Marie Dubas

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Marie Dubas
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Anna Marie DubasVoir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction
Père-Lachaise - Division 36 - Dubas-Galtier 01.jpg
Vue de la sépulture.

Marie Dubas née Anna Marie Dubas le 3 septembre 1894 à Paris 15e et morte le 21 février 1972 à Paris 16e[1], est une chanteuse de music-hall et une comédienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

À ses débuts, Marie Dubas se destinait à une carrière au théâtre lyrique et à l'opérette. Elle fait ses débuts en 1908 au théâtre de Grenelle, alors qu'elle est à peine âgée de 14 ans. Suivant en parallèle des cours de danse, de chant et de comédie (au Conservatoire d'art dramatique), elle connaît rapidement un succès croissant et se retrouve en tête de distribution de plusieurs opérettes en vogue. Mais en 1926 (elle a alors 32 ans), une défaillance des cordes vocales la prive d'une partie de ses moyens, réduisant irrémédiablement l'étendue de son registre[2].

Se croyant alors perdue pour le chant, Marie Dubas traverse une période douloureuse, jusqu'à ce que Pierre Wolff, qui donne des conférences sur l'histoire de la chanson, lui propose d'illustrer celles-ci en interprétant des thèmes du folklore. Repartant ainsi sur de bases techniques différentes, elle s'oriente alors vers le tour de chant et entame officiellement sa nouvelle carrière le 23 septembre 1927 sur la scène de l'Olympia de Paul Franck. S'inspirant d'Yvette Guilbert, elle commence à chanter dans les petits cabarets de Montmartre dans un registre fantaisiste. En mars 1928, elle chante dans la Revue Wagram pour l'inauguration des Folies-Wagram avec Ruth Virginia Bayton comme partenaire[3].

Dès lors tout se précipite, et en quelques mois la voilà reconnue comme l'une des reines du music-hall. Elle inaugure en 1932 la formule du « récital » (deux heures sur scène, sans micro). Enchaînant ses passages dans les plus grandes salles à un rythme jamais vu, elle établit une sorte de record en revenant cinq fois à l'affiche de l'A.B.C. au cours de la seule saison 1935-36. Elle est également en tête d'affiche du Casino de Paris et de Bobino.

Exploitant à fond les multiples facettes de son talent, et jouant sur plusieurs registres à la fois, pour mieux mélanger les genres établis, elle sait passer en un instant de la fantaisie à l'émotion et du drame à la futilité. Chantant, dansant, mimant ses textes, parfois jusqu'à la caricature, jouant des hanches, des yeux, de sa frange brune ou des intonations aiguës de sa voix, qu'elle fait mine de rattraper d'un geste de la main, lorsqu'elle se lance dans une parodie d'opérette, Marie Dubas occupe toute la scène avec une vitalité exceptionnelle et une sorte de jubilation on ne peut plus communicative. Ce qui fit écrire à Michel Georges-Michel : « Avec elle, le sujet ne compte plus. Le texte et la musique même s'effacent. C'est Marie Dubas que l'on regarde, que l'on écoute ; rien d'autre. »[réf. nécessaire]

Sa chanson la plus célèbre est Mon légionnaire (sur des paroles de Raymond Asso et une musique de Marguerite Monnot), qu'elle enregistre en 1936. Elle crée également Le Doux Caboulot (sur le poème de Francis Carco), Le Tango stupéfiant (« Je me pique à l'eau de Javel / Pour oublier celui que j'aime / Je prends ma seringue / Et j'en bois même »), et interprète en 1933 La Prière de la Charlotte de Jehan Rictus.

Sa popularité et sa renommée, qui lui valent d'être à l'affiche des plus prestigieux casinos et d'être reconnue dans tous les milieux comme une artiste d'exception, lui permettent également de faire une tournée aux États-Unis en 1939.

Fille d'un juif polonais, et bien que mariée à un noble ayant servi dans l'aviation, elle eût à souffrir de l'Occupation : elle doit s'exiler à Lausanne, où elle restera jusqu'à la fin de la guerre. À son retour elle apprend que sa sœur a été exécutée et son neveu envoyé en camp de concentration.

Elle remonte sur les planches en 1954, à la réouverture de l'Olympia. Mais, atteinte de la maladie de Parkinson, elle doit se retirer malgré sa volonté en 1958[4]. Elle meurt à Paris en 1972 et est inhumée au Père Lachaise (36e division).

Marie Dubas, « cette grande comédienne de la chanson aujourd'hui tombée dans l'oubli »[5], fut la principale inspiration d'Édith Piaf (qui est de 21 ans sa cadette) : « Je dois beaucoup à Marie Dubas. Elle a été mon modèle, l'exemple que j'ai voulu suivre; et c'est elle qui m'a révélé ce qu'est une artiste de la chanson... » Elles avaient deux chansons en commun à leurs répertoires, Mon légionnaire et Le fanion de la légion[6].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di chanteuses nella Francia del primo Novecento), Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p. (ISBN 978-88-908494-4-2)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, 15e arrondissement, acte de naissance n° 2176, année 1894, avec mention marginale du décès.
  2. Cf. le livret par Marc Robine du CD Du caf'conc' au music-hall - Vol.11 Marie Dubas (EMI)
  3. « L'inauguration imminente des Folies-Wagram », Comoedia,‎ , p. 3 (lire en ligne).
  4. Interview en 1962 par André Parinaud.
  5. Piano ma non solo, Jean-Pierre Thiollet, Anagramme Ed., 2012, p. 27
  6. Hommage d'Edith Piaf à Marie Dubas (New York, 1955).