Auto-efficacité

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Le sentiment d’auto-efficacité constitue la croyance qu’a un individu en sa capacité de réaliser une tâche (Bandura, 1982, 1993). Plus grand est le sentiment d'auto-efficacité, plus élevés sont les objectifs qu’il s'impose et son engagement dans leur poursuite (Bandura, 1982, 1993). Selon Heutte (2011), la théorie de l’auto-efficacité définie par Albert Bandura (Bandura, 1977, 1997, 2003) entre dans le cadre théorique plus large de la théorie sociale cognitive (Bandura, 1986).

« D’après Bandura, le système de croyances qui forme le sentiment d’efficacité personnelle est le fondement de la motivation et de l’action, et partant, des réalisations et du bien-être humains. Comme il l’indique régulièrement, avec une clarté et une force de conviction rares, « si les gens ne croient pas qu’ils peuvent obtenir les résultats qu’ils désirent grâce à leurs actes, ils ont bien peu de raisons d’agir ou de persévérer face aux difficultés » (Carré, 2003, préface in Bandura, 2003, p. IV)»

La notion d’agentivité et sa « variable clé » selon Bandura : l’auto-efficacité, posent des difficultés de traduction et d’interprétation en français. Jacques Lecomte, le traducteur en français, rappelle que Bandura utilise plusieurs synonymes lorsqu’il désigne l’auto-efficacité : self-efficacy, personnal efficacy, sense of personnal efficacy, perceived efficacy, personnal perceived efficacy, beliefs in efficacy. Le terme sentiment d’efficacité personnelle est exceptionnellement utilisé dans la traduction française et ne devrait pas se substituer à auto-efficacité ou, mieux encore, à d’efficacité personnelle, qui est le terme qui rend compte le plus précisément de la notion. Efficacité personnelle est d’ailleurs le terme le plus fréquemment utilisé dans l'ouvrage en français. Le titre en français « Auto-efficacité » et son sous-titre « Sentiment d’efficacité personnelle » est un choix de l’éditeur pour traduire « Self-efficacy, The exercise of control », ouvrage original paru en 1997 chez W. H. Freeman[1].

L'efficacité personnelle[modifier | modifier le code]

L'efficacité personnelle ne se confond ni avec l’estime de soi, qui est liée au sentiment de sa propre valeur, ni avec la notion de locus de contrôle.

L'efficacité personnelle se distingue de l’efficacité sans qualificatif, qui est la capacité à « atteindre réellement » un objectif. L’auto-efficacité est la croyance (vraie ou fausse) qu’il est possible d’atteindre l’objectif fixé et visualisé. De cette croyance, l'autosuggestion peut permettre un dépassement de soi, de son état et constitue alors un formidable moteur qui peut être source dans certains cas d'efficacité, de développement personnel.

Jacques Lecomte rappelle à ce propos: « ...le sentiment d'efficacité concerne les évaluations par l'individu de ses « aptitudes » personnelles, tandis que l'estime de soi concerne les évaluations de sa « valeur » personnelle. Or, ces deux éléments ne sont pas systématiquement liés. Quelqu'un qui estime mal chanter mais qui n'accorde pas d'importance à cette activité n'en tire pas de conclusion négative sur sa valeur personnelle. Inversement, un huissier peut s'estimer très compétent professionnellement, mais ne pas en retirer d'estime de soi s'il est amené à déloger des familles en difficulté financière ».

Il rappelle également à juste titre : « Le sentiment d'efficacité diffère également d'un autre concept très utilisé en psychologie : le locus de contrôle. Le sentiment d'efficacité concerne la croyance de pouvoir produire certaines actions tandis que l'on parle de locus of control - interne ou externe - pour désigner la tendance qu'ont les individus à attribuer à eux-mêmes ou à leur environnement la cause des événements de leur vie. Dans nos sociétés, l'internalité est mieux vue, ce qui expliquerait pourquoi les internes ont une meilleure estime d'eux-mêmes. »

L'efficacité personnelle est l’un des trois facteurs causaux de la théorie du comportement planifié.

Quatre sources de construction de l'efficacité personnelle[modifier | modifier le code]

Selon Albert Bandura, l'efficacité personnelle puise à quatre sources parfaitement expliqué par Jacques Lecomte[2].

  • La maîtrise personnelle : « C'est la principale source : les succès construisent une solide croyance d'efficacité personnelle tandis que les échecs la minent. Cependant, pour ceux qui disposent d'un bon sentiment d'efficacité, les revers et difficultés peuvent être bénéfiques, car ils enseignent que le succès nécessite généralement un effort soutenu. »
  • L'apprentissage social (ou modelage, ou apprentissage vicariant) : « Pour évaluer ses capacités, l'individu tire aussi des conclusions de l'observation des actions réalisées par d'autres personnes. Ce sont les sujets dont les caractéristiques (âge, sexe, etc.) sont les plus proches des siennes qui sont les plus susceptibles d'être source d'information. Par exemple, des enfants tirent un sentiment d'efficacité personnelle plus élevé s'ils observent d'autres enfants talentueux que s'ils voient des adultes manifester les mêmes aptitudes cognitives. »
  • La persuasion par autrui : « Il est plus facile à quelqu'un de maintenir un sentiment d'efficacité, particulièrement quand il est confronté à des difficultés, si d'autres individus significatifs lui expriment leur confiance dans ses capacités. Cependant, cet effet se manifeste surtout si la personne a déjà de bonnes raisons de croire qu'elle est performante. Dans ce cas, les commentaires positifs de son entourage peuvent l'aider à fournir les efforts nécessaires pour réussir. Par contre, susciter des croyances irréalistes de capacités personnelles peut conduire à l'échec, ce qui discréditera le flatteur et sapera les croyances de la personne en ses capacités. »
  • L'état physiologique et émotionnel : « En évaluant ses capacités, une personne se base en partie sur l'information transmise par son état physiologique et émotionnel. Les indices que fournit le corps sont particulièrement pertinents dans la santé, les activités physiques et la gestion du stress. Les techniques qui permettent de réguler les réactions émotionnelles élèvent les croyances en l'efficacité de gestion du stress, et provoquent les améliorations correspondantes de performance ».

Trois effets d'une auto-efficacité élevée[modifier | modifier le code]

Un bon niveau d’auto-efficacité va produire trois types d’effets (Bandura, 2003). Le premier type d’effet est le choix des conduites à tenir. Un faible niveau d’auto-efficacité peut provoquer un évitement des situations qui révéleraient une incompétence supposée. A l’inverse, une auto-efficacité de bon niveau conduit l’individu à se fixer des buts plus ambitieux et lui permet de s’orienter vers des buts plus exigeants mais qui paraissent à portée[3]. « Que l’on pense à l’impact de cette donnée en termes non seulement de gestion de son propre itinéraire de formation et de qualification, mais plus largement dans l’ensemble de la conduite de sa carrière... Les personnes tendront à se fixer des objectifs plus élevés, toutes choses égales par ailleurs » [4]. Le deuxième effet porte sur la persistance des comportements. L’auto-efficacité détermine les efforts que les apprenants accompliront et combien de temps ils persisteront devant des obstacles ou des expériences aversives. Le troisième effet porte sur la plus grande résilience des personnes face aux imprévus et difficultés. Une auto-efficacité élevée conduit non seulement à déterminer des buts élevés mais elle favorise également l’autorégulation des comportements : nous persistons plus et nous sommes plus en capacité de construire des compétences et des stratégies cognitives. L’auto-efficacité est corrélée à l’autorégulation des apprentissages[3], notamment en situation d’évaluation et à l’usage de la métacognition. Les apprenants qui obtiennent les meilleurs résultats sont ceux qui se fixent plus d’objectifs, ou des objectifs plus ambitieux, utilisent plus de stratégies pour étudier. Ils pilotent attentivement la progression de leurs apprentissages et optimisent leurs efforts en vue d’atteindre les résultats souhaités [5].

Mise en œuvre dans de nombreux secteurs[modifier | modifier le code]

Comme l'indique Jacques Lecomte, « Les centaines de recherches menées sur l'efficacité personnelle depuis plus d'un quart de siècle ont ainsi démontré le rôle majeur qu'elle est susceptible de jouer dans de multiples activités humaines. Il pourrait être question d'un « métaprocessus » psychologique puisqu'il est capable d'influer sur des processus aussi divers que la motivation, la gestion du stress, les apprentissages cognitifs, etc. »

Parmi les domaines d'investigation et les secteurs mis en œuvre, le sport, les campagnes sanitaires (tabac), la lutte contre le stress professionnels et autres phobies, la réinsertion sociale, le coaching.

L'efficacité personnelle devient un élément de l'individualisme des sociétés modernes où chacun est amené à chercher les voies de son développement personnel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Self-Efficacy (book) », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
  2. "Y arriver malgré tout", Sciences Humaines Hors Série no 40, Mars-mai 2003
  3. a et b Marc Nagels et Philippe Carré, Apprendre par soi-même aujourd’hui. Les nouvelles modalités de l’autoformation dans la société digitale, Paris, Editions des archives contemporaines, (ISBN 2813002216)
  4. Philippe Carré, « La double dimension de l’apprentissage autodirigé contribution à une théorie du sujet social apprenant », Revue canadienne pour l’étude de l’éducation des adultes, vol. 17, no 1,‎
  5. Barry Zimmerman, Des apprenants autonomes. Autorégulation des apprentissages, Bruxelles, De Boeck,

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]