Agrippa Ier

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Agrippa Ier
Pièce de monnaie figurant Agrippa Ier vers 42.
Pièce de monnaie figurant Agrippa Ier vers 42.
Titre
Roi de Batanée
– ~44
Prédécesseur Philippe le Tétrarque (inter-règne romain de 34 à 37)
Successeur Empire romain (légat de Syrie)
Roi de Batanée, de Galilée et de Pérée
– ~44
Prédécesseur Hérode Antipas
Successeur Empire romain (légat de Syrie)
Roi de Judée
– ~44
Prédécesseur Marullus (Préfet de Judée)
Successeur Cuspius Fadus (procurateur de Judée)
Biographie
Dynastie Hérodiens
Date de naissance ~11 ou 10 av. J.-C.
Date de décès ~44
Père Aristobule IV
Mère Bérénice, fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand
Conjoint Cypros III, fille de Phasaël II, petite-fille de Phasaël, le frère d'Hérode le Grand
Enfants Agrippa II, Bérénice, Drusilla, Mariamne

Agrippa Ier (en latin : Marcus Julius Agrippa), parfois appelé Hérode Agrippa, né vers 10 av. J.-C. et mort vers 44 à Césarée, petit-fils d'Hérode le Grand, est le dernier roi juif de Judée.

Il passe son enfance et sa jeunesse à la cour impériale de Rome où il se lie d'amitié avec les princes impériaux Drusus, fils de Tibère, et Claude. Il subit une période de disgrâce à la suite de la mort de Drusus qui le contraint à retourner vivre en Palestine. De retour à Rome en 36, Tibère en fait le tuteur de son petit-fils Tiberius Gemellus et Agrippa se rapproche de l'autre héritier désigné, Caligula. L'avènement de ce dernier au trône lui permet de devenir roi de Batanée et de Trachonitide en 37 en obtenant les anciennes tétrarchies de Philippe II et de Lysanias, puis la Galilée et la Pérée en 39, suite à la disgrâce de son oncle Hérode Antipas.

Après l'assassinat de Caligula, il joue à Rome un rôle de premier plan dans l'accession de Claude à la tête de l'empire en 41 et il se voit doté des anciens territoires d'Archélaos, l'Idumée, la Judée et la Samarie, régnant ainsi sur un territoire aussi vaste que l'ancien royaume d'Hérode le Grand.

Porteur d'une double identité juive et romaine, il joue un rôle d'intercesseur en faveur des Juifs auprès des autorités romaines et, sur le plan intérieur, laisse espérer à certains de ses sujets juifs la restauration d'un royaume indépendant. Poursuivant la politique d'évergétisme hérodienne par de grands travaux, il s’aliène néanmoins une partie de ses sujets grecs et syriens tandis que ses ambitions régionales lui valent l'opposition du légat impérial de la province romaine de Syrie, Marsus. Il meurt subitement — peut-être empoisonné — en 44.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Agrippa est le fils d'Aristobule IV, l'un des enfants d'Hérode Ier le Grand, roi de Judée, et de Mariamne l'Hasmonéenne. Sa mère est Bérénice, fille de Salomé, fille d'Antipater et sœur d'Hérode le Grand, qui est une proche d'Antonia Minor, fille de Marc-Antoine et d'Octavia, sœur d'Auguste[1]. Hérode le Grand est donc à la fois le grand-père paternel et le grand-oncle maternel d'Agrippa, qui nait vers 11 ou 10 av. J.-C., vraisemblablement en Judée[2]. Ses parents marquent le statut romain de ce prince juif en lui donnant le nom d'un proche collaborateur de l'empereur Auguste, Marcus Vipsanius Agrippa mort deux ans plus tôt[1].

Hérode le Grand est un souverain considéré comme un usurpateur cruel par ses sujets mais dévoué à la cause impériale romaine qu'il favorise grandement dans son royaume[3]. Son règne est marqué par les intrigues familiales nombreuses — il a eu dix épouses — et sanglantes[4]. Ainsi, en 29 av. J.-C., le roi exécute son épouse Mariamne[5] par jalousie[3], grand-mère d'Agrippa et, l'année suivante, la mère de celle-ci[4]. En 7 av. J.-C., alors qu'Agrippa n'a que trois ans[6], Hérode fait exécuter son père et son oncle Alexandre à la suite d'intrigues de palais qui aboutissent également à l'exécution, trois ans plus tard, d'Antipater — un fils qu'il a eu avec Doris — ainsi qu'à celle de Costobar, grand-père maternel d'Agrippa[7]. Hérode fait en outre disparaître un grand nombre de membres de la dynastie hasmonéenne et de ses partisans, qui s'en trouve presque anéantie[3]. Le roi épargne cependant les enfants d'Aristobule, les garçons Agrippa, Hérode et Aristobule le Mineur ainsi que les filles Hérodiade et Mariamne[7].

Agrippa descend ainsi à la fois des dynasties hasmonéenne et hérodienne mais la condamnation à mort de son père pour trahison semble l'écarter d'une logique de succession[1].

Cour impériale[modifier | modifier le code]

Buste de Drusus, vers 21.

En 5 av. J.-C., deux ans après la condamnation de son père[4], le jeune Agrippa est envoyé par Hérode le Grand à la cour impériale de Rome[5] en compagnie de sa mère Bérénice ainsi que de ses frères et sœurs[8]. Il y est soutenu par l'amie de sa mère, Antonia Minor, belle-sœur de Tibère — devenu empereur en 14 — et mère du futur empereur Claude ainsi que par l'impératrice Livie, qui était l'amie de sa grand-mère[6]. Il y est élevé avec les enfants de la famille impériale dont Claude, qui a le même âge que lui, ainsi que Drusus, le jeune fils de Tibère, auquel il s'attache particulièrement[5]. Il vit ainsi toute sa jeunesse dans la capitale de l'empire et connaît personnellement presque tous les membres de la famille impériale. L'avenir d'Agrippa semble alors établi par ses relations privilégiées avec l'héritier présomptif de Tibère et, pour donner le change à ses hôtes, il mène grand train à l'instar de son ami qui a une fâcheuse réputation de prodigalité, d'immoralité et d'excès[9]. Il doit bientôt s'endetter pour assurer cette vie fastueuse[5]. Mais cet avenir s'obscurcit avec la mort de Drusus en 23[10], l'isolant et le laissant démuni face à ses créanciers[11] d'autant que sa mère Bérénice meurt vraisemblablement à la même époque[9]. Après la mort de son fils, Tibère bouleversé, réagit en écartant les amis de celui-ci de sa cour[12].

Agrippa dilapide le reste de sa fortune en essayant de gagner les faveurs des affranchis de Tibère[13] et, âgé d'une trentaine d'années, il quitte précipitamment Rome pour la Judée[11]. La période suivante le voit vivre différentes péripéties et scandales liés au besoin d'assurer son train de vie sans jouir des revenus en conséquence[10].

Retour en Palestine[modifier | modifier le code]

Il se retrouve dans un fort à Malatha d'Idumée, en compagnie de son épouse Cypros. Il a épousé probablement aux alentours de 26 cette cousine, fille de Phasaël, frère d'Hérode le Grand[11], qui lui donne un premier fils prénommé Agrippa[14]. Il mène une existence modeste loin du faste de la cour impériale et pense même au suicide[12]. Toutefois sa femme s'entend avec Hérodiade[11], désormais la femme d'Antipas[12].

Celle-ci vient d’accepter de quitter son premier mari « encore vivant » pour épouser un autre de ses oncles, Hérode Antipas, tétrarque de Galilée[15],[Note 1]. En effet, Philippe le Tétrarque est « mort sans enfant » (33-34[16],[Note 2]) et Antipas espère tout à la fois que les territoires de son demi-frère vont lui être confiés par Tibère et que celui-ci lui donnera le titre de roi[17],[18]. Le mariage avec Hérodiade qui descend de la dynastie légitime des Hasmonéens participe de cette stratégie[17],[18].

Hérodiade amène Antipas à aider Agrippa : il lui procure de l'argent, lui offre de s'installer à Tibériade et lui confie la magistrature civique d'agoranome de la ville — organisateur des marchés de l'agora — qui lui fournit un revenu régulier[11]. Toutefois cette situation est de courte durée. Agrippa accepte dans un premier temps, mais il donne bientôt l'impression de ne pas se satisfaire de ce qui lui est donné[11]. Il trouve rapidement cette charge ennuyeuse dans une petite ville de province dépourvue des équipements de la civilisation romaine qui l'a vu grandir. Il se brouille avec son oncle Antipas au cours d'un banquet à Tyr et se rend en Syrie romaine dont son ami Lucius Pomponius Flaccus, est le légat[12]. Peu de temps après, il est disgracié par une intervention de son propre frère Aristobule le Mineur, qui le dénonce auprès de Flaccus pour avoir reçu un pot-de-vin afin de défendre les intérêts de Damas contre Sidon dans un différend frontalier porté devant son ami légat[12]. Il se décide alors à tenter un retour à Rome où Tibère, qui devait avoir fait son deuil de la mort de Drusus et accepterait peut-être de recevoir à nouveau les anciens amis de son fils[19].

Retour vers Rome[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de Tibère.

Agrippa emprunte une somme de vingt mille drachmes[20] pour s'embarquer à Anthédon vers Alexandrie[19] non sans avoir été relancé par le gouverneur romain de Yabné, Herennius Capiton, pour les dettes contractées vis-à-vis du trésor de l'Empire[19]. Celui-ci lui envoie la troupe mais, profitant de la nuit, Agrippa embarque et parvient à gagner Alexandrie où il obtient un nouveau financement de l’alabarque Alexandre Lysimaque, frère de Philon et chef de la communauté juive d'Alexandrie[11]. Ce haut fonctionnaire, appartenant à une des très rares familles juives de citoyens romains, est un grand propriétaire foncier et, à l'instar d'Agrippa, un ami du futur empereur Claude. Lysimaque refuse de prêter l'argent directement à Agrippa dont la réputation de prodigalité n'est plus à faire mais traite avec l'épouse de celui-ci dont il admire le dévouement à son mari. C'est muni de ce capital de deux cent mille drachmes[20] qu'Agrippa s'embarque vers l'Italie[1] au printemps 36[Note 3].

Tibère, retiré à Capri, le reçoit et fait bon accueil à l'ancien compagnon de son fils, un accueil bientôt tempéré par un courrier du gouverneur de Yabné à propos des dettes[19]. Mais Antonia la Jeune aide Agrippa à sortir de ce nouvel embarras en lui avançant la totalité de la somme due[21] — trois cent mille drachmes[20] — et il retrouve la faveur impériale[19]. Tous ces détails se trouvent dans la deuxième œuvre de Flavius Josèphe, les Antiquités judaïques, édité aux alentours de 93/94, sous le règne de Domitien[22], mais dans le livre II de la Guerre des Juifs, son premier récit, édité entre 75-79[23], Josèphe était plus direct. C'est « pour accuser le tétrarque[P 1] » Hérode Antipas, qu'Agrippa a décidé de se rendre « auprès de Tibère[P 1] », afin d'essayer de prendre son domaine[24] et c'est parce qu'Agrippa avait été évincé de ses prétentions à obtenir la tétrarchie d'Antipas qu'il se serait mis à comploter contre l'empereur[24]. Comme d'autres informations, en particulier au sujet d'Agrippa, celles-ci ne se retrouvent pas dans les Antiquités judaïques, où Josèphe s'étend pourtant beaucoup plus sur le sujet.

L'empereur demande à Agrippa de prendre en charge le fils de Drusus, son petit-fils Tiberius Gemellus, alors adolescent et l'un des deux héritiers désignés de Tibère[1] avec son petit-neveu Caïus Caligula, petit-fils de la protectrice d'Agrippa, Antonia[19]. Ce dernier entreprend de gagner les faveurs et l'amitié de Caïus, imité en cela par un autre prince sans royaume, Antiochos de Commagène[13] et parvient à contracter un prêt d'un million de drachmes auprès d'un affranchi samaritain de l'empereur pour mener son projet à bien auprès de l'étoile montante de Rome. Si on ne sait pas précisément dans quelles conditions s'est nouée l'amitié entre les deux hommes, elle devait valoir pareil investissement[21].

Une flatterie d'Agrippa à Caligula va cependant lui causer des ennuis : souhaitant dans une conversation que la mort de Tibère ne tarde plus afin que puisse lui succéder le jeune prince, ce propos est rapporté à Tibère qui ordonne l'arrestation de l'indélicat[19]. Ce dernier, ami du probable prochain empereur, bénéficie d'une captivité confortable et est élargi par Caligula peu après la mort de Tibère le 16 mars 37[21], au moment où Ponce Pilate arrive à Rome[25].

L’avènement au trône de son ami commence la fortune d’Agrippa : l'empereur, pour sa libération, lui offre une chaîne d’or « du même poids que la chaîne de sa captivité »[25]. Il lui octroie, outre le titre de roi et le diadème qui en est le signe, les territoires de Philippe, mort peu de temps auparavant[19], tétrarque de Gaulanitide, Batanée, Trachonitide et d'Auranitide[11], quatre territoires situés au nord-est du lac de Tibériade. Caligula lui a en outre conféré les ornements prétoriens, une dignité qui permet à certains non-sénateurs de siéger parmi eux lors des fêtes publiques[26]. « Ce retournement de situation tout à fait exceptionnel paraît avoir beaucoup impressionné les contemporains d'Agrippa »[25].

Selon Flavius Josèphe, au moment même où il pose le diadème royal sur la tête d'Agrippa Ier, Caligula envoie Marullus comme « hipparque (ἱππάρχης) de Judée[P 2] » pour remplacer Ponce Pilate qui renvoyé par Lucius Vitellius vient à peine d'arriver à Rome[27]. Agrippa ne montre donc aucun empressement à prendre en charge les affaires de son royaume et ce n'est qu'en été 38 qu'il se rend en Batanée pour un court séjour, car les réseaux d'influences se tissent davantage à Rome où réside souvent le pouvoir réel[21].

Troubles en Palestine[modifier | modifier le code]

Ruines de la cité fortifiée de Gamala, enjeu de la guerre entre Arétas IV et Hérode Antipas. (On entrevoit au fond, le lac de Tibériade.)

Pendant son séjour à Rome, plusieurs événements ont lieu en Palestine qui créent une situation très tendue. Depuis 35, les Romains et le légat de Syrie Lucius Vitellius sont engagés dans un affrontement décisif contre les Parthes et leur roi Artaban III au sujet du contrôle du royaume d'Arménie[28]. En 36[Note 4], les armées de deux rois clients des Romains, Arétas IV et Hérode Antipas, s'affrontent aux alentours du territoire de Gamala occasionnant une cuisante défaite à ce dernier[15]. Selon Moïse de Khorène, ainsi que plusieurs sources en syriaque et en arménien, le roi d'Édesse, Abgar V « fournit des auxiliaires » au roi Nabatéen, Arétas IV[Note 5], pour faire la guerre à Hérode (Antipas)[P 3] »[29],[30]. Toutefois, l'historicité de cette mention est contestée par Jean-Pierre Mahé. Il est possible qu'Arétas ait profité de la participation d'Antipas à la grande conférence sur l'Euphrate, pour celer la paix et la victoire romaine sur Artaban III (automne 36), pour déclencher son offensive[31],[Note 6]. La revendication territoriale des nabatéens a été ranimée par la volonté d'Antipas de répudier Phasaélis, la fille du roi de Pétra Arétas IV[P 4],[32],[33] pour se marier avec Hérodiade[34], la sœur d'Agrippa Ier. Le but d'Antipas est uniquement dynastique[35]. Il s'agit de conforter sa position pour être nommé par l'empereur à la tête de la tétrarchie de Philippe qui vient de mourir[33] ou pour être nommé roi[35]. À un moment de ce conflit qui est en débat, probablement situé entre 29 et 35[36],[37],[38] (voir date de la mort de Jean Baptiste), Antipas pense faire taire son opposition en exécutant un prédicateur juif appelé Jean le Baptiste. Cette exécution semble avoir eu d'importantes répercutions sur la situation politique dans la région pendant plusieurs années. Ainsi la défaite d'Antipas est considérée au sein de la population juive comme une vengeance divine contre Antipas pour le punir d'avoir mis à mort Jean[15] et dont Arétas IV n'aurait été que l'instrument[15].

Selon Simon Claude Mimouni, le gouvernorat de Ponce Pilate est un des cinq temps forts des troubles qu'a connu la Palestine entre la mort d'Hérode le Grand et le déclenchement de la Grande révolte juive, émaillée de pas moins de six gros incidents, auxquels il faut ajouter l'exécution de Jésus de Nazareth et éventuellement la sédition de Jésus Bar Abbas, dont la popularité est rapportée dans les évangiles synoptiques[39]. Toutefois, pour certains historiens, les deux Jésus n'en font qu'un, les évangélistes utilisant un procédé littéraire permettant de décrire deux faces de Jésus, tout en exonérant les Romains de leur responsabilité dans cette exécution, pour que les évangiles ne puissent pas être soupçonnés de contenir la moindre critique des autorités au pouvoir[40],[41],[42],[Note 7].

En 36, Ponce Pilate fait réprimer avec célérité un rassemblement de Samaritains sur le mont Garizim[43], dont les plus convaincus « prirent les armes »[43]. Le rassemblement possédait une connotation messianique dont le chef — que Flavius Josèphe évite de nommer — cherchait à apparaître comme le prophète eschatologique semblable à Moïse[44], une des trois figures messianiques que l'on retrouve dans les manuscrits de la mer Morte[45]. Une figure qui a aussi été attribuée à Jean le Baptiste et à Jésus de Nazareth[46]. Certains pères de l'Église, ainsi que la tradition mandéenne et notamment un de leurs écrits, le Haran-Gawaita, fournissent des indications selon lesquelles il pourrait s'agir de Dosithée de Samarie qui aurait succédé à la tête du mouvement de Jean le Baptiste après son exécution, car il était l'un de ses trente disciples[47]. Pilate fait crucifier leurs chefs et les personnalités les plus en vue qu'il est parvenu à capturer[48].

À la fin de cette même année, Vitellius prend prétexte des plaintes du conseil des Samaritains au sujet de ce dernier incident pour renvoyer le préfet de Judée Ponce Pilate au terme d'un mandat de dix années[49],[48], « pour qu'il s'explique auprès de l'empereur[50], sur ce dont l'accus[e]nt les juifs[P 5]. » À la pâque suivante, il vient en personne à Jérusalem pour démettre le grand prêtre Caïphe, par trop lié à Pilate, et restitue aux prêtres du temple la supervision des cérémonies des grandes fêtes cultuelles juives[50]. À l'annonce de la mort de Tibère à la Pentecôte 37, Vitellius, très réticent pour soutenir Antipas avec ses troupes[51], interrompt la marche de ses deux légions contre Arétas IV en estimant ne plus pouvoir faire la guerre sans des ordres du nouvel empereur[52]. Il « fait jurer par le peuple fidélité à Caligula »[15],[6] et démet à nouveau le grand prêtre qu'il a nommé 50 jours auparavant[53].

Prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Agrippa rentre dans ses territoires en été 38, après que la situation a été éclaircie sur place par Lucius Vitellius, probablement assisté par Marullus, le nouveau préfet de Judée. Flavius Josèphe ne raconte pas dans quelles conditions les troupes nabatéennes se sont retirées de l'ancienne tétrarchie de Philippe qui constitue l'essentiel des territoires attribués à Agrippa. Un accord a finalement dû être trouvé entre Arétas et les Romains représentés sur place par le légat de Syrie[54]. Selon Nikos Kokkinos, Lindner a montré que c'est Caligula qui a transféré Damas sous le contrôle nabathéen[55]. Pour lui, puisque Caligula succède à Tibère mort le , les négociations avec Arétas ne peuvent pas avoir été achevées avant l'été de la même année[55].

Sur le chemin de son nouveau royaume, Agrippa passe par Alexandrie vers où il loge vraisemblablement chez l'alabarque Alexandre Lysimaque, le frère de Philon d'Alexandrie et le père de Tiberius Alexander[56], dont sa fille Bérénice épousera le fils Marcus Alexandre quelques années plus tard[57]. Il règne alors dans la ville une ambiance anti-juive qui dure depuis quelque temps déjà[58]. Lors de festivités, le nouveau roi y est la cible d'une mascarade populaire anti-juive mettant en scène un idiot surnommé Karabas[Note 8], préfigurant le conflit judéo-alexandrin qui agite la ville de 38 à 41[59]. Le gouverneur romain d'Alexandrie, Flaccus, parait laisser se dérouler l'agitation populaire hostile à Agrippa qu'il jalouse, protégé d'un empereur dans les grâces duquel Flaccus ne parvient pas à entrer[60], dont il pressent qu'il est en train de perdre la confiance et qui le fait d'ailleurs exécuter peu après[60].

Ces troubles amènent les deux partis — Juifs et Grecs alexandrins — à envoyer chacun trois délégués à l'empereur pour trancher le conflit plus profond qui oppose les deux communautés[Note 9]. Philon est au nombre de la délégation juive[61].

Le retour d'Agrippa Ier auréolé d'un titre royal excite la jalousie de sa sœur Hérodiade qui presse son mari Antipas de réclamer pour lui-même le titre de roi à Rome[25]. En 39, Antipas se résout alors à se rendre auprès de Caligula pour tenter d'obtenir cette faveur impériale, ce qui va précipiter sa perte. Informé de ce voyage, Agrippa Ier dépêche à Rome son plus fidèle affranchi, porteur d'une lettre pour l'empereur. Il y accuse Antipas de fomenter un complot avec les Parthes et d'avoir accumulé sans le dire à l'Empereur, des stocks d'armes dans ses arsenaux de Tibériade, probablement dans l'intention de préparer sa revanche contre le roi Arétas IV qui l'avait défait quelques années auparavant. Si la seconde accusation est probablement vraie, la première est douteuse. Pour autant Caligula déchoit, bannit et exile Hérode Antipas dans le sud des Gaules[25] où l'accompagne librement son épouse[62]. Agrippa reçoit quant à lui les territoires d'Antipas — la Galilée et la Pérée — ainsi que tous les biens confisqués au tétrarque et à son épouse[25]. Là encore, dans la Guerre des Juifs, Josèphe donne une version différente. « Agrippa avait suivi[P 6] » Antipas à Rome « pour l'accuser[P 6] » et obtient ainsi sa destitution[P 6].

La statue de Caligula[modifier | modifier le code]

Représentation dans le Temple[modifier | modifier le code]

Caligula entend développer le culte impérial et se placer de son vivant au-dessus de la politique des mortels et a dans l'idée d'imposer son statut divin à l'empire, quelles qu'en soient les conséquences politiques[63]. C'est dans cette optique que pour des motivations incertaines[Note 10], il conçoit de faire ériger dans le Temple de Jérusalem, sa propre statue en or sous l'apparence de Zeus[Note 11]. L'initiative de Caligula horrifie les sujets juifs de l'Empire et entraîne des troubles dans la diaspora à Rome, mais aussi à Alexandrie, Thessalonique, Antioche et en Palestine[Note 12], en particulier en Galilée[64].

Caligula enjoint au nouveau proconsul de Syrie, Publius Petronius de placer de gré ou de force, la statue dans le Saint des saints » du Temple de Jérusalem[65], violant l'aniconisme judaïque dans le lieu le plus sacré de cette religion[Note 13]. Petronius dispose des troupes armées nécessaires — deux légions romaines et des auxiliaires — qu'il caserne à Ptolémaïs, en Phénicie, dans l'éventualité d'un soulèvement[66] et il a pour mission d'accompagner la procession de la statue — en cour de fabrication à Sidon — à travers la Judée, jusqu'à Jérusalem[67]. La population se précipite en nombre à Ptolémaïs, soutenue par les autorités religieuses juives, puis à Tibériade où les troubles se poursuivent pendant une quarantaine de jours[68]. Petronius s'y rend et y rencontre les notables ainsi qu'Aristobule frère d'Agrippa — en l'absence de ce dernier qui est à Rome — en présence et sous la pression de la foule. Convaincu de l'imminence d'une importante révolte Petronius temporise auprès de l'empereur par un échange de courriers[69] exposant — au risque de sa vie[63] — les difficultés de la situation[70] : les habitants de Galilée sont proches de la révolte générale[65], ainsi que les Juifs de Judée, les paysans risquant d'incendier les moissons juste avant leur récolte[68], tout en se préparant à la guerre[67]. La première réponse de l'empereur est assez modérée mais certains sources font état d'une réponse « furieuse » de Caligula à Pétronius[Note 14], n'envisageant aucun compromis[63].

Intervention d'Agrippa[modifier | modifier le code]

Pièce frappée sous Agrippa Ier. Profil de Caligula à gauche, Germanicus sur son char de triomphe, à droite.

Pendant ces évènements, Agrippa est à Rome[Note 15] et il est possible qu'il ait appris l'affaire de Caligula lui-même[68] ce qui le plonge dans un conflit entre ses deux identités, juive et romaine[63]. Mais, à l'issue de quelques jours de réflexion, il prend le parti et le risque d'aider ses compatriotes juifs dans la défense du Temple menacé de profanation[71] : pour Josèphe, il s'agit d'une discussion au cours d'un banquet[72] ; pour Philon, il s'agit d'une requête adressée à l'empereur dont il rapporte la teneur, quoiqu'en des termes qui laissent transparaître une certaine exagération du rôle d'Agrippa[73],[Note 16]. Quoi qu'il en soit, la démarche ne manque pas de courage pour l'aventurier qu'il a été jusque là[63] et le texte de Philon reflète les idées qui devaient figurer dans la requête[74], quelle que soit sa forme : Agrippa y relève avec gratitude tous les bienfaits dont il a été l'objet de la part de l'empereur mais explique qu'il les échangerait volontiers contre une seule chose : « que les institutions ancestrales ne soient pas dérangées. Car qu'en serait-il de ma réputation parmi mes compatriotes et les autres hommes ? Ou bien je dois être considéré comme un traître à moi-même ou bien je dois cesser d'être compté au nombre de tes amis ; il n'existe pas d'autre choix… »[75].

Dans un premier temps, Caligula semble céder à la supplique de son ami et instruit Pétronius de suspendre son action vers Jérusalem, tout en mettant en garde les populations juives de ne rien entreprendre contre les sanctuaires, les statues et les autels érigés en son honneur[68], ainsi que semble en attester une reproduction de la lettre de Caligula par Flavius Josèphe[76]. Mais l'empereur paraît[73] revenir plus tard sur sa décision[77] et c'est le meurtre de Caligula qui semble mettre un terme définitif à l'entreprise et éteint les velléités de soulèvement populaire. Flavius Josèphe raconte encore comment l'empereur, suspectant Pétronius d'avoir été soudoyé pour enfreindre ses ordres, lui ordonne de se suicider mais ce courrier arrive après l'annonce de la mort de Caligula[78], dans laquelle Josèphe voit un effet de la Providence[68].

Ce succès même temporaire d'Agrippa témoigne des relations étroites qui le lient avec les personnalités les plus importantes du monde romain, qui vont se trouver confirmées lors de la succession de l'empereur assassiné[73].

Mort de Caligula et installation de Claude[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de Claude

Le [79], Caligula est assassiné par une conspiration de grande ampleur, impliquant notamment le commandant prétorien Cassius Chaerea ainsi que plusieurs sénateurs. Les conjurés entendent revenir à une république[80]. C'est pourtant Claude, l'oncle de Caligula, qui est poussé au pouvoir impérial par les anti-républicains dans des conditions curieuses[58] au centre desquelles gravite Agrippa. Claude est certes érudit, mais toutefois excessivement timide, affligé d'un handicap physique et sans ambition particulière[80]. Le soutien omniprésent de son ami d'enfance[81], ainsi que ses manœuvres semblent avoir été décisives dans sa prise de pouvoir.

Si l'on en croit Flavius Josèphe et l'historien romain Dion Cassius[80], Agrippa joue en effet un rôle non négligeable dans le choix du nouvel empereur[81]. C'est lui qui mène une escouade de la garde prétorienne au palais à la recherche de Claude qui s'y est dissimulé par peur d'être assassiné[81]. C'est aussi à son instigation que les prétoriens proclament Claude empereur car sans souverain, la garde perd sa raison d'être[82]. Il se rend ensuite au Capitole où les sénateurs sont réunis en conclave[82] et joue les intermédiaires entre ceux-ci et Claude[81]. Il inspire à Claude une réponse à ces derniers, « conforme à la dignité de sa puissance[83] » et il les persuade d'abandonner avec sagesse leur idée de république, faisant valoir qu'un nouvel empereur est acclamé par les prétoriens — dont il signale qu'ils encerclent la réunion — et que ceux-ci n’attendent rien d'autre que leur soutien enthousiaste[82]. Les sénateurs proclament Claude empereur, et Agrippa lui recommande d'être clément vis-à-vis des conjurés, mis à part pour les régicides Cassius Chaerea et Lupus[80].

Royaume agrandi[modifier | modifier le code]

Évolution du Royaume d'Agrippa Ier.

Si l'on en croit ces récits, cet épisode fait du nouvel Empereur un obligé de son ami d'enfance[80] et ce dévouement lui vaut une récompense de taille : Agrippa voit ses possessions augmentées de la majeure partie de l'ancien royaume d'Archélaos — la Judée, l'Idumée et la Samarie — mais aussi la ville d'Abila dans l'Anti-Liban[Note 17] de telle sorte que le souverain règne désormais sur un territoire aussi vaste que celui de son grand-père Hérode le Grand[82].

D'après Dion Cassius, Claude octroie en outre à son ami le rang consulaire et l'autorise « à paraître au sénat et à exprimer sa gratitude en grec ». Enfin, pour marquer le statut considérable du souverain, un traité est ratifié avec le Sénat et le peuple de Rome sur le Forum[84], qui reprend les anciens traités d'amitié et d'alliance judéo-romaines[80]. Agrippa y est déclaré rex amicus et socius Populi Romani — comme l'avait été son grand-père en 40 av. J.-C. — et le texte est conservé sur des tablettes de bronze au temple de Jupiter Capitolin[85].

Ces nouvelles charges décident Agrippa à considérer que sa place est désormais sur ses territoires et il s'embarque peu après pour la Judée[84]. C'est la même année que Bérénice, fille d'Agrippa, s'unit sous le parrainage de l'empereur[85] à Marcus, le fils de l'alabarque d'Alexandrie Alexandre Lysimaque que Claude a fait libérer de la captivité à laquelle l'avait réduit Caligula[80].

L'accession au trône de Claude marque également la restauration de plusieurs autres royaumes d'Asie Mineure[Note 18]. Hérode, le frère d'Agrippa reçoit également un titre royal, se voit attribuer la principauté de Chalcis, précédemment rattaché au royaume d'Iturée[86] et se voit honoré à Rome du titre de préteur[84]. Il épouse sa nièce, Bérénice, après la mort de son jeune époux intervenue prématurément[80].

Règne d'Agrippa Ier[modifier | modifier le code]

Judaïsme dans l'Empire[modifier | modifier le code]

Un édit de Claude rappelle les privilèges reconnus aux Juifs alexandrins qui peuvent vivre selon leurs lois et que rien ne peut écarter de l'observance de la Torah[87], bientôt suivi d'un second édit qui étend les privilèges alexandrins aux Juifs de la diaspora à travers tout l'empire[88].

Agrippa et son frère Hérode de Chalcis jouent aussi le rôle d'intercesseurs en faveur des Juifs auprès de l'empereur[88]. Leurs compétences sont non seulement reconnues mais encore étendues à l'ensemble des communautés juives de l'Empire par la volonté de Claude lui-même. Ils ont aussi le statut de censeurs des mœurs juives : ils veillent au respect de la Torah par les communautés de la Diaspora[88].

Quelques mois après le meurtre de Caligula, des habitants de la cité phénicienne de Dôra (au sud du mont Carmel)[89] introduisent une statue de Claude dans la principale synagogue de la ville[88]. Pour tous ceux qui se sont dressés contre les projets de Caligula c'est une véritable provocation[88]. Agrippa intervient immédiatement et demande l'application du décret de Claude[90]. Il agit ici en tant qu'ethnarque des Juifs, puisque Dôra n'est pas situé sur son territoire. Pétrone, le proconsul de Syrie donne immédiatement l'ordre aux magistrats de Dôra de retirer la statue, en faisant référence à l'édit de Claude[90]. Toutefois, il faut relativiser cette ouverture, qui se traduit aussi par les mesures de limitation du culte à l'encontre des Juifs de Rome, ainsi que le rapporte Dion Cassius (Histoires, 60, 6, 6-7)[91], peut-être en réaction à l'agitation résultant du rapide développement du mouvement des adeptes de Jésus et qu'évoquerait la Lettre de Claude aux Alexandrins[P 7]. Pour François Blanchetière, l'écrit de Philon Légation à Caïus « constitue une apologie de la politique judéophile d'Auguste, à lire a contrario comme une critique de la politique judéophobe de Claude (Légation à Caïus 155-158)[91]. »

Administration du royaume[modifier | modifier le code]

Vestiges du palais hérodien à Césarée.

Outre la reconnaissance qu'il doit éprouver à son égard, Claude a probablement également vu dans la nomination d'Agrippa, héritier des Hérodiens et des Hasmonéens mais aussi attaché aux Julio-Claudiens par des relations personnelles, un facteur de stabilité qui pourrait débarrasser l'administration impériale de la gestion d'une province aux troubles endémiques[86].

Agrippa a manifestement hérité du faste de son grand-père et de son désir de reconnaissance au-delà de ses frontières[92]. Sur un plan intérieur, il essaie de contenter tant ses sujets juifs que païens et se partage d'ailleurs entre sa capitale religieuse, Jérusalem, et sa « petite Rome », Césarée[92]. Il engage un revirement en faveur des pharisiens, s'aliénant de la sorte une partie de ses sujets grecs[86]. Il entreprend également le grand chantier d'élever les remparts de sa capitale historique[92] et de l'étendre au nouveau quartier nord[84] grâce à un financement du trésor du Temple, ce qui laisse espérer à certains de ses sujets juifs la restauration d'un royaume indépendant ou au moins une forme retrouvée de souveraineté[93].

Il poursuit la politique d'évergétisme externe à la Judée d'Hérode[86] en finançant la construction d'ouvrages de prestiges (théâtre, amphithéâtre et thermes) dans des libéralités qui bénéficient essentiellement à la colonie romaine de Bérytos[92], sans oublier toutefois les villes de Phénicie et de Syrie[86]. Il offre également des spectacles et des jeux, notamment avec des gladiateurs, même si cela contrevient aux prescriptions juives[86], ce qu'il fait accepter en utilisant des criminels condamnés.

Sur un plan religieux, dès son arrivée, Agrippa se forge la réputation d'un homme très pieux qu'il sait entretenir ainsi qu'en atteste la Mishna qui relate une cérémonie finement orchestrée où le roi est acclamé et obtient la légitimité des prêtres au Temple de Jérusalem[1] dans lequel son grand-père Hérode n'avait jamais été admis. C'est ainsi le premier hérodien à pénétrer dans le Temple depuis la destitution de l'hasmonéen Antigone Mattathiah, même s'il se contente d'assister aux célébrations sans sacrifier lui-même[94]. Agrippa use à trois reprises de sa prérogative de nommer les grand-prêtres du Temple au cours de son court règne, choisissant alternativement parmi les dynasties sacerdotales des Anân et des Boëthos. Son inclination pour le parti pharisien est traditionnellement admise et souvent expliquée par sa défiance envers les prêtres sadducéens.

Sa courte administration est ainsi placée sous la domination de Rome dont il est un instrument de contrôle et les marques d'honneur données en tant que souverain par les Juifs au Temple, témoignent du « clientélisme généralisé dans lequel les amitiés personnelles fond[e]nt les relations administratives à travers tout l'Empire[95]. » Le règne d'Agrippa n'a toutefois pas duré suffisamment longtemps pour qu'on puisse en fixer l'orientation politique de façon significative[86].

Ambitions régionales et mort inopinée[modifier | modifier le code]

Pièce de monnaie frappée par Agrippa Ier.

Vibius Marsus, le gouverneur de Syrie qui succède à Petronius, lui est beaucoup moins favorable[96]. Il envoie une série de missives à Claude pour faire part de ses craintes face à la puissance montante d'Agrippa, traduisant la jalousie des compatriotes romains du prince dans la région[84]. De son côté, Agrippa demande maintes fois à l'empereur de démettre le légat[97].

Le légat de Syrie fait interrompre, sur ordre de Claude alerté[84], la fortification de Jérusalem et tempère les ambitions diplomatiques régionales de celui-ci. En effet, Agrippa invite à Tibériade les rois Hérode de Chalcis — son frère —, le roi d'Émèse Sampsigeramos — beau-père de son frère Aristobule — ainsi que trois princes qui avaient été ses compagnons à Rome, Antiochos de Commagène, Cotys d'Arménie et Polémon, roi du Pont[96]. Marsus argue de la possibilité d'une conspiration. Même s'il est improbable qu'Agrippa ait envisagé de rompre avec ses proches protecteurs et familiers romains[84], les rois se voient enjoints de rejoindre leurs royaumes respectifs sans délai[98].

Agrippa meurt de manière inopinée en l'an 44[Note 19], après seulement trois ans de règne sur la Judée, lors des Jeux de Césarée en l'honneur de l'empereur. Patronnant les jeux, il y apparait dans une parure d'argent éblouissante devant la foule qui l'acclame et le compare à un dieu, une remarque blasphématoire pour un juif contre laquelle le roi ne proteste pas. Certains de ses contemporains lisent comme une punition divine à ce blasphème la cause de sa mort qui survient peu après[95] : deux jours plus tard, il est pris de violentes douleurs abdominales et meurt après cinq jours d'agonie, à l'âge de cinquante-trois ans[98]. Les causes précises de sa mort sont inconnues mais dès cette époque, les bruits d'empoisonnement circulent[98], même si une maladie intestinale — ou une péritonite ou encore une appendicite — reste possible[95]. Justin Betty émet l'hypothèse qu'il aurait été frappé par la gangrène de Fournier, la même maladie qui aurait tué son grand-père Hérode[99]. Plusieurs chercheurs estiment que l'empoisonnement par les Romains inquiets de ses ambitions politiques excessives est vraisemblable[86], voire que c'est une initiative personnelle de Marsus pour atténuer l'hostilité des populations syriennes voisines[98].

Le règne d'Aggripa Ier n'aura ainsi pas duré assez longtemps pour pouvoir en dessiner significativement l’orientation politique[86]. Néanmoins les espoirs de souveraineté retrouvée suscités chez les juifs de Palestine par son avènement ne disparaissent pas avec sa mort et participent probablement des causes qui conduisent à la révolte juive qui éclate une vingtaine d'années plus tard dans l'ancien royaume[100].

Succession[modifier | modifier le code]

Bérénice représentée avec son frère Agrippa II au cours du procès de Saint-Paul; Vitrail de la cathédrale Saint Paul, à Melbourne.

Plutôt que de confier le royaume du roi défunt à son fils Agrippa II — jeune homme inexpérimenté qui grandit à la cour impériale, protégé de l'empereur[98] — Claude le rattache à la province romaine de Syrie tandis que la nomination des prêtres et le contrôle du Temple de Jérusalem reviennent à Hérode de Chalcis[86]. C'est également ce dernier qui devient l’intermédiaire privilégié entre les Juifs et les Romains jusqu'à sa propre mort en 48[101].

La mort d'Agrippa est le prétexte pour les populations païennes du royaume à des célébrations et des réjouissances, notamment à Césarée et à Sébasté, que le souverain avait pourtant largement favorisées. L'hostilité des populations syriennes se manifeste également et les statues des trois filles du roi ornant le palais de Césarée sont outragées par des auxiliaires syriens[97]. Pour les Juifs, cette disparition marque la fin des espoirs d'indépendance juive, même symbolique et c'est alors qu'apparaissent des mouvements factieux intransigeants à connotation messianique et anti-romaine[101].

Conscient de l'impopularité de Marsus auprès des Juifs, l'empereur rétablit un fonctionnaire romain, Cuspius Fadus, pour diriger l'ancien royaume d'Agrippa Ier[98]. Mais ce choix, ainsi que l'absence de réaction vis-à-vis de la conduite infâme des auxiliaires syriens, engendre un regain d'agitations à Césarée et ailleurs[97].

Postérité[modifier | modifier le code]

La mort soudaine d'Agrippa laisse son peuple (les Juifs) « éploré »[102]. Un demi siècle plus tard, Flavius Josèphe évoque le souverain dans ces termes : « le caractère d' Agrippa était doux et sa bienfaisance était égale pour tous. Il était plein d'humanité pour les gens de races étrangères et leur témoignait aussi sa libéralité, mais il était également serviable pour ses compatriotes et leur marquait encore plus de sympathie »[P 8]. Dans les sources rabbiniques, Agrippa est présenté comme un homme pieux et son règne est décrit de manière fort positive[103], ce qui montre qu'il est apprécié chez les pharisiens. Inversement, les habitants païens de Césarée et de Sébasté organisent à sa mort des réjouissances[102].

Un nombre important de critiques suivent la tradition chrétienne pour identifier Agrippa à « Hérode le roi » qui, dans les Actes des Apôtres, persécute la communauté de disciples de Jésus à Jérusalem, puis qui fait tuer « par l'épée » Jacques de Zébédée tandis que l’apôtre Pierre arrêté ultérieurement, ne doit son salut qu'à l'aide « d'un ange » qui vient de nuit le faire s'évader de sa prison[104]. Toutefois, les Actes des Apôtres, composés eux-aussi dans les années 80-90 à partir de plusieurs sources, « ont fait l'objet d'une critique dévastatrice depuis quelques décennies, au point de se voir dénié par certains, en tout ou partie, toute valeur historique[105] » du fait de « l'activité rédactionnelle » de ses trois auteurs successifs[106]. Ainsi, la totalité du document pétrinien auxquels appartenaient ces épisodes semble avoir été placé au début des Actes par son premier rédacteur en faisant suivre ce récit par la "Geste de Paul" et c'est le second rédacteur — peut-être l'évangéliste Luc — qui a déplacé deux séquences d'un récit à l'autre[107], ce qui peut donner l'impression d'un seul récit respectant la chronologie. Il a aussi inséré entre les deux "Gestes" de Pierre et Paul, le récit de la mort d'Agrippa[108] qui donne l'impression que tout ce qui précède est daté d'avant 44 et tout ce qui suit est ultérieur. Il est donc possible que « Hérode le roi » ne désigne pas Agrippa Ier, mais son frère Hérode de Chalcis ou son fils Agrippa II. En effet, outre ces éléments rédactionnels, les incohérences chronologiques des Actes sont bien connues depuis plus d'un siècle, notamment le discours de Gamaliel, prononcé sept chapitres avant la relation de la mort d'Agrippa pour défendre les apôtres lors de leur première arrestation, parle de la mort de Theudas intervenue sous le procurateur Cuspius Fadus (44-46) et dans la Geste de Pierre qui constitue la première partie des Actes, le meurtre de Jacques de Zébédée, puis l'arrestation-évasion de Pierre sont postérieurs de cinq chapitres à ce discours[109],[110].

Ce récit de la mort d'Agrippa, inséré par le deuxième rédacteur des Actes des Apôtres[108] diverge de celui de Flavius Josèphe[86], mais s'accorde par ailleurs avec lui sur l'origine divine de son mal mortel, occasionnée par son refus impie de rejeter la déification dont il est l'objet par le peuple, témoignant peut-être de l'usage d'une source juive commune[111]. Foudroyé sur place et dévoré par les vers, les versets 19-23 du chapitre 12 des Actes des Apôtres mettent en scène une mort qui a plus un caractère théologique qu'historique[99].

Descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Cypros, Agrippa a donc quatre enfants, l'aîné Agrippa, puis trois filles, Bérénice, Mariamne et Drusilla[P 9]. Un autre fils, Drusus, est mort en bas âge[P 10].

Agrippa, l'aîné, né en 27/28[112], est élevé à la cour de Rome[113] sous la protection de Claude mais n'est pas choisi par ce dernier pour succéder à son père[114], « ce qui provoque un regain d'agitation politique dans les années qui suivent[115]. » Ce n'est qu'en 49 que l'empereur lui octroie la tétrarchie de Chalcis assortie de la dignité royale[116] un an après la mort de son oncle Hérode[117]. Comme son père, il reçoit aussi l'administration du Temple de Jérusalem et le pouvoir de désigner les grand-prêtres détenu auparavant par Hérode de Chalcis[118], avec le titre d'épimélète (administrateur)[116]. En 54, il restitue ce territoire en échange de l'essentiel de l'ex tétrarchie de Philippe, auxquels sont joints les tétrarchies de Lysanias et de Varus[116]. En 61, il reçoit de Néron des territoires en Galilée sur la rive ouest du lac de Tibériade, ainsi qu'en Pérée et autour d'Abila et de Livias[116]. Prince proche des Romains, du côté desquels il se range lors de la Grande révolte juive des années 66-70, il obtient par la suite différents territoires qui concernent plus l'histoire de la Syrie que de la Palestine[119] et dont l'étendue variera en fonction des empereurs. Il gouverne cependant certaines régions peuplées de Juifs, notamment la Galilée, mais qui lui sont retirés par Domitien, probablement pour des raisons de sécurité[119]. Il meurt sans postérité vers 100 et ce qui reste de son royaume est alors rattaché à la province romaine de Syrie[120].

Titus et Bérénice, 1815, (auteur inconnu).

Les unions des filles d'Agrippa participent d'une stratégie matrimoniale consistant à s’allier au parti le plus fortuné possible qui n'est pas exempt de concurrence entre les sœurs[121]. La première des filles, Bérénice épouse le fils de l'alabarque d'Alexandrie[85],[Note 20], neveu du philosophe Philon d'Alexandrie et frère de Tibère Alexandre[85], qui sera nommé procurateur de Judée en 46 par Claude[122],[123]. Ce premier époux meurt peu après et Bérénice est alors unie à son oncle paternel Hérode, le roi de Chalcis[124], dont elle a deux fils, Bérénicien et Hyrcan[P 11]. Après la mort d'Hérode de Chalcis et les insistantes rumeurs d'inceste à son sujet avec son frère Agrippa, elle propose à Marcus Antonius Polemo II[Note 21], roi client du Pont et de Cilicie (au sud de la Cappadoce), de l'épouser. Polémon accepte car Bérénice a le statut de reine et surtout d'après Flavius Josèphe, parce qu'elle est très riche[117]. Des deux côtés, il ne s'agit que d'une alliance pour accroître leur pouvoir. Polémon fait toutefois une concession de taille, il se convertit au judaïsme et se fait circoncire[117]. Mais très vite, elle l'abandonne ou en divorce[124] pour revenir avec son frère, « par légèreté dit-on » précise Flavius Josèphe. Elle devient enfin la célèbre maitresse de Titus qui la congédie lorsqu'il accède à la charge impériale[20].

La deuxième fille, Mariamne, épouse Julius Archelaus fils d'un officier de la cour d'Agrippa nommé Chelkias[121], dont elle se sépare pour s'unir à Démétrius, « le premier des Juifs d'Alexandrie par la naissance et la fortune[121] qui était alors Alabarque[P 12] » de la ville[121]. La dernière, Drusilla, née vers 38, est tout d'abord promise à Gaius Épiphane, fils d'Antiochos IV de Commagène, mais le prince refuse de se faire circoncire pour l'occasion[117]. Drusilla est alors unie à Aziz d'Émèse, un autre prince oriental, qu'elle quitte pour épouser le gouverneur de Judée Félix, vers 50[125] qui, selon Flavius Josèphe l'aurait enlevé à son mari[126].

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

 
 
 
Hérode le Grand
 
 
 
Mariamne l'Hasmonéenne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bérénice, fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand
 
Aristobule IV
 
Alexandre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Agrippa Ier
 
Aristobule le Mineur
 
Mariamne
 
Hérodiade
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hérode de Chalcis
 
Bérénice
 
Agrippa II
 
Mariamne
 
Drusilla
 


L'ordre des enfants d'Aristobule IV et Bérénice fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand est arbitraire.

Bérénice et Agrippa II sont permutés pour la commodité de la représentation.

Seul le deuxième mariage de Bérénice avec son oncle Hérode de Chalcis est représenté.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Agrippa apparaît sous les traits de l'acteur James Faulkner dans la série britannique Moi Claude empereur, une adaptation du roman historique de Robert Graves, Moi, Claude, produite par la BBC 2 en 1976.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiens[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : des prêtres aux rabbins, puf, coll. « Nouvelle clio », , 968 p. (ISBN 978-2130563969, présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Paris, Pygmalion, (ISBN 9782756404721). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Christian-Georges Schwentzel, Juifs et nabatéens : Les monarchies ethniques du Proche-Orient hellénistique et romain, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, , 305 p. (ISBN 978-2-7535-2229-9). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, Paris, A. & J. Picard, , 231 p. (ISBN 978-2708408425, présentation en ligne), chap. VI (« Caligula, Agrippa Ier et les Juifs »). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Martin Goodman, Rome et Jérusalem, Paris, Perrin/Tempus, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Nikkos Kokkinos, The Herodian Dynasty: Origins, Role in Society and Eclipse, Sheffield Academic Press, Sheffield, coll. « Journal for the Study of the Pseudepigrapha Supplement Series », 1998 (ISBN 1850756902). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Nikos Kokkinos, Crucifixion in A.D. 36 : The Keystone for Dating the Birth of Jesus in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, (présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, Mohr Siebeck, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Historical James, Paul as the Enemy, and Jesus' Brothers as Apostles, Vol. I, GDP, , 411 p. (ISBN 9780985599133). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Robert Eisenman, James the Brother of Jesus And The Dead Sea Scrolls, The Damascus Code, the Tent of David, the New Convenant, and the Blood of Christ, Vol. II, GDP, , 443 p. (ISBN 9780985599164). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, Cerf, , 586 p. (ISBN 9782204062152). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, Atelier, (ISBN 978-2-7082-3918-0, présentation en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, , 722 p. (ISBN 0-8006-2621-4). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) E. Mary Smallwood, The Jews Under Roman Rule : From Pompey to Diocletian : A Study in Political Relations, Brill, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Marie-Émile Boismard et Arnaud Lamouille, Actes des deux apôtres, livre I, Paris, Librairie Lecoffre J. Gabalda et Cie, . Document utilisé pour la rédaction de l’article

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Romans et essais[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Suivant la logique du récit de Flavius Josèphe, certains historiens comme Christian-Georges Schwentzel (op. cit., 2011, p. 217) , Simon Claude Mimouni (op. cit., p. 407) ou Nikos Kokkinos situent ce mariage vers 34 et en tout cas après la mort de Philippe le Tétrarque que Josèphe situe en 34 et dont une monnaie montre qu'elle n'a pas pu avoir lieu avant 33. Toutefois, certains parmi les historiens qui retiennent la date de la tradition chrétienne pour la mort de Jean le Baptiste en 29 estiment que Josèphe se trompe et place donc ce mariage vers la fin des années 20. C'est le cas de Christiane Saulnier, reprenant la thèse d'Étienne Nodet ou de E Mary Smallwood. Toutefois, tous les auteurs confessionnels reprennent cette datation contradictoire avec la seule source antique fournissant des indications chronologiques, mais conforme à la tradition chrétienne telle qu'elle est parvenue jusqu'à nous. Nombre d'historiens dont Schwentzell et Kokkinos estiment toutefois douteux qu'Arétas ait attendu sept à huit ans pour venger l'affront fait à sa fille et que la population ait pu considérer après autant d'années que la défaite d'Antipas était une vengeance divine pour le punir d'avoir mis à mort le Baptiste.
  2. Flavius Josèphe situe la mort de Philippe le Tétrarque en 34 (cf. Nikkos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 215; Nikkos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 134). Des pièces de monnaies à l'effigie de Philippe datant de la 37e année de son règne (33) ont été retrouvées (cf. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, , p. 212) ; « Les dernières monnaies de Philippe, datée de sa 37e année de règne, corroborent les données de Josèphe » cf. E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 186, note no 8. Les historiens estiment donc que Philippe est mort au plus tôt en 33 et donnent comme date de mort 33 ou 34.
  3. Pour Daniel Schwartz, la succession des évènements qui suivent parait un peu trop dense pour un laps de temps d'à peine quelques mois. Pour lui, il est également possible qu'il y ait eu plusieurs voyages à Rome entre 33 et 36 ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 50-53.
  4. Il y a une quasi unanimité chez les historiens spécialistes de la période et de la région pour suivre les indications chronologiques fournies par Flavius Josèphe et situer cette bataille en 36 ; cf. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 407 ; Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 216-217; E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 189 ; Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Mineapolis, 1992, p. 427 ; Nikkos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 135. Toutefois, pour résoudre la contradiction entre Flavius Josèphe qui fournit des indications qui place la mort de Jean le Baptiste vers 35 et la tradition chrétienne qui la situe en 29, Christiane Saulnier reprend la proposition d'Étienne Nodet qui suppose que Josèphe s'est trompé et place donc cette bataille avant 29. Cette proposition ne rencontre toutefois pas une grande réception chez les historiens, mais rencontre un certain succès chez les auteurs confessionnels.
  5. Moïse de Khorène précise que ces auxiliaires combattent « sous la conduite de Kosran Ardzrouni ». Pour Victor Langlois, Khosran est peut-être une altération pour Khouran qu’on lit dans Thomas Arçrouni, il s'agit probablement d'un ancêtre des Arçrouni, qui régneront sur la Sophène puis deviendront une des quatre grandes familles arméniennes (avec les Mamikonian, les Bagratouni et les Siouni).
  6. Le moment de l'expédition de Vitellius (printemps 37) indique que la victoire d'Arétas ne peut pas être intervenue avant la deuxième partie de l'année 36, puisque la plainte d'Antipas à Tibère, est arrivée de façon évidente trop tard pour que la campagne ordonnée par Tibère ait lieu dans la même saison. cf. E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 186, note no 23.
  7. Robert Eisenman fait remarquer que les surnoms ou cognomen Barsabas et Barabbas sont souvent connectés aux noms des membres de la famille de Jésus dans les textes chrétiens antiques. Comme les frères de Jésus appelés Joseph Barsabbas et Judas Barsabas (Eisenman 2012 vol. I, p. 64). Ce dernier est même surnommé Judas Barabbas dans le Codex Bezae des Actes des Apôtres. Hyam Maccoby, émet l'hypothèse que le surnom Bar Abbas (fils du Père) aurait été donné à Jésus de Nazareth à cause de son habitude de prier et de prêcher en désignant Dieu comme « Abba » (Père), dont témoignent les évangiles (Hyam Maccoby, op. cit., p. 165–166). Pour ces historiens, Barabbas dans les évangiles est quelque chose comme un remplaçant pour Jésus lui-même. « C'est l'homme qui a été arrêté “dans la sédition” pour avoir provoqué une “émeute et un meurtre” (Mc 15, 7). » Ce qui semble correspondre à l'incident que Jésus provoque dans le Temple et dont les évangiles synoptiques font la cause de son arrestation. Pour eux, le choix entre les deux Jésus prisonniers — invraisemblable historiquement — est un procédé littéraire. Jennifer K. Berenson Maclean expose que l'épisode est construit en référence à Lévitique 16, Barabbas et Jésus étant les deux bouc-émissaires (Barabbas, the Scapegoat Ritual, and the Development of the Passion Narrative, p. 309-334). De plus, plusieurs critiques notent la correspondance entre le récit de la passion de Jésus et le récit fait par Philon d'Alexandrie, pour un personnage appelé par dérision, non pas Barabbas mais Karabbas, 18 mois à peine après le renvoi de Ponce Pilate.
  8. Certains critiques voient dans cette parodie une référence à la crucifixion de Jésus car elle ressemble par bien des points à ce qui est fait subir à un des deux Jésus — Jésus Barabbas et/ou Jésus le roi des Juifs — dans les récits de la Passion contenus dans les Évangiles. Le nom même par lequel les acteurs de cette parodie appellent leur victime (Karabbas) fait penser à Barabbas, l'alter ego de Jésus Christ dans ces récits. Cette proximité est autant phonétique que graphique. Surtout que dans les textes chrétiens antiques les surnoms ou cognomen Barsabas et Barabbas sont souvent connectés aux noms des membres de la famille de Jésus, comme le frère de Jésus appelé Joseph Barsabbas ou celui appelé Judas qui dans le Codex Bezae des Actes des Apôtres est même surnommé Judas Barabbas, alors que dans les versions actuelles, il est nommé Judas Barsabas. De plus, cet événement se déroule en août 38, moins de 18 mois après le renvoi de Ponce Pilate par Lucius Vitellius « pour qu'il s'explique auprès de l'empereur ». Comme pour Jésus, on met au surnommé Karabas une chlamyde ou une natte en guise de vêtement royal, une couronne improvisée sur la tête et on lui donne un roseau en guise de sceptre, puis ceux qui lui impose cette mascarade font mine dérisoirement de le considérer comme un roi. Par ailleurs, le titre qui est donné au surnommé Karabbas par ces habitants grecs d'Alexandrie est singulièrement est un mot araméen et syriaque, celui de Maran qui se traduit par « Seigneur », titre qui est très souvent donné à Jésus dans les évangiles. La langue courante en Palestine à l'époque étant le syriaque, c'est ce même mot de Maran qui devait être prononcé par les disciples de Jésus pour lui donner le titre de Seigneur. Enfin, cette mascarade avait pour but de se moquer d'Agrippa Ier, nouveau roi juif que Caligula vient de nommer, de passage à Alexandrie pour se rendre dans ses territoires, alors que Jésus a été condamné pour s'être proclamé « roi des Juifs » ou pour l'avoir été par ses partisans.
  9. D'une manière générale, les Juifs d'Alexandrie cherchent à améliorer leur statut et obtenir le droit de cité à l'instar de celui de Grecs et Égyptiens hellénisés — ce dont ceux-ci ne veulent pas entendre parler — arguant de l'antiquité de leur présence dans la ville ; cf. Hadas-Lebel 2009, p. 82.
  10. Il y a débat tant sur les motivations de cette affaire que sur ses conséquences ; cf. Monika Bernett, « Roman Imperial Cult in the Galilee », in Jürgen Zangenberg, Harold W. Attridge et Dale B. Martin (dirs.), Religion, Ethnicity, and Identity in Ancient Galilee : A Region in Transition, éd. Mohr Siebeck, 2007, p. 348, note no 33. Il est possible que ce soit à la suite d'une machination d'Herennius Capiton, le gouverneur de Jamnia — celui qui avait voulu faire arrêter Agrippa avant son départ vers Alexandrie — qui joue sur les antagonismes entre juifs et païens et pousse ces derniers à ériger un autel à l'empereur que les seconds détruisent, en représailles de quoi Caligula aurait ordonné l'érection de la statue colossale dans le Temple ; il est également possible que l'empereur ait été sensible aux arguments de la délégation des grecs d'Alexandrie menée par Apion qui, dans le conflit qui oppose les deux partis, se plaint des « privilèges » accordés aux Juifs, dont la délégation est, elle, conduite par Philon d'Alexandrie et attend audience depuis plusieurs semaines. Quoi qu'il en soit, c'est alors, en Italie, que cette dernière délégation apprend « avec horreur » le projet par un coreligionnaire sans qu'on sache si c'est avant ou après l'audience impériale.
  11. Zeus Epiphanes Neos Gaios.
  12. Suivant Étienne Nodet et Justin Taylor puis François Blanchetière, c'est au cours de cette agitation que serait apparu le terme de « chrétien » forgé par les romains pour désigner des juifs messianisants protestataires similaires aux zélotes ; cf. Étienne Nodet et Justin Taylor, Essai sur les origines du christianisme : une secte éclatée, éd. Cerf, 1998, p. 286-287 ; François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135), éd. Cerf, 2001, p. 147.
  13. Il s'agit en effet moins d'un problème de substitution à YHWH que de l'association de l'empereur divinisé à ce dernier comme synnaos (dieu partageant le même temple) sous forme d'une image ; cf. Monika Bernett, « Roman Imperial Cult in the Galilee », in Jürgen Zangenberg, Harold W. Attridge et Dale B. Martin (dirs.), Religion, Ethnicity, and Identity in Ancient Galilee : A Region in Transition, éd. Mohr Siebeck, 2007, p. 347.
  14. Notamment Philon dont, toutefois, la propension à forcer les réactions de ses personnages est fréquente ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. .85.
  15. Selon Dion Cassius, Agrippa avait très mauvaise réputation auprès des Romains. Dans l'Histoire romaine, résumé par le moine Jean Xiphilin au IXe siècle, il est écrit : « ces misères étaient moins pénibles pour les Romains que l'attente d'un accroissement de cruauté et d'intempérance de la part de Caius (Caligula), surtout parce qu'on apprit qu'il était intimement lié avec les rois Agrippa et Antiochus, comme avec des professeurs de tyrannie », Dion Cassius, Histoire romaine, livre LIX, 24.
  16. Le neveu de Philon d'Alexandrie a en effet épousé Bérénice, la fille d'Agrippa, les deux familles se connaissent bien et sont liés par des intérêts, y compris des intérêts financiers.
  17. Abila avait été le centre d'une petite tétrarchie.
  18. Notamment en Commagène, au Bosphore et au Pont ; cf. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p. 85.
  19. Depuis les travaux du philologue allemand Eduard Schwartz au début du XXe siècle, il existe un consensus historien qui situe la mort d'Agrippa en mars 44, toutefois Daniel R. Schwartz fait valoir une série d'arguments exégétiques et numismatiques qui lui font situer l'évènement vers septembre/octobre 43 ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 108, 145, 207-208.
  20. Pour une description détaillée, voir: Tal Ilan, "Integrating Women Into Second Temple History" (Mohr Siebeck, Germany 1999), Part 3: Women and the Judaean Desert Papyri, Chapter Eight: Julia Crispina: A Herodian Princess in the Babatha Archive, p. 217-233.
  21. Marcus Antonius Polemo II est le fils de Marcus Antonius Polemo Ier, prêtre de Laodicée du Lycos, dynaste d'Olba puis roi en Cilicie.

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Agrippa, fils de cet Aristobule que son père Hérode avait mis à mort, se rendit auprès de Tibère pour accuser le tétrarque Hérode (Antipas). L'empereur n'ayant pas accueilli l'accusation, Agrippa resta à Rome pour faire sa cour aux gens considérables et tout particulièrement à Gaius, fils de Germanicus » ; Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 5 (178).
  2. « Quand Caius (Caligula) fut arrivé à Rome, amenant le corps de Tibère (mort le 17 mars 37), et qu'il lui eut fait de somptueuses funérailles selon les coutumes ancestrales, il aurait volontiers fait remettre Agrippa en liberté le jour même si Antonia ne l'en avait empêché, non par haine contre le prisonnier, mais par souci de la dignité de Caius et pour lui épargner la réputation d'avoir accueilli avec joie la mort de Tibère en libérant sur le champ un homme emprisonné sur son ordre. Cependant, peu de jours après, il le manda près de lui, le fit tondre et lui fit changer de vêtements ; puis il lui mit le diadème sur la tête et le nomma roi de la tétrarchie de Philippe en lui faisant cadeau de celle de Lysanias; en échange de sa chaîne de fer, il lui en donna une d'or de poids égal, et il envoya Marullus (Μάρυλλον) comme hipparque en Judée. (Ἱππάρχην δὲ ἐπὶ τῆς Ἰουδαίας ἐκπέμπει Μάρυλλον) » Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, VI, 10.
  3. Moïse de Khorène, Histoire de l'Arménie, Livre II, chapitre 29, sur http://remacle.org.
  4. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livre XVIII, V, 1.
  5. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, IV, 2.
  6. a, b et c « Hérode se rendit auprès de Gaius, qui le punit de sa cupidité en l’exilant en Espagne (Σπανίαν Ἰσπανίαν), car Agrippa l'avait suivi pour l'accuser. Gaius joignit encore à la tétrarchie d'Agrippa celle de son rival. Hérode mourut en Espagne, où sa femme avait partagé son exil. » Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, IX, 6 (183).
  7. (en) Letter of the Emperor Claudius to the Alexandrians.
  8. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XIX, (330).
  9. Flavius Josèphe, Guerre des juifs, Livre II, § 11.
  10. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XVIII, § V, 4, (132).
  11. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre II, § XI, 6, (218s).
  12. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, livre XX, § VII, 3, (147).

Sources secondaires[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Goodman 2009, p. 106.
  2. Il n'y a pas d'attestation de son lieu de naissance mais c'est selon Daniel Schwartz une hypothèse probable ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 39.
  3. a, b et c Mimouni 2012, p. 225.
  4. a, b et c Mimouni 2012, p. 395.
  5. a, b, c et d Schwentzel 2011, p. 225.
  6. a, b et c Smallwood 1976, p. 187.
  7. a et b Schwartz 1990, p. 39.
  8. Schwartz 1990, p. 40.
  9. a et b Schwartz 1990, p. 45.
  10. a et b Goodman 2009, p. 107.
  11. a, b, c, d, e, f, g et h Schwentzel 2011, p. 226.
  12. a, b, c, d et e Smallwood 1976, p. 188.
  13. a et b Hadas-Lebel 2009, p. 79.
  14. Schwartz 1990, p. 47.
  15. a, b, c, d et e Schwentzel 2011, p. 217.
  16. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 408 ; Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 215 ; Nikkos Kokkinos, in Jack Finegan, Chronos, kairos, Christos: nativity and chronological studies, éd. Jerry Vardaman & Edwin M. Yamauchi, 1989, p. 134 ; E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 189. Durant l'hiver 33-34 selon (en) Lester L. Grabbe, Judaïsm from Cyrus to Hadrian, Vol. II, Fortress Press, Mineapolis, 1992, p. 426.
  17. a et b Schwentzel 2011, p. 216.
  18. a et b Nikkos Kokkinos, The Herodian Dynasty: Origins, Role in Society and Eclipse, Journal for the Study of the Pseudepigrapha Supplement Series, 1998, Sheffield Academic Press, Sheffield, p. 267-268.
  19. a, b, c, d, e, f, g et h Smallwood 1976, p. 189.
  20. a, b, c et d Schwartz 1990, p. 6.
  21. a, b, c et d Goodman 2009, p. 108.
  22. Mimouni 2012, p. 137.
  23. André Pelletier, La Guerre des Juifs contre les Romains, Les Belles Lettres, 1975, 3 t., rééd. 2003. Traduction Pierre Savinel, Éditions de Minuit, 1977, en un volume.
  24. a et b Gilbert Picard, « La date de naissance de Jésus du point de vue romain », dans Comptes-rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 139 (3), 1995, p. 804 [lire sur Persée].
  25. a, b, c, d, e et f Schwentzel 2011, p. 227.
  26. Smallwood 1976, p. 190.
  27. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 62-63.
  28. Kokkinos 1989, p. 134.
  29. (en) Ilaria Ramelli, Possible Historical Traces in the Doctrina Addai, § n° 9.
  30. [[#Eisenman 2012 vol. I|Eisenman 2012 vol. I]].
  31. Smallwood 1976, p. 186.
  32. Kokkinos 1989, p. 133.
  33. a et b Kokkinos 1989, p. 146.
  34. Kokkinos 1989, p. 267-268.
  35. a et b Schwentzel 2011, p. 217.
  36. Schwentzel 2011, p. 223.
  37. Kokkinos 1989, p. 135.
  38. Etienne Nodet, Jésus et Jean-Baptiste, RB 92, 1985, p. 497-524; cité par Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 223.
  39. Mimouni 2012, p. 436.
  40. Hyam Maccoby, Revolution in Judaea: Jesus and the Jewish Resistance Taplinger Publishing co, 1980, New-York, p. 165–166.
  41. Horace Abraham Rigg, Barabbas, JLB 64, p. 417-456, voir aussi Stefan L. Davies, Who is call Barabbas ?, NTS 27, p. 260-262.
  42. Eisenman 2012 vol. I, p. 64.
  43. a et b Lémonon 2007, p. 215.
  44. Lémonon 2007, p. 218.
  45. Schwentzel 2013, p. 97.
  46. Blanchetière 2001, p. 216.
  47. Eisenman 2012 vol. II, p. 21-22.
  48. a et b Grabbe 1992, p. 424.
  49. Lémonon 2007, p. 219.
  50. a et b Hadas-Lebel 2009, p. 74.
  51. Mimouni 2012, p. 407.
  52. Lémonon 2007, p. 224.
  53. Lémonon 2007, p. 225.
  54. (de) M. Lindner, Petra und das Königreich der Nabatäer, Munich, Delp, 1974, p. 130-131.
  55. a et b Kokkinos 1989, p. 145.
  56. Heinrich Graetz, Histoire des Juifs, Chapitre XV — Les Hérodiens : Agrippa Ier ; Hérode II — (37-49).
  57. Hadas-Lebel 2009, p. 81.
  58. a et b Lémonon 2007, p. 190, extrait en ligne.
  59. Katherine Blouin, Le conflit judéo-alexandrin de 38-41 : l'identité juive à l'épreuve, L'Harmattan, 2005, p. 86-87.
  60. a et b Hadas-Lebel 2009, p. 81-82.
  61. Hadas-Lebel 2009, p. 82.
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  63. a, b, c, d et e Goodman 2009, p. 111.
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  66. Schwartz 1990, p. 84.
  67. a et b Monika Bernett, « Roman Imperial Cult in the Galilee », in Jürgen Zangenberg, Harold W. Attridge et Dale B. Martin (dirs.), Religion, Ethnicity, and Identity in Ancient Galilee : A Region in Transition, éd. Mohr Siebeck, 2007, p. 347.
  68. a, b, c, d et e Hadas-Lebel 2009, p. 84.
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  71. Goodman 2009, p. 112.
  72. Schwartz 1990, p. 87.
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  74. Lémonon 2007, p. 191, extrait en ligne.
  75. {{|Philon d'Alexandrie, De Specialibus Legibus, 327 ; cité par Martin Goodman, 2009,}} p. 112-113.
  76. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, 301, cité par Hadas-Lebel 2009, p. 84.
  77. Ce point est débattu ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 88-89.
  78. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, 1-201, cité par Hadas-Lebel 2009, p. 84.
  79. (en) Major, A., Was He Pushed or Did He Leap? Claudius' Ascent to Power, Ancient History, 22 (1992), p. 25–31.
  80. a, b, c, d, e, f, g et h Hadas-Lebel 2009, p. 85.
  81. a, b, c et d Schwentzel 2011, p. 230.
  82. a, b, c et d Goodman 2009, p. 114.
  83. Flavius Josèphe, AJ XIX, 245, cité par Mireille Hadas-Lebel, op. cit. p. 85.
  84. a, b, c, d, e, f et g Goodman 2009, p. 115.
  85. a, b, c et d Schwentzel 2011, p. 231.
  86. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Mimouni 2012, p. 409.
  87. Schwentzel 2011, p. 231-232.
  88. a, b, c, d et e Schwentzel 2011, p. 232.
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  91. a et b Blanchetière 2001, p. 248.
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  95. a, b et c Goodman 2009, p. 116.
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  98. a, b, c, d, e et f Hadas-Lebel 2009, p. 89.
  99. a et b (en) Justin Betty, Tiberius, Emereo Publishing, , p. 20.
  100. Schwartz 1990, p. 175.
  101. a et b Schwentzel 2011, p. 242.
  102. a et b Hadas-Lebel 2009, p. 89.
  103. Goodman 2009, p. 105.
  104. Mimouni 2012, p. 411.
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  107. Boismard et Lamouille 1990, p. 11 et 12.
  108. a et b Boismard et Lamouille 1990, p. 24.
  109. Louis H. Feldman, Jewish Life and Thought among Greeks and Romans: Primary Readings, A&C Black, 1996, p. 335.
  110. Talbert, Charles H., Reading Luke-Acts in Its Mediterranean Milieu, Brill, p. 200.
  111. Schwartz 1990, p. 147.
  112. (en) Rajak, Tessa (1996), "Iulius Agrippa (2) II, Marcus", in Hornblower, Simon, Oxford Classical Dictionary, Oxford: Oxford University Press.
  113. Hadas-Lebel 2009, p. 89.
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  115. Mimouni 2012, p. 409.
  116. a, b, c et d Mimouni 2012, p. 410.
  117. a, b, c et d Schwentzel 2011, p. 255.
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  119. a et b Mimouni 2012, p. 411.
  120. Mimouni 2012, p. 410-411.
  121. a, b, c et d Schwentzel 2011, p. 256.
  122. Lémonon 2007, p. 264, extrait en ligne.
  123. Mimouni 2012, p. 122.
  124. a et b (en) Ross S. Kraemer, « Typical and atypical jewish family dynamics : The lives of Berenice and Babatha », in David L. Balch et Carolyn A. Osiek, Early Christian Families in Context: An Interdisciplinary Dialogue, éd. Wm. B. Eerdmans Publishing, 2003, p. 133-137.
  125. Schwartz 1990, p. 134.
  126. Hadas-Lebel 2009, p. 96.
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