Grand Louvre

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Le « Grand Louvre » est le nom donné à un des projets faisant partie des « Grands Travaux » définis par le président de la République François Mitterrand, au même titre que la nouvelle Bibliothèque nationale de France, l'Opéra Bastille ou la grande arche de la Défense.

Il s'agit, en effet, de la réalisation d'un projet ancien qui consiste à rendre la totalité du palais au musée du Louvre, tout en modernisant et améliorant la présentation de ses collections. Son ouverture au public a eu lieu le [1]

Origine du projet[modifier | modifier le code]

Au début de son premier mandat, François Mitterrand demande à son ministre de la Culture, Jack Lang de lui proposer des idées de projet de grands travaux. Celui-ci suggère alors au Président de la République de redonner au musée du Louvre l'aile Richelieu qui abritait alors le ministère des Finances (qui sera relogé dans un nouveau bâtiment à Bercy), projet déjà envisagé par le directeur des Musées nationaux Henri Verne en 1927[2]. François Mitterrand valide le projet qui deviendra une des grandes passions de son premier mandat et annonce officiellement son lancement le 24 septembre 1981[3]. Cette décision est accompagnée d'une réorganisation des collections[4] et d'une transformation architecturale des bâtiments. Le projet « Grand Louvre » est confié à Émile Biasini qui sélectionne l'architecte sino-américain Ieoh Ming Pei (pour la première tranche) pour diriger les travaux qui s'étendent de 1981 à 1999.

Les travaux, quoique républicains, s'inscrivent dans la tradition monarchique d'extension et de remaniement du palais du Louvre. Le « grand dessein » s'est transmis de siècle en siècle.

La pyramide[modifier | modifier le code]

L'aspect le plus polémique du projet est la construction d'une pyramide de verre au centre de la cour Napoléon. Sceptique, le maire de Paris, Jacques Chirac, propose de tendre des câbles pour que l'on puisse se rendre compte de ce que la pyramide deviendra sur une maquette grandeur nature ; elle sert maintenant d'entrée au musée et permet d'éclairer un immense hall souterrain donnant accès à toutes les parties du musée. Jacques Chirac est finalement convaincu après acceptation de sa demande d'un parking souterrain pour libérer les quais de la Seine des cars de tourisme[5].

Le 2 novembre 1983, l'Établissement public du Grand Louvre (E.P.G.L.) était créé, avec pour mission « de concevoir et de conduire l'aménagement du Domaine du Louvre et des Tuileries en vue d'en faire un ensemble culturel original à caractère muséologique, qui sera dénommé Grand Louvre, ainsi que de permettre l'insertion de cet ensemble dans son environnement». Dix ans après, le musée du Louvre agrandi de près de 75 000 m², ouvre au public l'aile Richelieu, donnant au projet de Ieoh Ming Pei toute sa dimension et sa logique. La Pyramide du Louvre, au centre de gravité des collections, assume son rôle d'accueil principal et de distribution des circuits également répartis sur les trois ailes du palais du Louvre : Richelieu, Sully, Denon.

L'activité culturelle du musée, si forte, si attractive, s'urbanise sous l'impulsion de cette multitude de visiteurs qui s'empressent pour la contemplation des chefs-d'œuvre universels et trouvent dans son environnement immédiat les services qui leur permettent de se restaurer rapidement, d'acheter des cadeaux et de mieux profiter du temps ainsi gagné pour le consacrer à la visite des musées.

Installé sur un domaine de plus de 40 hectares en plein cœur de Paris, sur la rive droite de la Seine, ces travaux, qui permettent de libérer 60 000 m² pour les collections permanentes, en font le troisième plus grand musée du monde, après le Metropolitan Museum of Art de New York et le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Fouilles archéologiques[modifier | modifier le code]

Le projet est l'occasion de mener une campagne de fouilles préventives qui permettent de mieux comprendre l'histoire du secteur. La base du donjon et deux des quatre murailles du château du Louvre, qui n'avaient pas été arasées lors de la destruction du château en vue de la construction du palais du Louvre, ont ainsi été redécouvert. Ces vestiges ont été mis en valeur dans les collections du Louvre médiéval. Des vestiges de l'enceinte de Charles V ont également été retrouvés. Les murs de l'enceinte de Paris au Carrousel du Louvre ont été conservés au sein du Carrousel du Louvre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Dardennes, Le Grand Louvre, Dessins de chantier 1991-1993, Paris, Société d’Éditions Régionales/Cidev, , 96 p. (ISBN 2-907701-84-3)
    Album-souvenir format 32 cm × 22 cm. Préface de Jacques Toubon, Ministre de la Culture et de la Francophonie
  • Jack Lang, Les Batailles du Grand Louvre, RMN, 2010, 264 p., (ISBN 9782711857890).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site officiel du Louvre
  2. I. M. Pei, Émile Biasini, Jean Lacouture, L'invention du Grand Louvre, Odile Jacob, (lire en ligne), p. 69
  3. Service de la communication du Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie
  4. Les sept conservateurs en chef décident de leur répartition lors du « séminaire d'Arcachon » organisé une semaine après la présentation du projet, 23 janvier 1984, devant la Commission nationale des monuments historiques.
  5. Patrick Liegibel, « La métamorphose du Louvre », émission Au fil de l'histoire, 18 mars 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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