Romaine Brooks

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Romaine Brooks
Romaine Brooks - Malerin.jpg
Romaine Brooks en 1894
Naissance
Décès
(à 96 ans)
Nice, Drapeau de la France France
Nationalité
Activité
Formation
Distinction

Romaine Brooks, née Beatrice Romaine Goddard, à Rome le et morte à Nice le , est une peintre américaine.

Comprenant essentiellement des portraits, avec une palette sombre dominée par les gris, son œuvre est proche des mouvements symboliste et esthétiste de la fin du XIXe siècle, particulièrement des travaux de Whistler.

Artiste déclassée, menant une vie non-conventionnelle, anticipant l'esprit de la génération perdue américaine, son œuvre est redécouverte à la fin des années 1960.

Biographie[modifier | modifier le code]

Beatrice Romaine est la fille d'Ella Waterman, fille d'Isaac S. Waterman Jr. (1803-1883), riche négociant originaire de Philadelphie et de Henry Goddard, un officier[1].

Peu après sa naissance à Rome, ses parents, qui ont deux autres enfants, rentrent aux États-Unis et se séparent peu après. Sa mère la délaisse et lui préfère son frère, qui souffre de troubles mentaux. Elle maltraite Romaine, l'accuse d'être possédée par le diable, et finit par la confier à une famille pauvre de New York lorsqu'elle a sept ans. Peu après, sa famille nourricière, sans nouvelle de la mère de Romaine, découvre l'existence d'Isaac Waterman, qui, alerté, prend en charge l'éducation de sa petite-fille. Elle est placée dans diverses institutions religieuses et voit très peu sa mère qui ne cesse d'aller et venir entre Philadelphie et l'Europe[2]. Ses premiers dessins sont exécutés alors qu'elle a à peine 16 ans[3].

En 1893, âgée de 19 ans, elle part pour Paris où elle chante dans des cabarets, à Rome pour étudier la peinture et à Capri. En 1901, à la mort de son frère, elle revient chez sa mère pour s’occuper d’elle avant qu’elle ne meure de diabète en 1902. Elle hérite alors de la fortune de son grand-père maternel.

En 1903 Romaine Brooks épouse son ami John Ellington Brooks, un pianiste bisexuel rencontré à Capri. Peu après, ils passent un accord selon lequel ils ne divorceront pas, afin de respecter les conventions sociales, mais ne vivront jamais ensemble. En échange, Romaine Brooks versera à son mari une rente mensuelle.

Vers 1904, insatisfaite de son travail, elle se met à travailler les gris, qui restent les tons dominants de ses œuvres ultérieures, peut-être influencées par Antonio de La Gandara qui réalise son portrait[4].

Libre de ses attaches matrimoniales, elle entretient des relations amoureuses avec plusieurs artistes, avec la nièce d’Oscar Wilde, Dolly Wilde, avec la danseuse Ida Rubinstein et l’écrivain et homme politique Gabriele D'Annunzio. La relation la plus importante de sa vie sera celle qu’elle vivra, cinquante ans durant, avec la romancière lesbienne Natalie Clifford Barney, rencontrée en 1915. Elle se lie aussi avec la baronne Franchetti, la pianiste Renata Borgatti et la princesse de Polignac.

La carrière de Romaine Brooks, à son apogée en 1925 (ses toiles sont présentées à Londres, à Paris et à New York), décline à partir des années 1930. Abandonnant la peinture, elle réalise des dessins inspirés par son enfance malheureuse.

Elle meurt le 7 décembre 1970 à Nice. Un an après sa mort, la National Collection of Fine Arts (l'actuel National Museum of American Art de l'institut Smithsonian) lui consacre une rétrospective. L'intérêt du public pour l'œuvre de Romaine Brooks revenu, plusieurs autres expositions au cours des années 1980 sont organisées[5].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Quatre de ces portraits sont visibles dans les collections du musée Sainte-Croix à Poitiers.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Obituary», notice nécrologique sur findagrave.com.
  2. (en) Suzanne Rodriguez, Wild Heart: A Life: Natalie Clifford Barney and the Decadence of Literary Paris, New York, HarperCollins, 2002, p. 223.
  3. Bizarre, 46, Paris, 1968.
  4. (en) Gabriel P. Weisberg, Women of Fashion, Catalogue of the exhibition (Tokyo, Osaka, Kitakyushu - Japon), Ed. Art Life Ltd.
  5. « Goddard Brooks, Romaine (1874-1970) », article sur universalis.fr [extrait en ligne].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [collectif] « Romaine Brooks », dans Bizarre, 46, Paris, Pauvert, mars 1968.
  • (en) Meryle Secrest, Between Me and Life: A Biography of Romaine Brooks, 1974.
  • (en) Diana Souhami (en), Wild Girls: Paris, Sappho, and Art. The Lives and Loves of Natalie Barney and Romaine Brooks, St Martin’s Griffin, 2007.
  • Françoise Werner, Romaine Brooks, Paris, Plon, 1993, (ISBN 9782259020794).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]