 août 2018)
  12. « Reconnu par l’Etat, certifié, visé, homologué, accrédité... comment s’y retrouver ? », Ecoles2commerce.com (consulté le 7 septembre 2017)
  13. « Comment savoir si un diplôme est reconnu ? | CCI Paris Île-de-France », sur www.cci-paris-idf.fr (consulté le 7 septembre 2017)
  14. « Un titre certifié RNCP, c'est quoi ? », sur Studyrama.com (consulté le 19 janvier 2020)
  15. « Comment savoir si un diplôme est reconnu ? | CCI Paris Île-de-France », sur www.cci-paris-idf.fr (consulté le 7 septembre 2017)
  16. « Les titres répertoriés au RNCP », Onisep (consulté le 7 septembre 2017)
  17. « Les diplômes visés », Onisep (consulté le 7 septembre 2017)
  18. Maxime François, « Ecoles de commerce : se retrouver dans le maquis des labels », Le Monde,
  19. a et b Jean-Claude Lewandowski, « Le bachelor, concurrent de la licence », Le Monde,
  20. Benjamin Dusaussoy, « Que faire après un bachelor ? », sur etudiant.lefigaro.fr,
  21. Isabelle Dautresme, « Le bachelor, une alternative aux classes prépas ? », Le Monde,
  22. a et b « Pourquoi le bachelor cartonne », dans Focus Campus, le 1 mai 2018, consulté sur focuscampus.blog.lemonde.fr le 9 mai 2018