Robert Plutchik

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Robert Plutchik
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Psychologue, psychologue des émotions, professeur d'universitéVoir et modifier les données sur Wikidata
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Robert Plutchik, né le et mort le , est un professeur et psychologue américain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il obtient son Ph.D. de l'université Columbia en 1952. Il est professeur associé de l'université de Floride du Sud puis professeur de l'Albert Einstein College of Medicine.

Ses recherches et ses publications ont porté sur les émotions, le suicide et la violence, ainsi que la psychothérapie[1].

Théorie des émotions[modifier | modifier le code]

La théorie psycho-évolutionniste des émotions[2] de Robert Plutchik est l'une des méthodes de classification des réactions émotives générales. Plutchik considère qu'il y a huit émotions de base : la joie, la peur, le dégoût, la colère, la tristesse, la surprise, la confiance[N 1] et l'anticipation (en)[N 2]. Selon lui, ces émotions sont le reflet de combinaisons de neurotransmetteurs, autrement d'un mécanisme purement biologique qui a évolué pour faciliter l'adaptation de l'animal et a augmenter ses chances de se reproduire. Il a défendu leur primauté en montrant que chacune d'elles déclenche un comportement d'une grande valeur de survivance ; par exemple, la peur inspire la réaction de fuite ou de combat, la colère inspire la défense de ses acquis (dont la femelle), la tristesse implique le repos essentiel pour l'auto-préservation de l'organisme, la joie implique la recherche de ressources, etc.

La théorie psycho-évolutionniste de Plutchik sur les émotions de base repose sur dix postulats :

  1. Le concept d'émotion s'applique à tous les niveaux d'évolution donc à tous les animaux, y compris l'être humain.
  2. Les émotions ont évolué en diverses formes d'expression chez les diverses espèces.
  3. Les émotions ont un rôle adaptatif en aidant les organismes à régler des questions clés relatives à leur survie et leur aptitude à se reproduire posées par leur environnement.
  4. Bien que les formes d'expression des émotions varient selon les espèces, il y a entre elles certains éléments communs que l'ont peut modéliser.
  5. Il y a un petit nombre d'émotions de base ou primaires qui ressortent de cette modélisation.
  6. Les autres émotions sont toutes des états mixtes ou dérivés, c'est-à-dire des mélanges, des composés ou des combinaisons des émotions de base ou primaires[2].
  7. Les émotions de base ou primaires sont des constructions par modélisation, soit encore des constructions idéales dont les propriétés et les caractéristiques sont induites de leurs diverses manifestations.
  8. Les émotions de base ou primaires peuvent se catégoriser en paires d'émotions opposées.
  9. Toutes les émotions diffèrent en degrés de similarité et de différence avec les autres.
  10. Toutes les émotions varient dans leur seuil de manifestation et leur degré d'intensité.

La Roue des émotions de Plutchik[modifier | modifier le code]

Roue des émotions de Plutchik

Robert Plutchik a aussi créé une roue des émotions pour illustrer diverses émotions motivatrices et nuancées. Il a proposé son modèle complexe en trois dimensions et son modèle de roue en deux dimensions en 1980 pour décrire les relations entre ces émotions.

Plutchik y propose ses 4 émotions fondamentales dites primaires (la peur, la colère, la joie, la tristesse), qui s'associent à des mécanismes cognitifs impliquant mémoire et réflexion pour donner 4 autres émotions fondamentales dites secondaires (la confiance (liée à la joie), le dégoût (lié à la tristesse), l'anticipation (liée à la colère) et la surprise (liée à la peur)), dont les fonctions respectives seraient la préservation, la protection des acquis, la reproduction, la réintégration, l'incorporation, le rejet, l'orientation et l'exploration). D'autres systèmes de classement des émotions, comme celui de Paul Ekman, ne considèrent que 4 à 6 émotions primaires au lieu de 8, car dans la mesure où les émotions combinées font intervenir des mécanismes de réflexion et de mémoire (par exemple la confiance est liée à un ensemble de souvenirs joyeux) voire de pensée abstraite, il ne s'agit plus d'émotions mais de sentiments par définition.

Plutchik a organisé ses émotions primaires en paires d'opposés : la joie et la tristesse, la peur et la colère, le dégoût et la confiance, la surprise et l'anticipation[2]. Il faut bien garder à l'esprit que chacune de ces émotions peut varier en intensité, ce qui se traduit par le grand nombre de mots existants pour les décrire. Par conséquent, il combine pour les représenter le concept d'une rosace des émotions et celle d'une palette de couleurs pour représenter cette variation en intensité et les classer en niveaux, même si la séparation entre les niveaux n'est pas franche. Comme ces dernières, les émotions de base peuvent s'exprimer à divers degrés d'intensité et se combiner l'une à l'autre pour former des émotions différentes. C'est ainsi que Plutchik en est venu à définir les dyades primaires (combinaisons de deux émotions primaires adjacentes), les dyades secondaires (combinaisons d'émotions primaires voisines à une émotion près) et les dyades tertiaires (combinaisons d'émotions primaires voisines à deux émotions près) qui suivent[3] :

Dyades primaires Résultats Dyades secondaires Résultats Dyades tertiaires Résultats
Joie et confiance Amour Joie et peur Culpabilité Joie et surprise Ravissement[4]
Confiance et peur Soumission Confiance et surprise Curiosité Confiance et tristesse Fadeur
Peur et surprise Crainte Peur et tristesse Désespoir Peur et dégoût Honte
Surprise et tristesse Désappointement Surprise et dégoût Horreur Surprise et colère Indignation[4]
Tristesse et dégoût Remords Tristesse et colère Envie Tristesse et anticipation Pessimisme
Dégoût et colère Mépris Dégoût et anticipation Cynisme Dégoût et joie Morbidité
Colère et anticipation Agressivité Colère et joie Fierté Colère et confiance Domination
Anticipation et joie Optimisme Anticipation et confiance Fatalisme Anticipation et peur Anxiété

Plutchik a avancé sa théorie pour appuyer une explication des mécanismes de défense psychologiques ; il a proposé que huit mécanismes de défense étaient des manifestations des huit émotions de base.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (en) The Emotions : Facts, Theories, and a New Model, .
  • (en) Foundations of Experimental Research, .
  • (en) Emotion : A Psychoevolutionary Synthesis, .
  • (en) Robert Plutchik et Henry Kellerman, Emotion : Theory, Research, and Experience : Biological Foundations of Emotions, .
  • (en) The Emotions, , 216 p. (ISBN 0-8191-8286-9, lire en ligne).
  • (en) Robert Plutchik et Hope R. Conte, Ego Defenses : Theory and Measurement, (ISBN 0-471-05233-7).
  • (en) The Psychology and Biology of Emotion, , 396 p. (ISBN 0-06-045236-6).
  • (en) Robert Plutchik et Hope R. Conte, Circumplex Models of Personality and Emotions, Herausgeber, , 484 p. (ISBN 1-55798-380-1).
  • (en) Emotions in the Practice of Psychotherapy : Clinical Implications of Affect Theories, , 229 p. (ISBN 1-55798-694-0).
  • (en) Emotions and Life : Perspectives from Psychology, Biology, and Evolution, , 381 p. (ISBN 1-55798-949-4).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. N.D.T. : Trust en anglais, que plusieurs sources rendent par « acceptation », alors que l'acceptation (acceptance) est une émotion semblable à la confiance (sur la même « pétale » sur la roue des émotions), mais moins intense qu'elle.
  2. La joie, la peur, le dégoût, la colère et la tristesse sont les seules émotions de base communes à Ekman, à Izard, à Plutchik, à Tomkins et à Mac Lean[3].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Robert Plutchik : Biography », sur American Scientist (consulté le ).
  2. a b et c « Les interactions sociales : de la perception à l'action » (consulté le ).
  3. a et b Imen Tayari, Nhan Le Thanh et Ben Amar, Modélisation des états émotionnels par un espace vectoriel multidimensionnel, Laboratoire d'informatique de signaux et systèmes de Sophia Antipolis - UNSA-CNRS, (lire en ligne).
  4. a et b Joëlle Vanhamme, Étude par journal de bord d'expériences de consommation/achat surprenantes, Institut d’administration et de gestion de l'Université catholique de Louvain, 42 p., PDF (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]