James Strachey

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James Strachey
Portrait de James Strachey

Lytton Strachey, Dora Carrington et à droite, James Strachey.

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata (à 79 ans)
à High WycombeVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité Royaume-UniVoir et modifier les données sur Wikidata
Père Richard StracheyVoir et modifier les données sur Wikidata
Mère Jane StracheyVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint Alix StracheyVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Trinity CollegeVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession Psychanalyste et traducteur (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales Éditeur de la Standard Edition

James Beaumont Strachey, né le à Londres et mort le à High Wycombe, est un psychanalyste britannique, traducteur des œuvres psychanalytiques de Freud et éditeur de la Standard Edition.

Biographie[modifier | modifier le code]

La Standard Edition

Il naît à 69 Lancaster Gate, Londres, dans une famille de la upper middle class britannique. Il est le plus jeune enfant d'une nombreuse fratrie[1]. Jusqu'à l'âge de dix ans, il reçoit une éducation littéraire soignée à domicile, puis il est pensionnaire à partir de 1897 à Hillbrow School, près de Rugby, où son cousin Duncan Grant est lui aussi pensionnaire[1]. Il est ensuite externe dans une école à Londres jusqu'en 1905, où il commence ses études universitaires à Trinity College (Cambridge) où il se lie en première année d'étude avec Rupert Brooke. Il rejoint une société secrète d'étudiants, la « Conversazione Society », également connue comme les Cambridge Apostles, que fréquentent aussi Leonard Woolf et John Maynard Keynes[1]. Il obtient son diplôme sans mention et se fait embaucher au magazine The Spectator, dont son cousin, John St Loe Strachey est rédacteur en chef[2]. Alors qu'il suit les activités de la Society for Psychical Research, il découvre le livre de l'un des fondateurs de la société, Frederic William Henry Myers, The Future of Science, qui fait référence aux travaux de Sigmund Freud. Il s'intéresse alors à la psychanalyse et lit quelques textes de Freud[1].

Il est membre cofondateur du Bloomsbury Group[3]. Il est d'abord épris de Noel Olivier, fille d'un responsable de la Fabian Society, puis se lie durablement avec Alix Sargant-Florence. Ils s'installent au 41 Gordon Square, Bloomsbury en 1919, puis se marient à St Pancras le et partent quelques mois plus tard pour Vienne, où James souhaite rencontrer Freud. Il a en effet demandé à Ernest Jones de l'introduire auprès de Freud, et celui-ci avait recommandé Strachey à Freud, en lui indiquant son double désir de devenir analyste et traduire des textes psychanalytiques en anglais[4]. Avant son séjour à Vienne, James Strachey avait en effet déjà traduit en grande partie Psychologie des masses et analyse du moi[5]. Ses séances d'analyse avec Freud sont souvent consacrées à discuter des points de la traduction de textes de psychanalyse qu'il réalise avec Alix Strachey[3].

Activités éditoriales et de traduction[modifier | modifier le code]

À son retour à Londres, il commence une analyse avec James Glover, interrompue par la mort de celui-ci en 1926. Il poursuit quelques activités analytiques, en étant notamment l'analyste de Donald Winnicott[6]. Il est également rédacteur en chef de The International Journal of Psychoanalysis de 1940 à 1945[7].

Mais sa grande œuvre est incontestablement l'édition de la Standard Edition, qu'il mène notamment avec Alix Strachey[1]. La parution des 24 volumes s'échelonne de 1953 à 1966, peu avant sa mort. James et Alix Strachey se consacrent presque exclusivement à cette tâche, s'efforçant de constituer un lexique scientifique et unifié de la langue de Freud[8]. Cette édition est une référence pour les traductions en langue française, germanique et espagnole, souvent établies en appui sur l'apparat critique de la version anglaise.

En 1956, Alix et James se retirent à la campagne, où il meurt des suites d'une crise cardiaque à l'hôpital général de High Wycombe,en 1967[9]. Sa correspondance et celle d'Alix Strachey, environ un millier de lettres, sont conservées à la British Library, et sont éditées en 1985 sous le titre Bloomsbury/Freud: The Letters of James and Alix Strachey, 1924-25.

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1967 : prix Schlegel–Tieck de traduction d'allemand en anglais pour Works of Sigmund Freud (Hogarth Press)[10]

La famille Strachey[modifier | modifier le code]

Fratrie Strachey. James est tout à fait à droite

Son père, Richard Strachey, après une formation d'ingénieur, réalise d'abord une carrière militaire, puis d'administrateur colonial en Inde, notamment comme sous-secrétaire au Public Works Department à Calcutta, et comme membre du Conseil de l'Inde[11].. Sa mère est l'écrivaine Jane Strachey, très engagée dans les mouvements féministes, notamment la Women's Local Government Society qu'elle a présidée, et les National Union of Women's Suffrage Societies[12]. James est le plus jeune d'une nombreuse fratrie qui comprend également Lytton Strachey, confondateur du Bloomsbury Group, Oliver Strachey, cryptographe durant la Seconde Guerre mondiale, l'écrivaine Dorothy Bussy, Pernel Strachey, directrice du Newnham College à Cambridge et Philippa Strachey, féministe. James est l'époux d'Alix Strachey, psychanalyste et traductrice de Freud, et également le beau-frère de Ray Strachey, écrivaine et personnalité féministe[13].

Marion Milner Sylvia Payne Eric Klein Roger Money-Kyrle Clifford Scott Melanie Klein Ernest Jones Herbert Rosenfeld Paula Heimann Joan Riviere James Strachey Donald Winnicott Gwen Evans Ambrose Cyril Wilson Michael Balint Judy Klein
70e anniversaire de Melanie Klein, J. Strachey qui porte des lunettes, est assis à droite des fleursvdm

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, translated from the German under the General Editorship of James Strachey. In collaboration with Anna Freud. Assisted by Alix Strachey and Alan Tyson, 24 volumes, Vintage, 1999

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Dany Nobus, « Strachey, James Beaumont (1887–1967) », Oxford Dictionary of National Biography, 2004 [lire en ligne].
  2. A.J.A. Morris, « Strachey, John St Loe (1860–1927) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  3. a et b Riccardo Steiner, « Strachey, James Beaumont », cf. bibliographie.
  4. Caine 1998, p. 151
  5. Caine 1998, p. 151.
  6. Plusieurs attestations in F. Robert Rodman, Winnicott, sa vie, son œuvre, Toulouse, Érès, 2008, notamment p. 17.
  7. Riccardo Steiner, « International Journal of Psychoanalysis », p. 832-833, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002.
  8. «Rendering Freud's words into a unified, scientific vocabulary», citation du Oxford DNB.
  9. Bombay to Bloomsbury 2005, p. 403.
  10. The Society of Authors, [lire en ligne]
  11. Caine 1998, p. 146
  12. Caine 1998, p. 147
  13. Barbara Caine, « A Feminist Family: the Stracheys and Feminism, c. 1860-1950 », Women's History Review, vol. 14, no 3-4, 2005, p. 385-404 DOI:10.1080/09612020500200443.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barbara Caine
    • (en) « The Stracheys and Psychoanalysis », History Workshop Journal, no 45,‎ 1998, p. 145-169 Document utilisé pour la rédaction de l’article
    • (en) Bombay to Bloomsbury : A Biography of the Strachey Family, Oxford, Oxford University Press, , 488 p. (ISBN 0199250340)
  • (en) Perry Meisel & Walter Kendrick (éd.), Bloomsbury/Freud: The Letters of James and Alix Strachey, 1924-25, Basic Books, , 360 p.
  • Riccardo Steiner, « Strachey, James Beaumont », p. 1641-1642, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M/Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Dany Nobus, « Strachey, James Beaumont (1887–1967) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press (lire en ligne) (inscription nécessaire) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]