Roger Lersy

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Roger Lersy
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Roger Lersy est un peintre, lithographe et compositeur français, né à Paris le et mort à Forges-les-Bains[1] (Essonne)[Note 1] en 2004.

Il appartient à l'École de Paris[2] et au mouvement de la Jeune peinture[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Étudiant le piano dès sa plus tendre enfance, Roger Lersy, fils de décorateur, entre après sa scolarité et pour une durée de trois ans à l'École supérieure des arts appliqués Duperré à Paris. Ayant alors commencé à peindre, il exerce ensuite le métier de décorateur, poursuivant toutefois entre 1950 et 1954 des études musicales supérieures avec Noël Gallon[4], continuant après 1954 — année où les galeries, tant à Paris qu'à l'étranger, commencent à l'exposer régulièrement —, à pratiquer de pair la peinture (toiles, aquarelles, cartons de tapisseries) et la musique[Note 2].

De 1961 à 1968, Roger Lersy vit aux États-Unis. À compter de 1970 il enchaîne les expositions personnelles, entre autres à Paris, Londres, Genève, Houston, Los Angeles et New-York[5]. Roger Lersy est initié aux premier degré de la franc-maçonnerie au Rite écossais ancien et accepté en 1979, dans la loge Grand Val[6], se réunissant à l'époque au Perreux-sur-Marne, Orient de Sucy-en-Brie (plus tard Orient de Créteil, Val-de-Marne) de la Grande Loge de France, dont l'acteur Jean Franval fut un temps le grand inspecteur provincial.

Menant de front deux carrières, Roger Lersy a laissé des tableaux qui sont vus tout « de rythmes et de frémissements […] Dans ses toiles, le motif se développe selon une ligne mélancolique aux accords, aux pauses et aux cadences bien concertés. On pourrait définir Lersy comme un expressionniste baroque »[7]. Pour Bernard Dorival, Roger Lersy se situe avec Gabriel Dauchot, Jean Commère et Raymond Guerrier parmi « les champions les plus remarqués de cet expressionnisme qui s'inscrit dans la suite du misérabilisme de Bernard Buffet »[8].

Parts moins connues de Roger Lersy, il s'intéressa également à la mosaïque, à la sculpture, au vitrail et entreprit des créations pour des édifices publics (mairies, collèges, etc.), privés (entreprises) et cultuels[4].

Roger Lersy n'appartient pas au musicalisme en peinture au sens où le mot « musicalisme »[Note 3] renvoie historiquement à un groupe de peintres constitué autour d'Henri Valensi à partir de 1932. Mais si l'on admet avec Raymond Bayer dans sa Revue d'esthétique que « le musicalisme n'est pas une école mais une doctrine de l'art, un ensemble de connaissances constituant un système », le terme peut alors, par extension, être rapproché de Roger Lersy chez qui musique et effets esthétiques (ses arabesques et traits hachurés d'une « incroyable virtuosité » pour l'un[5], ses fonds de stries toujours d'une « spectaculaire virtuosité » pour l'autre[2]), demeurent en lien permanent.

Le fils de Roger Lersy, François Lyres[9], est également dessinateur, peintre et musicien.

Citations[modifier | modifier le code]

« Bruits, cris, mouvements et gestes, souvenirs imprécis d'émotions qui se chevauchent. Alors d'imprévisibles conflits naît une nouvelle figuration du monde tyrannique que je subis et l'objet contaminé voit éclater sa forme et projeter ses couleurs au-delà de ses limites réelles[10]. »

« Quand je travaille, c'est l'instinct qui me guide. Je surveille ma main, je la vois s'agiter. Je lui demande de s'arrêter, lorsque les formes et les couleurs sont devenues ombres et lumière pour chanter la vie. Hélas, quelques fois, elles chantent faux. Mais après tout, la vie ne chante pas toujours juste[11]. »

« La musique est pour moi le prolongement de la peinture qui devient le prolongement de la musique[4]. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Œuvres picturales (sélection)[modifier | modifier le code]

Vitraux[modifier | modifier le code]

Contributions bibliophiliques[modifier | modifier le code]

Œuvres musicales (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Vitraux pour clarinette, saxophone, violoncelle et percussions, création en l'église de Longlaville, 1972.
  • Trois pièces pour deux ondes Martenot: 1. Écume de songe, 2. Épouvante et jubilation, 3. Malicieuse connivence, [14], partitions aux Éditions A. Leduc, Paris, 1979.
  • Œuvre pour trompette et piano, partition aux Éditions G. Billaudot, Paris, 1984[15].
  • Cinq pièces pour piano, partitions aux Éditions G. Billaudot, Paris, 1989.
  • Cinq préludes pour piano et saxophone alto, partitions aux Éditions Combre, création aux Flâneries musicales de Reims, 1993[16],[17].
  • A la mémoire de Chagall, pièce pour flûte et percussions, enregistrement du Duo Hyksos (Henri Tournier, flûte et Michel Gastaud, percussions) en 1995[18].
  • Préface en noir et jaune pour cor et piano, partition aux Éditions Combre, collection Arc-en-ciel, 2000.

Musiques de film[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Galerie Bourdon, Paris, 1946.
  • Galerie Drouant-David, à partir de 1948[21].
  • Bestiaire de Lersy, Galerie Fricker, Paris, mai-juin 1958 (affiche: lithographie de Roger Lersy imprimée aux ateliers Fernand Mourlot).
  • Galerie Motte, Paris, 1960, 1961.
  • International Arts Galleries, North-Center, Chicago (Illinois), février-mars 1962.
  • Roger Lersy, Impressions de Venise, International Arts Galleries, North-Center, Chicago, novembre-décembre 1963.
  • Galerie Documenta, Paris, octobre-novembre 1977.
  • Galerie Bourdon, Paris, 1986.
  • Roger Lersy, Œuvres récentes, Galerie Jean Tout, Paris, 1991.
  • Rétrospective Roger Lersy, Galerie Florence Basset, Moulin de la Grande Bastide, Flassans-sur-Issole, 2003.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

Musées et collections publiques[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Suisse[modifier | modifier le code]

Collections privées référencées[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix des Amateurs d'art, 1953.
  • Prix Shell 1954[2].
  • Prix de la ville de Marseille, 1955[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La ville de Forges-les-Eaux (Seine-Maritime) où Roger Lersy est parfois situé par erreur résulte d'une confusion homonymique.
  2. Le dictionnaire de Jean-Pierre Delarge qui indique par erreur que Roger Lersy cessa ses activités musicales en 1954. Il ne met alors fin qu'à l'étude, la pratique et la composition l'accompagnant toute sa vie.
  3. On utilise aussi pour le musicalisme le terme synonyme d'« effusionnisme ».
  4. Projeté lors de la rétrospective des films de Jean Painlevé, septembre 2011, Jardin des Plantes (Muséum national d'histoire naturelle, auditorium de la Grande galerie de l'Évolution).
  5. Le thème du Salon de 1957 étant Le sport, Roger Lersy y présenta une toile intitulée Les 24 heures du Mans.
  6. Le thème du Salon de 1961 étant Les richesses de la France, Roger Lersy y présenta une toile intitulée Le Pont de Tancarville.
  7. Le thème du Salon de 1963 étant L'évènement : XIIe Salon, André Flament composa un ouvrage L'évènement par soixante peintres - Édition des peintres témoins de leur temps à l'occasion de leur XIIe exposition au Musée Galliera enrichi de vingt lithographies originales éditées par Fernand Mourlot et signées dont Yvette Alde, Roger Bezombes, Yves Brayer, Jean Carzou, Michel Ciry, Jean Commère, François Desnoyer, Roger Lersy, Kostia Terechkovitch, Gabriel Zendel..., Éditions du Musée Galliera, 1963.
  8. Cette première exposition du livre L'Apocalypse sera suivie de 146 autres à travers le monde de 1961 à 1972.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, Estampes et livres d'artistes.
  2. a b c et d Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965, Dictionnaire des peintres.
  3. Pierre Basset, Les insoumis de l'art moderne, la Jeune Peinture, Paris, 1948-1958.
  4. a b et c Henry Lemoine, Biographie de Roger Lersy (lire en ligne).
  5. a b et c Dictionnaire Bénézit.
  6. « Accueil », sur www.grand-val.org (consulté le 10 avril 2017).
  7. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture 1993, p. 640.
  8. Bernard Dorival, Les peintres du vingtième siècle du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Éditions Pierre Tisné, p. 137.
  9. Son nom se prêtait idéalement à l'anagramme musical.
  10. Dessin annoté de Roger Lersy accompagnant le texte de Jean-Pierre Crespelle dans le livre d'Achille Weber, Les Peintres Témoins de leur Temps (1957).
  11. Les carnets d'atelier de Roger Lersy (2000).
  12. Dessin reproduit dans Les peintres témoins de leur temps, Éditions Achille Weber/Hachette, 1961, page 60.
  13. Tout savoir sur la Tour Eiffel, la Tour et l'art, quelques peintres..., Éditions de la Tour Eiffel [1].
  14. Histoire des ondes Martenot par Thomas Bloch.
  15. Didier Blancho, Roger Lersy, Edgar Cosma, Valery Arzoumanov, Michel Aatz, Troisième recueil d'œuvres pour trompette et piano, Éditions G. Billaudot, 1984.
  16. Monica Rohde (piano), John Henrik Kubach (saxo), Interprétation du Prélude III sur YouTube.
  17. Enregistrés par le Duo Portejoie Lagarde (Philippe Portejoie et Frédérique Lagarde), Sylvie Hue, Fusako Kondo, CD Believe/Corelia, septembre 2009, album titré Dédicaces pour saxophone et piano, titres 15 à 19 pour les œuvres de Roger Lersy.
  18. Écouter l'album sur Deezer.
  19. Édité en DVD, Science is fiction: 23 films by Jean Painlevé, Éditions vidéos Irvington, Criterion collection, New-York, 2009.
  20. Archives Jean Painlevé, les Documents cinématographiques, Paris.
  21. [2] Parcours de la Galerie Drouant-David et du marchand de tableaux Emmanuel David. Plusieurs noms d'artistes sont hélas mal orthographiés, dont ceux de Lersy, Rebeyrolle et Calmettes.
  22. L'histoire de Joseph Forêt et de L'Apocalypse (Livre unique), sur editionskc.galerieck.pagesperso-orange.fr.
  23. Musée Mendjisky, Les insoumis de l'art moderne, présentation de l'exposition
  24. Musée Mendjisky, Les insoumis de l'art moderne, dossier de presse, 2016
  25. œuvre de Roger Lersy, photo partielle sur le site de l'I.N.S.A. de Toulouse.
  26. Présentation de la collection Jeune Peinture
  27. Pierre Lévy, Des artistes et un collectionneur (mémoires), Flammarion, 1976, p. 225.
  28. Drouot Presse, La collection Henri Braun-Adam, un destin au service de l'art, novembre 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Crespelle, Roger Lersy dans Les Peintres Témoins de leur Temps, Achille Weber/Hachette, 1957. Voir pages 158 et 159.
  • Bernard Dorival, Les peintres du vingtième siècle du cubisme à l'abstraction, 1914-1957, Editions Pierre Tisné, Paris, 1957.
  • Aspects of the School of Paris: Duilio Barnabé, Philippe Cara Costea, Antoni Clavé, Roger Lersy, International Galleries, Chicago, 1960.
  • Raymond Nacenta, School of Paris - The painters and the artistic climate of Paris since 1910, Oldbourne Press, Paris, 1960.
  • Pierre Dumayet, Roger Lersy dans Les Peintres Témoins de leur Temps, Achille Weber/Hachette, 1961. Voir pages 177 et 178 (en page 177, portrait de Roger Lersy dessiné par Luc Simon.
  • Routes et chemins avec Jean Giono et cinquante-six peintres témoins de leur temps (préface de Jean Giono), 56 illustrations par 56 artistes dont Roger Lersy, tirage de 2.000 exemplaires, Presses artistiques de France, 1961.
  • Jean-François Chabrun, Roger Lersy, artiste peintre, Éditions Motte, Genève, 1961.
  • Jean Giono, Jean Guitton, Emil Cioran, Daniel-Rops, Ernst Jünger, Jean Rostand, Michel Ciry et Roger Lersy, Catalogue L'Apocalypse, d'après le livre unique d'un poids de 210 kg imaginé et réalisé de 1958 à 1961, Éditions Joseph Forêt, 1961.
  • Roger Lersy, 2 catalogues d'expositions, International Galleries, Chicago, 1962 et 1963 (voir rubrique Expositions personnelles ci-dessus).
  • Roger Lersy, Collection Peintres contemporains, Mazenod, Paris, 1964.
  • Hervé Baley, Georges Borgeaud et Philippe Caloni, Roger Lersy, Bestiaire!, Édition d'art et d'industrie, 1968.
  • Patrick d'Elme, Seul un poète aurait pu dire... dans Galerie des Arts, mai 1970.
  • Pierre Lévy, Des artistes et un collectionneur, Flammarion, 1976.
  • Françoise Woimant, Marie-Cécile Miessner et Anne Mœglin-Delcroix, De Bonnard à Baselitz, Estampes et livres d'artistes, BNF, 1992.
  • Lydia Harambourg, L'École de Paris, 1945-1965, Dictionnaire des peintres, Ides et Calendes, 1993.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les éditions de l'amateur, 1993, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999.
  • Jean-Pierre Delarge, Dictionnaire des arts plastiques modernes et contemporains, Gründ, 2001 (lire en ligne).
  • Les carnets d'atelier de Roger Lersy, peintre et compositeur, Éditions mémoire vivante, Paris, 2000.
  • Thomas Bloch, Les ondes Martenot, Naxos, 2004.
  • La nouvelle vague, la jeune peinture, La gazette de l'Hôtel Drouot, n°14, 8 avril 2005, page 180.
  • Pierre Basset, Les insoumis de l'art moderne, la Jeune Peinture, Paris, 1948-1958, Éditions Un certain regard, 2009.
  • Philippe Latourelle et Pierre Basset, La réalité retrouvée, la Jeune Peinture, 1948-1958, Éditions Présence Van Gogh, 2010.
  • Éric Mercier, Années 50: la Jeune Peinture - L'alternative figurative, Éditions Art Acatos, 2010.
  • R. S. Johnson, École de Paris: School of Paris revisited, Fine Art, Chicago, 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]