Bal Tabarin

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Affiche pour le bal Tabarin par J.-A. Grün, 1904.

Le Bal Tabarin était un cabaret parisien situé au 36, rue Victor-Massé dans le 9e arrondissement au pied de Montmartre. Il est actif de 1904 à 1953 puis détruit en 1966.

Historique[modifier | modifier le code]

Émile Bernard, Le Tabarin ou Cabaret à Paris (1889).
Le cabaret Bal Tabarin en 1904.

Fondé en 1904 par le compositeur et chef d'orchestre Auguste Bosc, il est construit sur l'emplacement de baraques de fortune près du cabaret de chansonniers, Les Tréteaux de Tabarin. Le succès est immédiat et le « tout Paris » s'y précipite pour danser au rythme des partitions agrémentées de bruits divers : trompe d'auto, coups de revolver, et participer à des bals costumés, à des batailles de fleurs. En 1915, le Moulin-Rouge est ravagé par un incendie et Bosc accueille son French cancan. En 1921, le Moulin-Rouge est reconstruit et la clientèle du Tabarin est en baisse.

En 1923, sur ordre du président du Conseil Raymond Poincaré, le Bal Tabarin est fermé temporairement pour discrimination, après que le Dahoméen Kojo Tovalou Houénou eut été expulsé à la suite d'un incident raciste[1],[2].

En 1928, Bosc cède l'établissement à Pierre Sandrini, directeur artistique du Moulin-Rouge et à son associé Pierre Dubout. Ils transforment la salle de fond en comble, détruisent la décoration Art nouveau et installent une machinerie permettant de faire monter, depuis les sous-sols, les décors pour les revues à grand spectacle (music-hall). De cette année 1928, date l'affiche publicitaire Tabarin, œuvre de Paul Colin.

Durant l'Occupation, de 1940 à 1944, l'établissement est très fréquenté par les officiers allemands.

En 1949, l'établissement est racheté par les frères Clerico, propriétaires du Moulin-Rouge et qui s'en désintéressent. Il est fermé en 1953 et, en 1966, remplacé par un immeuble et un supermarché.

Le guitariste Django Reinhardt, entre autres, s'y produisit.

Le Tabarin est cité dans la chanson de Jean Dréjac, Jean Delettre et Charles Borel-Clerc Le P'tit Bal du samedi soir[3], et la chanson d'Harry Fragson (1913), Si tu veux… Marguerite, ainsi que dans la chanson de Georgette Plana, Timelou Lamelou[4] et dans Les Demoiselles de Tabarin - 1900, pièce pour piano de Jacques de la Presle.

Le Tabarin est également cité dans l'ouvrage, Le Chemin de Buenos Aires, d'Albert Londres (chapitre IV).

Est aussi évoquée sa destruction définitive en 1966 dans la chanson de Michel Delpech Inventaire 66 : Un Tabarin en moins. Enfin, ce lieu est cité dans le poème de Paul Éluard, Au Bal Tabarin, in Les Mains libres (1937).

Galerie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dominique Chathuant, « Français de couleur contre métèques : les députés coloniaux contre le préjugé racial (1919-1939) », Outre-mers, revue d’histoire, t. 98, nos 366-367, 1re sem. 2010, p. 253.
  2. Dominique Chathuant, « L'émergence d'une élite politique noire dans la France du premier 20e siècle ? », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2009/1 (n° 101), p. 133-147.
  3. D'ailleurs des beaux yeux,
    Y'en a tant qu'on veut,
    Y vont par deux.
    Et v'là qu'dans les coins,
    On est aussi bien qu'au Tabarin.
  4. J'ai fait la serpentine pendant 6 mois au Tabarin.

Article connexe[modifier | modifier le code]