Musée de l'Arles antique

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Musée départemental Arles antique
Illustration.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Arles
Adresse Presqu’île du Cirque Romain, 13200 Arles, France
Coordonnées 43° 40′ 21″ N 4° 36′ 59″ E / 43.6725, 4.6163888943° 40′ 21″ Nord 4° 36′ 59″ Est / 43.6725, 4.61638889
Informations générales
Date d’inauguration 1995
Collections Collections archéologiques de la ville
Informations visiteurs
Site web Ici

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Musée départemental Arles antique

Le musée départemental Arles antique, dit musée bleu, est un musée construit à Arles en 1995, dans un bâtiment moderne conçu par l'architecte Henri Ciriani, sur la presqu'île où se trouvait l'ancien cirque romain pour abriter les collections archéologiques particulièrement riches de la ville. Il dépend du conseil départemental des Bouches-du-Rhône. Il bénéficie d'une extension en 2012.

Historique[modifier | modifier le code]

Dès le XVIIe siècle les autorités locales ont sensibilisé les Arlésiens à la préservation de leur patrimoine. En effet, elles organisèrent, en 1614, dans la « Maison commune », la première présentation d'une collection publique d'antiquités. À la suite de cela, un arrêté décide que le produit de toute découverte archéologique sur le territoire de la commune devra être déposé dans les collections de la ville.

Au XVIIIe siècle le hall d'entrée du nouvel hôtel de ville offrit un espace d'exposition privilégié pour ces collections, permettant la préservation d'œuvres majeures, aujourd'hui présentées au musée, comme le torse de Mithra (acquis en 1723), l’autel de la Bonne Déesse (1758) ou la statue de Médée. À cette même époque, des « jardins d'Antiquité », véritables petits musées en plein air, présentent au public des pièces issues de trouvailles faites lors de travaux d'aménagement de la ville. En 1784, le père Étienne Dumont aménage un petit museum sur le célèbre site des Alyscamps.

Au XIXe siècle, l'enrichissement important des collections au gré des découvertes et travaux de réhabilitation nécessita le transfert de l’ensemble des antiquités dans un espace plus vaste. C'est l’église Sainte-Anne qui fut choisie et aménagée en 1826 en musée archéologique dit « musée Lapidaire ».

Au XXe siècle, le manque d'espace conduit à l'annexion - en 1936 - de la chapelle des Jésuites, obligeant à dissocier arbitrairement les collections païennes et chrétiennes, qui ne seront à nouveau réunies que dans le nouveau musée de l'Arles et de la Provence antiques, en 1995.

Élaboration du nouveau musée[modifier | modifier le code]

Le projet[modifier | modifier le code]

C'est en 1968, que le conservateur des musées d'Arles, l'historien Jean-Maurice Rouquette, élabore le projet d'un nouveau musée destiné à réunir l'ensemble des collections archéologiques arlésiennes en un seul lieu. La création d'un atelier de restauration de mosaïques ainsi qu'un laboratoire d'archéologie est prévue. Le nouveau musée devait autoriser la conservation in situ dans de bonnes conditions de l'ensemble des collections du patrimoine archéologique arlésien et leur présentation au public dans toute leur diversité.

Le besoin d'espace sera donc le premier critère du choix du site d'implantation du nouveau musée. Le choix s'est porté sur un site déjà retenu dans l'Antiquité pour l'édification du cirque, bâtiment de spectacles ordinairement situé extra-muros en raison de ses vastes dimensions, sur une presqu'île au bord du Rhône, à la périphérie sud-ouest de la ville. Ce lieu présentait en outre l'avantage de ne pas être trop éloigné du centre historique et de rester à proximité immédiate des vestiges des monuments antiques. Pour la construction du bâtiment, c'est le projet de l'architecte Henri Ciriani - architecte qui construira en 1992 l'Historial de la Grande Guerre à Péronne - qui a été retenu en 1983. Adepte du mouvement moderne, il renouvelle la vision du musée en proposant le concept de « Cité muséale » et un bâtiment triangulaire atypique où le visiteur est invité à circuler dans le musée comme dans une ville.

La réalisation[modifier | modifier le code]

Construit sur la base d'un plan triangulaire, le bâtiment est organisé autour d'un patio, permettant de séparer dans trois ailes distinctes les trois activités essentielles du musée :

  • l’aile des collections permanentes ;
  • l’aile de la culture, dédiée au savoir et à l’échange, abrite une bibliothèque, la conservation, le service des publics et les structures d’accueil des visiteurs. Elle est symbolisée par la couleur de l’esprit, le blanc ;
  • l’aile scientifique, identifiée par la couleur rouge des murs, synonyme de la force vive, rassemble les services photographique, archéologique, l’atelier de restauration et les réserves.

Le vert, couleur du métal vieilli, évoque la trace du temps. Le bâtiment à la silhouette très contemporaine est construit en béton. Les façades du musée sont couvertes de plaques d'émalit, matériau de verre émaillé de bleu, couleur symbolisant l'azur du ciel intemporel d'Arles. L'aménagement de la circulation dans le musée a été conçu pour mettre en valeur certaines pièces particulièrement importantes, comme la statue colossale d'Auguste - point phare des collections -, ou les mosaïques - souvent des pavements de grande taille - visibles depuis une passerelle permettant d'avoir une vue d'ensemble.

L'extension[modifier | modifier le code]

Pour abriter le chaland antique Arles Rhône 3 de 31 mètres découvert enfoui dans le Rhône, en 2004[1], le musée bénéficie d'une extension en 2011-2013 de sa face nord-ouest de 800 m2. Entre temps, la barge, dont les bois étaient gorgés d'eau, a bénéficié de soins techniques délicats, à Grenoble, pour lui permettre de supporter une exposition à l'air libre. Le bateau sera positionné au-dessus d’une fosse, dissimulant son support, donnant ainsi l’impression de sa flottaison. Une grande partie des objets prélevés lors de l’opération de fouilles de l’épave Arles-Rhône 3 sera exposée autour du chaland. En même temps, à l’angle sud, des travaux sont en cours pour restructurer et moderniser les espaces d’accueil du musée : billetterie, boutique, vestiaires, sanitaires[2].

Cette extension ayant été réalisée sans le consentement de l'auteur de l'architecture du musée, Henri Ciriani, ce dernier porte l'affaire en justice par l'intermédiaire de l'ordre des architectes[3].

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Les collections du musée[modifier | modifier le code]

Tête de Jules César, dite « César d'Arles ».

Une présentation de type chronologique a été appliquée essentiellement aux périodes pré et post-romaines, en début et fin de parcours. Entre les deux, différents thèmes sont développés dans des espaces individualisés grâce, notamment, à la variété des dispositifs muséographiques. Le musée a par ailleurs conservé une copie dans son état initial de la fameuse Vénus d'Arles, dont l'original restauré par François Girardon est conservé à Paris au musée du Louvre. Cette statue est l'emblème du musée, et une copie de celle du Louvre ornait la façade avant l'extension. Elle est désormais visible dans l'auditorium. Depuis que les fouilles subaquatiques du Rhône ont fait émerger, en 2007, une tête représentant supposément César, ce fragment de statue constitue sans doute aujourd'hui le fleuron du musée.

Les collections sont divisées en différentes périodes :

Article détaillé : Sarcophages d'Arles.

Les monuments de jeu[modifier | modifier le code]

Le théâtre[modifier | modifier le code]

Le théâtre antique d'Arles construit à la fin du Ier siècle av. J.-C. au sommet de la colline de l'Hauture pouvait accueillir dix mille spectateurs sur trente trois rangées de gradins. Le mur de scène était richement décoré de colonnes et de niches dans lesquelles étaient placées des statues. Parmi les vestiges découverts sur ce site et exposés dans le musée, on peut citer :

  • la Statue colossale d'Auguste en marbre de 3.10 m de hauteur : le torse a été découvert en 1750 tandis que la tête s'y rapportant parfaitement a été exhumée en 1834. Cette statue ornait le mur central de la scène ;
  • l'Autel d'Apollon en marbre de Carrare de la fin du Ier siècle av. J.-C.. Il décorait la base de la scène (pulpitum) du théâtre. Le dieu, le coude appuyé sur une lyre, est assis sur un trône aux pieds ouvragés. Les avants-corps en forme de pilastre sont décorés d'oiseaux et de feuilles de laurier. Sur les faces latérales est figuré le martyre de Marsyas ;
  • l'Autel des cygnes en marbre de Carrare de la fin du Ier siècle : l'iconographie de cet autel fait référence à la naissance d'Apollon car des cygnes survolèrent l'île de Délos au moment de la naissance du dieu ;
  • la Vénus d'Arles : l'original en marbre est exposé au musée du Louvre, tandis qu'une copie en plâtre est présentée ici ;
  • un buste en marbre d'un jeune prince ;
  • un Buste d'Aphrodite en marbre représentant la déesse de l'amour coiffée de tresses séparées par un bandeau et réunies en un chignon bas.

L'amphithéâtre[modifier | modifier le code]

L'amphithéâtre a été édifié sur le flanc nord de la colline de l'Hauture au cours de la dernière décennie du Ier siècle. Avec ses 136 m de long et 107 m de large, il occupe le vingtième rang parmi les arènes du monde romain[4]. Il doit son relatif bon état de conservation au fait d'avoir été transformé durant les Haut Moyen Âge en poste militaire avant d'être occupé par des habitations détruites au XIXe siècle. Une maquette au 1/100 montre l'ensemble de l'amphithéâtre avec notamment l'emplacement des mâts qui permettaient de tendre une bâche destinée à protéger les spectateurs du soleil. Quelques objets illustrent les diverses activités qui pouvaient avoir lieu : statuettes en bronze de gladiateurs, lampe à huile décorée de deux gladiateurs en train de lutter, etc.

Le cirque[modifier | modifier le code]

Le cirque d'Arles était situé à proximité immédiate de l'actuel musée. Il devait mesurer environ 450 m de long sur 100 m de large et pouvait accueillir environ vingt mille spectateurs. La nature marécageuse du sol a nécessité pour sa stabilisation le fonçage d'environ vingt cinq mille pieux en bois de pin ou de chêne. L'analyse dendrochronologique de ces pieux a permis de déterminer une date assez précise de la construction de cet ouvrage à savoir l'an 148 ou 149 de notre ère. Quelques pieux parfaitement conservés sont exposés. Le cirque servait essentiellement aux courses de chars qui sont évoquées par l'exposition de trois bas-reliefs trouvés en remploi dans le rempart tardif de la ville.

Les dieux et les héros[modifier | modifier le code]

Arles, colonie romaine, adopte la religion de l'Empire. Curieusement, le culte des grands dieux du panthéon romain n'a laissé que peu de traces à Arles car les destructions perpétrées à l'époque chrétienne ont été probablement nombreuses. La diversité des cultes est représentée par divers vestiges : autels, stèles et sculptures de divinités diverses. On peut citer :

  • un autel en marbre blanc dédié à la bonne déesse ; cet autel est décoré d'une couronne de feuilles de chêne et de deux oreilles, symbole de la bienveillante attention de la déesse ;
  • une tête en marbre de Minerve ;
  • une statue de Médée en calcaire de 1.32 m de haut ; tirant son épée, Médée s’apprête à tuer les deux enfants qu'elle a eu de Jason ;
  • le sarcophage des muses : Apollon, reconnaissable à la lyre qu'il tient de la main droite, est figuré au centre entouré des muses filles de Zeus et de Mnémosyne. Les seules muses reconnaissables sont Melpomène tenant une massue et Thalie tenant un masque de théâtre ;
  • une tête de Niobide ;
  • un faune en bronze ;
  • une tête en calcaire de Mithra dont le culte, d'origine iranienne a été importé du proche Orient par des soldats romains ;
  • une statue en marbre du dieu Aiôn découverte en 1598 dans les fondations du moulin à eau du canal de Craponne.


Les mosaïques[modifier | modifier le code]

Le musée expose un ensemble de mosaïques provenant en grande majorité du quartier de Trinquetaille sur la rive droite du Rhône où était implantées de riches villas romaines. Les mosaïques exposée ont été réalisées suivant deux techniques :

  • l'opus tessalum : des tesselles - petits éléments colorés de forme cubique - sont assemblées au moyen de mortier sur une surface plane à couvrir en réalisant des dessins géométriques et des figures variées.
  • l'opus sectile : pavement réalisé à l'aide de plaques de marbre ou de pierres dures diverses pour réaliser des formes géométriques variées : carré, losange, hexagone etc.

Les mosaïques exposées sont les suivantes :

  • La mosaïque de l'Enlèvement d'Europe: À l'intérieur d'un panneau bordé d'une tresse à deux brins, figure l'enlèvement d'Europe, princesse phénicienne, fille d'Agénor (roi de Tyr), par Zeus métamorphosé en taureau blanc.
  • La mosaïque du Canthare : Seule une partie de cette mosaïque datant de la fin du IIe siècle a été déposée et exposée. Elle représente un canthare à panse godronnée avec des anses en S d'où jaillit un double rinceau végétal.
  • La mosaïque du Zodiaque ou du Génie de l'Année et des Saisons : découverte en 1914, elle est décorée en son centre d'un octogone à l’intérieur duquel est représenté un jeune homme imberbe, le bras droit passé dans le cercle du zodiaque et tenant un sceptre rouge de la main gauche. Adjacents alternativement à cet octogone central sont figurés quatre autres octogones et quatre carrés. Les quatre octogones sont occupés par des buste représentant les saisons : l'Hiver, femme voilée ; le Printemps, jeune femme portant une couronne de fleurs ; l'Été, jeune homme couronné d'épis de blé et de fleurs ; l'Automne, très dégradé, tête portant une couronne de feuillage. Les carrés sont décorés de nœuds de Salomon ou de fleurons.
  • La mosaïque géométrique : découvert en 1987, elle est datée des années 170-180. Cette mosaïque présente une composition de losanges et de carrés. Deux grands carrés sont décorés de fleurons et sept petits de nœuds de Salomon. Des losanges assemblés par quatre forment des demi-étoiles. L'ensemble est bordé par une tresse à deux torons.
  • La mosaïque d'Orphée : découverte en 1934, elle représente, à l'intérieur d'un octogone, Orphée vêtu à l'orientale et coiffé d'un bonnet phrygien. Il joue d'une lyre à neuf cordes, nombre identique à celui des muses. Des animaux sauvages pacifiés par la musique l'entourent : panthère, lion, taureau, cerf, renard, gazelle, perdrix,etc. Tout autour des carrés et des rectangles sont décorés de motifs variés : tresse à deux brins formant un cercle, peltes affrontés etc.
  • La mosaïque de la Méduse
  • La mosaïque de l'Annus-Aiôn

Les rites funéraires[modifier | modifier le code]

Cinq nécropoles sont connues à Arles sous l'Empire romain : une est située au nord au quartier du Trébon ; la seconde, la plus célèbre, est celle des Alyscamps au sud-est ; la troisième qui était située à proximité du cirque, a été détruite pour le creusement d'un bassin pour les péniches ; enfin les deux dernières sont situées rive droite du Rhône au quartier de Trinquetaille. Ces sites ont fourni différents vestiges qui sont exposés.

  • Mausolée : des éléments d'un mausolée ont été trouvés lors des fouilles du bassin des péniches. Une restitution du mausolé est exposée.
  • Stèle à portrait : datant de la première moitié du Ier siècle elle représente deux bustes, celui de Chia servante affranchie et celui de sa patronne Philematio qui tient une pomme dans sa main droite.
  • Cippe à portrait du Ier siècle représentant un couple et ses deux enfants, un garçon et une fille. Le centre est occupé par les deux femmes : à gauche la mère avec des boucles d'oreilles et à droite la fille voilée.
  • Couvercle d'une tombe en forme de toit à double pente avec des acrotères en forme de masque. Découverte en 1985 dans la nécropole du cirque, cette tombe date du IIIe siècle. Les visages des masques sont grimaçants, à la bouche grande ouverte et aux lèvres ourlées.

Dans ce domaine des rites funéraires, le musée présente une exceptionnelle collection de sarcophages païens et chrétiens qui reflète la richesse de la société arlésienne de cette époque. Sur les murs sont accrochés des inscriptions funéraires et des fragments de sarcophages.

  • Sarcophage de Phèdre et Hippolyte : ce sarcophage en marbre trouvé en 1891 provient du quartier de Trinquetaille et date du milieu du IIIe siècle. Il se compose d'une cuve et d'un couvercle en forme de lit où le défunt est représenté allongé. Sur la cuve est représentée l'histoire d'Hippolyte, fils de Thésée, et de Phèdre.
  • Sarcophage de Marcia Romania Celsa : découvert en 1974 dans le fossé de la route des Saintes-Maries-de-la-Mer ce sarcophage date du deuxième quart du IVe siècle. Au centre du couvercle se trouve un médaillon circulaire sur lequel est gravée l'épitaphe de la défunte Marcia Romania Celsa. À gauche du cartouche sont représentés des jeunes Hébreux jetés dans la fournaise et à droite l'adoration des mages. Sur la cuve est représentée au centre une Orante ; à gauche trois scènes sont consacrées à saint Pierre : la source miraculeuse et le baptême du centurion, l'arrestation de Pierre et l'annonce du reniement avec le coq ; à droite sont figurées la multiplication des pains, la guérison de l'aveugle et la résurrection de Lazare.
  • Sarcophage de la Trinité ou des époux : ce sarcophage en marbre blanc a également été découvert en 1974 dans le fossé de la route des Saintes-Maries-de-la-Mer et date du deuxième quart du IVe siècle. Le couvercle est décoré de scènes du Nouveau Testament avec de gauche à droite les jeunes hébreux devant Nabuchodonosor, le sacrifice d'Abraham, Adam et Ève chassés du paradis, la remise de la Loi à Moïse, et les offrandes de Caïn et Abel. La cuve est à double registre dont la frise supérieure est décorée en son centre par un médaillon en coquille à l'intérieur de laquelle est représenté un couple d'époux. Après une scène difficile à interpréter, on trouve de gauche à droite la guérison du paralytique, celle de l'aveugle et celle de la Cananéenne ; enfin l'annonce du reniement de Pierre avec le coq au pied de l'apôtre. Le registre inférieur débute par l'adoration des rois mages, suivie par la Source miraculeuse et l'enseignement de Pierre.
  • Sarcophage de La chasse : ce sarcophage en marbre blanc a également été découvert en 1974 dans le fossé de la route des Saintes-Maries-de-la-Mer et date du deuxième quart du IVe siècle. Sur le couvercle, de part et d'autre d'une tessère anépigraphe soutenue par deux Amours, est représenté le retour de la chasse : à gauche deux chasseurs ramènent un cerf entravé tandis qu'un troisième porte sur ses épaules un gibier ; à droite, cinq chasseurs tenant leurs chiens en laisse emportent sur leurs épaules du gibier enfermé dans un filet. Sur la cuve sont représentées deux scènes de chasse : à gauche un chasseur à pied et un cavalier attaquent à l'épieu un énorme sanglier, puis à droite trois cavaliers forcent trois cerfs vers un filet tendu depuis le haut d'un arbre.
  • Sarcophage de l'Orante : ce sarcophage à strigiles en marbre de Carrare date de la fin du IVe siècle. Au centre l'Orante voilée est représentée devant une draperie nouée aux angles supérieurs. Aux deux extrémités deux apôtres tournés vers la figure centrale font le geste d'acclamation. Le relief porte des traces de dorure, ce qui montre que ce sarcophage était sans doute peint et rehaussé d'or.
  • Sarcophage de Concordius : ce sarcophage en marbre de Carrare date des années 380-390. Au centre du couvercle est placée une tessère avec, de part et d'autre, les douze apôtres en train de lire la Loi. La cuve, décorée de griffons sur les petits côtés, représente au centre le Christ Docteur, assis sous un portique et tenant dans sa main gauche un livre ouvert. Il est entouré de ses douze apôtres, six de chaque coté. Aux deux extrémités, deux groupes de fidèles : les hommes à gauche et les femmes à droite.
  • Sarcophage de la remise de la Loi à saint Pierre : ce sarcophage en marbre de carrare date de la fin du IVe siècle. Divisé en cinq niches il représente en son centre le Christ barbu debout sur la montagne d'où sortent les quatre fleuves du Paradis ; il tend le livre déroulé de la Loi à Pierre qui s'avance vers lui, à droite, portant la croix et assisté d'un apôtre. À la gauche du Christ se tiennent Paul, reconnaissable à sa calvitie, et un apôtre séparés par un palmier portant le phénix, symbole de la résurrection. Aux deux extrémités on reconnait à gauche le lavement des pieds et à droite la comparution du Christ devant Ponce Pilate avec la scène du lavement des mains[5].
  • Sarcophage du passage de la mer rouge : ce thème revient fréquemment sur les sarcophages d'Arles dont deux portent cette appellation :
    • le premier est un élément de sarcophage : la scène représente les Israélites en tête desquels marche Marie la prophétesse, sœur de Moïse, et l'engloutissement de l'armée du pharaon dans la mer rouge qui se referme sous la baguette de Moïse,
    • le deuxième est un sarcophage complet dont les petits côtés sont décorés de motifs d'écaille. La scène de la façade principale de la cuve est très similaire à la précédente.
  • Sarcophage Eucharistique : datant du milieu du IVe siècle ce sarcophage en marbre de Carrare est compartimenté en sept niches séparées par des pilastres cannelés à chapiteaux composites. Au centre figure le Christ imberbe tenant le rouleau de la Loi. Les autres personnages sont de gauche à droite : Abraham tenant un glaive au-dessus d'un autel, saint Pierre, un apôtre présentant une corbeille de pains au Christ, puis à droite de celui-ci un autre apôtre offrant les poissons, saint Jacques le Mineur et enfin Daniel avec l'autel au pied duquel git le dragon empoisonné des babyloniens.
  • Sarcophage aux arbres : réalisé en marbre de la Proconnèse,ce sarcophage comporte sept niches formées par des oliviers dans lesquels sont logés des colombes ; autour du dernier tronc d'arbre de droite s'enroule un serpent montant vers un nid rempli d'œufs. Au centre se trouve l'Orante légèrement déhanchée, les deux mains dans un geste de prière. De part et d'autre sont figurés des miracles du Christ : à gauche résurrection du fils de la veuve de Naïm, guérison de la fille d'une Cananéenne et multiplication des pains, et à droite miracle des noces de Cana, guérison de l'aveugle et guérison d'un paralytique.
  • Sarcophage de la Chaste Suzanne : ce sarcophage en marbre de Carrare est à double registre et présente en son centre le médaillon des deux époux. Les scènes du registre supérieur ne sont pas réalisées dans un ordre chronologique ; à droite du médaillon est représentée Suzanne lisant le livre de la Loi, entre deux arbres derrière lesquels se cachent les vieillards. À l’extrême gauche ceux-ci sont amenés devant Daniel assis sur un rocher auprès duquel se tient Suzanne tandis que les accusateurs sont roués de coups. À l’extrême droite figure le jugement de Pilate avec à proximité l'aiguière posée sur un trépied. Sur le registre inférieur on reconnait de gauche à droite : le refus des jeunes Hébreux d'adorer l'idole de Nabuchodonosor, Daniel enfermé dans la fosse aux lions et enfin le passage de la mer rouge avec l'engloutissement du char du pharaon et le cortège des israélites soutenant les vieillards avec Marie en tête et, fermant la marche, Moïse touchant les flots de sa baguette.
  • Sarcophage du Christ nimbé : ce sarcophage à strigiles de la fin du IVe siècle représente en son centre le Christ avec deux apôtres aux extrémités.
  • Sarcophage de la Nativité : ce sarcophage à strigiles et en marbre de Saint-Béat date de la fin du IVe siècle. Le médaillon central est sur deux registres ; en haut la Vierge est assise en tête d'un berceau au dessus duquel apparaissent le bœuf et l'âne ; un berger portant le pedum se trouve à l'opposé de la Vierge. Sur le registre inférieur est figurée la venue des Rois mages guidés par l'étoile apparaissant au-dessus de la tête de la Vierge du registre supérieur ; ils sont vêtus d'un justaucorps et coiffés d'un bonnet phrygien. Les deux extrémités de la cuve sont décorées de scènes de l'ancien testament : à gauche Moïse recevant les tables de la Loi et à droite le sacrifice d'Abraham avec un bélier suspendu par les cornes dans un buisson destiné à remplacer Isaac.
  • Sarcophage de L'Anastasis : ce sarcophage en marbre date de la fin du IVe siècle. Le couvercle porte en son centre la tessère anépigraphe soutenue par deux génies ailés ; il est terminé à ses extrémités par deux acrotères en forme de tête. Entre chaque acrotère et le médaillon centrale figure un médaillon à encadrement perlé soutenu par deux génies ailés : celui de gauche représente une femme et celui de droite un jeune homme vu de profil. Le centre de la cuve est occupé par la croix de l'Anastasis surmontée d'une couronne ; De chaque côté deux groupes de six apôtres se dirigent vers la croix, les uns de face, les autres de profil ou même de dos. Au-dessus de la tête de chaque apôtre une couronne est tenue par une main sortant d'un ciel étoilé.
  • Sarcophage des apôtres : Trouvé en 1949 en remploi, ce sarcophage à strigiles datant de la fin du IVe siècle représente en son centre le Christ imberbe, les cheveux bouclés, tenant de la main droite une croix gemmée. À ses pieds deux adorants : à gauche un enfant debout soutient le pied de la croix avec sa chlamyde et à droite une femme agenouillée, la tête voilée, fait le geste d'adoration. Aux extrémités, deux apôtres, saint Pierre, à gauche, barbu et les cheveux crépus, et à droite, saint Paul, le front chauve portant une couronne à lemnisques (rubans attachés aux couronnes)[6].
  • Sarcophage de l'histoire de Jonas : ce devant de sarcophage en marbre provient des Alyscamps. Il est composé de deux registres avec au centre un médaillon en forme de coquille dans lequel sont représentés les époux. Sur le registre supérieur sont figurés de gauche à droite : le sacrifice offert par Caïn et Abel, la guérison de l'aveugle et la remise de la Loi à Moïse ; au-delà de la coquille le sacrifice d'Abraham, la multiplication des pains, la chaire de saint Pierre et son arrestation. Sur le registre inférieur on reconnait l'Orante voilée entre deux arbres, les noces de Cana, Daniel empoisonnant le dragon des Babyloniens, entouré autour d'un arbre ; sous le médaillon central, se développe trois scènes de l'histoire de Jonas englouti par le monstre marin, rejeté sur le rivage et reposant au séjour des Bienheureux à l'ombre de la courge. On reconnait ensuite Adam et Ève autour de l'arbre du mal, puis Daniel dans la fosse aux lions.
  • Sarcophage des adieux du Christ : ce sarcophage est en marbre de Proconnèse. Au centre le Christ imberbe, les pieds posés sur un escabeau, tient le volumen à demi déroulé. Il fait ses adieux à ses apôtres dont deux sont prosternés à ses pieds et deux autres en pleur se voilent la face. A gauche sot figurés la Source miraculeuse et les trois Hébreux refusant d'adorer l'idole de Nabuchodonosor et à droite la résurrection de la fille de Zaïre que le Christ soulève de sa couche en lui prenant le bras de la main.
  • Sarcophage de la chaire de saint Pierre : ce sarcophage en marbre de Carrare est daté des environs de l'an 330 et provient des Alyscamps. L'Orante au centre, voilée, est entourée des deux saints qui la soutiennent. De gauche à droite sont figurées les scènes suivantes : multiplication des pains et des poissons, le sacrifice d'Abraham, et la guérison du paralytique. De l'autre coté de l'Orante, la guérison de la Cananéenne agenouillée, puis la chaire de saint Pierre ; le Christ encourage par sa présence l'apôtre assis, lisant un livre sur lequel est gravé le monogramme de Constantin, tandis qu'un soldat est prosterné à ses pieds et que deux autres l'entourent pour l'arrêter.
  • Sarcophage de la Samaritaine : partie d'un sarcophage à strigiles en marbre de Carrare. La scène centrale représente la Samaritaine avec le Christ auprès du puits et en dessous l'épisode de Zachée perché dans un sycomore, à qui le Christ annonce sa prochaine visite.
  • Sarcophage du bon pasteur : fragment de sarcophage de le première moitié du IVe siècle montrant au centre le bon pasteur portant un mouton sur ses épaules à coté d'une Orante voilée. À gauche arrestation de Pierre et à droite miracles du Christ.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Autres activités[modifier | modifier le code]

  • Parmi les autres activités du musée, on notera :
    • l'organisation de stages pour les enfants de six à douze ans et pour les adultes ;
    • la proposition de sorties archéologiques pour faire découvrir à un large public le patrimoine archéologique du département, les sites antiques et médiévaux étant en effet particulièrement nombreux dans les Bouches-du-Rhône ;
    • la présentation de spectacles vivants, parfois liés à une exposition ;
    • la présentation de conférences sur des thèmes liés à l'archéologie ;
    • l'accueil de séminaires scientifiques, comme celui qui a eu lieu le 10 juin 2006 sur l'archéologie paléochrétienne.

Accès au musée[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'opération Arles-Rhône 3 », in National Geographic, octobre 2013, p. 8, (ISBN 978-2-82-290000-3)
  2. Document du Musée de l'Arles Antique sur l'extension et L'extension du Musée départemental Arles Antique sur http://sudsemestresplandubourg.over-blog.com (consultés le 13 novembre 2012)
  3. Architectures en péril sur lemonde.fr (consulté le 13 novembre 2012)
  4. Claude Sintès, Musée de l'Arles antique : Collections archéologiques d'Arles, Arles, Actes sud,‎ , 174 p. (ISBN 2-7427-3828-2), p. 71
  5. Fernand Benoît, Sarcophages paléochrétiens d'Arles et de Marseille, Paris, Centre National de la Recherche Scientifique, coll. « Gallia »,‎ , 88 p., p. 36
  6. Fernand Benoît, Sarcophages paléochrétiens d'Arles et de Marseille, Paris, Centre National de la Recherche Scientifique, coll. « Gallia »,‎ , 88 p., p. 62

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sculptures exposées au musée

Liens externes[modifier | modifier le code]

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